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Physique · Terminale SE Prépare le BAC

Leçon 41 sur 47

Circuits en courant sinusoïdal : caractéristiques du circuit

Je sais déterminer les caractéristiques d'un circuit en courant sinusoïdal (impédance, déphasage, facteur de puissance) et calculer la puissance qu'il consomme réellement.

  • 1 h
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Étudier l'impédance et le déphasage d'un circuit RLC série en fonction de la fréquence
  • Établir l'expression de la puissance instantanée et de la puissance moyenne P = UI cos φ
  • Utiliser le facteur de puissance cos φ = R/Z et la puissance apparente S = UI
  • Déduire R, Z et cos φ de mesures au voltmètre, à l'ampèremètre et au wattmètre

Avant de commencer : Les circuits parcourus par des courants sinusoïdaux (impédances R, Lω, 1/(Cω), construction de Fresnel), les valeurs efficaces, la formule cos a · cos b = ½[cos(a + b) + cos(a − b)].

1Je découvre

Dans un atelier de menuiserie de Nzérékoré, Hawa, qui aide son père à la comptabilité, compare deux machines branchées sur le réseau (220 V). La plaque du chauffe-colle indique « 1 100 W ». La plaque du moteur de la scie indique aussi une puissance de 1 100 W, avec la mention « cos φ = 0,625 ».

Elle mesure les intensités avec une pince ampèremétrique : 5 A pour le chauffe-colle, mais 8 A pour le moteur ! Pourtant, les deux appareils consomment la même puissance. Le produit U × I donne 1 100 pour le premier, mais 1 760 pour le second. Qu'est-ce que ce « cos φ » écrit sur la plaque, et pourquoi le moteur a-t-il besoin d'un courant plus fort pour la même puissance ?

Quelles sont les grandeurs qui caractérisent un circuit en courant sinusoïdal, et quelle puissance consomme-t-il vraiment ?

2Je comprends

1. Les caractéristiques d'un dipôle en régime sinusoïdal

Un dipôle alimenté sous tension sinusoïdale est caractérisé, à une fréquence donnée, par :

  • son impédance Z = UI (en Ω) ;
  • le déphasage varphi de la tension par rapport à l'intensité (-π2 ≤ varphi ≤ π2) ;
  • son facteur de puissance cosvarphi.

Pour un circuit RLC série (résistance totale R) :

Z = √R2 + (Lω - 1Cω)2 ; tanvarphi = Lω - 1CωR ; cosvarphi = RZ.

2. Influence de la fréquence

Ces caractéristiques dépendent de la fréquence :

FréquenceComparaisonDéphasageComportement
f < f01Cω > Lωvarphi < 0capacitif : u en retard sur i
f = f0Lω = 1Cωvarphi = 0résistif : résonance, Z = R minimale
f > f0Lω > 1Cωvarphi > 0inductif : u en avance sur i

Aux très basses fréquences, le condensateur impose une impédance énorme ; aux très hautes fréquences, c'est la bobine. Entre les deux, Z passe par un minimum égal à R à la fréquence propre f0 = 12π√LC.

0,511,522,530246810y = √(1+9(x−1/x)²)y = 1
Impédance réduite Z/R d'un circuit RLC série en fonction de f/f₀ (ici Lω₀/R = 3). Le minimum Z = R est atteint pour f = f₀.

3. La puissance instantanée

Avec i = Imcos(ω t) et u = Umcos(ω t + varphi), la puissance reçue par le dipôle est :

p = u · i = UmImcos(ω t + varphi)cos(ω t).

Avec cos acos b = 12[cos(a + b) + cos(a - b)] et UmIm2 = UI :

p = UIcosvarphi + UIcos(2ω t + varphi).

La puissance instantanée est la somme d'un terme constant et d'un terme qui oscille à la pulsation 2ω. Parfois p < 0 : le dipôle rend alors momentanément de l'énergie au générateur (c'est l'énergie stockée dans la bobine ou le condensateur).

4. La puissance moyenne (ou active)

Sur une période, la moyenne de cos(2ω t + varphi) est nulle. La puissance moyenne, appelée aussi puissance active, est donc :

P = UIcosvarphi (en watts, W), avec U et I efficaces.

Pour un circuit RLC série, comme cosvarphi = RZ et U = ZI :

P = ZI × I × RZ = RI2.

Seules les résistances consomment de la puissance en moyenne (effet Joule, ou travail d'un moteur représenté par une résistance équivalente). Une bobine idéale ou un condensateur (varphi = ± π2, cosvarphi = 0) ont une puissance moyenne nulle : ils stockent de l'énergie puis la restituent.

5. Puissance apparente et facteur de puissance

  • La puissance apparente est S = UI ; elle s'exprime en voltampères (VA). Elle fixe l'intensité que doivent supporter les câbles et le générateur.
  • Le facteur de puissance est k = PS = cosvarphi, compris entre 0 et 1.

L'énergie électrique consommée pendant la durée t est W = Pt (en joules, ou en kilowattheures : 1 kWh = 3,6 × 106 J). C'est cette énergie active que compte le compteur électrique.

