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Géographie · 11e SS

Leçon 15 sur 24

Le tremblement de terre ou séisme

Je sais expliquer comment se produit un séisme, distinguer foyer et épicentre, magnitude et intensité, localiser les grandes zones sismiques et dire comment se protéger.

  • 45 min
  • 5 exercices corrigés
  • 3 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Définir le séisme et expliquer sa cause
  • Nommer les éléments d'un séisme (foyer, épicentre, ondes sismiques) et les instruments de mesure
  • Distinguer la magnitude (échelle de Richter) et l'intensité (échelle de Mercalli)
  • Localiser les grandes zones sismiques du monde et situer le cas de la Guinée
  • Présenter les conséquences des séismes et les moyens de prévention

Avant de commencer : Les leçons « Les manifestations du dynamisme interne » et « Le volcan » (plaques, failles, limites de plaques).

1Je découvre

Dans la nuit, à Labé, Mariama est réveillée par le cliquetis des marmites posées sur l'étagère. Le lit bouge un instant, puis tout redevient calme. Le lendemain, au marché, tout le monde en parle. Sa grand-mère Hawa raconte : « Ce n'est rien à côté de 1983. Du côté de Koumbia, vers Gaoual, la terre a tremblé si fort que des cases se sont écroulées et que des gens sont morts. »

Mariama est étonnée : elle croyait que les tremblements de terre n'arrivaient qu'au Japon ou en Haïti, qu'elle a vus à la télévision. Son professeur de géographie, M. Condé, lui confirme que les séismes sont rares en Guinée, mais pas impossibles.

Mariama se pose alors plusieurs questions : pourquoi la terre tremble-t-elle ? Comment mesure-t-on la force d'un séisme ? Pourquoi certains pays tremblent-ils souvent et d'autres presque jamais ?

Qu'est-ce qu'un séisme, comment le mesure-t-on et comment peut-on s'en protéger ?

2Je comprends

1. Définition et cause

Un séisme (ou tremblement de terre) est une série de secousses brusques du sol, provoquées par la libération soudaine d'énergie accumulée dans les roches en profondeur.

Comment cette énergie s'accumule-t-elle ? Les plaques lithosphériques se déplacent de quelques centimètres par an. Là où elles se touchent, elles se bloquent par frottement. Les roches se déforment alors lentement, comme une règle en plastique que l'on plie entre ses mains. Quand la tension dépasse la résistance des roches, celles-ci se cassent brusquement le long d'une faille (ou une faille ancienne rejoue) : toute l'énergie accumulée est libérée d'un coup, sous forme d'ondes sismiques qui font vibrer le sol.

Un séisme dure en général de quelques secondes à quelques minutes. Il peut être suivi de répliques, secousses plus faibles dans les heures, jours ou semaines qui suivent.

  1. 1Les plaques se déplacent et se bloquent le long d'une faille
  2. 2Les roches se déforment et accumulent de l'énergie pendant des années
  3. 3La tension dépasse la résistance : les roches cassent au foyer
  4. 4L'énergie se propage en ondes sismiques dans toutes les directions
  5. 5Les ondes atteignent la surface : le sol tremble, surtout à l'épicentre
  6. 6Des répliques peuvent suivre
Le mécanisme d'un séisme.

2. Les éléments d'un séisme

  • Le foyer (ou hypocentre) est le point, en profondeur, où la rupture commence. Il peut être superficiel (moins de 70 km) ou profond (jusqu'à environ 700 km).
  • L'épicentre est le point de la surface situé à la verticale du foyer. C'est en général là que les secousses sont les plus fortes.
  • Les ondes sismiques partent du foyer dans toutes les directions :
  • les ondes P (premières) : les plus rapides, elles compriment et étirent les roches ;
  • les ondes S (secondes) : plus lentes, elles font vibrer les roches de côté ;
  • les ondes de surface : les plus lentes mais les plus destructrices, elles font onduler le sol.
EFGHÉpicentreFoyerOndes sismiquesSurface du sol
Le foyer est en profondeur ; l'épicentre est à la surface, juste au-dessus du foyer.

Les séismes sont enregistrés par des sismographes (ou sismomètres), installés dans des stations sismologiques. Le tracé obtenu est un sismogramme. En comparant les heures d'arrivée des ondes P et S dans au moins trois stations, les sismologues calculent la distance de chaque station au séisme et en déduisent la position de l'épicentre.

