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Économie · 11e SS

Leçon 14 sur 24

Le financement de l'entreprise

Je sais expliquer pourquoi une entreprise a besoin de financement, distinguer financement interne et financement externe, et calculer une capacité d'autofinancement et le coût d'un emprunt simple.

  • 45 min
  • 5 exercices corrigés
  • 1 schéma
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Identifier les besoins de financement d'une entreprise (investissement et exploitation)
  • Définir et calculer la capacité d'autofinancement et le taux d'autofinancement
  • Présenter les sources de financement externe (apports en capital, emprunts, crédit-bail, subventions, microfinance)
  • Calculer l'intérêt simple d'un emprunt
  • Comparer avantages et inconvénients de chaque mode de financement

Avant de commencer : Les leçons « Étude des entreprises » (formes juridiques, apports, actions) ; savoir calculer un pourcentage.

1Je découvre

Aïssatou tient une boulangerie à Mamou. Son vieux four à bois ne suffit plus : chaque matin, des clients repartent sans pain. Un four moderne coûterait 50 000 000 GNF. Elle ouvre son cahier de comptes : l'an dernier, la boulangerie a dégagé un bénéfice, et une partie de cet argent a été mise de côté. Mais cela ne suffit pas pour payer tout le four.

Son frère Alpha lui propose plusieurs idées : « Demande un prêt à la banque. » Sa tante Hawa, qui participe à une tontine au marché, dit : « Attends ton tour dans la tontine. » Un ami commerçant, Ousmane, propose : « Je te donne de l'argent, mais je deviens ton associé et je prends une partie des bénéfices. »

Chaque solution a un prix : des intérêts à payer, du temps à attendre, ou le pouvoir à partager. Aïssatou doit choisir.

Où une entreprise peut-elle trouver l'argent dont elle a besoin, et comment choisir la meilleure solution ?

2Je comprends

1. Pourquoi une entreprise a-t-elle besoin de financement ?

Financer, c'est trouver les ressources en argent nécessaires à une activité. Une entreprise a deux grands types de besoins.

  • Les besoins d'investissement : acheter des biens durables qui serviront plusieurs années (bâtiments, machines, véhicules, ordinateurs, terrains). Le four d'Aïssatou est un investissement.
  • Les besoins d'exploitation : faire fonctionner l'activité au jour le jour (acheter la farine, payer les salaires, l'électricité, le transport). Souvent, l'entreprise doit payer ses fournisseurs avant d'être payée par ses clients : elle a besoin d'une avance d'argent.

On distingue ensuite deux grandes sources de financement : le financement interne, qui vient de l'entreprise elle-même, et le financement externe, qui vient de l'extérieur.

Financement interne
  • Vient de l'entreprise elle-même
  • Autofinancement (bénéfices mis en réserve, amortissements)
  • Aucun intérêt à payer
  • Montant limité par les bénéfices
Financement externe
  • Vient de personnes ou d'organismes extérieurs
  • Apports en capital, emprunts, crédit-bail, subventions
  • Intérêts à payer ou pouvoir à partager
  • Permet de financer de gros projets
Les deux grandes sources de financement d'une entreprise.

2. Le financement interne : l'autofinancement

L'autofinancement est le financement des besoins de l'entreprise par ses propres ressources, c'est-à-dire par l'argent qu'elle a elle-même dégagé grâce à son activité.

Pour le mesurer, on calcule d'abord la capacité d'autofinancement (CAF), c'est-à-dire l'argent que l'activité a laissé à l'entreprise pendant l'année. Au niveau de la classe de 11e, on retient la formule simplifiée :

CAF = résultat net + dotations aux amortissements

Pourquoi ajoute-t-on les amortissements ? L'amortissement est la constatation de l'usure d'un bien durable. Par exemple, un four de 50 000 000 GNF utilisé 5 ans « perd » 10 000 000 GNF de valeur par an. Cette somme est enregistrée comme une charge et diminue le bénéfice, mais aucun billet ne sort de la caisse : l'argent reste dans l'entreprise. C'est pourquoi on le rajoute au résultat.

