Leçon 11 sur 55
La concordance des temps (indicatif dans la subordonnée)
Je sais choisir le temps de l'indicatif d'une subordonnée en fonction du temps de la principale et du rapport chronologique (antériorité, simultanéité, postériorité) entre les deux actions.
- 50 min
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Identifier le rapport chronologique entre l'action de la principale et celle de la subordonnée
- Appliquer les règles de concordance quand la principale est au présent, au futur ou au passé
- Corriger les erreurs de concordance dans un texte au passé
Avant de commencer : La subordonnée complétive et le discours indirect ; la conjugaison de l'indicatif (présent, imparfait, passé composé, plus-que-parfait, futur, conditionnel).
1Je découvre
Mariama rédige une rédaction sur son premier voyage à Conakry. Elle écrit :
« Quand je suis arrivée à la gare routière, je savais que mon oncle m'attend. Il m'avait promis qu'il viendra me chercher et que nous visitons le port. »
Son professeur entoure trois verbes en rouge et écrit dans la marge : « Concordance des temps ! »
Mariama ne comprend pas : « Mais mon oncle m'attendait vraiment, il allait vraiment venir, et nous avons vraiment visité le port ! Pourquoi c'est faux ? »
Le problème n'est pas dans ce qui s'est passé, mais dans la façon de l'écrire. Dans une phrase complexe, le temps du verbe de la subordonnée dépend du temps du verbe principal. Quand on raconte au passé, tout le récit doit « suivre » ce passé.
Comment choisir le temps du verbe de la subordonnée pour qu'il s'accorde avec celui de la principale ?
2Je comprends
1. Qu'est-ce que la concordance des temps ?
La concordance des temps est l'ensemble des règles qui fixent le temps du verbe de la subordonnée en fonction :
- du temps du verbe de la principale (présent/futur, ou passé) ;
- du rapport chronologique entre les deux actions.
Elle concerne surtout les subordonnées complétives (« Je sais que… », « Il dit que… »), et aussi certaines relatives et circonstancielles. Dans cette leçon, le verbe de la subordonnée est à l'indicatif ; la concordance au subjonctif fera l'objet d'une autre leçon.
2. Trois rapports chronologiques
Par rapport à l'action principale, l'action de la subordonnée peut être :
- antérieure : elle s'est passée avant ;
- simultanée : elle se passe en même temps ;
- postérieure : elle se passera après.
3. Principale au présent ou au futur
Quand le verbe principal est au présent (ou au futur), la subordonnée prend le temps qui correspond au sens, comme si elle était seule :
| Rapport | Temps de la subordonnée | Exemple |
|---|---|---|
| Antériorité | passé composé (ou imparfait) | Je sais que tu as réussi. |
| Simultanéité | présent | Je sais que tu travailles. |
| Postériorité | futur simple | Je sais que tu réussiras. |
Avec un futur dans la principale : « Il dira que tu as réussi / que tu travailles / que tu réussiras. »
4. Principale à un temps du passé
Quand le verbe principal est à un temps du passé (imparfait, passé simple, passé composé, plus-que-parfait), les temps de la subordonnée changent :
| Rapport | Temps de la subordonnée | Exemple |
|---|---|---|
| Antériorité | plus-que-parfait | Je savais que tu avais réussi. |
| Simultanéité | imparfait | Je savais que tu travaillais. |
| Postériorité | conditionnel présent (futur dans le passé) | Je savais que tu réussirais. |
| Postériorité avant un autre fait futur | conditionnel passé | Je savais que tu aurais fini avant la nuit. |
Retiens ce parallèle, très utile :
| Principale au présent | Principale au passé |
|---|---|
| passé composé | plus-que-parfait |
| présent | imparfait |
| futur simple | conditionnel présent |
| futur antérieur | conditionnel passé |
- Il dit qu'il a mangé.
- Il dit qu'il mange.
- Il dit qu'il mangera.
- Il a dit qu'il avait mangé.
- Il a dit qu'il mangeait.
- Il a dit qu'il mangerait.
Remarque sur le conditionnel : dans « Il a dit qu'il viendrait », le conditionnel n'exprime pas une condition, mais le futur vu depuis le passé. On l'appelle « futur dans le passé ».
5. Les exceptions
- Une vérité générale (toujours vraie) peut rester au présent même après une principale au passé : « Le maître nous a expliqué que la Terre tourne autour du Soleil. »
- Un fait encore vrai au moment où l'on parle peut rester au présent : « Mon oncle m'a dit qu'il habite à Kamsar. » (il y habite toujours). Mais dans un récit écrit, on préfère souvent appliquer la règle : « qu'il habitait à Kamsar ».
Méthode
Pour appliquer la concordance des temps à l'indicatif :
- Je repère le verbe de la principale et son temps : présent/futur ou passé ?
- Je me demande si l'action de la subordonnée est antérieure, simultanée ou postérieure à l'action principale.
- Principale au présent/futur : passé composé, présent ou futur simple.
- Principale au passé : plus-que-parfait, imparfait ou conditionnel présent.
- Je vérifie s'il s'agit d'une vérité générale (présent possible).
- Je conjugue avec soin (terminaisons du conditionnel : -rais, -rait, -rions, -riez, -raient).
Exemple
Correction de la phrase de Mariama : « Quand je suis arrivée à la gare routière, je savais que mon oncle m'attend. Il m'avait promis qu'il viendra me chercher et que nous visitons le port. »
« je savais » : principale à l'imparfait (passé). L'attente est simultanée → imparfait : « m'attendait ».