6. Pourquoi un bon facteur de puissance est important

À puissance P et tension U fixées : I = PUcosvarphi. Plus cosvarphi est petit, plus l'intensité est grande. Or les câbles de la ligne, de résistance r, perdent une puissance rI2 : un mauvais facteur de puissance augmente les pertes en ligne et oblige à utiliser des câbles plus gros. C'est pourquoi les distributeurs d'électricité demandent aux gros consommateurs (usines, ateliers à moteurs) de relever leur facteur de puissance, par exemple en branchant des condensateurs en parallèle sur les moteurs : ils compensent l'effet inductif des bobinages.

Chauffe-colle (résistif)
  • P = 1100 W
  • cos φ = 1
  • I = 1100/220 = 5 A
  • S = 1100 VA
  • Pertes dans une ligne de 0,5 Ω : 12,5 W
Moteur de scie (inductif)
  • P = 1100 W
  • cos φ = 0,625
  • I = 1100/(220 × 0,625) = 8 A
  • S = 1760 VA
  • Pertes dans une ligne de 0,5 Ω : 32 W
Même puissance consommée, mais le moteur appelle un courant plus fort et fait perdre plus d'énergie dans les câbles.

7. Déterminer expérimentalement les caractéristiques

Avec un voltmètre (U), un ampèremètre (I) et un wattmètre (P), on obtient :

Z = UI ; cosvarphi = PUI ; R = PI2 ; puis |X| = √Z2 - R2, où X = Lω - 1Cω est la réactance.

Méthode

Pour déterminer les caractéristiques et la puissance d'un circuit :

  1. Je calcule les impédances à la fréquence de travail, puis Z et tan φ (ou cos φ = R/Z).
  2. Je calcule l'intensité efficace I = U/Z.
  3. Je calcule la puissance active P = UI cos φ et je vérifie avec P = RI² (R totale).
  4. Je calcule, si on le demande, S = UI (en VA) et l'énergie W = P·t.
  5. À partir de mesures : Z = U/I, cos φ = P/(UI), R = P/I², |X| = √(Z² − R²).

Exemple

Un circuit RLC série (R = 100 Ω, L = 0,5 H, C = 10 µF) est branché sur le réseau : 220 V, 50 Hz.

Lω = 0,5 × 314,2 ≈ 157,1 Ω ; 1/(Cω) = 1/(10⁻⁵ × 314,2) ≈ 318,3 Ω ; X = 157,1 − 318,3 = −161,2 Ω.

Z = √(100² + 161,2²) = √(10 000 + 25 985) ≈ 189,7 Ω.

I = 220/189,7 ≈ 1,16 A ; cos φ = 100/189,7 ≈ 0,527 ; φ ≈ −58° (circuit capacitif).

P = UI cos φ = 220 × 1,16 × 0,527 ≈ 134 W. Vérification : RI² = 100 × 1,16² ≈ 134 W.

S = UI ≈ 255 VA.

Exemple

Un moteur est alimenté sous 220 V, 50 Hz. On mesure I = 2 A et un wattmètre indique P = 352 W.

Z = 220/2 = 110 Ω ; cos φ = 352/(220 × 2) = 0,8 ; R = 352/2² = 88 Ω.

|X| = √(110² − 88²) = √(12 100 − 7 744) = √4 356 = 66 Ω.

Si ce moteur se comporte comme une bobine réelle : Lω = 66 Ω, donc L = 66/314,2 ≈ 0,21 H.

3Je retiens

Je retiens

Caractéristiques d'un circuit sinusoïdal : impédance Z = U/I, déphasage φ, facteur de puissance cos φ.

RLC série : Z = √(R² + (Lω − 1/(Cω))²), cos φ = R/Z ; capacitif si f < f₀, résistif à f₀, inductif si f > f₀.

Puissance instantanée : p = UI cos φ + UI cos(2ωt + φ).

Puissance active (moyenne) : P = UI cos φ = RI² (en W) ; bobine idéale et condensateur : P = 0.

Puissance apparente : S = UI (en VA) ; facteur de puissance k = P/S = cos φ.

À P et U fixées, I = P/(U cos φ) : un faible cos φ augmente l'intensité et les pertes en ligne.

4Erreurs fréquentes

  • Calculer la puissance par P = UI en alternatif : c'est la puissance apparente (en VA). La puissance consommée est P = UI cos φ.
  • Écrire P = ZI² : seule la résistance consomme en moyenne, donc P = RI².
  • Utiliser des valeurs maximales dans P = UI cos φ : il faut les valeurs efficaces (sinon on trouve le double).
  • Croire qu'un condensateur ou une bobine idéale « consomme » : ils échangent de l'énergie avec le générateur, leur puissance moyenne est nulle.

5Je m’exerce

1Exercice 1

Un fer à repasser (purement résistif) porte l'indication 1 000 W – 220 V.

a) Calcule l'intensité efficace qui le traverse et sa résistance.

b) Calcule l'énergie consommée, en kWh puis en joules, pendant 30 minutes de repassage.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Résistif : cosvarphi = 1, donc I = PU = 1000220 ≈ 4,55 A et R = U2P = 48 4001000 = 48,4 Ω.

b) W = Pt = 1 kW × 0,5 h = 0,5 kWh = 0,5 × 3,6 × 106 = 1,8 × 106 J.