Une partie de la CAF peut être distribuée aux propriétaires sous forme de dividendes (la part du bénéfice versée aux associés). Ce qui reste est l'autofinancement :

Autofinancement = CAF - dividendes distribués

Enfin, le taux d'autofinancement indique quelle part de l'investissement est payée par l'entreprise elle-même :

Taux d'autofinancement = autofinancementinvestissement × 100

Exemple

Situation : l'an dernier, la boulangerie d'Aïssatou a réalisé un résultat net de 24 000 000 GNF. Les dotations aux amortissements s'élèvent à 16 000 000 GNF. Aïssatou a retiré 10 000 000 GNF pour elle (dividendes). Le four coûte 50 000 000 GNF.

  1. CAF = 24 000 000 + 16 000 000 = 40 000 000 GNF.
  2. Autofinancement = 40 000 000 − 10 000 000 = 30 000 000 GNF.
  3. Taux d'autofinancement = 30 000 000 / 50 000 000 × 100 = 60 %.
  4. Besoin de financement externe = 50 000 000 − 30 000 000 = 20 000 000 GNF.

Conclusion : la boulangerie peut payer 60 % du four par ses propres moyens ; elle doit trouver 20 000 000 GNF à l'extérieur.

Avantages de l'autofinancement : l'entreprise reste indépendante (personne ne lui impose de conditions), elle ne paie pas d'intérêts, elle ne s'endette pas.

Inconvénients : il est limité par les bénéfices, il est lent (il faut plusieurs années d'économies pour un gros investissement), et les propriétaires reçoivent moins de dividendes.

3. Le financement externe

a) Le financement par apports en capital

L'entreprise demande de l'argent à ses propriétaires actuels ou à de nouveaux associés : c'est une augmentation de capital. Dans une SARL, on crée de nouvelles parts sociales ; dans une SA, on émet de nouvelles actions.

  • Avantage : cet argent n'a pas à être remboursé et ne coûte pas d'intérêts.
  • Inconvénient : les nouveaux associés partagent les bénéfices et le pouvoir de décision. C'est ce que propose Ousmane à Aïssatou.

b) Le financement par emprunt

L'entreprise emprunte de l'argent qu'elle devra rembourser avec des intérêts. L'intérêt est le prix payé pour l'utilisation d'un argent emprunté.

  • L'emprunt bancaire : une banque prête une somme (le capital emprunté) pour une durée fixée, à un taux d'intérêt convenu. Pour les petites sommes, les institutions de microfinance jouent en Guinée un rôle important auprès des commerçants et des artisans.
  • L'emprunt obligataire : les grandes sociétés peuvent emprunter directement auprès du public en émettant des obligations, titres qui donnent droit à un intérêt et au remboursement à une date fixée. Attention : un obligataire est un prêteur, pas un propriétaire.
  • Le crédit fournisseur : le fournisseur accepte d'être payé plus tard (par exemple 30 ou 60 jours après la livraison). C'est un financement à court terme.

Pour un emprunt simple, l'intérêt se calcule ainsi :

I = C × t × n

où C est le capital emprunté, t le taux annuel et n la durée en années.

Exemple

Situation : Aïssatou emprunte les 20 000 000 GNF qui manquent, à un taux de 12 % par an, pendant 2 ans (calcul en intérêts simples).

  1. Intérêt : I = 20 000 000 × 0,12 × 2 = 4 800 000 GNF.
  2. Somme totale à rembourser : 20 000 000 + 4 800 000 = 24 800 000 GNF.
  3. Si elle rembourse en 24 mensualités égales : 24 800 000 / 24 ≈ 1 033 333 GNF par mois.

Conclusion : le four coûte en réalité 50 000 000 + 4 800 000 = 54 800 000 GNF. L'emprunt n'est intéressant que si le four permet de gagner plus que ce coût supplémentaire.

c) Le crédit-bail

Avec le crédit-bail (ou leasing), l'entreprise ne possède pas le bien : elle le loue à un établissement financier qui l'a acheté pour elle. À la fin du contrat, elle peut l'acheter pour un prix réduit. Cela permet d'utiliser un camion ou une machine sans avancer une grosse somme.

d) Les aides et subventions

L'État, des collectivités ou des organismes de développement peuvent accorder des subventions (sommes qui ne se remboursent pas) ou des prêts à taux réduit, par exemple pour encourager l'agriculture, l'emploi des jeunes ou l'entrepreneuriat féminin.

e) Les financements informels

En Guinée, beaucoup de petites entreprises se financent aussi en dehors des banques : prêts de la famille ou d'amis, et surtout tontines. Dans une tontine, chaque membre verse régulièrement une somme fixe ; à chaque tour, un membre reçoit la totalité. C'est un système fondé sur la confiance, sans intérêt, mais il faut attendre son tour et les montants sont limités.

