Leçon 1 sur 13
Les besoins nutritifs des végétaux chlorophylliens
Je sais déterminer par l'analyse et par l'expérience de quoi une plante verte a besoin pour vivre et grandir : eau, sels minéraux, dioxyde de carbone et lumière.
- 1 h
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Déterminer la composition chimique d'une plante (eau, matière sèche, matière minérale, matière organique)
- Expliquer le principe des cultures sur solution nutritive et des expériences de carence
- Distinguer macroéléments et oligoéléments et reconnaître quelques symptômes de carence
- Définir l'autotrophie d'une plante chlorophyllienne
Avant de commencer : La cellule végétale et ses constituants (paroi, vacuole, chloroplastes) ; notions de chimie : éléments chimiques, ions, pourcentages.
1Je découvre
À Kindia, Mamadou aide son oncle dans un champ de maïs. Une partie du champ a reçu de l'engrais « NPK » acheté au marché ; l'autre partie n'en a pas reçu. Six semaines plus tard, la différence saute aux yeux : d'un côté, des tiges hautes aux feuilles bien vertes ; de l'autre, des plants plus petits, aux feuilles du bas jaunies.
Sa cousine Aïssatou, élève de 11e SE, s'étonne : « Pourtant, les deux parties ont reçu la même pluie et le même soleil. L'engrais, ce n'est que quelques poignées de poudre blanche. Comment une si petite quantité peut-elle changer autant la croissance ? »
Mamadou réfléchit : « Et d'ailleurs, de quoi une plante se nourrit-elle vraiment ? Elle n'a pas de bouche, elle ne mange ni riz ni viande, et pourtant elle fabrique des feuilles, des tiges, des épis entiers ! »
Quels sont les besoins nutritifs d'une plante verte, et comment peut-on les déterminer par l'analyse et par l'expérience ?
2Je comprends
1. Analyser la composition d'une plante
Pour savoir ce dont une plante a besoin, on commence par chercher de quoi elle est faite. On procède en trois étapes.
a) La dessiccation. On pèse un échantillon de plante fraîche (masse fraîche), puis on le chauffe à l'étuve vers 105 °C jusqu'à ce que sa masse ne diminue plus. La perte de masse correspond à l'eau évaporée. Ce qui reste est la matière sèche.
b) L'incinération (ou calcination). On brûle la matière sèche à très haute température. Une grande partie disparaît sous forme de gaz (dioxyde de carbone, vapeur d'eau, oxydes d'azote) : c'est la matière organique, faite surtout de carbone (C), d'hydrogène (H), d'oxygène (O) et d'azote (N). Il reste un petit résidu blanc-gris : les cendres, qui constituent la matière minérale.
c) L'analyse des cendres. On y trouve de nombreux éléments : potassium (K), calcium (Ca), phosphore (P), magnésium (Mg), soufre (S), fer (Fe), et en très petites quantités manganèse (Mn), zinc (Zn), cuivre (Cu), bore (B), molybdène (Mo)…
- 1Plante fraîche : on pèse la masse fraîche
- 2Dessiccation à l'étuve (105 °C) : l'eau s'évapore, il reste la matière sèche
- 3Incinération de la matière sèche : la matière organique brûle et part en gaz (C, H, O, N)
- 4Il reste les cendres : la matière minérale (K, Ca, P, Mg, S, Fe…)
Résultats généraux.
- L'eau est le constituant le plus abondant : souvent 70 à 95 % de la masse fraîche des organes tendres (feuilles, fruits charnus), moins dans les graines sèches et le bois.
- Dans la matière sèche, le carbone et l'oxygène représentent chacun environ 45 %, l'hydrogène environ 6 %, l'azote 1 à 2 % ; les éléments minéraux ne forment que quelques pour cent.
Exemple
Aïssatou prélève 200 g de feuilles fraîches de manioc. Après dessiccation, il reste 40 g. Après incinération, il reste 3 g de cendres. Calcule les pourcentages d'eau, de matière organique et de matière minérale par rapport à la masse fraîche.
Masse d'eau : 200 − 40 = 160 g, soit 160 ÷ 200 × 100 = 80 %.
Masse de matière minérale (cendres) : 3 g, soit 3 ÷ 200 × 100 = 1,5 %.