« Il m'avait promis » : plus-que-parfait (passé). Venir et visiter sont postérieurs à la promesse → conditionnel présent : « viendrait », « visiterions ».
Phrase corrigée : « Quand je suis arrivée à la gare routière, je savais que mon oncle m'attendait. Il m'avait promis qu'il viendrait me chercher et que nous visiterions le port. »
Exemple
Transformer au passé : « Le chef du village annonce que la récolte a été bonne, que les greniers sont pleins et que la fête aura lieu samedi. »
Principale au passé composé : « Le chef du village a annoncé… »
« a été » (antérieur) → plus-que-parfait : « avait été ».
« sont » (simultané) → imparfait : « étaient ».
« aura lieu » (postérieur) → conditionnel présent : « aurait lieu ».
Résultat : « Le chef du village a annoncé que la récolte avait été bonne, que les greniers étaient pleins et que la fête aurait lieu le samedi suivant. »
6. Pourquoi c'est important au BEPC
La concordance des temps intervient dans la rédaction (récit au passé), dans le discours indirect et dans les questions de grammaire (« Réécris la phrase en mettant le verbe principal au passé »). Une concordance fautive rend un récit confus : le lecteur ne sait plus dans quel ordre les faits se sont passés.
3Je retiens
Je retiens
Le temps de la subordonnée dépend du temps de la principale et du rapport chronologique (avant, en même temps, après).
Principale au présent ou au futur : passé composé (avant), présent (en même temps), futur simple (après).
Principale au passé : plus-que-parfait (avant), imparfait (en même temps), conditionnel présent (après).
Le conditionnel après une principale au passé exprime le futur dans le passé.
Une vérité générale peut rester au présent : « Il a appris que l'eau bout à 100 °C. »
4Erreurs fréquentes
- Garder le futur après une principale au passé : « Il a dit qu'il viendra » est à éviter dans un récit ; écris « Il a dit qu'il viendrait ».
- Confondre le futur « -rai » et le conditionnel « -rais » à la 1re personne : « J'ai dit que je viendrais » (conditionnel, avec -s).
- Employer le passé composé au lieu du plus-que-parfait : « Je savais qu'il a réussi » devient « Je savais qu'il avait réussi ».
- Changer une vérité générale : « Le professeur a dit que le Niger prenait sa source en Guinée » est acceptable, mais le présent « prend » est préférable, car c'est toujours vrai.
5Je m’exerce
1Exercice 1
Dis si l'action de la subordonnée est antérieure, simultanée ou postérieure à celle de la principale.
a) Je pense que tu as raison.
b) Nous savions que l'orage éclaterait.
c) Il affirme qu'il a vu un hippopotame dans le Niger.
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a) Simultanée (« as » : présent, en même temps que « pense »).
b) Postérieure (conditionnel « éclaterait » après un imparfait : futur dans le passé).
c) Antérieure (passé composé « a vu » après un présent).
2Exercice 2
Conjugue le verbe entre parenthèses (principale au présent).
a) Je crois que ton frère (partir, action antérieure) hier.
b) Mes parents espèrent que je (réussir, action postérieure) au BEPC.
c) Tu vois que la pluie (tomber, action simultanée).
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a) Je crois que ton frère est parti hier.
b) Mes parents espèrent que je réussirai au BEPC.
c) Tu vois que la pluie tombe.
3Exercice 3
Conjugue le verbe entre parenthèses (principale au passé).
a) Je savais que ma sœur (préparer, simultanéité) le repas.
b) Il nous annonça que le car (partir, postériorité) à l'aube.
c) Elle a découvert que quelqu'un (prendre, antériorité) son livre.
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a) Je savais que ma sœur préparait le repas.
b) Il nous annonça que le car partirait à l'aube.
c) Elle a découvert que quelqu'un avait pris son livre.
4Exercice 4
Réécris les phrases en mettant le verbe principal au passé composé.
a) Le guide explique que la cascade de la Voile de la Mariée se trouve près de Kindia.
b) Kadiatou dit qu'elle a perdu son cahier et qu'elle en achètera un autre.
c) Le médecin affirme que le malade va mieux.
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a) Le guide a expliqué que la cascade de la Voile de la Mariée se trouve (ou se trouvait) près de Kindia. Le présent est admis car c'est un fait toujours vrai.
b) Kadiatou a dit qu'elle avait perdu son cahier et qu'elle en achèterait un autre.
c) Le médecin a affirmé que le malade allait mieux.
5Exercice 5
(Format BEPC) Corrige les erreurs de concordance des temps dans ce passage et justifie deux corrections.
« Ce jour-là, mon père m'annonça que nous partirons pour Labé et que mon grand-père nous attend depuis une semaine. Je compris alors qu'il est tombé malade et que nous devons nous dépêcher. »
Voir le corrigéCacher le corrigé
Texte corrigé : « Ce jour-là, mon père m'annonça que nous partirions pour Labé et que mon grand-père nous attendait depuis une semaine. Je compris alors qu'il était tombé malade et que nous devions nous dépêcher. »
Justifications :
- « partirions » : la principale « m'annonça » est au passé simple ; le départ est postérieur à l'annonce, on emploie donc le conditionnel présent (futur dans le passé).
- « était tombé » : la principale « compris » est au passé simple ; la maladie est antérieure au moment où le narrateur comprend, on emploie donc le plus-que-parfait.
- « attendait », « devions » : actions simultanées à une principale au passé → imparfait.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.
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