Mode de financementAvantage principalInconvénient principal
AutofinancementIndépendance, pas d'intérêtsLimité et lent
Augmentation de capitalPas de remboursementPartage du pouvoir et des bénéfices
Emprunt bancaireSomme importante disponible viteIntérêts, garanties exigées, endettement
Crédit-bailPas de grosse avance d'argentCoût total souvent élevé
SubventionRien à rembourserRare, conditions strictes
TontinePas d'intérêt, accès facileMontant limité, il faut attendre son tour

4. Comment choisir ?

Méthode

Pour conseiller une entreprise sur son financement :

  1. Je calcule le besoin : combien coûte l'investissement ou le besoin d'exploitation ?
  2. Je calcule ce que l'entreprise peut payer seule (CAF, puis autofinancement).
  3. Je calcule ce qui manque : besoin − autofinancement.
  4. Je compare les solutions externes : coût (intérêts), perte de pouvoir, délai, garanties.
  5. Je vérifie que l'investissement rapportera plus qu'il ne coûte, intérêts compris.
  6. Je conclus par une recommandation justifiée.

En pratique, les entreprises combinent souvent plusieurs sources : une partie en autofinancement, le reste par emprunt. Une règle de prudence dit qu'on finance un bien durable par des ressources durables (autofinancement, capital, emprunt à long terme), et non par un crédit de quelques semaines.

3Je retiens

Je retiens

Financer, c'est trouver l'argent pour investir (biens durables) et pour fonctionner (exploitation).

Financement interne = autofinancement ; financement externe = apports en capital, emprunts (bancaire, obligataire, fournisseur), crédit-bail, subventions, financement informel (tontine).

CAF = résultat net + dotations aux amortissements ; autofinancement = CAF − dividendes.

Taux d'autofinancement = autofinancement / investissement × 100.

Intérêt simple : I = C × t × n ; somme à rembourser = C + I.

L'autofinancement garantit l'indépendance mais il est limité ; l'emprunt coûte des intérêts ; l'augmentation de capital fait partager le pouvoir.

4Erreurs fréquentes

  • Confondre actionnaire et obligataire : l'actionnaire est propriétaire d'une part de la société, l'obligataire est un prêteur qui sera remboursé.
  • Oublier d'ajouter les amortissements dans la CAF : ils diminuent le résultat sans faire sortir d'argent de l'entreprise.
  • Écrire le taux sous la forme 12 dans la formule de l'intérêt : il faut utiliser 0,12 (ou 12/100), sinon le résultat est 100 fois trop grand.
  • Croire qu'un emprunt ne coûte que la somme empruntée : il faut ajouter les intérêts au coût réel de l'investissement.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Définis : autofinancement, amortissement, dividende.

b) Cite trois sources de financement externe.

c) Donne un avantage et un inconvénient de l'augmentation de capital.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) L'autofinancement est le financement des besoins de l'entreprise par ses propres ressources (bénéfices non distribués et amortissements). L'amortissement est la constatation comptable de l'usure d'un bien durable. Le dividende est la part du bénéfice distribuée aux associés ou actionnaires.

b) Par exemple : l'emprunt bancaire, l'augmentation de capital, le crédit-bail (on accepte aussi l'emprunt obligataire, la subvention, la tontine).

c) Avantage : l'argent n'a pas à être remboursé et ne coûte pas d'intérêts. Inconvénient : les nouveaux associés partagent les bénéfices et le pouvoir de décision.

