Leçon 22 sur 22
L'origine de la vie
Je sais présenter les hypothèses scientifiques sur l'origine de la vie, l'expérience de Miller, les plus anciennes traces de vie et les grandes étapes de l'évolution des premières cellules.
- 1 h
- 5 exercices corrigés
- 3 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Expliquer comment la génération spontanée a été réfutée (Redi, Pasteur)
- Présenter l'hypothèse de l'évolution chimique (Oparine, Haldane) et interpréter l'expérience de Miller
- Citer les plus anciennes traces de vie (stromatolites) et les étapes de l'évolution des cellules (procaryotes, eucaryotes, pluricellulaires)
- Distinguer les hypothèses sur le lieu d'apparition de la vie et situer ces événements sur l'échelle des temps
Avant de commencer : La leçon « L'évolution du globe terrestre » (atmosphère primitive, océans, dioxygène, échelle des temps) ; notions de cellule, de protéine, d'ADN et d'ARN.
1Je découvre
Pendant la saison des pluies, à Faranah, Kadiatou remarque que des flaques d'eau apparues après l'orage grouillent, quelques jours plus tard, de petits vers et de larves. Sa grand-mère lui dit : « La vie naît toute seule dans l'eau qui stagne ! » Au marché, le vendeur de viande assure aussi que les asticots « sortent de la viande » quand elle reste trop longtemps au soleil.
En classe, Kadiatou pose la question au professeur de SVT. Il sourit : « Pendant des siècles, même de grands savants ont cru que la vie pouvait naître ainsi, spontanément, de la boue ou de la viande pourrie. Des expériences ont montré que c'est faux : les larves viennent d'œufs pondus par des insectes. Aujourd'hui, tout être vivant naît d'un autre être vivant. »
Mamadou, son voisin, réfléchit : « Mais alors, il a bien fallu un premier être vivant ! La Terre était un océan de magma au début. D'où est venue la toute première cellule ? »
Comment la vie est-elle apparue sur la Terre primitive, et quelles preuves en avons-nous ?
2Je comprends
1. La fin d'une vieille croyance : la génération spontanée
La génération spontanée est l'idée ancienne selon laquelle des êtres vivants peuvent naître directement de la matière inerte (boue, viande en décomposition, eau stagnante).
- En 1668, l'Italien Francesco Redi place de la viande dans des bocaux, certains ouverts, d'autres couverts d'une gaze fine. Seule la viande accessible aux mouches se couvre d'asticots : les larves viennent des œufs pondus par les mouches.
- Après la découverte des microbes au microscope, le débat reprend : les microbes naissent-ils spontanément ? Vers 1860-1862, le Français Louis Pasteur chauffe un bouillon nutritif dans des ballons dont le col est étiré en forme de col de cygne : l'air peut entrer, mais les poussières porteuses de microbes restent piégées dans la courbure du col. Le bouillon reste stérile indéfiniment. Si l'on casse le col, il se trouble en quelques jours.
Conclusion : dans les conditions actuelles, tout être vivant provient d'un autre être vivant. Mais cela ne dit pas comment le premier être vivant est apparu, dans des conditions très différentes de celles d'aujourd'hui.
Exemple
Interpréter l'expérience de Pasteur.
- Ballon à col de cygne intact : l'air circule, mais les microbes de l'air, portés par les poussières, se déposent dans la courbure du col et n'atteignent pas le bouillon : le bouillon reste stérile.
- Col cassé : les poussières et les microbes tombent dans le bouillon : il se trouble (développement de microbes).
- La seule différence entre les deux ballons est l'arrivée des microbes de l'air ; l'air lui-même n'est pas en cause.
Conclusion : les microbes ne naissent pas spontanément du bouillon ; ils proviennent d'autres microbes.
2. Qu'est-ce qu'un être vivant ?
Pour parler d'origine de la vie, il faut savoir ce qui distingue un être vivant de la matière inerte. Tout être vivant, même le plus simple :
- est formé d'au moins une cellule, limitée par une membrane qui la sépare du milieu ;
- possède un métabolisme : il échange de la matière et de l'énergie avec son milieu ;
- est capable de se reproduire en transmettant une information génétique (ADN, ou ARN) ;
- peut évoluer au fil des générations.
Il est constitué des mêmes grandes molécules organiques : protéines (formées d'acides aminés), acides nucléiques (ADN, ARN), glucides et lipides.
