Leçon 2 sur 13
Zones et mécanisme d'absorption de l'eau par les végétaux
Je sais localiser la zone de la racine qui absorbe l'eau et expliquer, grâce à l'osmose, comment l'eau entre dans la plante.
- 1 h
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Décrire la structure d'une jeune racine et localiser la zone pilifère
- Décrire le poil absorbant et ses caractères adaptés à l'absorption
- Expliquer l'osmose, la turgescence et la plasmolyse
- Calculer une pression osmotique et une force de succion pour prévoir le sens du passage de l'eau
Avant de commencer : La leçon précédente (besoins nutritifs des végétaux) ; la cellule végétale (paroi, membrane, vacuole) ; notions de concentration molaire.
1Je découvre
Pendant la saison sèche, à Labé, Fatoumata arrose chaque soir les plants de tomate de son jardin. Un jour, pour « les nourrir davantage », son petit frère Alpha verse dans l'arrosoir une bonne poignée de sel de cuisine. Le lendemain matin, les plants sont complètement flétris, comme s'ils n'avaient pas été arrosés depuis une semaine.
Fatoumata est surprise : « Ils ont pourtant reçu autant d'eau que d'habitude ! »
Leur voisin, le vieux Lansana, qui cultive des oignons depuis quarante ans, hoche la tête : « Le sel empêche la terre de donner son eau à la plante. Ce n'est pas la quantité d'eau qui compte, c'est la manière dont la racine la prend. »
Fatoumata veut comprendre : par quelle partie de la racine l'eau entre-t-elle ? Et pourquoi un peu de sel suffit-il à bloquer son entrée ?
Où et comment l'eau du sol pénètre-t-elle dans la plante ?
2Je comprends
1. La structure d'une jeune racine
Si l'on fait germer des graines de maïs ou de haricot sur du papier buvard humide, on observe de jeunes racines. De l'extrémité vers la base, on distingue :
- la coiffe : un petit capuchon qui protège l'extrémité de la racine quand elle s'enfonce dans le sol ;
- la zone de division (ou méristème) : les cellules s'y multiplient activement ;
- la zone d'élongation (zone lisse) : les cellules s'allongent, ce qui fait avancer la racine ;
- la zone pilifère : elle porte un fin duvet blanc de poils absorbants ;
- la zone subéreuse (ou zone des ramifications) : les poils sont morts, la surface devient imperméable (liège ou subér) ; les racines secondaires y prennent naissance.
- 1Coiffe : protège l'extrémité de la racine
- 2Zone de division : les cellules se multiplient
- 3Zone d'élongation : les cellules s'allongent, la racine avance
- 4Zone pilifère : poils absorbants, c'est ici que l'eau entre
- 5Zone subéreuse : surface imperméable, départ des racines secondaires
2. La zone pilifère est la zone d'absorption
Expérience. On place une jeune plante dans un tube rempli d'eau, recouverte d'une fine couche d'huile pour empêcher l'évaporation. On note le niveau de l'eau.
- Si seule l'extrémité de la racine (coiffe et zone d'élongation) plonge dans l'eau, le niveau ne baisse presque pas et la plante flétrit.
- Si la zone pilifère plonge dans l'eau, le niveau baisse régulièrement et la plante reste turgescente.
- Si l'on recouvre la zone pilifère de vaseline, la plante flétrit.
Conclusion. L'eau est absorbée essentiellement au niveau de la zone pilifère, grâce aux poils absorbants.
3. Le poil absorbant, une cellule spécialisée
Un poil absorbant est une seule cellule de l'assise pilifère (l'épiderme de la racine) qui s'est très allongée vers l'extérieur. Il présente des caractères favorables à l'absorption :
- une paroi mince, faite de cellulose et de pectine, perméable à l'eau et aux ions ;
- une grande vacuole contenant un suc riche en substances dissoutes ;
- un noyau et un cytoplasme situés près de l'extrémité ;
- une vie courte (quelques jours) : les poils se renouvellent en permanence à mesure que la racine s'allonge.