Masse de matière organique : 40 − 3 = 37 g, soit 37 ÷ 200 × 100 = 18,5 %.
Vérification : 80 + 18,5 + 1,5 = 100 %.
Par rapport à la matière sèche, les cendres représentent 3 ÷ 40 × 100 = 7,5 %.
L'analyse nous dit de quoi la plante est faite, mais pas d'où viennent ces éléments. Il faut des expériences.
2. D'où viennent les constituants de la plante ?
- L'eau et les éléments minéraux sont prélevés dans le sol par les racines, sous forme de solution (les éléments minéraux sont absorbés à l'état d'ions : nitrate NO3^-, phosphate H2PO4^-, potassium K^+, calcium Ca2+, magnésium Mg2+, sulfate SO42-…).
- Le carbone de la matière organique ne vient pas du sol : il provient du dioxyde de carbone (CO2) de l'air, absorbé par les feuilles. Une plante verte placée sous une cloche dont l'air est privé de CO2 ne grandit plus, même si elle a de l'eau et des sels minéraux.
- La lumière est indispensable : à l'obscurité, une plante verte ne fabrique pas de matière organique ; elle s'étiole puis meurt quand ses réserves sont épuisées. La lumière n'est pas un aliment : c'est la source d'énergie qui permet à la plante de fabriquer sa matière organique à partir du CO2 et de l'eau (c'est la photosynthèse, étudiée dans le chapitre suivant).
3. Les cultures sur solution nutritive
Pour prouver qu'un élément minéral est indispensable, il faut cultiver des plantes sans sol, dans de l'eau où l'on contrôle exactement les substances dissoutes : c'est la culture hydroponique (ou culture sur liquide nutritif).
Au XIXe siècle, le botaniste allemand Knop a mis au point une solution nutritive qui permet à une plante verte de se développer normalement : de l'eau pure contenant du nitrate de calcium, du nitrate de potassium, du phosphate de potassium, du sulfate de magnésium et un peu de sel de fer. Cette solution de Knop ne contient aucune matière organique : la plante fabrique donc toute sa matière organique elle-même, à partir de substances minérales.
Le principe des expériences de carence. On prépare plusieurs lots de jeunes plants identiques :
- un lot témoin sur solution complète ;
- des lots expérimentaux, chacun sur une solution à laquelle il manque un seul élément (sans azote, sans phosphore, sans potassium, sans magnésium, sans fer…).
Si un lot se développe mal, l'élément absent est indispensable. On observe alors des symptômes de carence.
| Élément manquant | Symptômes principaux observés |
|---|---|
| Azote (N) | croissance très faible ; feuilles pâles puis jaunes, en commençant par les feuilles âgées |
| Phosphore (P) | croissance ralentie ; racines peu développées ; feuilles vert sombre, parfois teintées de violet |
| Potassium (K) | bords des feuilles jaunis puis desséchés ; tiges fragiles |
| Magnésium (Mg) | jaunissement entre les nervures, qui restent vertes |
| Fer (Fe) | jaunissement (chlorose) des jeunes feuilles |
Exemple
Un élève cultive quatre lots de plants de haricot : A (solution complète), B (sans azote), C (sans fer), D (eau distillée). Après trois semaines, A est vigoureux ; B est petit et jaunâtre ; C a des jeunes feuilles jaunes ; D est très chétif. Interprète.
Le lot A est le témoin : la solution complète apporte tout ce que les racines doivent fournir.
Le lot B montre que l'azote est indispensable à la croissance (il entre dans les protéines et la chlorophylle).
Le lot C montre que le fer est indispensable, bien qu'il soit présent en quantité infime : sans lui, la chlorophylle se forme mal dans les jeunes feuilles.
Le lot D montre que l'eau seule ne suffit pas : la plante a besoin de sels minéraux.
Conclusion : la plante doit trouver dans le sol de l'eau ET plusieurs éléments minéraux.
