Leçon 7 sur 16
La formation des chaînes de montagnes
Je sais reconnaître les plis, les failles et les chevauchements, et expliquer comment la subduction et la collision des plaques construisent les chaînes de montagnes.
- 1 h
- 5 exercices corrigés
- 3 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Décrire et nommer les déformations des roches : plis, failles, chevauchements et nappes
- Relier le type de déformation au type de force (compression ou extension)
- Expliquer la formation des chaînes de subduction et de collision
- Expliquer pourquoi les très anciennes chaînes d'Afrique de l'Ouest sont aujourd'hui aplanies
Avant de commencer : La stratigraphie (principe de superposition) ; la géodynamique interne et les limites de plaques ; l'origine des magmas.
1Je découvre
Dans un livre de géographie, Mamadou compare deux photographies. La première montre l'Himalaya : des sommets pointus couverts de neige, dont l'Everest, le plus haut du monde, qui dépasse 8 800 m. La seconde montre le mont Nimba, en Guinée forestière, point culminant du pays, qui atteint environ 1 750 m, avec des formes arrondies couvertes de forêt.
Sous la photo de l'Himalaya, une légende indique : « On trouve près des sommets des roches contenant des fossiles marins. » Mamadou est intrigué : comment des roches formées au fond de la mer peuvent-elles se retrouver à plus de 8 000 m d'altitude ?
Son professeur ajoute : « Dans notre sous-sol aussi, il y a des roches plissées et écrasées, les restes de chaînes de montagnes qui étaient peut-être aussi hautes que l'Himalaya, il y a des centaines de millions d'années. »
Comment se forment les chaînes de montagnes, et pourquoi certaines sont-elles hautes et jeunes, et d'autres basses et très anciennes ?
2Je comprends
1. Qu'est-ce qu'une chaîne de montagnes ?
Une chaîne de montagnes est un ensemble de reliefs élevés, allongés sur des centaines ou des milliers de kilomètres, formés par la déformation et l'empilement de roches. Leur formation s'appelle l'orogenèse (du grec oros, montagne).
Une chaîne se reconnaît à trois grands indices :
- des roches déformées : plis, failles, chevauchements ;
- un épaississement de la croûte : sous les montagnes, la croûte continentale forme une racine profonde (environ 70 km sous l'Himalaya, contre 30 à 35 km sous une plaine) ;
- souvent du métamorphisme et du magmatisme (granites) liés à l'enfouissement et au réchauffement des roches.
2. Les déformations des roches
Les plis. Quand des couches de roches souples sont comprimées, elles se courbent sans se casser : elles forment des plis.
- Un anticlinal est un pli en forme de voûte (bombé vers le haut) : les couches les plus anciennes sont au cœur.
- Un synclinal est un pli en forme de gouttière (creusé vers le bas) : les couches les plus récentes sont au cœur.
- Un pli comprend une charnière (zone de plus forte courbure), deux flancs et un plan axial.
- Selon l'inclinaison du plan axial, un pli est droit, déjeté, déversé ou couché (plan axial presque horizontal). Dans un pli couché, le flanc inférieur est renversé : le principe de superposition ne s'y applique plus.
Les failles. Quand les roches sont rigides, elles se cassent. Une faille est une cassure le long de laquelle les deux blocs se sont déplacés. Le déplacement s'appelle le rejet.
- Faille normale : le bloc situé au-dessus du plan de faille descend ; elle traduit un étirement (extension). On la trouve dans les rifts.
- Faille inverse : le bloc situé au-dessus du plan de faille monte ; elle traduit un raccourcissement (compression). On la trouve dans les chaînes de montagnes.
- Faille de décrochement : les blocs coulissent horizontalement.
Les chevauchements et les nappes. Dans une compression intense, une faille inverse très peu inclinée permet à un grand paquet de roches de glisser par-dessus un autre : c'est un chevauchement. Si le paquet a été déplacé sur des dizaines de kilomètres, loin de sa racine, on parle de nappe de charriage. Des roches plus anciennes se retrouvent alors au-dessus de roches plus récentes.
- Plis (anticlinaux, synclinaux)
- Failles inverses
- Chevauchements et nappes
- La croûte s'épaissit : montagnes
- Exemple : Himalaya, Alpes
- Pas de plis
- Failles normales
- Fossés d'effondrement (rifts)
- La croûte s'amincit : bassins, océans
- Exemple : rift est-africain
Méthode
Pour identifier une déformation sur une coupe :
- Les couches sont-elles courbées (pli) ou cassées et décalées (faille) ?
- Pour un pli : les couches anciennes sont-elles au cœur (anticlinal) ou les récentes (synclinal) ?
- Pour une faille : je repère le bloc au-dessus du plan de faille ; s'il est descendu, faille normale (extension) ; s'il est monté, faille inverse (compression).
- Si des roches anciennes reposent sur des roches récentes par un contact presque horizontal : chevauchement ou nappe.
- Je conclus sur la force responsable : compression ou extension.