3. L'hypothèse de l'évolution chimique (Oparine et Haldane)
Dans les années 1920, le Russe Alexandre Oparine (1924) et le Britannique John Haldane (1929) proposent, chacun de leur côté, que la vie soit apparue au terme d'une longue évolution chimique :
- dans l'atmosphère primitive, sans dioxygène, des molécules simples ont réagi grâce à des sources d'énergie (éclairs, rayons ultraviolets du Soleil non filtrés par l'ozone, chaleur des volcans) ;
- elles ont formé des molécules organiques simples (acides aminés, sucres, bases azotées), qui se sont accumulées dans les océans : une « soupe primitive » ;
- ces molécules se sont assemblées en molécules plus grosses, puis en petites gouttelettes isolées du milieu par une enveloppe (Oparine les appelle coacervats) ;
- certaines de ces structures ont acquis la capacité de se reproduire : les premières cellules.
L'absence de dioxygène était importante : le dioxygène aurait détruit (oxydé) ces molécules fragiles.
4. L'expérience de Miller (1953)
En 1953, l'Américain Stanley Miller teste l'hypothèse d'Oparine et Haldane. Dans un appareil en verre fermé, il reproduit l'atmosphère primitive telle qu'on l'imaginait alors : méthane (CH4), ammoniac (NH3), dihydrogène (H2) et vapeur d'eau (H2O). L'eau d'un ballon est chauffée (l'« océan »), la vapeur passe dans un ballon où jaillissent des étincelles électriques (les « éclairs »), puis est refroidie et retombe (la « pluie »).
Au bout d'une semaine environ, l'eau devient brune. Miller y trouve plusieurs acides aminés, les briques des protéines, ainsi que d'autres molécules organiques.
Ce que prouve l'expérience : des molécules organiques essentielles au vivant peuvent se former sans être vivant, à partir de gaz simples et d'une source d'énergie.
Ses limites
- on pense aujourd'hui que l'atmosphère primitive était plutôt riche en CO2 et en N2 ; avec ces gaz, on obtient moins de molécules organiques (mais on en obtient) ;
- produire des acides aminés ne suffit pas : il faut encore les assembler en protéines, obtenir des acides nucléiques capables de se copier, et une membrane. Ces étapes restent en grande partie inexpliquées.
Méthode
Pour analyser une expérience historique sur l'origine de la vie :
- J'identifie l'hypothèse testée (ce que l'auteur voulait montrer).
- Je décris le montage : ce qui représente l'atmosphère, l'océan, la source d'énergie.
- Je relève les résultats (molécules obtenues ou non).
- Je conclus : ce que l'expérience prouve, et ce qu'elle ne prouve pas (ses limites).
5. Les autres pistes de recherche
Des molécules venues de l'espace. La météorite de Murchison, tombée en Australie en 1969, contient des dizaines d'acides aminés d'origine extraterrestre. Des molécules organiques ont aussi été détectées dans les comètes et les nuages interstellaires. Ces molécules ont pu enrichir la Terre primitive. L'hypothèse de la panspermie, selon laquelle la vie elle-même serait venue de l'espace, ne fait que déplacer la question de son origine.
Les sources hydrothermales. Au fond des océans, près des dorsales, des sources chaudes riches en minéraux (les fumeurs noirs) fournissent énergie et éléments chimiques ; les minéraux pourraient avoir servi de support et de catalyseur aux premières réactions. Beaucoup de chercheurs y voient un berceau possible de la vie.
Le monde à ARN. Dans les cellules actuelles, l'ADN porte l'information et les protéines (enzymes) la font fonctionner : chacun a besoin de l'autre, comme la poule et l'œuf. Or certains ARN peuvent à la fois porter une information et catalyser des réactions. Beaucoup de scientifiques pensent donc que les premiers systèmes vivants fonctionnaient avec de l'ARN, avant l'apparition de l'ADN et des protéines.
- Soupe primitive (Oparine, Haldane)
- Sources hydrothermales
- Apports extraterrestres
- Monde à ARN
- Molécules formées dans l'atmosphère et l'océan grâce à l'énergie des éclairs et des UV
- Réactions au fond des océans, grâce à la chaleur et aux minéraux
- Molécules organiques apportées par météorites et comètes
- L'ARN, à la fois information et catalyseur, aurait précédé l'ADN et les protéines
6. Les plus anciennes traces de vie
Les plus anciennes traces de vie généralement admises sont des stromatolites d'environ 3,5 Ga, trouvés notamment en Australie. Ce sont des roches calcaires en fines couches, construites par des colonies de micro-organismes (cyanobactéries) qui piègent les sédiments. On observe encore aujourd'hui des stromatolites vivants dans quelques lagunes très salées, ce qui permet, par actualisme, d'interpréter les fossiles. Des indices chimiques plus anciens (vers 3,8 Ga) sont discutés.
