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Mathématiques · 12e SM

Leçon 19 sur 23

Géométrie de l'espace

Je sais déterminer les positions relatives de droites et de plans, démontrer un parallélisme ou une orthogonalité dans l'espace et calculer des longueurs et des volumes dans un cube ou une pyramide.

  • 1 h 10
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Utiliser les règles d'incidence pour déterminer un plan ou l'intersection de deux plans
  • Reconnaître les positions relatives de deux droites, d'une droite et d'un plan, de deux plans
  • Démontrer un parallélisme (théorème du toit) ou une orthogonalité (droite orthogonale à un plan)
  • Calculer des longueurs, des aires et des volumes dans un solide

Avant de commencer : Les solides usuels du collège (cube, pavé, pyramide, prisme) et leurs volumes, le théorème de Pythagore, la droite des milieux (Thalès) dans le plan.

1Je découvre

Ousmane est maçon à Labé. Il construit un magasin dont les murs ont la forme d'un pavé droit. Avant de couler le béton d'un poteau, il veut vérifier que le coffrage est bien vertical, c'est-à-dire perpendiculaire au sol.

Son apprenti Lansana pose une équerre contre le coffrage et contre une règle posée au sol : l'angle est droit. « C'est bon, dit-il, le poteau est vertical. » Ousmane secoue la tête : « Un seul angle droit ne suffit pas. Le poteau peut encore pencher sur le côté. Il faut vérifier avec l'équerre dans deux directions différentes du sol. »

Qui a raison, et pourquoi ? Dans l'espace, les droites peuvent se croiser, être parallèles, ou ni l'un ni l'autre ; les plans peuvent se couper selon une droite. Nos habitudes du plan ne suffisent plus.

Quelles règles permettent de raisonner sur les droites et les plans de l'espace, et de démontrer qu'une droite est perpendiculaire à un plan ?

2Je comprends

1. Règles de base (règles d'incidence)

  • Par deux points distincts passe une seule droite.
  • Par trois points non alignés passe un seul plan. Un plan est aussi déterminé par une droite et un point hors de cette droite, ou par deux droites sécantes, ou par deux droites parallèles distinctes.
  • Si deux points distincts d'une droite appartiennent à un plan, toute la droite est dans ce plan.
  • Si deux plans distincts ont un point commun, leur intersection est une droite.
  • Dans chaque plan de l'espace, tous les théorèmes de géométrie plane (Pythagore, Thalès, droite des milieux…) s'appliquent.

Pour dessiner les solides, on utilise la perspective cavalière : les arêtes cachées sont en pointillés, les droites parallèles restent parallèles sur le dessin, mais les angles droits et les longueurs ne sont pas toujours conservés.

Dans toute la leçon, ABCDEFGH désigne un cube : ABCD est la face du dessous, EFGH celle du dessus, avec E au-dessus de A, F au-dessus de B, G au-dessus de C et H au-dessus de D.

ABCDEFGH
Le cube ABCDEFGH en perspective cavalière (les arêtes [AD], [DC] et [DH] sont normalement cachées et dessinées en pointillés).

2. Positions relatives

Deux droites de l'espace sont :

  • coplanaires (dans un même plan) : elles sont alors sécantes (un seul point commun) ou parallèles (strictement parallèles ou confondues) ;
  • non coplanaires : aucun plan ne les contient toutes les deux ; elles n'ont aucun point commun et ne sont pas parallèles.
Droites coplanaires
  • Dans un même plan
  • Sécantes ou parallèles
  • Exemple : (AB) et (BC) sécantes en B
  • Exemple : (AB) et (HG) parallèles
Droites non coplanaires
  • Aucun plan ne les contient
  • Ni sécantes ni parallèles
  • Exemple : (AB) et (CG)
  • Exemple : (AE) et (BC)

Une droite et un plan : la droite est contenue dans le plan, ou elle est sécante au plan (un seul point commun), ou elle est strictement parallèle au plan (aucun point commun).

