Leçon 4 sur 13
Zone et mécanisme d'absorption du CO2
Je sais montrer que le CO2 de l'air entre dans la plante par les stomates des feuilles et expliquer comment il arrive, par diffusion, jusqu'aux chloroplastes.
- 1 h
- 5 exercices corrigés
- 3 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Montrer par l'expérience que la feuille absorbe le CO2 par ses stomates
- Décrire la structure d'une feuille et d'un stomate
- Expliquer le mécanisme d'ouverture et de fermeture des stomates
- Expliquer la diffusion du CO2 jusqu'aux cellules chlorophylliennes et calculer une densité de stomates
Avant de commencer : Les besoins nutritifs des végétaux (le carbone vient du CO2 de l'air) ; l'osmose et la turgescence ; la diffusion.
1Je découvre
En saison sèche, à Siguiri, Sékou observe le manguier de la cour. À midi, sous un soleil brûlant et l'harmattan sec, ses feuilles semblent « se reposer ». Le matin, au contraire, l'arbre paraît plein de vie.
Sa grande sœur Kadiatou, élève de 11e SE, lui explique : « La plante fabrique sa matière avec le dioxyde de carbone de l'air. Il y en a très peu, moins d'un demi-millième de l'air. »
Sékou est intrigué : « Mais une feuille, c'est lisse et brillant, comme ciré. Par où le gaz peut-il bien entrer ? Et si la feuille a des trous, pourquoi ne perd-elle pas toute son eau par la même occasion, surtout quand l'harmattan souffle ? »
Kadiatou prend une feuille, arrache un morceau de la face inférieure et le met sous le microscope du lycée. Des centaines de petites « bouches » apparaissent.
Par quelle zone la plante absorbe-t-elle le CO2, et par quel mécanisme ce gaz parvient-il jusqu'aux cellules qui l'utilisent ?
2Je comprends
1. La feuille absorbe le CO2 : mise en évidence
Expérience 1. On enferme une feuille encore attachée à la plante dans un flacon traversé par un courant d'air. À l'entrée et à la sortie, l'air barbote dans de l'eau de chaux (ou de l'eau de baryte), qui se trouble en présence de CO2. À la lumière, l'eau de chaux de sortie se trouble beaucoup moins que celle d'entrée : la feuille éclairée a retiré du CO2 à l'air.
Expérience 2. On recouvre de vaseline (qui bouche les ouvertures) :
- la face supérieure d'une feuille A ;
- la face inférieure d'une feuille B ;
- rien sur la feuille C (témoin).
Après une journée à la lumière, on teste l'amidon avec l'eau iodée. La feuille C et la feuille A deviennent bleu-noir (présence d'amidon) ; la feuille B ne bleuit presque pas. Chez cette plante (un haricot, par exemple), le CO2 entre donc surtout par la face inférieure.
Conclusion. Le CO2 est absorbé par les feuilles, à travers de minuscules ouvertures de l'épiderme, les stomates, plus nombreux sur la face inférieure chez la plupart des dicotylédones.
2. La structure de la feuille
Une coupe transversale de feuille de dicotylédone montre, de haut en bas :
- la cuticule, couche cireuse imperméable qui limite les pertes d'eau (c'est elle qui fait briller la feuille du manguier) ;
- l'épiderme supérieur, une couche de cellules sans chloroplastes, avec peu ou pas de stomates ;
- le parenchyme palissadique, cellules allongées et serrées, très riches en chloroplastes ;
- le parenchyme lacuneux, cellules irrégulières séparées par de grands espaces remplis d'air, les lacunes (ou méats) ;
- les nervures, qui contiennent les vaisseaux conducteurs de sève ;
- l'épiderme inférieur, percé de nombreux stomates, recouvert lui aussi de cuticule.
Sous chaque stomate se trouve une chambre sous-stomatique qui communique avec les lacunes du parenchyme. La feuille forme donc un véritable réseau d'air intérieur relié à l'atmosphère par les stomates.