3. Mesurer un séisme : magnitude et intensité

On utilise deux mesures différentes, à ne pas confondre.

Magnitude
  • Mesure l'énergie libérée au foyer
  • Une seule valeur pour un séisme
  • Calculée avec les sismogrammes
  • Échelle de Richter (1935), ouverte
Intensité
  • Mesure les effets observés en surface
  • Varie d'un lieu à l'autre
  • Estimée par l'observation des dégâts et des témoignages
  • Échelle de Mercalli, de I à XII
Deux façons de mesurer un séisme.

La magnitude est calculée à partir des enregistrements des sismographes. L'échelle proposée par l'Américain Charles Richter en 1935 est ouverte (elle n'a pas de maximum), mais les plus forts séismes mesurés n'ont jamais dépassé 9,5 (Chili, 1960). Aujourd'hui, les sismologues utilisent surtout la magnitude de moment, qui prolonge l'échelle de Richter et donne des valeurs proches.

Cette échelle est logarithmique : quand la magnitude augmente de 1, l'amplitude des vibrations enregistrées est multipliée par 10, et l'énergie libérée est multipliée par environ 32.

L'intensité décrit les effets du séisme en un lieu : ce que ressentent les gens, les objets qui tombent, les bâtiments fissurés ou détruits. L'échelle de Mercalli (ou des échelles voisines comme l'échelle MSK) va de I (secousse non ressentie) à XII (destruction presque totale). Pour un même séisme, l'intensité est forte près de l'épicentre et diminue en s'éloignant ; elle dépend aussi de la qualité des constructions et de la nature du sol.

Exemple

Question : « Un séisme A a une magnitude de 7, un séisme B une magnitude de 5. Compare-les. »

Réponse : La différence est de 7 − 5 = 2 degrés de magnitude.

Amplitude : chaque degré multiplie l'amplitude par 10, donc 10 × 10 = 100. Les vibrations enregistrées pour A sont 100 fois plus amples que pour B.

Énergie : chaque degré multiplie l'énergie par environ 32, donc 32 × 32 = 1 024, soit environ 1 000. Le séisme A libère environ 1 000 fois plus d'énergie que le séisme B.

Conclusion : une magnitude 7 n'est pas « un peu plus » qu'une magnitude 5, c'est un séisme beaucoup plus puissant.

Exemple

Question : « Deux séismes de magnitude 7 environ ont frappé le Japon et Haïti. Pourquoi Haïti a-t-il subi beaucoup plus de dégâts lors du séisme du 12 janvier 2010 ? »

Réponse : La magnitude mesure l'énergie, pas les dégâts. En Haïti, le foyer était peu profond et proche de la capitale, Port-au-Prince, très peuplée. Surtout, beaucoup de bâtiments n'étaient pas construits selon des normes parasismiques, et les secours étaient mal préparés. Au Japon, les constructions parasismiques, l'éducation des habitants et l'organisation des secours réduisent fortement les dégâts. L'intensité des effets dépend donc autant du niveau de développement et de préparation que de la magnitude.

4. Où se produisent les séismes ?

Comme les volcans, les séismes se concentrent le long des limites des plaques :

  • la ceinture de feu du Pacifique : Japon, Indonésie, Chili, Pérou, Mexique, Californie ; on y trouve les séismes les plus puissants ;
  • la zone alpine (ou méditerranéo-himalayenne) : Maroc et Algérie, Italie, Grèce, Turquie, Iran, Himalaya ;
  • les dorsales océaniques et le Rift est-africain.

En Afrique, les régions les plus touchées sont l'Afrique du Nord (Maroc, Algérie), à la limite entre les plaques africaine et eurasienne, et l'Afrique de l'Est, le long du Rift. Le Maroc a ainsi subi le séisme d'Agadir en 1960 et celui du Haut-Atlas en 2023 (magnitude 6,8).

En Guinée, loin des limites de plaques, les séismes sont rares et en général faibles. Ils sont liés à de vieilles failles du socle qui rejouent parfois. Le plus important connu est celui de Koumbia, dans la préfecture de Gaoual, le 22 décembre 1983, d'une magnitude voisine de 6 : il a détruit de nombreuses habitations et fait des victimes.