Deux plans : ils sont parallèles (strictement parallèles ou confondus) ou sécants selon une droite.

3. Parallélisme dans l'espace

  • Deux droites parallèles à une même troisième sont parallèles entre elles.
  • Une droite (d) est parallèle à un plan (P) si elle est parallèle à une droite de (P).
  • Deux plans sont parallèles si l'un contient deux droites sécantes respectivement parallèles à deux droites de l'autre.
  • Si deux plans sont parallèles, tout plan qui coupe l'un coupe l'autre, et les deux droites d'intersection sont parallèles.
  • Théorème du toit. Si (d) et (d') sont deux droites parallèles, (P) un plan contenant (d) et (P') un plan contenant (d'), et si (P) et (P') sont sécants selon une droite (Δ), alors (Δ) est parallèle à (d) et à (d').

(Le nom vient du toit d'une case rectangulaire : les deux pans du toit s'appuient sur deux murs parallèles, et le faîte est parallèle à ces murs.)

Exemple

Dans le cube, déterminer l'intersection des plans (ABG) et (EFG).

(AB) est parallèle à (DC) (face ABCD) et (DC) est parallèle à (HG) (face DCGH), donc (AB) et (HG) sont parallèles.

Ces deux droites parallèles déterminent un plan, qui contient A, B et G : c'est le plan (ABG). Il contient donc H.

Les points G et H sont à la fois dans (ABG) et dans (EFG) (face du dessus).

Les deux plans sont distincts (A n'est pas dans la face du dessus), donc leur intersection est la droite (GH).

4. Orthogonalité dans l'espace

Deux droites (d) et (d') sont orthogonales si leurs parallèles menées par un même point sont perpendiculaires. Attention : deux droites orthogonales ne se coupent pas forcément. Dans le cube, (AB) et (EH) sont orthogonales (car (EH) ∥ (AD) et (AB) ⊥ (AD)), mais elles ne sont pas sécantes.

Une droite (d) est orthogonale à un plan (P) si elle est orthogonale à toutes les droites de (P).

Théorème fondamental. Une droite est orthogonale à un plan si et seulement si elle est orthogonale à deux droites sécantes de ce plan.

Conséquence : si (d) ⊥ (P), alors (d) est orthogonale à toute droite de (P). C'est l'outil principal pour démontrer que deux droites sont orthogonales.

Méthode

Pour démontrer que deux droites (d) et (d') sont orthogonales dans l'espace :

  1. Je cherche un plan (P) qui contient (d') et deux droites sécantes faciles à étudier.
  2. Je démontre que (d) est orthogonale à ces deux droites sécantes (faces carrées, rectangles, triangles isocèles…).
  3. J'en déduis, par le théorème, que (d) est orthogonale au plan (P).
  4. Je conclus : (d) est orthogonale à toute droite de (P), en particulier à (d').

Exemple

Dans le cube ABCDEFGH, démontrer que (BD) est orthogonale à (CE).

  1. (BD) ⊥ (AC), car les diagonales du carré ABCD sont perpendiculaires.
  2. (AE) est orthogonale au plan (ABC) : (AE) ⊥ (AB) et (AE) ⊥ (AD) (faces carrées), et (AB), (AD) sont sécantes en A. Donc (AE) ⊥ (BD), car (BD) est dans le plan (ABC).
  3. (BD) est orthogonale à (AC) et à (AE), deux droites sécantes en A du plan (ACE). Donc (BD) est orthogonale au plan (ACE).
  4. La droite (CE) est dans le plan (ACE), donc (BD) ⊥ (CE).