3. Le stomate
Un stomate est formé de deux cellules stomatiques (ou cellules de garde) en forme de rein (réniformes), qui délimitent entre elles une ouverture, l'ostiole. Contrairement aux autres cellules de l'épiderme, les cellules stomatiques possèdent des chloroplastes. Leur paroi est épaisse du côté de l'ostiole et mince du côté opposé.
La répartition des stomates varie selon les plantes :
- dicotylédones terrestres (haricot, manguier, arachide) : surtout sur la face inférieure ;
- monocotylédones à feuilles dressées (maïs, riz, fonio) : sur les deux faces ;
- plantes aquatiques à feuilles flottantes (nénuphar) : sur la face supérieure, seule en contact avec l'air ;
- feuilles entièrement immergées : pas de stomates ; le CO2 dissous dans l'eau traverse directement toute la surface de la feuille.
4. La densité des stomates
On compte les stomates d'une empreinte d'épiderme (vernis à ongles incolore étalé, séché puis décollé) observée au microscope, dans un champ de surface connue.
densité = nombre de stomates comptéssurface du champ observé
Exemple
Dans un champ de microscope de 0,2 mm², Kadiatou compte 46 stomates sur la face inférieure d'une feuille de manguier et 0 sur la face supérieure. Calcule la densité de stomates de la face inférieure, puis le nombre de stomates d'une feuille dont la face inférieure mesure 60 cm².
Densité : 46 ÷ 0,2 = 230 stomates par mm².
Surface : 60 cm² = 60 × 100 = 6 000 mm².
Nombre de stomates : 230 × 6 000 = 1 380 000, soit environ 1,4 million de stomates.
5. Le mécanisme d'ouverture et de fermeture des stomates
L'ouverture de l'ostiole dépend de la turgescence des cellules stomatiques.
- Ouverture : à la lumière, les cellules stomatiques accumulent activement des ions potassium K^+. Leur suc devient plus concentré ; par osmose, l'eau entre depuis les cellules voisines. Les cellules stomatiques deviennent turgescentes. Comme leur paroi est épaisse et rigide du côté de l'ostiole et mince à l'extérieur, elles se courbent en s'écartant l'une de l'autre : l'ostiole s'ouvre.
- Fermeture : à l'obscurité ou quand la plante manque d'eau, les ions K^+ ressortent, l'eau sort par osmose, les cellules stomatiques perdent leur turgescence (elles deviennent flasques) et se rapprochent : l'ostiole se ferme.
- 1La lumière stimule les cellules stomatiques
- 2Les ions K+ entrent activement dans les cellules stomatiques
- 3Leur suc devient plus concentré : l'eau entre par osmose
- 4Les cellules deviennent turgescentes et se courbent (paroi épaisse côté ostiole)
- 5L'ostiole s'ouvre : le CO2 entre, la vapeur d'eau sort
- 6Obscurité ou manque d'eau : K+ et eau sortent, l'ostiole se ferme
Un compromis vital. Les stomates ouverts laissent entrer le CO2 mais laissent aussi sortir la vapeur d'eau : c'est la transpiration. Quand il fait très chaud et sec (harmattan, midi en saison sèche), la plante risque de perdre trop d'eau : elle ferme ses stomates, ce qui la protège du dessèchement, mais ralentit l'entrée du CO2 et donc la production de matière organique. C'est ce qu'observait Sékou sur le manguier à midi.
- Lumière, eau abondante
- Cellules stomatiques turgescentes
- Le CO2 entre facilement
- Forte transpiration
- Obscurité, sécheresse, forte chaleur
- Cellules stomatiques flasques
- Le CO2 entre très peu
- Transpiration réduite
6. Le trajet du CO2 : une diffusion
Le CO2 entre dans la feuille par diffusion : un gaz se déplace spontanément de la zone où il est le plus concentré vers la zone où il l'est le moins, sans dépense d'énergie.