Les poils absorbants, très nombreux et très fins, se glissent entre les particules du sol et multiplient énormément la surface de contact entre la racine et la solution du sol. C'est pourquoi, lorsqu'on repique un plant de riz ou de tomate, il faut garder une motte de terre autour des racines : arrachés à nu, les poils sont détruits et le plant fane.
4. Le mécanisme : l'osmose
L'osmose est le passage de l'eau à travers une membrane semi-perméable (qui laisse passer l'eau mais pas certaines substances dissoutes), du milieu le moins concentré vers le milieu le plus concentré.
Expérience de l'osmomètre. On ferme un entonnoir par une membrane semi-perméable (cellophane), on le remplit d'eau sucrée et on le plonge dans l'eau pure. Le niveau monte dans le tube de l'entonnoir : l'eau pure entre vers la solution sucrée.
On compare les milieux :
- un milieu hypotonique est moins concentré qu'un autre ;
- un milieu hypertonique est plus concentré ;
- deux milieux isotoniques ont la même concentration : il n'y a pas de passage net d'eau.
La pression osmotique P d'une solution mesure sa capacité à attirer l'eau par osmose. Pour une solution diluée :
P = i · C · R · T
avec C la concentration molaire (mol/L), R = 0,082 L·atm·mol-1·K-1, T la température absolue en kelvins (T = θ + 273), et i le nombre de particules libérées par chaque molécule dissoute (i = 1 pour le saccharose ou le glucose, i = 2 pour le chlorure de sodium NaCl, qui se dissocie en Na^+ et Cl^-). P est alors en atmosphères (atm).
Exemple
Calcule la pression osmotique à 27 °C d'une solution de saccharose à 0,2 mol/L, puis celle d'une solution de NaCl à 0,1 mol/L.
T = 27 + 273 = 300 K.
Saccharose (i = 1) : P = 1 × 0,2 × 0,082 × 300 = 4,92 atm.
NaCl (i = 2) : P = 2 × 0,1 × 0,082 × 300 = 4,92 atm.
Les deux solutions ont la même pression osmotique : elles sont isotoniques, bien que la concentration en NaCl soit deux fois plus faible.
5. Turgescence et plasmolyse
On observe au microscope un fragment d'épiderme d'oignon rouge (la vacuole colorée se voit bien) placé dans différents liquides :
- dans l'eau pure (milieu hypotonique) : l'eau entre dans la vacuole, qui gonfle et plaque le cytoplasme contre la paroi : la cellule est turgescente ;
- dans une solution salée concentrée (milieu hypertonique) : l'eau sort de la vacuole, qui se rétracte ; le cytoplasme se décolle de la paroi : la cellule est plasmolysée ;
- si l'on remet la cellule plasmolysée dans l'eau pure, elle redevient turgescente : c'est la déplasmolyse.
- L'eau entre dans la vacuole
- La vacuole gonfle
- Cytoplasme plaqué contre la paroi
- Cellule turgescente
- L'eau sort de la vacuole
- La vacuole se rétracte
- Cytoplasme décollé de la paroi
- Cellule plasmolysée
Le jardin de Fatoumata s'explique : le sel a rendu la solution du sol hypertonique par rapport au suc des poils absorbants. Non seulement l'eau n'entrait plus dans la racine, mais elle en sortait : les cellules se sont plasmolysées et la plante a flétri.
6. Pression de turgescence et force de succion
Quand la vacuole gonfle, elle pousse sur la paroi, qui résiste : la paroi exerce en retour une pression de turgescence Pt qui s'oppose à l'entrée d'eau. La capacité réelle d'une cellule à attirer l'eau est donc sa force de succion S :
S = Po - Pt
où Po est la pression osmotique du suc vacuolaire.
- Dans une cellule plasmolysée, Pt = 0, donc S = Po (succion maximale).
- Dans une cellule pleinement turgescente, Pt = Po, donc S = 0 : elle n'absorbe plus d'eau.
Règle. L'eau se déplace toujours d'un milieu (ou d'une cellule) à force de succion faible vers un milieu à force de succion plus forte. Pour la solution du sol, qui n'a pas de paroi, la force de succion est égale à sa pression osmotique.
