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Français · 10e Prépare le BEPC

Leçon 55 sur 55

L'analyse logique de la phrase complexe

Je sais découper une phrase complexe en propositions, donner la nature et la fonction de chacune et présenter mon analyse logique comme on l'attend à l'examen.

  • 50 min
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Découper une phrase complexe en propositions à partir des verbes conjugués
  • Reconnaître les propositions indépendantes, principales, subordonnées, coordonnées et juxtaposées
  • Identifier la nature et la fonction des subordonnées (relative, complétive, circonstancielle)

Avant de commencer : L'analyse grammaticale ; la phrase simple et la phrase complexe ; les conjonctions et les pronoms relatifs

1Je découvre

Dans l'épreuve de dictée, Alpha doit faire l'analyse logique de cette phrase du texte : « Quand les premières pluies tombèrent, les paysans, qui attendaient depuis des semaines, se hâtèrent vers les champs pour que la terre soit labourée à temps. »

Alpha regarde la phrase, qui lui paraît très longue. Il ne sait pas par où commencer. Il écrit : « C'est une phrase complexe », puis il s'arrête.

Son camarade Mamadou, lui, commence par souligner les verbes conjugués : « tombèrent », « attendaient », « se hâtèrent », « soit labourée ». Quatre verbes conjugués : quatre propositions. Ensuite, il entoure les mots qui relient les propositions : « Quand », « qui », « pour que ». Enfin, il cherche quelle proposition peut exister toute seule : « les paysans se hâtèrent vers les champs ». C'est la principale. En dix minutes, il a une analyse complète.

Comment découper une phrase complexe et analyser chacune de ses propositions avec méthode ?

2Je comprends

1. Phrase simple, phrase complexe, proposition

Une proposition est un groupe de mots organisé autour d'un verbe conjugué.

  • Une phrase simple contient un seul verbe conjugué, donc une seule proposition : « Les pluies tombèrent. »
  • Une phrase complexe contient plusieurs verbes conjugués, donc plusieurs propositions : « Les pluies tombèrent et les paysans partirent aux champs. »

Règle : il y a autant de propositions que de verbes conjugués. Attention : un temps composé (« avaient attendu », « a été vendu ») compte pour un seul verbe ; un infinitif (« labourer ») ou un participe employé seul ne compte pas comme verbe conjugué.

2. Les trois façons de relier des propositions

Mode de liaisonOutilExemple
Juxtapositionun signe de ponctuation (virgule, point-virgule, deux-points)« Le soleil se leva, les coqs chantèrent. »
Coordinationune conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou un adverbe de liaison (puis, ensuite, pourtant)« Il a plu, mais la récolte fut maigre. »
Subordinationun mot subordonnant : pronom relatif (qui, que, dont, où, lequel…) ou conjonction de subordination (que, quand, parce que, si, bien que, pour que…)« Je sais que tu travailles. »

Les propositions juxtaposées et coordonnées sont au même niveau : aucune ne dépend de l'autre. La proposition subordonnée dépend d'une autre proposition, la principale, qu'elle complète.

  1. 1Souligner tous les verbes conjugués : autant de verbes, autant de propositions
  2. 2Entourer les mots de liaison : ponctuation, conjonctions, pronoms relatifs
  3. 3Délimiter chaque proposition avec des crochets
  4. 4Trouver la principale : elle ne commence pas par un mot subordonnant
  5. 5Donner la nature de chaque proposition (et son mot introducteur)
  6. 6Donner la fonction de chaque subordonnée
Les étapes de l'analyse logique d'une phrase complexe.

3. Les différentes natures de propositions

a) La proposition indépendante. Elle ne dépend d'aucune autre et aucune ne dépend d'elle. Deux indépendantes peuvent être juxtaposées ou coordonnées.