2Exercice 2

(Classer) Pour chaque situation, dis s'il s'agit d'un financement interne ou externe, et précise le mode.

a) Une SARL garde tout son bénéfice de l'année pour acheter un camion.

b) Une société anonyme émet de nouvelles actions.

c) Mariama reçoit la cagnotte de sa tontine et achète un congélateur pour sa boutique.

d) Un transporteur loue un car avec possibilité de l'acheter au bout de quatre ans.

e) Une coopérative reçoit de l'État une somme qu'elle n'aura pas à rembourser.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Interne : autofinancement.

b) Externe : augmentation de capital.

c) Externe : financement informel (tontine).

d) Externe : crédit-bail.

e) Externe : subvention.

3Exercice 3

(Calcul) Une menuiserie de Kankan a réalisé un résultat net de 15 000 000 GNF ; ses dotations aux amortissements sont de 9 000 000 GNF ; elle distribue 6 000 000 GNF de dividendes. Elle veut acheter une machine de 30 000 000 GNF.

a) Calcule la CAF.

b) Calcule l'autofinancement.

c) Calcule le taux d'autofinancement de la machine.

d) Quelle somme doit-elle trouver à l'extérieur ?

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a) CAF = 15 000 000 + 9 000 000 = 24 000 000 GNF.

b) Autofinancement = 24 000 000 − 6 000 000 = 18 000 000 GNF.

c) Taux = 18 000 000 / 30 000 000 × 100 = 60 %.

d) Somme à trouver = 30 000 000 − 18 000 000 = 12 000 000 GNF.

4Exercice 4

(Calcul) Sékou emprunte 12 000 000 GNF à une institution de microfinance, au taux de 10 % par an, pendant 2 ans (intérêts simples).

a) Calcule l'intérêt total.

b) Calcule la somme totale à rembourser.

c) Calcule la mensualité s'il rembourse en 24 mois égaux.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) I = 12 000 000 × 0,10 × 2 = 2 400 000 GNF.

b) Somme à rembourser = 12 000 000 + 2 400 000 = 14 400 000 GNF.

c) Mensualité = 14 400 000 / 24 = 600 000 GNF.

5Exercice 5

(Rédaction guidée) « Une entreprise doit-elle toujours préférer l'autofinancement à l'emprunt ? » Réponds en une dizaine de lignes : présente les avantages de l'autofinancement, puis ses limites, puis conclus.

Voir le corrigéCacher le corrigé

Exemple de réponse :

L'autofinancement présente de réels avantages. L'entreprise reste indépendante : aucun banquier ni nouvel associé ne lui impose ses conditions. Elle ne paie pas d'intérêts et ne s'endette pas, ce qui la protège en cas de mauvaise année.

Cependant, l'autofinancement a des limites. Il dépend des bénéfices passés : une jeune entreprise ou une entreprise peu rentable ne peut pas compter dessus. Il est lent, car il faut accumuler pendant des années, et pendant ce temps l'entreprise peut perdre des clients au profit de concurrents mieux équipés. Enfin, il réduit les dividendes des propriétaires.

Ainsi, l'autofinancement est la solution la plus sûre, mais pas toujours la meilleure : quand un investissement rapporte plus que le coût des intérêts, un emprunt raisonnable permet de grandir plus vite. Le plus souvent, les entreprises combinent les deux.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Laquelle de ces sources est un financement interne ?
Voir la réponse

Réponse A : les bénéfices mis en réserve. L'autofinancement vient de l'entreprise elle-même, grâce aux bénéfices qu'elle garde.

2Résultat net : 10 000 000 GNF ; amortissements : 5 000 000 GNF. La CAF est de :
Voir la réponse

Réponse B : 15 000 000 GNF. CAF = résultat net + amortissements = 10 000 000 + 5 000 000 = 15 000 000 GNF.

3Quel est l'intérêt simple de 5 000 000 GNF empruntés à 8 % pendant 3 ans ?
Voir la réponse

Réponse C : 1 200 000 GNF. I = 5 000 000 × 0,08 × 3 = 1 200 000 GNF.

4Un obligataire est :
Voir la réponse

Réponse B : un prêteur de la société. L'obligation est un titre de créance : l'obligataire a prêté de l'argent et sera remboursé avec intérêts.

5Quel est le principal inconvénient de l'augmentation de capital ?
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Réponse B : il faut partager le pouvoir et les bénéfices avec de nouveaux associés. Les nouveaux associés deviennent propriétaires : ils votent et reçoivent une part des bénéfices.

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