4. Macroéléments et oligoéléments
On classe les éléments minéraux indispensables selon la quantité nécessaire :
- les macroéléments, nécessaires en quantités importantes : azote (N), phosphore (P), potassium (K), calcium (Ca), magnésium (Mg), soufre (S) ;
- les oligoéléments, indispensables mais en quantités infimes : fer (Fe), manganèse (Mn), zinc (Zn), cuivre (Cu), bore (B), molybdène (Mo), chlore (Cl)… Un excès d'oligoélément peut d'ailleurs devenir toxique.
Chaque élément a un rôle : l'azote entre dans les protéines et la chlorophylle ; le magnésium est au centre de la molécule de chlorophylle ; le phosphore entre dans l'ADN et les molécules énergétiques ; le potassium règle l'entrée et la sortie de l'eau des cellules.
La loi du minimum. La croissance d'une plante est limitée par l'élément présent en quantité la plus insuffisante par rapport aux besoins, même si tous les autres sont abondants. C'est pourquoi quelques poignées d'engrais azoté ont changé le champ de l'oncle de Mamadou : l'azote était le facteur limitant.
Application en Guinée. Les engrais « NPK » apportent justement les trois macroéléments les plus souvent insuffisants dans les sols cultivés. Beaucoup de sols tropicaux, lessivés par les fortes pluies de l'hivernage, perdent leurs ions solubles : les paysans compensent par la fumure (fumier, compost, cendres) ou par les engrais minéraux.
5. Bilan : une plante verte est autotrophe
Une plante verte n'a besoin que de :
- eau (H2O) et ions minéraux, puisés dans le sol par les racines ;
- dioxyde de carbone (CO2), puisé dans l'air par les feuilles ;
- lumière, source d'énergie.
À partir de ces seules substances minérales, elle fabrique toute sa matière organique (glucides, lipides, protéines). On dit qu'elle est autotrophe. L'être humain et les animaux, eux, doivent consommer de la matière organique déjà fabriquée : ils sont hétérotrophes.
- Aliments : eau, ions minéraux, CO2
- Énergie : lumière
- Fabrique sa matière organique
- Aliments : matière organique + eau + sels
- Énergie : contenue dans les aliments
- Utilise la matière organique d'autres êtres
Méthode
Pour interpréter une expérience de carence :
- Je repère le lot témoin (solution complète) et le seul facteur qui change dans chaque lot.
- Je compare chaque lot expérimental au témoin (taille, couleur, masse sèche).
- Je conclus : si le lot sans l'élément X se développe moins bien, X est indispensable.
- Je nomme les symptômes observés et, si on me le demande, je relie l'élément à son rôle.
3Je retiens
Je retiens
Une plante contient surtout de l'eau (souvent 70 à 95 % de la masse fraîche), de la matière organique (C, H, O, N) et un peu de matière minérale (cendres).
Dessiccation : masse fraîche − masse sèche = masse d'eau ; incinération : masse sèche − cendres = matière organique.
Besoins d'une plante verte : eau et ions minéraux (sol, racines), CO2 (air, feuilles), lumière (énergie).
Culture sur solution nutritive (solution de Knop) + expériences de carence : un élément est indispensable si son absence perturbe le développement.
Macroéléments : N, P, K, Ca, Mg, S ; oligoéléments (en quantités infimes) : Fe, Mn, Zn, Cu, B, Mo…
Loi du minimum : la croissance est limitée par l'élément le plus insuffisant.
Une plante verte fabrique sa matière organique à partir de matière minérale : elle est autotrophe.
4Erreurs fréquentes
- Croire que la plante « mange » la terre ou l'humus : elle ne prélève dans le sol que de l'eau et des ions minéraux ; son carbone vient du CO2 de l'air.
- Penser qu'un oligoélément est peu important parce qu'il est en petite quantité : sans fer ou sans bore, la plante souffre de carence, comme sans azote.
- Oublier le lot témoin : sans lui, on ne peut pas conclure qu'une anomalie est due à l'élément retiré.
- Confondre matière sèche et matière organique : la matière sèche contient aussi les cendres (matière minérale).
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours)
a) Définis : matière sèche, cendres, oligoélément, autotrophe.
b) Cite les quatre besoins d'une plante verte et précise l'organe qui prélève chacun d'eux.