5. Les conséquences et la prévention

Les conséquences peuvent être dramatiques :

  • effondrement de bâtiments, de ponts et de routes, principale cause de décès ;
  • incendies (conduites de gaz et câbles électriques rompus), glissements de terrain ;
  • tsunamis : quand un séisme se produit sous la mer, il peut soulever brutalement une masse d'eau énorme, qui déferle sur les côtes. Le tsunami du 26 décembre 2004, dans l'océan Indien, a frappé une dizaine de pays jusqu'aux côtes de l'Afrique de l'Est ; celui du 11 mars 2011 au Japon a provoqué l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima ;
  • conséquences économiques et sociales : sans-abri, épidémies, pertes d'emplois, coût de la reconstruction.

La prévention : on ne sait pas prévoir la date exacte d'un séisme, mais on peut en limiter les effets :

  • cartographier les zones à risque et y interdire ou encadrer la construction ;
  • construire des bâtiments parasismiques (fondations solides, structures en béton armé chaînées, matériaux souples) ;
  • éduquer la population : exercices à l'école, bons gestes ;
  • installer des systèmes d'alerte aux tsunamis.

Méthode

Les bons gestes en cas de séisme :

  1. Pendant la secousse, à l'intérieur : je m'abrite sous une table solide, loin des fenêtres, et je protège ma tête.
  2. À l'extérieur : je m'éloigne des bâtiments, des murs et des poteaux électriques.
  3. Après la secousse : je sors calmement, sans utiliser l'ascenseur, en me méfiant des répliques.
  4. Au bord de la mer : si la mer se retire brusquement, je monte immédiatement vers un endroit élevé (risque de tsunami).

3Je retiens

Je retiens

Un séisme est une série de secousses brusques du sol dues à la rupture soudaine des roches en profondeur, le long d'une faille.

Le foyer (hypocentre) est le point de rupture en profondeur ; l'épicentre est le point de la surface situé à sa verticale. Les ondes sismiques (P, S, de surface) sont enregistrées par le sismographe.

Magnitude (échelle de Richter, ouverte) : énergie libérée ; +1 = amplitude × 10 et énergie × 32 environ. Intensité (échelle de Mercalli, I à XII) : effets observés en un lieu.

Zones sismiques : limites des plaques (ceinture de feu du Pacifique, zone alpine, Rift). En Guinée, séismes rares : Koumbia (Gaoual), 22 décembre 1983.

Conséquences : destructions, victimes, tsunamis. Prévention : constructions parasismiques, cartes des risques, éducation, alerte.

4Erreurs fréquentes

  • Confondre foyer et épicentre : le foyer est en profondeur, l'épicentre est à la surface.
  • Confondre magnitude et intensité : un séisme a une seule magnitude, mais plusieurs intensités selon les lieux.
  • Croire que l'échelle de Richter va de 1 à 10 : elle est ouverte ; c'est l'échelle de Mercalli qui est limitée (I à XII).
  • Penser qu'une magnitude 6 est « deux fois » une magnitude 3 : chaque degré multiplie l'énergie par environ 32.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Définis : séisme, foyer, épicentre, réplique.

b) Quel instrument enregistre les séismes ? Comment appelle-t-on le tracé obtenu ?

c) Pourquoi dit-on que l'échelle de Richter est « ouverte » ?

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a) Un séisme est une série de secousses brusques du sol provoquées par la rupture soudaine des roches en profondeur. Le foyer est le point, en profondeur, où commence la rupture. L'épicentre est le point de la surface situé à la verticale du foyer. Une réplique est une secousse plus faible qui suit le séisme principal.

b) Le sismographe (ou sismomètre) ; le tracé est un sismogramme.

c) Parce qu'elle n'a pas de valeur maximale fixée : elle mesure l'énergie libérée, qui n'a pas de limite théorique. En pratique, la plus forte magnitude mesurée est 9,5 (Chili, 1960).

2Exercice 2

(Calcul) Un séisme X a une magnitude de 6, un séisme Y une magnitude de 8.

a) Combien de fois l'amplitude des vibrations de Y est-elle plus grande que celle de X ?

b) Combien de fois environ l'énergie libérée par Y est-elle plus grande ?