5. Calculs de longueurs et de volumes

Dans un cube d'arête a :

  • diagonale d'une face : AC = a√2 (Pythagore dans ABC) ;
  • grande diagonale : AG = a√3 (Pythagore dans ACG, rectangle en C car (CG) ⊥ (ABC)) : AG2 = 2a2 + a2 = 3a2.
SolideVolume
Pavé droitL × ell × h
Cube d'arête aa3
Prisme droitaire de la base × hauteur
Pyramide, cône13 × aire de la base × hauteur
Boule de rayon r43π r3

6. Retour au poteau d'Ousmane

Ousmane a raison. Un angle droit avec une seule droite du sol ne suffit pas : le poteau peut être orthogonal à cette droite tout en penchant dans l'autre direction. D'après le théorème, il faut qu'il soit orthogonal à deux droites sécantes du sol. Deux contrôles à l'équerre dans deux directions différentes garantissent que le poteau est vertical.

3Je retiens

Je retiens

Un plan est déterminé par trois points non alignés, ou deux droites sécantes, ou deux droites parallèles distinctes.

Deux plans distincts qui ont un point commun se coupent selon une droite.

Deux droites de l'espace sont soit coplanaires (sécantes ou parallèles), soit non coplanaires.

Théorème du toit : deux plans contenant deux droites parallèles se coupent selon une droite parallèle à ces droites.

(d) orthogonale à un plan ⟺ (d) orthogonale à deux droites sécantes de ce plan ; elle est alors orthogonale à toute droite du plan.

Cube d'arête a : diagonale d'une face a√2, grande diagonale a√3, volume a³.

Pyramide : V = (1/3) × aire de la base × hauteur.

4Erreurs fréquentes

  • Croire que deux droites qui ne se coupent pas sont parallèles : dans l'espace, elles peuvent être non coplanaires, comme (AB) et (CG).
  • Croire que deux droites orthogonales se coupent : (AB) et (EH) sont orthogonales sans avoir de point commun.
  • Se contenter d'UNE droite du plan pour prouver qu'une droite est orthogonale au plan : il en faut deux, sécantes.
  • Lire les angles et longueurs directement sur le dessin en perspective : un carré peut y apparaître comme un parallélogramme.

5Je m’exerce

1Exercice 1

Dans le cube ABCDEFGH, donne la position relative des droites :

a) (AB) et (HG) ; b) (AB) et (CG) ; c) (AE) et (EG) ; d) (AC) et (EG).

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) (AB) ∥ (DC) et (DC) ∥ (HG), donc (AB) ∥ (HG) : droites parallèles.

b) (AB) et (CG) ne sont ni sécantes ni parallèles : elles sont non coplanaires (aucune face ni aucun plan ne les contient toutes les deux).

c) (AE) et (EG) sont sécantes en E.

d) ACGE est un rectangle (car (AE) et (CG) sont parallèles et de même longueur, avec un angle droit en A), donc (AC) ∥ (EG).

2Exercice 2

Dans le cube ABCDEFGH, démontre que la droite (AE) est orthogonale à la droite (BD), puis que (BF) est orthogonale à (AC).

Voir le corrigéCacher le corrigé

(AE) ⊥ (AB) et (AE) ⊥ (AD) (faces carrées ABFE et ADHE). (AB) et (AD) sont sécantes en A, donc (AE) est orthogonale au plan (ABC). Comme (BD) est dans ce plan, (AE) ⊥ (BD).

De même, (BF) ⊥ (BA) et (BF) ⊥ (BC), sécantes en B : (BF) est orthogonale au plan (ABC), qui contient (AC). Donc (BF) ⊥ (AC).

3Exercice 3

Le cube ABCDEFGH a pour arête 6 cm.

a) Calcule les longueurs exactes AC et AG.

b) Calcule le volume de la pyramide GABCD (de sommet G et de base ABCD) et compare-le au volume du cube.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) AC = 6√2 cm (diagonale d'un carré de côté 6). Le triangle ACG est rectangle en C : AG2 = AC2 + CG2 = 72 + 36 = 108, donc AG = √108 = 6√3 cm.

b) La base ABCD a pour aire 36 cm² et la hauteur est CG = 6 cm (car (CG) ⊥ (ABC)).

