Leçon 28 sur 35
La Guinée : étude humaine
Je sais présenter la population guinéenne (nombre, répartition, structure, peuples, villes, migrations) et calculer une densité ou un taux d'accroissement.
- 45 min
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Donner l'effectif de la population et son évolution d'après les recensements
- Calculer et interpréter la densité de population
- Décrire la structure par âge et la répartition inégale de la population
- Présenter la diversité des peuples, des langues et des religions
- Expliquer l'urbanisation et les migrations
Avant de commencer : La leçon « La Guinée : présentation » (superficie, quatre régions naturelles) et la leçon « L'Afrique : étude humaine ».
1Je découvre
Au marché de Madina, à Conakry, Hawa vend des pagnes. En une matinée, elle entend parler soussou, pular, maninka, kissi, et même le français avec des clients venus d'ailleurs. Sa voisine de stand est arrivée de Kouroussa il y a dix ans ; son fournisseur est un jeune de Pita qui a quitté le village pour gagner sa vie en ville.
Le soir, le frère d'Hawa lui explique qu'il a été agent recenseur : il a compté toutes les personnes de plusieurs quartiers pour le recensement de la population. « Nous sommes de plus en plus nombreux, dit-il, et beaucoup de jeunes viennent s'installer à Conakry. Mais dans certaines zones de Haute-Guinée, on peut faire des kilomètres sans voir de village. »
Combien sommes-nous en Guinée, comment la population est-elle répartie, et quels peuples composent la nation guinéenne ?
2Je comprends
1. Une population en forte croissance
Pour connaître le nombre d'habitants, l'État organise un recensement général de la population et de l'habitation (RGPH) : des agents recenseurs comptent toutes les personnes, ménage par ménage. Les résultats sont publiés par l'Institut national de la statistique (INS).
| Recensement | Population |
|---|---|
| 1996 | 7 156 406 habitants |
| 2014 | 10 523 261 habitants |
| 2025 (résultats préliminaires) | 17 521 167 habitants |
En 18 ans, la population a augmenté de 10 523 261 − 7 156 406 = 3 366 855 habitants, soit une hausse d'environ 47 %. Le quatrième recensement (RGPH-4), réalisé en 2025, compte 17 521 167 habitants selon les résultats préliminaires publiés par l'INS en février 2026 : la croissance continue. Cette croissance rapide s'explique par l'accroissement naturel : la natalité (le nombre de naissances) reste élevée, tandis que la mortalité (le nombre de décès) a baissé grâce aux vaccinations et aux progrès de la santé.
Accroissement naturel = naissances − décès. Quand il est fort, la population augmente vite : c'est le cas en Guinée comme dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne.
2. Une population très jeune
La structure par âge se représente par une pyramide des âges : les hommes à gauche, les femmes à droite, les plus jeunes en bas. En Guinée, la pyramide a une base très large et un sommet étroit : les enfants et les jeunes sont très nombreux, les personnes âgées peu nombreuses : au recensement de 2025, environ 43 % des habitants ont moins de 15 ans. Les femmes sont légèrement plus nombreuses que les hommes (environ 52 % de la population).
Cette jeunesse est une chance (une force de travail abondante pour l'avenir) mais aussi un défi : il faut construire des écoles et des centres de santé, et créer des emplois pour les jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail.
3. Une répartition inégale
La densité de population est le nombre moyen d'habitants par kilomètre carré.
Densité = population ÷ superficie (en habitants par km², hab./km²).
Pour la Guinée en 2014 : 10 523 261 ÷ 245 857 ≈ 43 hab./km². En 2025, avec 17 521 167 habitants, elle atteint environ 71 hab./km².
Mais cette moyenne cache de fortes inégalités :
- Conakry concentre à elle seule une très grande partie de la population du pays (environ 1,7 million d'habitants en 2014, environ 3,4 millions en 2025) sur un territoire minuscule : c'est de loin la zone la plus dense ;
- la Moyenne-Guinée et la Guinée forestière sont assez peuplées dans les zones de collines et de vallées fertiles ;
- la Haute-Guinée, la plus vaste région naturelle, a de vastes espaces faiblement peuplés ; pourtant, grâce notamment à l'attraction des mines d'or (Siguiri), la région administrative de Kankan est devenue la plus peuplée du pays au recensement de 2025 (environ 4,1 millions d'habitants).
La population se concentre là où il y a de l'eau, des sols fertiles, des emplois (villes, zones minières), des routes et des services.
Exemple
Question : une préfecture imaginaire (données d'exercice) compte 300 000 habitants pour une superficie de 12 000 km². Calcule sa densité et compare-la à la moyenne nationale de 2014.
Réponse : densité = 300 000 ÷ 12 000 = 25 hab./km². C'est nettement moins que la moyenne nationale (environ 43 hab./km²) : cette préfecture est faiblement peuplée.
