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Biologie · Terminale SE Prépare le BAC

Leçon 2 sur 49

L'ADN

Je sais décrire la composition chimique et la structure en double hélice de l'ADN, et utiliser la complémentarité des bases pour faire des calculs.

  • 1 h
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Décrire la composition d'un nucléotide et nommer les quatre bases de l'ADN
  • Expliquer la structure en double hélice (complémentarité, antiparallélisme, dimensions)
  • Appliquer les règles de Chargaff et la complémentarité pour écrire un brin et faire des calculs
  • Situer l'ADN dans la cellule, de la molécule au chromosome

Avant de commencer : La leçon précédente (l'ADN est le support de l'information génétique) ; notions de chimie organique (glucides, liaisons) et de structure de la cellule.

1Je découvre

Au laboratoire du lycée, à Kankan, le professeur de biologie propose une expérience simple à ses élèves de Terminale SE : on écrase un oignon avec un peu d'eau salée et de liquide vaisselle, on filtre, puis on verse doucement de l'alcool très froid le long du tube. Au bout de quelques minutes, Kadiatou voit apparaître, à la limite entre les deux liquides, de fins filaments blancs, comme de la ouate. Elle les enroule autour d'une baguette de verre.

« Ce que vous tenez, c'est de l'ADN, explique le professeur. Des milliards de molécules enroulées ensemble. Dans la leçon précédente, nous avons prouvé que cette molécule porte l'information génétique. »

Ousmane, son voisin, s'étonne : « Comment une simple substance blanche peut-elle contenir les instructions pour fabriquer un oignon, une vache N'Dama ou un être humain ? Elle doit avoir une structure très particulière ! »

De quoi l'ADN est-il composé, comment ses éléments sont-ils assemblés, et en quoi cette structure lui permet-elle de porter l'information génétique ?

2Je comprends

1. La composition chimique de l'ADN

L'ADN (acide désoxyribonucléique) est une très longue molécule, un polymère, formée par l'enchaînement d'unités appelées nucléotides.

Un nucléotide est formé de trois éléments :

  • un groupement phosphate (acide phosphorique) ;
  • un sucre à cinq atomes de carbone, le désoxyribose ;
  • une base azotée, fixée sur le sucre.

Il existe quatre bases azotées dans l'ADN, donc quatre nucléotides différents :

BaseSymboleFamille
AdénineApurine (base à deux cycles)
GuanineGpurine
CytosineCpyrimidine (base à un cycle)
ThymineTpyrimidine

Les nucléotides d'un même brin sont reliés entre eux par des liaisons phosphodiester : le phosphate d'un nucléotide se lie au sucre du nucléotide suivant. On obtient ainsi un brin avec un « squelette » alterné sucre-phosphate, sur lequel les bases dépassent comme les dents d'un peigne. Chaque brin a une orientation : une extrémité 5' (côté phosphate libre) et une extrémité 3' (côté sucre libre).

2. Les règles de Chargaff

Vers 1950, le biochimiste Erwin Chargaff analyse l'ADN de nombreuses espèces. Il constate que :

  • la quantité d'adénine est égale à celle de thymine : A = T ;
  • la quantité de guanine est égale à celle de cytosine : G = C ;
  • par conséquent, A + G = T + C, soit A + GT + C = 1 ;
  • en revanche, le rapport A + TG + C varie d'une espèce à l'autre.

Ces égalités suggèrent que les bases fonctionnent par paires : A avec T, G avec C.

3. La structure en double hélice

À partir de ces résultats et des images obtenues par diffraction des rayons X par Rosalind Franklin et Maurice Wilkins, James Watson et Francis Crick proposent en 1953 le modèle de la double hélice.