V = 13 × 36 × 6 = 72 cm³. Le cube a pour volume 63 = 216 cm³, et 72216 = 13 : la pyramide occupe le tiers du cube.

4Exercice 4

SABCD est une pyramide régulière : sa base ABCD est un carré de côté 6 m de centre O, et (SO) est orthogonale à la base, avec SO = 4 m. Ce pourrait être le toit d'un grenier.

a) Calcule OA puis l'arête SA.

b) Soit K le milieu de [AB]. Calcule SK, puis l'aire latérale de la pyramide (aire des 4 faces triangulaires).

c) Calcule le volume de la pyramide.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) O est le milieu de la diagonale [AC], et AC = 6√2, donc OA = 3√2 m.

Le triangle SOA est rectangle en O (car (SO) est orthogonale à la base, donc à (OA)) : SA2 = SO2 + OA2 = 16 + 18 = 34, SA = √34 ≈ 5,83 m.

b) OK = 3 m (la moitié du côté) et SOK est rectangle en O : SK2 = 16 + 9 = 25, SK = 5 m.

Dans le triangle isocèle SAB, [SK] est la hauteur issue de S : aire = 6 × 52 = 15 m². Aire latérale : 4 × 15 = 60 m².

c) V = 13 × 62 × 4 = 1443 = 48 m³.

5Exercice 5

(Type examen) ABCDEFGH est un cube d'arête 4. I est le milieu de [EF] et J le milieu de [FG].

a) Démontre que (IJ) est parallèle à (EG), puis à (AC).

b) Déduis-en que les points A, C, J, I sont coplanaires. Quelle est la nature du quadrilatère ACJI ?

c) Calcule AC, IJ, AI et CJ. Précise la nature de ACJI.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Dans le triangle EFG, I et J sont les milieux de [EF] et [FG] : par le théorème de la droite des milieux, (IJ) ∥ (EG) et IJ = EG2. D'autre part (EG) ∥ (AC) (exercice 1, d). Deux droites parallèles à une même troisième sont parallèles : (IJ) ∥ (AC).

b) Les droites (IJ) et (AC) sont parallèles et distinctes, donc elles déterminent un plan : A, C, J, I sont coplanaires. ACJI a deux côtés opposés parallèles, [AC] et [IJ] : c'est un trapèze.

c) AC = 4√2 ; EG = 4√2, donc IJ = 2√2.

Le triangle AEI est rectangle en E : AI2 = AE2 + EI2 = 16 + 4 = 20, AI = 2√5.

De même, CGJ est rectangle en G : CJ2 = 16 + 4 = 20, CJ = 2√5.

ACJI est un trapèze dont les côtés non parallèles ont la même longueur : c'est un trapèze isocèle. C'est la section du cube par le plan (ACJ).

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Dans l'espace, deux droites sans point commun sont :
Voir la réponse

Réponse B : parallèles ou non coplanaires. Si elles sont coplanaires, elles sont parallèles ; sinon, elles sont non coplanaires.

2Pour démontrer qu'une droite est orthogonale à un plan, il suffit de montrer qu'elle est orthogonale à :
Voir la réponse

Réponse B : deux droites sécantes de ce plan. C'est le théorème fondamental ; deux droites parallèles ne suffisent pas.

3La grande diagonale d'un cube d'arête 5 mesure :
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Réponse B : 5√3. Elle vaut a√3 avec a = 5.

4Dans le cube ABCDEFGH, les droites (AB) et (EH) sont :
Voir la réponse

Réponse C : orthogonales sans être sécantes. (EH) ∥ (AD) et (AD) ⊥ (AB) ; mais (AB) et (EH) n'ont aucun point commun.

5Quel est le volume d'une pyramide de hauteur 9 cm dont la base est un carré de côté 4 cm ?
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Réponse B : 48 cm³. V = 13 × 16 × 9 = 48 cm³.

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