Méthode
Pour calculer et interpréter une densité :
- J'écris la formule : densité = population ÷ superficie.
- Je vérifie les unités : population en habitants, superficie en km².
- Je fais la division et j'arrondis à l'unité ; j'écris l'unité hab./km².
- Je compare avec une référence (la moyenne nationale, une autre région).
- J'explique la différence par des facteurs naturels (eau, sols, relief) et humains (villes, routes, emplois).
4. Une mosaïque de peuples
La Guinée est une nation formée de nombreux peuples, chacun avec sa langue et ses traditions. Chaque grande région naturelle a un peuple majoritaire, mais tous les peuples vivent aujourd'hui partout, surtout dans les villes.
| Région naturelle | Principaux peuples |
|---|---|
| Basse-Guinée | Soussou (majoritaires), Baga, Nalou, Landouma, Mikhiforé |
| Moyenne-Guinée | Peuls (majoritaires), Diakhanké, Djallonké ; Koniagui et Bassari vers Koundara |
| Haute-Guinée | Malinké (majoritaires), Ouassoulounké |
| Guinée forestière | Kissi, Toma (Loma), Kpèlè (Guerzé), Manon, Konianké |
Les langues. Depuis la Constitution de 2025, les langues officielles sont le français et les langues nationales. Le français reste la langue principale de l'administration et de l'école ; les langues nationales sont parlées au quotidien ; les plus répandues sont le soussou, le pular et le maninka, ainsi que le kissi, le kpèlè et le toma. Le soussou sert souvent de langue d'échange à Conakry et en Basse-Guinée, le maninka en Haute-Guinée.
Les religions. La population est très majoritairement musulmane. On compte aussi des chrétiens, surtout en Guinée forestière et dans les villes, et des pratiquants des religions traditionnelles.
L'unité dans la diversité. Les mariages entre peuples, les échanges commerciaux et des traditions comme la parenté à plaisanterie (le « sanankouya », qui permet à des familles ou à des peuples de se taquiner sans se fâcher) renforcent la cohésion nationale.
5. Villes et campagnes
La majorité des Guinéens vivent encore à la campagne (environ 61 % au recensement de 2025), mais la part des citadins augmente rapidement : c'est l'urbanisation. Conakry, la capitale, est de loin la première ville du pays ; viennent ensuite des villes régionales comme Kankan, N'Zérékoré, Kindia, Labé, Boké, Kamsar, Siguiri ou Mamou.
La croissance urbaine est surtout due à l'exode rural : les jeunes quittent les villages pour chercher du travail, faire des études ou accéder aux services. Elle pose des problèmes : quartiers construits sans plan, manque d'eau et d'électricité, embouteillages, chômage des jeunes, gestion des déchets.
6. Les migrations
Une migration est un déplacement de population d'un lieu vers un autre pour s'y installer.
- Migrations intérieures : exode rural vers Conakry et les villes minières (Boké, Kamsar, Siguiri) ; déplacements saisonniers vers les zones d'orpaillage.
- Émigration : de nombreux Guinéens vivent à l'étranger, dans les pays voisins (Sénégal, Sierra Leone, Côte d'Ivoire, Mali), en Europe ou en Amérique. Ils envoient de l'argent à leurs familles.
- Immigration et réfugiés : dans les années 1990, la Guinée forestière a accueilli un grand nombre de réfugiés fuyant les guerres civiles du Liberia et de la Sierra Leone.
- 1Au village : peu d'emplois, travail agricole dur, peu de services
- 2Départ des jeunes vers Conakry ou une ville minière : c'est l'exode rural
- 3En ville : recherche de travail, souvent dans le commerce ou le petit métier
- 4Croissance rapide des quartiers périphériques, manque d'équipements
- 5Envoi d'argent au village, qui aide la famille restée sur place
Exemple
Question : « Calcule le taux d'accroissement de la population guinéenne entre 1996 et 2014. »
Réponse : augmentation = 10 523 261 − 7 156 406 = 3 366 855 habitants. Taux = (3 366 855 ÷ 7 156 406) × 100 ≈ 47 %. La population a donc augmenté de près de la moitié en 18 ans, ce qui traduit une croissance démographique rapide.
3Je retiens
Je retiens
Recensements (RGPH) : 7 156 406 habitants en 1996, 10 523 261 en 2014 (hausse d'environ 47 % en 18 ans), 17 521 167 en 2025 (résultats préliminaires).
Accroissement naturel = naissances − décès ; natalité élevée, mortalité en baisse : croissance rapide.
Population très jeune : pyramide des âges à base large et sommet étroit.
Densité = population ÷ superficie ; environ 43 hab./km² en 2014, environ 71 hab./km² en 2025, avec de fortes inégalités (Conakry très dense, Haute-Guinée peu peuplée).