3. Comment naissent les chaînes de montagnes ?
Les chaînes se forment aux limites convergentes de plaques. On en distingue deux grands types.
a) Les chaînes de subduction (exemple : les Andes). Une plaque océanique, dense, plonge sous une plaque continentale. Le bord du continent est comprimé : ses roches se plissent et se chevauchent, la croûte s'épaissit. La fusion partielle du manteau hydraté produit des magmas andésitiques : de nombreux volcans explosifs se forment, et des granites cristallisent en profondeur. Les séismes y sont nombreux, avec des foyers de plus en plus profonds sous le continent.
b) Les chaînes de collision (exemples : l'Himalaya, les Alpes). L'histoire se déroule en plusieurs étapes :
- un océan sépare deux continents ;
- l'océan se ferme par subduction de sa lithosphère océanique ;
- les deux continents, trop légers pour plonger, entrent en collision ;
- la croûte continentale se plisse, se découpe en écailles et en nappes qui s'empilent ; elle s'épaissit fortement (racine) ; des roches enfouies subissent le métamorphisme, et la fusion de la croûte donne des granites ;
- des morceaux de l'ancien océan (roches de fond marin, fossiles marins, parfois des morceaux de lithosphère océanique appelés ophiolites) se retrouvent coincés dans la chaîne.
L'Himalaya est né de la collision entre la plaque indienne et la plaque eurasiatique, commencée il y a environ 50 millions d'années ; elle continue aujourd'hui. C'est pourquoi on trouve des fossiles marins près de ses sommets : ce sont les sédiments de l'ancien océan qui séparait l'Inde de l'Asie.
- 1Ouverture d'un océan entre deux continents (extension)
- 2Début de la subduction : l'océan se referme
- 3Fermeture de l'océan : les deux continents se rapprochent
- 4Collision : plis, failles inverses, nappes, épaississement de la croûte
- 5Métamorphisme et granites en profondeur ; relief très élevé en surface
- 6Érosion lente et remontée de la racine : la chaîne s'aplanit
4. La mort des chaînes : érosion et aplanissement
Dès qu'un relief se forme, l'érosion (géodynamique externe) l'attaque : pluie, gel, rivières, glaciers. En même temps, la racine légère de la chaîne remonte lentement, comme un morceau de bois qu'on a enfoncé dans l'eau et qui remonte quand on le soulage : c'est le réajustement isostatique. Après des dizaines ou des centaines de millions d'années, il ne reste qu'une surface presque plane, une pénéplaine, où affleurent les roches profondes de la chaîne : granites, gneiss, micaschistes, plis serrés.
C'est le cas de l'Afrique de l'Ouest. Son sous-sol conserve les traces de chaînes très anciennes : la chaîne éburnéenne, formée il y a environ 2 milliards d'années, et, sur la bordure ouest du continent, des chaînes plus récentes (environ 600 millions d'années) comme les Rokelides et les Bassarides, dont une partie traverse la Guinée. Ces chaînes ont été rabotées par l'érosion. Les reliefs actuels de la Guinée ne sont donc pas des chaînes jeunes : le Fouta-Djallon est un plateau de grès aux couches presque horizontales, découpé par les rivières ; le mont Nimba et les massifs de Guinée forestière sont des reliefs de roches très anciennes et dures, mis en valeur par l'érosion.
Exemple
Dans une chaîne, une série de couches mesurait 150 km de long avant la compression. Elle ne mesure plus que 100 km. Calcule le raccourcissement.
Raccourcissement = 150 − 100 = 50 km.
Taux de raccourcissement = 50 ÷ 150 ≈ 0,33, soit environ 33 %.
Le tiers de la longueur a été « absorbé » par les plis et les chevauchements.
Exemple
Une chaîne a un relief de 6 000 m. Si l'érosion enlève en moyenne 0,5 mm par an et qu'aucune surrection ne compense, combien de temps faudrait-il pour la raser ?
6 000 m = 6 000 000 mm.
Durée = 6 000 000 ÷ 0,5 = 12 000 000 ans, soit 12 millions d'années.
En réalité, la racine remonte et la durée est plus longue, mais on comprend qu'une chaîne vieille de 600 millions d'années ait eu le temps d'être aplanie.
3Je retiens
Je retiens
Une chaîne de montagnes est un ensemble de reliefs formés par la déformation et l'empilement des roches (orogenèse), avec une racine crustale.
Anticlinal : pli en voûte, couches anciennes au cœur ; synclinal : pli en gouttière, couches récentes au cœur.
Faille normale : extension ; faille inverse : compression ; chevauchement et nappe : compression intense.
Chaîne de subduction (Andes) : plaque océanique sous un continent, volcans andésitiques.
Chaîne de collision (Himalaya) : fermeture d'un océan puis collision de deux continents, nappes, métamorphisme, ophiolites.
Les chaînes sont ensuite aplanies par l'érosion et le réajustement isostatique ; en Afrique de l'Ouest, il ne reste que leurs racines.
4Erreurs fréquentes
- Confondre anticlinal et synclinal d'après la forme seule : si le pli est renversé, il faut regarder l'âge des couches au cœur.
- Associer faille normale à compression : une faille normale traduit un étirement ; c'est la faille inverse qui traduit une compression.