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La différence de magnitude est 8 − 6 = 2.

a) 10 × 10 = 100 : l'amplitude de Y est 100 fois plus grande.

b) 32 × 32 = 1 024 : l'énergie de Y est environ 1 000 fois plus grande.

3Exercice 3

(Vrai ou faux, justifie)

a) Pour un même séisme, l'intensité est la même partout.

b) Les séismes les plus puissants se produisent autour du Pacifique.

c) La Guinée n'a jamais connu de séisme.

d) On sait prévoir le jour exact d'un séisme.

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a) Faux : l'intensité diminue en s'éloignant de l'épicentre et dépend des constructions et du sol.

b) Vrai : la ceinture de feu du Pacifique, où les plaques convergent, connaît les séismes les plus puissants (Chili, Japon).

c) Faux : les séismes y sont rares, mais la Guinée en a connu, comme celui de Koumbia (Gaoual) le 22 décembre 1983.

d) Faux : on connaît les zones à risque, mais on ne sait pas prévoir la date exacte d'un séisme.

4Exercice 4

(Analyse de situation) Deux villes sont touchées par le même séisme de magnitude 6,5. La ville A, à 10 km de l'épicentre, a des maisons en banco non renforcées ; la ville B, à 80 km, a des bâtiments parasismiques.

a) La magnitude est-elle différente pour les deux villes ? Justifie.

b) Dans quelle ville l'intensité sera-t-elle la plus forte ? Donne deux raisons.

c) Propose trois mesures pour réduire les dégâts dans la ville A à l'avenir.

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a) Non : la magnitude mesure l'énergie libérée au foyer ; c'est la même valeur (6,5) pour tout le séisme.

b) Dans la ville A : elle est beaucoup plus proche de l'épicentre, et ses maisons en banco non renforcées résistent mal aux secousses.

c) Construire ou renforcer les maisons selon des normes parasismiques (chaînages en béton armé, fondations solides) ; éviter de bâtir sur les terrains instables ; former les habitants aux bons gestes et organiser les secours.

5Exercice 5

(Rédaction guidée) En une douzaine de lignes, explique ce qu'est un séisme et comment les hommes peuvent s'en protéger. Plan : 1. définition et mécanisme ; 2. mesure (magnitude et intensité) ; 3. répartition et cas de la Guinée ; 4. prévention.

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Exemple de rédaction :

Un séisme est une série de secousses brusques du sol. Il se produit quand les roches, déformées par le mouvement des plaques, se cassent brutalement le long d'une faille. L'énergie libérée au foyer se propage en ondes sismiques, et les secousses sont les plus fortes à l'épicentre.

On mesure un séisme de deux façons : la magnitude, sur l'échelle ouverte de Richter, indique l'énergie libérée ; l'intensité, sur l'échelle de Mercalli (I à XII), décrit les effets en chaque lieu.

Les séismes se concentrent aux limites des plaques, surtout autour du Pacifique et dans la zone alpine. La Guinée, au cœur de la plaque africaine, en connaît peu, mais le séisme de Koumbia, en 1983, a montré qu'elle n'est pas à l'abri.

On ne peut pas empêcher les séismes, mais on peut en limiter les dégâts : constructions parasismiques, cartes des zones à risque, éducation aux bons gestes et systèmes d'alerte aux tsunamis.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Comment appelle-t-on le point de la surface situé à la verticale du foyer ?
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Réponse B : l'épicentre. L'hypocentre est un autre nom du foyer ; l'épicentre est en surface, juste au-dessus.

2Que mesure la magnitude ?
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Réponse A : l'énergie libérée par le séisme. La magnitude se calcule à partir des sismogrammes ; les dégâts relèvent de l'intensité.

3Quand la magnitude augmente de 1, l'énergie libérée est multipliée par environ :
Voir la réponse

Réponse C : 32. L'amplitude est multipliée par 10 et l'énergie par environ 32.

4Quelle échelle va de I à XII ?
Voir la réponse

Réponse B : l'échelle de Mercalli. L'échelle de Mercalli mesure l'intensité ; l'échelle de Richter est ouverte.

5Quel séisme a frappé la Guinée le 22 décembre 1983 ?
Voir la réponse

Réponse B : le séisme de Koumbia, dans la préfecture de Gaoual. Ce séisme, d'une magnitude voisine de 6, est le plus important connu en Guinée.

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