  • L'ADN est formé de deux brins enroulés l'un autour de l'autre, comme une échelle de corde tordue.
  • Les montants de l'échelle sont les squelettes sucre-phosphate ; les barreaux sont les paires de bases, tournées vers l'intérieur.
  • Les bases s'associent toujours de la même façon : A avec T par 2 liaisons hydrogène, G avec C par 3 liaisons hydrogène. On dit que les bases sont complémentaires, et que les deux brins sont complémentaires.
  • Les deux brins sont antiparallèles : l'un va de 5' vers 3', l'autre de 3' vers 5'.

Dimensions (valeurs arrondies) : diamètre de la double hélice : environ 2 nm ; distance entre deux paires de bases successives : 0,34 nm ; un tour complet d'hélice (le « pas ») mesure 3,4 nm et contient environ 10 paires de bases.

Brin 1 (5' vers 3')
  • A
  • T
  • G
  • C
  • G
Brin 2 (3' vers 5')
  • T (2 liaisons H)
  • A (2 liaisons H)
  • C (3 liaisons H)
  • G (3 liaisons H)
  • C (3 liaisons H)
Chaque base d'un brin fait face à sa base complémentaire sur l'autre brin ; les deux brins sont antiparallèles.

4. Où l'information est-elle écrite ?

Le squelette sucre-phosphate est le même dans toutes les molécules d'ADN. Ce qui change d'un gène à l'autre, d'un individu à l'autre et d'une espèce à l'autre, c'est l'ordre des nucléotides, c'est-à-dire la séquence des bases le long d'un brin. L'information génétique est donc écrite dans un « alphabet » de quatre lettres, A, T, G et C, comme un texte est écrit avec les lettres de l'alphabet.

Avec seulement quatre lettres, le nombre de séquences possibles est immense : pour un fragment de n nucléotides, il existe 4n séquences différentes. Pour seulement 10 nucléotides, cela fait déjà 410 = 1 048 576 possibilités.

La complémentarité a une conséquence capitale : un brin suffit pour reconstituer l'autre. C'est ce qui permettra la copie fidèle de l'ADN avant chaque division cellulaire (la réplication), étudiée dans le chapitre sur la transmission de l'information génétique.

5. De la molécule au chromosome

Chez les eucaryotes, l'ADN se trouve dans le noyau (et une petite quantité dans les mitochondries et les chloroplastes). Il est associé à des protéines, les histones, autour desquelles il s'enroule : l'ensemble forme la chromatine. Au moment de la division cellulaire, la chromatine se condense fortement et forme les chromosomes visibles au microscope. Chez l'être humain, chaque cellule contient 46 chromosomes, et l'ADN de toutes ces molécules mis bout à bout mesurerait près de 2 mètres.

  1. 1Nucléotide : phosphate + désoxyribose + base (A, T, G ou C)
  2. 2Brin d'ADN : chaîne de nucléotides liés par des liaisons phosphodiester
  3. 3Double hélice : deux brins complémentaires et antiparallèles
  4. 4Chromatine : ADN enroulé autour de protéines, les histones
  5. 5Chromosome : chromatine très condensée, visible pendant la division
Les niveaux d'organisation de l'ADN, du plus petit au plus grand.

Méthode

Pour écrire le brin complémentaire d'un brin d'ADN :

  1. Je recopie le brin donné en indiquant ses extrémités 5' et 3'.
  2. En dessous, j'écris pour chaque base sa base complémentaire : A face à T, T face à A, G face à C, C face à G.
  3. J'indique les extrémités inversées (3' sous 5', 5' sous 3') : les brins sont antiparallèles.
  4. Si on me demande les liaisons hydrogène : je compte les paires A-T (× 2) et les paires G-C (× 3).

Exemple

Écrire le brin complémentaire de 5'-ATGCGTTA-3' et calculer le nombre de liaisons hydrogène.

Brin donné : 5'-A T G C G T T A-3'

Brin complémentaire : 3'-T A C G C A A T-5'

Paires A-T ou T-A : A, T, T, T, A dans le brin donné, soit 5 paires, donc 5 × 2 = 10 liaisons.