Le trajet de l'eau dans la racine. Dans la racine, la force de succion augmente depuis le poil absorbant jusqu'aux cellules proches du cylindre central. L'eau passe donc de proche en proche : solution du sol → poil absorbant → cellules de l'écorce (parenchyme cortical) → endoderme → cylindre central → vaisseaux du bois, où elle forme la sève brute. Ce trajet dans la racine est le transit horizontal, que nous étudierons avec la circulation de la sève.
Méthode
Pour prévoir le sens du passage de l'eau entre deux milieux :
- Je convertis la température en kelvins : T = θ + 273.
- Je calcule la pression osmotique de chaque solution : P = i × C × R × T (i = 2 pour NaCl, 1 pour le sucre).
- Pour une cellule, je calcule la force de succion : S = Po − Pt.
- Je compare : l'eau va du milieu où S (ou P pour une solution libre) est le plus faible vers celui où il est le plus fort.
Exemple
Un poil absorbant a une pression osmotique de 9 atm et une pression de turgescence de 4 atm. La solution du sol a une pression osmotique de 1,5 atm. L'eau entre-t-elle ? Même question si l'on ajoute du sel et que la pression osmotique du sol devient 7 atm.
Force de succion du poil : S = 9 − 4 = 5 atm.
Premier cas : 5 atm > 1,5 atm, l'eau passe du sol vers le poil : elle est absorbée.
Second cas : 7 atm > 5 atm, l'eau passe du poil vers le sol : la plante perd de l'eau et flétrit.
7. Des conditions nécessaires à l'absorption
L'absorption de l'eau exige que le sol contienne de l'eau disponible, que sa solution reste peu concentrée (les sols salés des zones littorales, comme certaines rizières de mangrove, posent ce problème aux cultures non adaptées), et que les racines soient vivantes et bien aérées : dans un sol gorgé d'eau sans oxygène, les racines respirent mal et absorbent moins bien.
3Je retiens
Je retiens
Une jeune racine comprend : coiffe, zone de division, zone d'élongation, zone pilifère, zone subéreuse.
L'eau est absorbée surtout au niveau de la zone pilifère, par les poils absorbants (cellules de l'assise pilifère à paroi mince et grande vacuole).
Osmose : passage de l'eau à travers une membrane semi-perméable, du milieu hypotonique vers le milieu hypertonique.
Pression osmotique : P = i × C × R × T (R = 0,082 L·atm·mol⁻¹·K⁻¹ ; T en K ; i = 2 pour NaCl).
En milieu hypotonique la cellule est turgescente ; en milieu hypertonique elle est plasmolysée.
Force de succion : S = Po − Pt ; l'eau va vers la force de succion la plus forte.
Trajet : sol → poil absorbant → écorce → endoderme → vaisseaux du bois (sève brute).
4Erreurs fréquentes
- Dire que « l'eau va vers le milieu le moins concentré » : c'est l'inverse ; l'eau va vers le milieu le plus concentré (hypertonique).
- Oublier le facteur i : une solution de NaCl à 0,1 mol/L a la même pression osmotique qu'une solution de sucre à 0,2 mol/L.
- Laisser la température en degrés Celsius dans la formule : T doit être en kelvins (27 °C = 300 K).
- Comparer les pressions osmotiques de deux cellules au lieu de leurs forces de succion : c'est S = Po − Pt qui décide du sens du passage de l'eau.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours)
a) Nomme les zones d'une jeune racine, de l'extrémité vers la base.
b) Cite trois caractères du poil absorbant qui facilitent l'absorption de l'eau.
c) Définis : osmose, plasmolyse, turgescence.