Pourquoi le CO2 va-t-il de l'air vers la feuille ? Parce que, à la lumière, les cellules chlorophylliennes consomment le CO2 pour la photosynthèse : sa concentration diminue dans les lacunes de la feuille. Il se crée un gradient de concentration entre l'air extérieur (environ 0,04 % de CO2) et l'intérieur de la feuille, qui entretient un flux continu.
Le trajet est le suivant :
- 1Air extérieur (environ 0,04 % de CO2)
- 2Ostiole du stomate
- 3Chambre sous-stomatique
- 4Lacunes du parenchyme lacuneux
- 5Dissolution dans le film d'eau qui mouille les parois des cellules
- 6Diffusion à travers la paroi et la membrane jusqu'aux chloroplastes
Le CO2 doit se dissoudre dans l'eau qui imprègne les parois cellulaires avant de pénétrer dans les cellules : c'est pourquoi les parois des cellules du parenchyme sont toujours humides.
Méthode
Pour interpréter une expérience sur l'absorption du CO2 :
- Je repère le témoin et le seul facteur modifié (face vaselinée, lumière, obscurité, potasse qui absorbe le CO2…).
- Je repère l'indicateur utilisé : trouble de l'eau de chaux (CO2 présent) ou coloration bleu-noir à l'eau iodée (amidon fabriqué).
- Je relie : pas d'amidon = pas de CO2 absorbé (si la lumière et l'eau étaient présentes).
- Je conclus sur la zone d'entrée (stomates, face de la feuille) ou sur la condition nécessaire.
Exemple
Une plante de haricot est placée à l'obscurité pendant 48 heures (pour vider ses feuilles de leur amidon), puis éclairée 6 heures ; une de ses feuilles est enfermée dans un flacon contenant de la potasse (qui absorbe le CO2). Test à l'eau iodée : les autres feuilles bleuissent, celle du flacon non. Interprète.
Les 48 heures d'obscurité ont vidé les feuilles de leur amidon : tout amidon trouvé ensuite a été fabriqué pendant l'éclairement.
La feuille du flacon avait lumière et eau, mais pas de CO2 : elle n'a pas fabriqué d'amidon.
Conclusion : le CO2 absorbé par la feuille est indispensable à la production de matière organique.
3Je retiens
Je retiens
Le CO2 de l'air (environ 0,04 %) est absorbé par les feuilles, à travers les stomates.
Un stomate = deux cellules stomatiques réniformes (avec chloroplastes) délimitant l'ostiole ; paroi épaisse côté ostiole.
Chez les dicotylédones terrestres, les stomates sont surtout sur la face inférieure ; les feuilles immergées n'en ont pas.
Ouverture : lumière, entrée de K+ puis d'eau, turgescence ; fermeture : obscurité, sécheresse, perte de turgescence.
Le CO2 entre par diffusion : air → ostiole → chambre sous-stomatique → lacunes → film d'eau → chloroplastes.
Le gradient est entretenu par la consommation de CO2 par la photosynthèse.
Stomates ouverts : entrée de CO2 mais aussi perte d'eau par transpiration.
4Erreurs fréquentes
- Croire que le CO2 est absorbé par les racines : le carbone de la plante vient de l'air, par les feuilles.
- Penser que le stomate s'ouvre quand ses cellules se vident d'eau : c'est l'inverse, l'ostiole s'ouvre quand les cellules stomatiques sont turgescentes.
- Dire que le CO2 est « pompé » activement : il entre par simple diffusion, grâce à un gradient de concentration.
- Oublier la conversion des unités dans le calcul de densité : 1 cm² = 100 mm².
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours)
a) Nomme, de haut en bas, les tissus d'une coupe de feuille de dicotylédone.
b) Décris un stomate et indique ce qui le distingue des autres cellules de l'épiderme.