Paires G-C ou C-G : G, C, G, soit 3 paires, donc 3 × 3 = 9 liaisons.

Total : 10 + 9 = 19 liaisons hydrogène.

Exemple

Dans un ADN double brin, l'adénine représente 30 % des bases. Calculer les pourcentages des autres bases.

Règle de Chargaff : T = A = 30 %.

Il reste 100 − (30 + 30) = 40 % pour G et C, et G = C.

Donc G = C = 40 ÷ 2 = 20 %.

Vérification : 30 + 30 + 20 + 20 = 100 %.

Exemple

Un fragment d'ADN compte 1 500 paires de bases. Calculer sa longueur et son nombre de tours d'hélice.

Longueur : 1 500 × 0,34 nm = 510 nm.

Nombre de tours : 1 500 ÷ 10 = 150 tours (vérification : 150 × 3,4 nm = 510 nm).

3Je retiens

Je retiens

L'ADN est un polymère de nucléotides ; un nucléotide = phosphate + désoxyribose + base azotée (A, T, G ou C).

Règles de Chargaff : A = T et G = C, donc (A + G)/(T + C) = 1 ; le rapport (A + T)/(G + C) dépend de l'espèce.

Double hélice (Watson et Crick, 1953) : deux brins complémentaires et antiparallèles (5'→3' face à 3'→5').

A s'apparie avec T (2 liaisons hydrogène), G avec C (3 liaisons hydrogène).

Dimensions : diamètre 2 nm ; 0,34 nm entre deux paires ; un tour = 3,4 nm = 10 paires de bases.

L'information génétique est la séquence des bases ; chez les eucaryotes, l'ADN est associé aux histones (chromatine) et forme les chromosomes.

4Erreurs fréquentes

  • Mettre de l'uracile (U) dans l'ADN : l'uracile appartient à l'ARN ; dans l'ADN, c'est la thymine (T).
  • Oublier l'antiparallélisme : le brin complémentaire de 5'-ATG-3' s'écrit 3'-TAC-5', et non 5'-TAC-3'.
  • Appliquer A = T à un seul brin : les règles de Chargaff valent pour l'ADN double brin ; dans un brin isolé, A et T peuvent être différents.
  • Confondre nombre de nucléotides et nombre de paires : une molécule de 1 000 paires de bases contient 2 000 nucléotides.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Quels sont les trois constituants d'un nucléotide d'ADN ?

b) Cite les quatre bases de l'ADN et classe-les en purines et pyrimidines.

c) Que signifie « les deux brins de l'ADN sont complémentaires et antiparallèles » ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Un groupement phosphate, un sucre (le désoxyribose) et une base azotée.

b) Adénine (A), guanine (G), cytosine (C), thymine (T). Purines : A et G. Pyrimidines : C et T.

c) Complémentaires : face à chaque A d'un brin se trouve un T sur l'autre brin, et face à chaque G un C ; la séquence d'un brin détermine donc celle de l'autre. Antiparallèles : les deux brins sont orientés en sens opposés, l'un de 5' vers 3', l'autre de 3' vers 5'.

2Exercice 2

On donne le brin 5'-GCTAAGCT-3'.

a) Écris le brin complémentaire avec ses extrémités.

b) Combien de nucléotides compte ce fragment double brin ?

c) Calcule le nombre de liaisons hydrogène entre les deux brins.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Brin donné : 5'-GCTAAGCT-3'. Brin complémentaire : 3'-CGATTCGA-5'.

b) 8 paires de bases, soit 8 × 2 = 16 nucléotides.

c) Dans le brin donné : G, C, G, C, soit 4 paires G-C, qui donnent 4 × 3 = 12 liaisons ; T, A, A, T, soit 4 paires A-T, qui donnent 4 × 2 = 8 liaisons. Total : 12 + 8 = 20 liaisons hydrogène.