« [Le soleil se leva], [les coqs chantèrent]. » → deux propositions indépendantes juxtaposées.

b) La proposition principale. Elle a au moins une subordonnée qui dépend d'elle. Elle n'est introduite par aucun mot subordonnant.

c) La proposition subordonnée. Elle dépend de la principale et est introduite par un mot subordonnant (sauf l'infinitive et la participiale, voir plus loin). Il en existe plusieurs sortes :

SubordonnéeMot introducteurFonction habituelleExemple
relativepronom relatif : qui, que, quoi, dont, où, lequel, auquel, duquel…complément de l'antécédent (le nom ou pronom qu'elle complète)« Le puits que mon père a creusé est profond. »
conjonctive complétiveconjonction « que »le plus souvent COD du verbe de la principale (parfois sujet ou attribut)« Je pense que la pluie viendra. »
conjonctive circonstancielleconjonction ou locution conjonctive : quand, parce que, pour que, si, bien que…complément circonstanciel (temps, cause, but, conséquence, condition, concession, comparaison)« Quand la nuit tomba, nous rentrâmes. »
interrogative indirectesi, qui, quand, où, comment, pourquoi… après un verbe comme demander, savoir, ignorerCOD du verbe de la principale« Il demande où se trouve le marché. »
infinitiveaucun mot ; verbe à l'infinitif avec son propre sujet, après un verbe de perception (voir, entendre, sentir) ou « laisser », « faire »COD du verbe de la principale« J'entends les oiseaux chanter. »
participialeaucun mot ; participe avec son propre sujetcomplément circonstanciel (souvent de temps ou de cause)« La pluie ayant cessé, les enfants sortirent. »

Remarque : l'infinitive et la participiale n'ont pas de verbe conjugué, mais on les compte comme propositions parce que leur verbe a son propre sujet.

4. Les subordonnées circonstancielles

CirconstanceConjonctions et locutionsExemple
Tempsquand, lorsque, dès que, avant que, après que, pendant que, tandis que« Dès que le soleil se lève, Hawa va au puits. »
Causeparce que, puisque, comme, étant donné que« Il reste à la maison parce qu'il est malade. »
Butpour que, afin que, de peur que« Parle fort pour qu'on t'entende. »
Conséquencesi bien que, de sorte que, si… que, tellement… que« Il a tant plu que la route est coupée. »
Conditionsi, à condition que, pourvu que« Si tu travailles, tu réussiras. »
Concession (opposition)bien que, quoique, même si« Bien qu'il soit fatigué, il continue. »
Comparaisoncomme, ainsi que, de même que« Il court comme court une gazelle. »

Astuce : « comme » peut exprimer le temps, la cause ou la comparaison. Remplace-le pour savoir : « au moment où » (temps), « parce que » (cause), « de la même façon que » (comparaison).

5. Relative ou complétive ? le « que »

Le mot « que » est piégeux :

  • pronom relatif s'il a un antécédent (un nom juste avant qu'il remplace) : « Les mangues que tu as cueillies sont mûres. » → « que » = les mangues ; relative, complément de l'antécédent « mangues ».
  • conjonction de subordination s'il suit un verbe et ne remplace rien : « Je sais que tu as cueilli des mangues. » → complétive, COD de « sais ».

Test : dans la relative, « que » a une fonction dans la subordonnée (ici COD de « as cueillies ») ; dans la complétive, la subordonnée est complète sans lui (« tu as cueilli des mangues »).

6. Présenter l'analyse logique

On présente chaque proposition entre guillemets, puis sa nature, puis sa fonction.

Méthode

Pour faire l'analyse logique d'une phrase :

  1. Je souligne les verbes conjugués et je compte les propositions.
  2. J'entoure les mots de liaison (ponctuation, conjonctions, pronoms relatifs).
  3. Je délimite chaque proposition entre crochets, sans en oublier un mot.
  4. Je cherche la principale (ou les indépendantes).
  5. Pour chaque subordonnée : sa nature (relative, complétive, circonstancielle de…), son mot introducteur et sa fonction.
  6. Je rédige proposition par proposition, dans l'ordre de la phrase.