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a) Coiffe, zone de division, zone d'élongation, zone pilifère, zone subéreuse (des ramifications).
b) Paroi mince et perméable ; grande vacuole au suc concentré ; très grand nombre de poils qui augmentent la surface de contact avec le sol ; forme allongée qui se glisse entre les particules du sol.
c) Osmose : passage de l'eau à travers une membrane semi-perméable, du milieu le moins concentré vers le plus concentré. Plasmolyse : état d'une cellule qui a perdu de l'eau, vacuole rétractée et cytoplasme décollé de la paroi, en milieu hypertonique. Turgescence : état d'une cellule gorgée d'eau, vacuole gonflée plaquant le cytoplasme contre la paroi, en milieu hypotonique.
2Exercice 2
Calcule à 17 °C la pression osmotique :
a) d'une solution de glucose à 0,3 mol/L ;
b) d'une solution de chlorure de sodium à 0,15 mol/L.
Que peux-tu dire de ces deux solutions ?
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T = 17 + 273 = 290 K.
a) P = 1 × 0,3 × 0,082 × 290 = 7,134 atm.
b) P = 2 × 0,15 × 0,082 × 290 = 7,134 atm.
Les deux solutions ont la même pression osmotique : elles sont isotoniques.
3Exercice 3
Des cellules d'épiderme d'oignon rouge ont un suc vacuolaire de pression osmotique 7,4 atm à 27 °C. On les place dans trois solutions de saccharose : A à 0,1 mol/L, B à 0,3 mol/L, C à 0,5 mol/L. Calcule la pression osmotique de chaque solution et prévois l'état des cellules (turgescentes ou plasmolysées) dans chacune.
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T = 300 K ; C × 0,082 × 300 = C × 24,6.
A : 0,1 × 24,6 = 2,46 atm < 7,4 atm : solution hypotonique, les cellules restent turgescentes.
B : 0,3 × 24,6 = 7,38 atm ≈ 7,4 atm : solution pratiquement isotonique, pas de passage net d'eau (état limite).
C : 0,5 × 24,6 = 12,3 atm > 7,4 atm : solution hypertonique, les cellules se plasmolysent.
4Exercice 4
Trois cellules voisines d'une racine ont les caractéristiques suivantes : cellule X : Po = 8 atm, Pt = 5 atm ; cellule Y : Po = 10 atm, Pt = 4 atm ; cellule Z : Po = 12 atm, Pt = 3 atm.
a) Calcule la force de succion de chaque cellule.
b) Dans quel sens l'eau circule-t-elle entre ces cellules ?
c) Laquelle est la plus proche du poil absorbant ? Justifie.
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a) SX = 8 − 5 = 3 atm ; SY = 10 − 4 = 6 atm ; SZ = 12 − 3 = 9 atm.
b) L'eau va de la force de succion la plus faible vers la plus forte : de X vers Y, puis de Y vers Z.
c) X est la plus proche du poil absorbant : dans la racine, la force de succion augmente du poil vers le cylindre central, et l'eau circule dans ce sens.
5Exercice 5
(Type examen) Un cultivateur de la zone côtière de Boffa constate que ses plants de tomate, arrosés avec l'eau d'un puits proche de la mer, flétrissent malgré des arrosages abondants.
a) Formule une hypothèse pour expliquer ce flétrissement.
b) Explique, à l'aide des notions d'osmose et de force de succion, ce qui se passe au niveau des poils absorbants.
c) Propose une expérience simple, avec de l'épiderme d'oignon, pour vérifier ton hypothèse.
d) Quel conseil donnerais-tu à ce cultivateur ?
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) Hypothèse : l'eau du puits est salée ; elle rend la solution du sol trop concentrée.
b) La solution du sol devient hypertonique : sa pression osmotique dépasse la force de succion des poils absorbants. L'eau ne peut plus entrer dans les poils ; elle en sort même par osmose. Les cellules se plasmolysent, la plante manque d'eau et flétrit.
c) On place un fragment d'épiderme d'oignon rouge dans une goutte d'eau du puits et un autre dans une goutte d'eau de pluie (témoin), puis on observe au microscope. Si les cellules sont plasmolysées dans l'eau du puits et turgescentes dans l'eau de pluie, l'hypothèse est confirmée.
d) Arroser avec une eau douce (eau de pluie recueillie, eau d'un puits plus éloigné de la mer) et éviter d'accumuler les sels dans le sol.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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