2Exercice 2

Un circuit RL série (R = 30 Ω, Lω = 40 Ω) est alimenté sous 100 V efficaces.

a) Calcule Z, I et cosvarphi.

b) Calcule la puissance active, de deux façons, et la puissance apparente.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Z = √302 + 402 = 50 Ω ; I = 10050 = 2 A ; cosvarphi = 3050 = 0,6.

b) P = UIcosvarphi = 100 × 2 × 0,6 = 120 W ; vérification : P = RI2 = 30 × 4 = 120 W. S = UI = 200 VA.

3Exercice 3

Sur un dipôle alimenté sous 220 V, 50 Hz, on mesure I = 2,5 A et P = 440 W.

a) Calcule l'impédance, le facteur de puissance et la résistance du dipôle.

b) Calcule sa réactance. Le dipôle est inductif : calcule son inductance.

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a) Z = 2202,5 = 88 Ω ; cosvarphi = 440220 × 2,5 = 0,8 ; R = 4402,52 = 4406,25 = 70,4 Ω.

b) |X| = √882 - 70,42 = √7744 - 4956,16 = √2787,84 = 52,8 Ω. Inductif : Lω = 52,8 Ω, donc L = 52,8314,2 ≈ 0,168 H.

4Exercice 4

Un atelier consomme une puissance de 4 400 W sous 220 V.

a) Calcule l'intensité en ligne si cosvarphi = 0,5, puis si cosvarphi = 0,8.

b) La ligne qui alimente l'atelier a une résistance totale de 0,4 Ω. Calcule les pertes en ligne dans les deux cas. Conclus.

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a) I = PUcosvarphi. Avec cosvarphi = 0,5 : I = 4400110 = 40 A. Avec cosvarphi = 0,8 : I = 4400176 = 25 A.

b) Pertes rI2 : 0,4 × 1600 = 640 W dans le premier cas ; 0,4 × 625 = 250 W dans le second. Relever le facteur de puissance de 0,5 à 0,8 divise les pertes en ligne par plus de 2,5 pour le même travail fourni.

5Exercice 5

(Type BAC) Un circuit série comprend un conducteur ohmique (R = 100 Ω), une bobine idéale (L = 0,5 H) et un condensateur (C = 10 µ F), alimentés sous une tension efficace U = 220 V de fréquence réglable.

a) À 50 Hz, calcule l'impédance, l'intensité efficace et le facteur de puissance. Le circuit est-il inductif ou capacitif ?

b) Établis l'expression de la puissance instantanée p(t) et montre que sa valeur moyenne est P = UIcosvarphi.

c) Calcule la puissance moyenne consommée à 50 Hz.

d) Pour quelle fréquence la puissance consommée est-elle maximale ? Calcule-la dans ce cas.

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a) ω = 100π ≈ 314,2 rad/s ; Lω ≈ 157,1 Ω ; 1Cω ≈ 318,3 Ω.

Z = √1002 + (157,1 - 318,3)2 = √10 000 + 25 985 ≈ 189,7 Ω ; I = 220189,7 ≈ 1,16 A ; cosvarphi = 100189,7 ≈ 0,527.

1Cω > Lω : le circuit est capacitif (varphi ≈ -58°).

b) p = ui = UmImcos(ω t + varphi)cos(ω t) = UmIm2[cos(2ω t + varphi) + cosvarphi]. Comme UmIm2 = Um√2 · Im√2 = UI : p = UIcosvarphi + UIcos(2ω t + varphi). Le second terme a une moyenne nulle sur une période, donc P = UIcosvarphi.

c) P = 220 × 1,16 × 0,527 ≈ 134 W (ou RI2 = 100 × 1,162 ≈ 134 W).

d) P = RI2 = RU2Z2 est maximale quand Z est minimale, c'est-à-dire à la résonance : f0 = 12π√LC = 12π√5 × 10-6 ≈ 71,2 Hz. Alors Z = R et Pmax = U2R = 48 400100 = 484 W.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1La puissance active consommée par un dipôle en régime sinusoïdal vaut :
Voir la réponse

Réponse B : UIcosvarphi. UI est la puissance apparente ; la puissance moyenne réellement consommée est UIcosvarphi.

2La puissance moyenne consommée par un condensateur parfait est :
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Réponse A : nulle. Pour un condensateur, varphi = -π2 et cosvarphi = 0 : il stocke et restitue l'énergie.

3Un circuit RLC série a R = 40 Ω et Z = 50 Ω. Son facteur de puissance vaut :
Voir la réponse

Réponse B : 0,8. cosvarphi = RZ = 4050 = 0,8.

4La puissance apparente s'exprime en :
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Réponse C : voltampères. S = UI s'exprime en VA, pour la distinguer de la puissance active en W.

5À puissance et tension fixées, si le facteur de puissance diminue, l'intensité en ligne :
Voir la réponse

Réponse A : augmente. I = PUcosvarphi : un cosvarphi plus petit exige une intensité plus grande.

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