7. De la première cellule aux êtres pluricellulaires
- 1Vers 4 Ga ? : évolution chimique, apparition probable des premières cellules
- 2Vers 3,5 Ga : procaryotes (bactéries), stromatolites de cyanobactéries
- 3Vers 2,4 Ga : le dioxygène produit par les cyanobactéries s'accumule dans l'air
- 4Vers 2 Ga : premières cellules eucaryotes (avec noyau)
- 5Vers 570 Ma : faune d'Ediacara, premiers animaux pluricellulaires de grande taille
- 6Vers 539 Ma : diversification rapide des animaux au Cambrien (début du Paléozoïque)
- 7Vers 300 000 ans : apparition d'Homo sapiens
Les procaryotes (bactéries, archées), sans noyau, ont été les seuls êtres vivants pendant plus d'un milliard d'années. Les premiers vivaient sans dioxygène (anaérobies) ; la photosynthèse des cyanobactéries a ensuite transformé l'atmosphère.
Les eucaryotes apparaissent vers 2 Ga. D'après la théorie endosymbiotique, soutenue notamment par la biologiste américaine Lynn Margulis, les mitochondries proviennent de bactéries qui ont été englobées par une autre cellule et ont vécu en association avec elle ; les chloroplastes proviennent de cyanobactéries englobées de la même manière. Preuves : mitochondries et chloroplastes ont leur propre ADN circulaire, comme les bactéries, et se divisent comme elles.
Les pluricellulaires se diversifient à la fin du Précambrien, puis de manière spectaculaire au début du Cambrien : presque tous les grands groupes d'animaux actuels apparaissent alors dans les archives fossiles.
Exemple
Si l'on ramène toute l'histoire de la Terre (4,56 Ga) à une seule année, à quelle date apparaissent les stromatolites (3,5 Ga) ?
- Temps écoulé entre la formation de la Terre et les stromatolites : 4,56 − 3,5 = 1,06 Ga.
- Proportion de l'histoire : 1,06 ÷ 4,56 ≈ 0,232.
- Sur 365 jours : 0,232 × 365 ≈ 85 jours.
- Le 85e jour de l'année correspond au 26 mars (31 jours en janvier + 28 en février + 26 en mars = 85).
Les premières traces de vie apparaissent donc vers la fin mars de cette « année de la Terre ».
Exemple
Dans le même calendrier, combien de temps avant minuit le 31 décembre apparaît Homo sapiens (300 000 ans) ?
- Proportion : 300 000 ÷ 4 560 000 000 ≈ 0,0000658.
- Durée d'une année en minutes : 365 × 24 × 60 = 525 600 min.
- 0,0000658 × 525 600 ≈ 34,6 min.
L'espèce humaine apparaît environ 35 minutes avant la fin de l'année : c'est un événement très récent à l'échelle de la Terre.
3Je retiens
Je retiens
Redi (1668) puis Pasteur (vers 1860) réfutent la génération spontanée : tout être vivant provient d'un être vivant.
Hypothèse d'Oparine et Haldane (années 1920) : évolution chimique dans une atmosphère sans dioxygène, soupe primitive, puis premières cellules.
Expérience de Miller (1953) : CH4, NH3, H2, H2O + étincelles donnent des acides aminés ; elle ne crée pas la vie.
Autres pistes : sources hydrothermales, molécules extraterrestres (météorite de Murchison), monde à ARN.
Plus anciennes traces de vie admises : stromatolites d'environ 3,5 Ga (cyanobactéries).
Étapes : procaryotes (vers 3,5 Ga), dioxygène (2,4 Ga), eucaryotes (vers 2 Ga, endosymbiose), pluricellulaires (Ediacara vers 570 Ma, Cambrien vers 539 Ma).
4Erreurs fréquentes
- Dire que Miller a « créé la vie » : il a obtenu des molécules organiques (acides aminés), pas une cellule vivante.
- Croire que Pasteur a prouvé que la vie n'a jamais pu apparaître à partir de la matière : il a montré qu'elle n'apparaît pas spontanément dans les conditions actuelles, en quelques jours.
- Oublier le rôle de l'absence de dioxygène : dans l'atmosphère actuelle, les molécules organiques formées seraient vite détruites par oxydation et par les microbes.
- Placer les premiers animaux juste après la formation de la Terre : pendant près de 3 milliards d'années, la vie est restée unicellulaire.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours)
a) Qu'est-ce que la génération spontanée ? Qui l'a réfutée ?
b) Cite quatre caractéristiques d'un être vivant.
c) Quelles sont les plus anciennes traces de vie admises ? Quel est leur âge ?