Exemple

Phrase : « Quand les premières pluies tombèrent, les paysans, qui attendaient depuis des semaines, se hâtèrent vers les champs pour que la terre soit labourée à temps. »

Verbes conjugués : tombèrent, attendaient, se hâtèrent, soit labourée → 4 propositions.

Découpage : [Quand les premières pluies tombèrent], [les paysans … se hâtèrent vers les champs] [qui attendaient depuis des semaines] [pour que la terre soit labourée à temps].

  1. « les paysans se hâtèrent vers les champs » : proposition principale.
  2. « Quand les premières pluies tombèrent » : proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de temps, introduite par la conjonction de subordination « quand », complément circonstanciel de temps du verbe « se hâtèrent » de la principale.
  3. « qui attendaient depuis des semaines » : proposition subordonnée relative, introduite par le pronom relatif « qui », complément de l'antécédent « paysans ».
  4. « pour que la terre soit labourée à temps » : proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de but, introduite par la locution conjonctive « pour que », complément circonstanciel de but du verbe « se hâtèrent ».

Exemple

Phrase : « Le vent soufflait fort, mais les pêcheurs savaient que la pirogue résisterait. »

Verbes conjugués : soufflait, savaient, résisterait → 3 propositions.

  1. « Le vent soufflait fort » : proposition indépendante, coordonnée à la suivante par « mais ».
  2. « mais les pêcheurs savaient » : proposition principale, coordonnée à la première par la conjonction de coordination « mais ».
  3. « que la pirogue résisterait » : proposition subordonnée conjonctive complétive, introduite par la conjonction « que », COD du verbe « savaient ».
  1. 1Principale : les pêcheurs savaient
  2. 2Subordonnée complétive : que la pirogue résisterait (COD de savaient)
  3. 3Indépendante coordonnée par « mais » : le vent soufflait fort
La structure de la phrase de l'exemple 2 : la complétive dépend de la principale ; l'indépendante est au même niveau que la principale.

3Je retiens

Je retiens

Une proposition s'organise autour d'un verbe conjugué : autant de verbes conjugués, autant de propositions (un temps composé compte pour un).

Trois modes de liaison : juxtaposition (ponctuation), coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car), subordination (pronom relatif ou conjonction de subordination).

Natures : indépendante, principale, subordonnée (relative, conjonctive complétive, conjonctive circonstancielle, interrogative indirecte, infinitive, participiale).

Relative : complément de l'antécédent. Complétive : le plus souvent COD. Circonstancielle : CC de temps, cause, but, conséquence, condition, concession, comparaison.

« que » relatif a un antécédent ; « que » conjonction suit un verbe et ne remplace rien.

Présentation : la proposition entre guillemets, sa nature, son mot introducteur, sa fonction.

4Erreurs fréquentes

  • Compter un infinitif ou un temps composé comme deux verbes : « avaient attendu » est un seul verbe conjugué ; « labourer » n'est pas conjugué.
  • Oublier une partie de la principale quand une relative la coupe : dans « les paysans, qui attendaient, se hâtèrent », la principale est « les paysans se hâtèrent ».
  • Confondre le « que » relatif et le « que » conjonction : cherche l'antécédent.
  • Donner la nature sans la fonction : pour chaque subordonnée, il faut dire de quel mot elle est le complément.

5Je m’exerce

1Exercice 1

Compte les propositions de chaque phrase en relevant les verbes conjugués.

a) Les enfants jouent dans la cour pendant que leurs mères préparent le repas.

b) Ma sœur avait terminé ses devoirs, puis elle était allée chercher de l'eau.

c) Il veut devenir médecin pour soigner les malades.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Verbes conjugués : jouent, préparent → 2 propositions.

b) Verbes conjugués : avait terminé, était allée (temps composés, un verbe chacun) → 2 propositions (« chercher » est un infinitif).

c) Verbe conjugué : veut → 1 proposition (« devenir » et « soigner » sont des infinitifs) : c'est une phrase simple.