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a) Matière sèche : ce qui reste d'un échantillon après évaporation de toute son eau à l'étuve. Cendres : résidu minéral obtenu après incinération de la matière sèche. Oligoélément : élément minéral indispensable en quantité infime (fer, zinc, cuivre…). Autotrophe : se dit d'un être vivant qui fabrique sa matière organique à partir de matière minérale seulement.
b) L'eau et les ions minéraux (prélevés dans le sol par les racines), le dioxyde de carbone (prélevé dans l'air par les feuilles), la lumière (captée par les feuilles, source d'énergie).
2Exercice 2
Un échantillon de 500 g de feuilles fraîches de patate douce donne 75 g de matière sèche et 6 g de cendres.
a) Calcule la masse et le pourcentage d'eau.
b) Calcule la masse de matière organique et son pourcentage par rapport à la masse fraîche.
c) Calcule le pourcentage de cendres par rapport à la matière sèche.
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a) Eau : 500 − 75 = 425 g, soit 425 ÷ 500 × 100 = 85 %.
b) Matière organique : 75 − 6 = 69 g, soit 69 ÷ 500 × 100 = 13,8 %.
c) Cendres / matière sèche : 6 ÷ 75 × 100 = 8 %.
3Exercice 3
Classe les éléments suivants en macroéléments et oligoéléments : zinc, potassium, fer, azote, cuivre, calcium, bore, phosphore.
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Macroéléments : potassium, azote, calcium, phosphore. Oligoéléments : zinc, fer, cuivre, bore.
4Exercice 4
Une plante est cultivée sur une solution nutritive complète mais placée sous une cloche contenant de la potasse, qui absorbe tout le CO2 de l'air. Une plante identique est placée sous une cloche sans potasse. Les deux sont éclairées. Après deux semaines, la première n'a pas grossi, la seconde oui. Quelle conclusion tires-tu ?
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Les deux plantes ne diffèrent que par la présence de CO2 dans l'air. Celle qui en est privée ne grossit pas, malgré l'eau, les sels minéraux et la lumière. Conclusion : le CO2 de l'air est indispensable à la production de matière organique ; c'est la source du carbone de la plante.
5Exercice 5
(Type examen) Des plants de maïs de même âge sont cultivés dans cinq bacs. Après un mois, on mesure la masse sèche moyenne d'un plant.
| Bac | Solution | Masse sèche moyenne (g) | Aspect |
|---|---|---|---|
| 1 | complète | 12,0 | normal |
| 2 | sans azote | 2,4 | feuilles âgées jaunes |
| 3 | sans magnésium | 5,0 | jaunissement entre les nervures |
| 4 | sans potassium | 6,0 | bords des feuilles desséchés |
| 5 | complète + double dose d'azote | 12,5 | normal |
a) Quel bac sert de témoin ? Pourquoi ?
b) Calcule, pour les bacs 2, 3 et 4, la baisse de masse sèche en pourcentage par rapport au témoin.
c) Quel élément semble le plus limitant pour le maïs ? Justifie.
d) Que montre le bac 5 ? Quel conseil peux-tu donner à un cultivateur de Guinée qui voudrait mettre beaucoup plus d'engrais azoté ?
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a) Le bac 1 (solution complète) est le témoin : il sert de référence pour comparer les bacs où un seul élément a été modifié.
b) Bac 2 : (12,0 − 2,4) ÷ 12,0 × 100 = 9,6 ÷ 12 × 100 = 80 % de baisse. Bac 3 : (12,0 − 5,0) ÷ 12,0 × 100 = 7 ÷ 12 × 100 ≈ 58,3 %. Bac 4 : (12,0 − 6,0) ÷ 12,0 × 100 = 50 %.
c) L'azote : son absence provoque la plus forte baisse de masse sèche (80 %). C'est l'élément dont le maïs a le plus besoin parmi ceux testés.
d) Doubler l'azote n'augmente presque pas la masse sèche (12,5 g au lieu de 12,0 g, soit environ 4 %). Au-delà du besoin, l'engrais est gaspillé ; ce n'est plus l'azote qui limite la croissance, mais un autre facteur. Conseil : apporter la dose recommandée d'engrais, équilibrée en N, P et K, plutôt qu'un excès d'azote coûteux et inutile, qui peut en plus être entraîné par les pluies vers les cours d'eau.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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