- Croire que le Fouta-Djallon est une chaîne plissée : c'est un plateau de grès presque horizontaux ; les chaînes plissées de la Guinée sont anciennes et aplanies.
- Penser que la hauteur d'une montagne indique son âge ancien : au contraire, les chaînes les plus hautes sont les plus jeunes, car l'érosion n'a pas encore eu le temps de les user.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours)
a) Définis : orogenèse, anticlinal, synclinal, nappe de charriage.
b) Quelle différence y a-t-il entre une faille normale et une faille inverse ?
c) Cite trois indices qui montrent qu'une région est une chaîne de montagnes.
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a) L'orogenèse est l'ensemble des phénomènes qui forment une chaîne de montagnes. Un anticlinal est un pli en forme de voûte dont le cœur contient les couches les plus anciennes. Un synclinal est un pli en forme de gouttière dont le cœur contient les couches les plus récentes. Une nappe de charriage est un grand ensemble de roches déplacé sur des dizaines de kilomètres par-dessus d'autres terrains, loin de sa zone d'origine.
b) Dans une faille normale, le bloc situé au-dessus du plan de faille est descendu : elle traduit un étirement. Dans une faille inverse, ce bloc est monté : elle traduit une compression.
c) Des roches plissées et faillées (chevauchements) ; une croûte épaissie (racine) ; du métamorphisme et des granites (ou des volcans dans une chaîne de subduction).
2Exercice 2
Sur une coupe, on observe un pli dont le cœur est occupé par une couche du Paléozoïque, entourée de couches du Mésozoïque. S'agit-il d'un anticlinal ou d'un synclinal ? Justifie.
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C'est un anticlinal : les couches les plus anciennes (Paléozoïque) occupent le cœur du pli, entourées par des couches plus récentes (Mésozoïque).
3Exercice 3
Dans une chaîne, une couche repère longue de 240 km avant déformation ne mesure plus que 160 km.
a) Calcule le raccourcissement en km et en pourcentage.
b) Quelles structures ont permis ce raccourcissement ?
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a) Raccourcissement = 240 − 160 = 80 km. Taux = 80 ÷ 240 ≈ 0,333, soit environ 33 %.
b) Les plis, les failles inverses, les chevauchements et les nappes de charriage.
4Exercice 4
Compare, sous forme d'un tableau, une chaîne de subduction et une chaîne de collision (plaques en jeu, magmatisme, exemple).
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| Caractère | Chaîne de subduction | Chaîne de collision |
|---|---|---|
| Plaques en jeu | plaque océanique sous plaque continentale | deux plaques continentales après fermeture d'un océan |
| Magmatisme | volcans andésitiques explosifs et granites | surtout granites issus de la fusion de la croûte |
| Structures | plis et chevauchements au bord du continent | nappes empilées, forte racine, ophiolites |
| Exemple | Andes | Himalaya, Alpes |
5Exercice 5
(Type examen) Un document présente l'Himalaya :
- des calcaires à fossiles marins près des sommets ;
- des roches de fond océanique (basaltes, péridotites) coincées entre l'Inde et l'Asie ;
- des granites et des gneiss au cœur de la chaîne ;
- une croûte de 70 km d'épaisseur sous la chaîne, contre 35 km sous la plaine indienne.
a) Explique la présence de fossiles marins en altitude.
b) Comment appelle-t-on les roches de fond océanique coincées dans la chaîne ? Que prouvent-elles ?
c) Explique l'origine des granites et des gneiss.
d) Rédige en quelques lignes l'histoire de la formation de l'Himalaya.
e) Pourquoi les chaînes de même type qui existaient en Guinée il y a environ 600 millions d'années ne forment-elles plus de hautes montagnes ?
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a) Ces calcaires se sont déposés au fond de l'océan qui séparait l'Inde de l'Asie. Lors de la collision, ils ont été plissés, empilés en nappes et soulevés jusqu'à plus de 8 000 m.
b) Ce sont des ophiolites. Elles prouvent qu'un océan existait entre l'Inde et l'Asie et qu'il a disparu (fermeture par subduction) avant la collision.
c) En s'épaississant, la croûte s'est enfoncée ; les roches ont subi une forte température et une forte pression : elles sont devenues des gneiss (métamorphisme). Les plus chaudes ont fondu partiellement (anatexie), donnant des magmas qui ont cristallisé en granites.
d) Un océan séparait l'Inde de l'Asie. Sa lithosphère a plongé par subduction sous l'Asie, et l'océan s'est refermé. Il y a environ 50 millions d'années, l'Inde est entrée en collision avec l'Asie : les sédiments marins et la croûte continentale ont été plissés, faillés et empilés en nappes ; la croûte a doublé d'épaisseur (70 km), les roches enfouies se sont métamorphisées et ont donné des granites. La collision continue aujourd'hui.
e) Depuis 600 millions d'années, l'érosion a usé ces reliefs et la racine est remontée (réajustement isostatique). Il ne reste qu'une surface aplanie où affleurent les roches profondes (granites, gneiss, schistes plissés).
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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