Peuples majoritaires : Soussou (Basse-Guinée), Peuls (Moyenne-Guinée), Malinké (Haute-Guinée), Kissi, Toma, Kpèlè, Manon (Guinée forestière).
Langues officielles (Constitution de 2025) : le français et les langues nationales (soussou, pular, maninka, kissi, kpèlè, toma…) ; majorité musulmane, minorités chrétienne et traditionnelle.
Urbanisation rapide nourrie par l'exode rural ; émigration importante.
4Erreurs fréquentes
- Inverser la formule de la densité : on divise la population par la superficie, et non l'inverse.
- Croire que la densité moyenne s'applique partout : c'est une moyenne qui cache de grandes différences.
- Présenter une région comme habitée par un seul peuple : chaque région a un peuple majoritaire, mais tous les peuples vivent dans tout le pays.
- Écrire des chiffres de population sans dire d'où ils viennent : cite toujours le recensement et l'année.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours)
a) Qu'est-ce qu'un recensement ? Quel organisme en publie les résultats ?
b) Définis l'accroissement naturel et l'exode rural.
c) Cite le peuple majoritaire de chaque région naturelle.
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a) Un recensement est une opération qui consiste à compter toutes les personnes d'un pays, ménage par ménage, à une date donnée. En Guinée, les résultats sont publiés par l'Institut national de la statistique (INS).
b) L'accroissement naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès. L'exode rural est le départ des habitants des campagnes vers les villes.
c) Basse-Guinée : Soussou. Moyenne-Guinée : Peuls. Haute-Guinée : Malinké. Guinée forestière : plusieurs peuples, dont les Kissi, les Toma, les Kpèlè et les Manon.
2Exercice 2
(Calcul) Une région imaginaire (données d'exercice) compte 1 200 000 habitants sur 48 000 km².
a) Calcule sa densité.
b) Est-elle plus ou moins peuplée que la moyenne guinéenne de 2014 ?
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a) Densité = 1 200 000 ÷ 48 000 = 25 hab./km².
b) Elle est moins peuplée que la moyenne guinéenne de 2014 (environ 43 hab./km²).
3Exercice 3
(Analyse de document, type BEPC) Observe le tableau des recensements.
a) De combien d'habitants la population a-t-elle augmenté entre 1996 et 2014 ?
b) Calcule le taux d'accroissement sur la période (arrondi à l'unité).
c) Donne deux raisons de cette croissance.
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a) 10 523 261 − 7 156 406 = 3 366 855 habitants.
b) (3 366 855 ÷ 7 156 406) × 100 ≈ 47 %.
c) La natalité reste élevée et la mortalité a baissé grâce aux progrès de la santé (vaccinations, soins) : l'accroissement naturel est donc fort.
4Exercice 4
(Explication) Pourquoi la population de Conakry augmente-t-elle plus vite que celle du reste du pays ? Donne deux conséquences.
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Conakry est la capitale : elle concentre l'administration, le port, les entreprises, les grandes écoles, les universités et les hôpitaux. Les jeunes des campagnes y viennent pour chercher du travail ou étudier : c'est l'exode rural, qui s'ajoute à l'accroissement naturel de la ville. Conséquences : extension rapide de quartiers mal équipés (manque d'eau, d'électricité, de routes) ; embouteillages, chômage des jeunes et difficultés de gestion des déchets.
5Exercice 5
(Rédaction guidée, type BEPC) En une dizaine de lignes, présente la population guinéenne. Plan conseillé : 1. effectif et croissance ; 2. structure et répartition ; 3. diversité des peuples ; 4. villes et migrations.
Voir le corrigéCacher le corrigé
Exemple de rédaction :
Selon le recensement de 2014, la Guinée comptait 10 523 261 habitants, contre 7 156 406 en 1996 : la population a augmenté d'environ 47 % en 18 ans, car la natalité reste forte et la mortalité a baissé.
Cette population est très jeune, ce qui exige des écoles, des soins et des emplois. Elle est inégalement répartie : la densité moyenne, d'environ 43 hab./km² en 2014, atteint environ 71 hab./km² en 2025, mais Conakry est très dense alors que la Haute-Guinée compte de vastes espaces peu peuplés.
La Guinée est une mosaïque de peuples : Soussou en Basse-Guinée, Peuls en Moyenne-Guinée, Malinké en Haute-Guinée, Kissi, Toma, Kpèlè et Manon en Guinée forestière. Le français et les langues nationales sont les langues officielles, et l'islam est la religion majoritaire.
Enfin, l'exode rural nourrit une urbanisation rapide, et de nombreux Guinéens émigrent à l'étranger. Le recensement de 2025 (17 521 167 habitants, résultats préliminaires) confirme cette croissance rapide.
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6Je vérifie
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