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a) C'est l'idée que des êtres vivants peuvent naître directement de la matière inerte (boue, viande pourrie). Elle a été réfutée par Redi (1668) pour les insectes, puis par Pasteur (vers 1860) pour les microbes.
b) Une cellule au moins, limitée par une membrane ; un métabolisme (échanges de matière et d'énergie) ; la reproduction avec transmission d'une information génétique ; la capacité d'évoluer.
c) Les stromatolites, construits par des cyanobactéries, âgés d'environ 3,5 milliards d'années.
2Exercice 2
Redi place de la viande dans trois bocaux : A ouvert, B fermé hermétiquement, C couvert d'une gaze fine. Seul le bocal A contient des asticots ; sur la gaze de C, des mouches ont pondu des œufs.
a) Quelle hypothèse Redi voulait-il tester ?
b) Interprète les résultats.
c) Pourquoi le bocal C est-il plus convaincant que le bocal B ?
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a) L'hypothèse de la génération spontanée : les asticots naîtraient spontanément de la viande en décomposition.
b) Les asticots n'apparaissent que là où les mouches ont accès à la viande (A). Dans C, les mouches, attirées par l'odeur, pondent sur la gaze, mais les œufs n'atteignent pas la viande : pas d'asticots dans la viande. Les asticots proviennent donc des œufs des mouches, et non de la viande.
c) Dans B, on pourrait objecter que l'absence d'air empêche la « génération spontanée ». Dans C, l'air circule librement, mais les mouches ne peuvent pas atteindre la viande : la seule différence avec A est l'accès des mouches, ce qui rend la conclusion plus solide.
3Exercice 3
Présente l'expérience de Miller : gaz utilisés, source d'énergie, résultat, conclusion et limites.
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Miller place dans un appareil fermé du méthane, de l'ammoniac, du dihydrogène et de la vapeur d'eau (atmosphère primitive supposée), et produit des étincelles électriques (éclairs). L'eau chauffée représente l'océan. Après environ une semaine, il obtient des acides aminés et d'autres molécules organiques. Conclusion : des molécules du vivant peuvent se former sans être vivant, à partir de gaz simples et d'énergie. Limites : la composition de l'atmosphère primitive utilisée est aujourd'hui discutée (elle était sans doute plus riche en CO2 et N2), et l'expérience n'explique ni l'assemblage des protéines et des acides nucléiques, ni l'apparition d'une cellule capable de se reproduire.
4Exercice 4
Donne deux arguments en faveur de l'origine bactérienne des mitochondries et explique la théorie endosymbiotique.
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Arguments : les mitochondries possèdent leur propre ADN, circulaire comme celui des bactéries ; elles se divisent par elles-mêmes, comme les bactéries (on peut aussi citer leur taille proche de celle des bactéries et leur double membrane). Théorie endosymbiotique : une cellule ancestrale a englobé des bactéries sans les digérer ; celles-ci ont vécu en association avec elle (symbiose), en lui fournissant de l'énergie, puis sont devenues les mitochondries. De même, des cyanobactéries englobées sont devenues les chloroplastes des cellules végétales.
5Exercice 5
(Type BAC) On ramène l'histoire de la Terre (4,56 Ga) à une journée de 24 heures.
a) Calcule à quelle heure apparaissent les premières cellules eucaryotes (vers 2 Ga avant l'actuel), arrondie à la minute.
b) Calcule à quelle heure commence la diversification des animaux au Cambrien (vers 539 Ma), arrondie à la minute.
c) Pendant quelle fraction de cette journée la vie est-elle restée uniquement unicellulaire, si l'on retient 3,5 Ga pour les premières traces de vie et 570 Ma pour les premiers grands pluricellulaires ?
d) Quelle conclusion générale tires-tu de ces calculs ?
Voir le corrigéCacher le corrigé
Une journée = 24 h = 1 440 min ; 4,56 Ga correspondent à 1 440 min.
a) Temps écoulé depuis la formation de la Terre : 4,56 − 2 = 2,56 Ga. 2,56 ÷ 4,56 × 1 440 ≈ 808,4 min, soit 13 h 28 min.
b) 4,56 − 0,539 = 4,021 Ga ; 4,021 ÷ 4,56 × 1 440 ≈ 1 269,8 min, soit 21 h 10 min.
c) Durée : 3,5 − 0,57 = 2,93 Ga ; fraction : 2,93 ÷ 4,56 ≈ 0,64, soit environ 64 % de la journée (un peu plus de 15 heures).
d) La vie est apparue tôt dans l'histoire de la Terre, mais elle est restée unicellulaire pendant la plus grande partie de cette histoire. Les animaux pluricellulaires, et plus encore l'espèce humaine, sont très récents.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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