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a) Cuticule, épiderme supérieur, parenchyme palissadique, parenchyme lacuneux (avec les nervures), épiderme inférieur percé de stomates, cuticule.
b) Un stomate est formé de deux cellules stomatiques réniformes qui délimitent une ouverture, l'ostiole, au-dessus d'une chambre sous-stomatique. Les cellules stomatiques contiennent des chloroplastes (les autres cellules de l'épiderme n'en ont pas) et ont une paroi plus épaisse du côté de l'ostiole.
2Exercice 2
Dans un champ de 0,25 mm², on compte 12 stomates sur la face supérieure et 55 sur la face inférieure d'une feuille de haricot.
a) Calcule la densité des stomates de chaque face.
b) Quelle face de la feuille faut-il vaseliner pour gêner le plus l'entrée du CO2 ?
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a) Face supérieure : 12 ÷ 0,25 = 48 stomates/mm². Face inférieure : 55 ÷ 0,25 = 220 stomates/mm².
b) La face inférieure, qui porte plus de quatre fois plus de stomates (220 contre 48) : c'est par elle qu'entre l'essentiel du CO2.
3Exercice 3
Explique pourquoi une feuille de maïs possède des stomates sur ses deux faces, alors qu'une feuille de nénuphar n'en a que sur sa face supérieure.
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Les feuilles du maïs sont dressées : leurs deux faces sont également exposées à l'air, les stomates peuvent être sur les deux. La feuille de nénuphar flotte : sa face inférieure est collée à l'eau et ne peut pas échanger de gaz avec l'air ; seule la face supérieure, en contact avec l'atmosphère, porte des stomates.
4Exercice 4
Explique, étape par étape, comment la lumière provoque l'ouverture d'un stomate.
Voir le corrigéCacher le corrigé
La lumière stimule les cellules stomatiques, qui font entrer activement des ions K^+. Leur suc vacuolaire devient plus concentré, donc leur force de succion augmente : l'eau des cellules voisines entre par osmose. Les cellules stomatiques deviennent turgescentes ; leur paroi mince côté extérieur s'étire plus que leur paroi épaisse côté ostiole : elles se courbent et s'écartent, l'ostiole s'ouvre.
5Exercice 5
(Type examen) On mesure, au cours d'une journée ensoleillée de saison sèche, l'ouverture des stomates d'un manguier (en micromètres) :
| Heure | 6 h | 8 h | 10 h | 12 h | 14 h | 16 h | 18 h | 20 h |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Ouverture (µm) | 1 | 7 | 9 | 3 | 2 | 6 | 2 | 0 |
a) Décris l'évolution de l'ouverture des stomates au cours de la journée.
b) Explique l'ouverture observée entre 6 h et 10 h.
c) Propose une explication à la fermeture partielle entre 12 h et 14 h, alors que la lumière est maximale.
d) Quelle conséquence cette fermeture a-t-elle sur l'absorption du CO2 ? Et quel avantage présente-t-elle pour l'arbre ?
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) L'ouverture augmente de 6 h (1 µm) à 10 h (maximum : 9 µm), diminue fortement vers 12 h-14 h (3 puis 2 µm), remonte à 16 h (6 µm), puis diminue jusqu'à la fermeture complète à 20 h.
b) Le matin, la lumière augmente et l'air est encore relativement frais et humide : les cellules stomatiques deviennent turgescentes et les stomates s'ouvrent.
c) À midi, la chaleur et l'air sec de la saison sèche font perdre beaucoup d'eau par transpiration ; la plante, qui ne peut pas absorber assez d'eau pour compenser, voit ses cellules stomatiques perdre leur turgescence : les stomates se ferment partiellement.
d) L'entrée du CO2 diminue fortement, donc la production de matière organique ralentit. En contrepartie, l'arbre limite ses pertes d'eau par transpiration et évite le dessèchement.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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