2Exercice 2

Dis si les propositions sont juxtaposées, coordonnées ou subordonnées.

a) Il pleut, les routes sont boueuses.

b) Il pleut, donc les routes sont boueuses.

c) Comme il pleut, les routes sont boueuses.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Juxtaposées (liées par une virgule).

b) Coordonnées (liées par la conjonction de coordination « donc »).

c) Subordination : « Comme il pleut » est une subordonnée circonstancielle de cause (on peut dire « parce qu'il pleut ») ; « les routes sont boueuses » est la principale.

3Exercice 3

Dis si « que » est un pronom relatif ou une conjonction de subordination, puis donne la nature de la subordonnée.

a) Le livre que tu m'as prêté est passionnant.

b) Le professeur affirme que l'examen sera facile.

c) Les tissus que ma mère vend viennent de Kankan.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) « que » : pronom relatif (antécédent « livre ») ; « que tu m'as prêté » : subordonnée relative, complément de l'antécédent « livre ».

b) « que » : conjonction de subordination (pas d'antécédent) ; « que l'examen sera facile » : subordonnée conjonctive complétive, COD du verbe « affirme ».

c) « que » : pronom relatif (antécédent « tissus ») ; « que ma mère vend » : subordonnée relative, complément de l'antécédent « tissus ».

4Exercice 4

Donne la circonstance exprimée par chaque subordonnée en gras.

a) Bien qu'il soit riche, il vit simplement.

b) Nous partirons dès que le jour se lèvera.

c) Il a économisé pour que ses enfants aillent à l'école.

d) Si la pluie tombe à temps, la récolte sera bonne.

e) Elle est restée au lit parce qu'elle avait de la fièvre.

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a) Concession (bien que).

b) Temps (dès que).

c) But (pour que).

d) Condition (si).

e) Cause (parce que).

5Exercice 5

(Type BEPC) Fais l'analyse logique complète de la phrase suivante.

« Lorsque le griot commença son récit, les villageois qui étaient assis sous le fromager se turent, car ils savaient que l'histoire serait belle. »

Voir le corrigéCacher le corrigé

Verbes conjugués : commença, étaient assis (un seul verbe : être assis à l'imparfait), se turent, savaient, serait → 5 propositions.

  1. « les villageois se turent » : proposition principale.
  2. « Lorsque le griot commença son récit » : proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de temps, introduite par la conjonction de subordination « lorsque », complément circonstanciel de temps du verbe « se turent ».
  3. « qui étaient assis sous le fromager » : proposition subordonnée relative, introduite par le pronom relatif « qui », complément de l'antécédent « villageois ».
  4. « car ils savaient » : proposition principale (de la subordonnée 5), coordonnée à la première principale par la conjonction de coordination « car ».
  5. « que l'histoire serait belle » : proposition subordonnée conjonctive complétive, introduite par la conjonction de subordination « que », COD du verbe « savaient ».

Remarque : « étaient assis » peut aussi s'analyser comme le verbe être suivi de l'adjectif « assis » attribut ; dans les deux cas, il n'y a qu'un verbe conjugué, donc une seule proposition.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Combien de propositions contient la phrase « Je crois qu'il viendra demain » ?
Voir la réponse

Réponse B : deux. Deux verbes conjugués (crois, viendra), donc deux propositions.

2Comment sont liées les propositions de « Il a faim, il mange » ?
Voir la réponse

Réponse A : par juxtaposition. Elles sont simplement séparées par une virgule.

3Dans « L'homme qui parle est mon oncle », quelle est la nature de « qui parle » ?
Voir la réponse

Réponse B : subordonnée relative. Elle est introduite par le pronom relatif « qui », qui a pour antécédent « homme ».

4Quelle est la fonction habituelle d'une subordonnée conjonctive complétive ?
Voir la réponse

Réponse B : complément d'objet direct du verbe de la principale. « Je sais que tu travailles » : la complétive répond à « Je sais quoi ? ».

5Quelle circonstance exprime « bien que » ?
Voir la réponse

Réponse C : la concession (opposition). « Bien que » introduit un fait qui aurait dû empêcher l'action principale mais ne l'empêche pas.

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