3Exercice 3

Dans l'ADN d'un bovin, la guanine représente 22 % des bases. Calcule les pourcentages des trois autres bases, puis le rapport A + TG + C (arrondi au centième).

Voir le corrigéCacher le corrigé

G = C = 22 %. Il reste 100 − 44 = 56 % pour A et T, et A = T, donc A = T = 28 %.

A + TG + C = 5644 ≈ 1,27.

4Exercice 4

Une molécule d'ADN double brin compte 1 000 paires de bases, dont 30 % des bases sont des adénines.

a) Calcule le nombre de chaque base dans la molécule.

b) Calcule le nombre total de liaisons hydrogène.

c) Calcule la longueur de cette molécule en nanomètres.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) La molécule compte 2 × 1 000 = 2 000 bases. A = 30 % de 2 000 = 600 ; T = A = 600. G + C = 2 000 − 1 200 = 800, et G = C, donc G = C = 400.

b) Il y a 600 paires A-T et 400 paires G-C : 600 × 2 + 400 × 3 = 1 200 + 1 200 = 2 400 liaisons hydrogène.

c) Longueur : 1 000 × 0,34 = 340 nm.

5Exercice 5

(Type BAC) Le tableau donne la composition en bases (en % du total) de l'acide nucléique de trois organismes.

OrganismeATGC
Espèce 130302020
Espèce 221212929
Virus V25332418

a) Calcule pour chaque organisme les rapports A + GT + C et A + TG + C (arrondis au centième).

b) Montre que les résultats des espèces 1 et 2 sont en accord avec le modèle de Watson et Crick.

c) Que peux-tu dire de la structure de l'ADN du virus V ? Justifie.

d) Le rapport A + TG + C permet-il de distinguer les espèces 1 et 2 ? Explique.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a)

Organisme(A + G)/(T + C)(A + T)/(G + C)
Espèce 150/50 = 1,0060/40 = 1,50
Espèce 250/50 = 1,0042/58 ≈ 0,72
Virus V49/51 ≈ 0,9658/42 ≈ 1,38

b) Pour les espèces 1 et 2, A = T et G = C, donc (A + G)/(T + C) = 1. C'est ce que prévoit le modèle de Watson et Crick : dans une double hélice, chaque A est apparié à un T et chaque G à un C.

c) Chez le virus V, A (25 %) est différent de T (33 %) et G (24 %) est différent de C (18 %). Les bases ne sont donc pas appariées : l'ADN de ce virus est simple brin (un seul brin), et les règles de Chargaff ne s'appliquent pas.

d) Oui : le rapport (A + T)/(G + C) vaut 1,50 pour l'espèce 1 et environ 0,72 pour l'espèce 2. Ce rapport est caractéristique de l'espèce, ce qui montre que les ADN des deux espèces n'ont pas la même séquence de bases, donc pas la même information génétique.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Quel sucre entre dans la composition de l'ADN ?
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Réponse B : le désoxyribose. Le « D » de ADN vient de désoxyribonucléique : le sucre est le désoxyribose. Le ribose appartient à l'ARN.

2Combien de liaisons hydrogène relient une guanine à une cytosine ?
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Réponse C : 3. La paire G-C est reliée par 3 liaisons hydrogène, la paire A-T par 2.

3Quel est le brin complémentaire de 5'-AGTC-3' ?
Voir la réponse

Réponse B : 3'-TCAG-5'. A face à T, G face à C, T face à A, C face à G, et le brin complémentaire est orienté en sens inverse.

4Dans un ADN double brin contenant 35 % de thymine, quel est le pourcentage de guanine ?
Voir la réponse

Réponse B : 15 %. T = A = 35 %, il reste 30 % pour G et C, donc G = 15 %.

5Où est écrite l'information génétique dans la molécule d'ADN ?
Voir la réponse

Réponse C : dans l'ordre des bases le long d'un brin. Le squelette sucre-phosphate est identique partout ; seule la séquence des bases varie et porte l'information.

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