Leçon 1 sur 1
L'impérialisme en Afrique
Je sais définir l'impérialisme, expliquer pourquoi et comment les puissances européennes se sont partagé l'Afrique à la fin du XIXe siècle, et montrer comment les Africains, en Guinée notamment, ont résisté.
- 45 min
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Définir l'impérialisme et le distinguer de la colonisation
- Expliquer les causes économiques, politiques, démographiques et idéologiques de l'impérialisme
- Décrire les étapes du partage de l'Afrique et le rôle de la conférence de Berlin (1884-1885)
- Présenter les résistances africaines, en particulier celles de Samori Touré et d'Alpha Yaya Diallo
- Analyser un document historique sur le sujet
Avant de commencer : La révolution industrielle en Europe (charbon, fer, vapeur, usines) et la fin de la traite atlantique au XIXe siècle.
1Je découvre
À Boké, Mamadou accompagne son oncle, ingénieur, sur le port minier de Kamsar. De longs trains chargés de bauxite arrivent de l'intérieur ; le minerai est versé dans les cales de grands navires qui partent vers d'autres continents. Mamadou demande : « Pourquoi la bauxite est-elle surtout exportée brute, au lieu d'être transformée ici ? »
Son oncle sourit : « Pour comprendre, il faut remonter à plus d'un siècle. À la fin du XIXe siècle, les pays d'Europe, devenus des puissances industrielles, cherchaient partout des matières premières et des marchés. En quelques dizaines d'années, ils se sont partagé presque toute l'Afrique. Nos routes, nos ports et nos frontières ont souvent été tracés à cette époque, pour évacuer les produits vers la mer. »
Mamadou pense alors à Samori Touré, dont il a entendu parler à l'école, et qui a combattu les Français pendant de longues années.
Qu'est-ce que l'impérialisme ? Pourquoi et comment les puissances européennes se sont-elles emparées de l'Afrique, et comment les Africains ont-ils réagi ?
2Je comprends
1. Définitions : impérialisme et colonisation
L'impérialisme est la volonté d'un État puissant d'étendre sa domination (politique, économique, militaire, culturelle) sur d'autres peuples et d'autres territoires, afin de se constituer un empire. Le mot désigne surtout la politique d'expansion des grandes puissances industrielles entre les années 1870 et la Première Guerre mondiale (1914).
La colonisation est l'une des formes de l'impérialisme : c'est l'occupation d'un territoire étranger, son exploitation et son administration par la puissance qui l'a conquis, appelée métropole. Le territoire dominé devient une colonie. Il existe aussi des formes plus souples de domination : le protectorat (le souverain local reste en place, mais la puissance étrangère contrôle la politique extérieure, l'armée et l'économie) ou la simple domination économique.
Retiens la nuance : tout impérialisme n'est pas colonisation, mais toute colonisation relève de l'impérialisme.
Avant 1880, les Européens occupaient surtout des comptoirs sur les côtes africaines (Saint-Louis au Sénégal, Gorée, la colonie du Cap, l'Algérie conquise par la France à partir de 1830). L'intérieur du continent restait sous l'autorité d'États et de royaumes africains. Vers 1914, en revanche, seuls le Liberia et l'Éthiopie restaient indépendants.
2. Les causes de l'impérialisme
a) Les causes économiques. La révolution industrielle a transformé l'Europe. Les usines ont besoin de matières premières (coton, caoutchouc, huile de palme, arachide, minerais) et de débouchés, c'est-à-dire de marchés où vendre leurs produits. À partir de 1873, l'Europe traverse une période de difficultés économiques (souvent appelée « grande dépression ») : chaque pays se protège par des droits de douane et cherche des marchés réservés outre-mer. Les banques veulent aussi placer leurs capitaux (investir dans les chemins de fer, les mines, les ports). L'Anglais John Atkinson Hobson (1902), puis le révolutionnaire russe Lénine (dans un ouvrage écrit en 1916), ont expliqué l'impérialisme surtout par ces besoins du capitalisme.
b) Les causes politiques et stratégiques. Posséder un empire est un signe de puissance et de prestige. Après sa défaite contre la Prusse en 1870-1871, la France cherche une revanche morale en se taillant un grand empire. Le Royaume-Uni veut protéger la route des Indes (canal de Suez, ouvert en 1869). L'Allemagne et l'Italie, unifiées récemment, veulent elles aussi « leur place au soleil ». Les puissances s'emparent de ports, d'escales et de points stratégiques pour ne pas laisser la place aux rivaux.
c) Les causes démographiques. La population européenne augmente fortement au XIXe siècle. Des millions d'Européens émigrent. Certaines colonies servent de colonies de peuplement (Algérie, Afrique australe).
d) Les causes idéologiques et religieuses. Beaucoup d'Européens de l'époque se croient supérieurs et prétendent avoir une « mission civilisatrice » : apporter aux Africains leur religion, leur école, leur médecine. Ces idées reposent sur un racisme que l'on sait aujourd'hui sans fondement scientifique. En France, le dirigeant Jules Ferry a défendu la colonisation devant les députés en 1885 en mêlant arguments économiques, politiques et « civilisateurs ». Les missionnaires chrétiens partent aussi pour évangéliser.
e) Les causes scientifiques. Les sociétés de géographie financent des explorations (Livingstone, Stanley, Brazza…) pour connaître les fleuves et les ressources de l'intérieur. Les progrès techniques rendent la conquête possible : bateaux à vapeur pour remonter les fleuves, quinine contre le paludisme, armes à tir rapide.
- Matières premières pour les usines
- Marchés pour vendre
- Placement des capitaux
- Prestige et stratégie
- Coton, caoutchouc, arachide, minerais
- Consommateurs obligés d'acheter les produits européens
- Chemins de fer, ports, mines, plantations
- Ports, escales, territoires pris aux rivaux
Exemple
Question : « Classe les causes suivantes : besoin de caoutchouc ; revanche de la France après 1871 ; mission civilisatrice ; forte croissance de la population européenne. »
Réponse : Le besoin de caoutchouc est une cause économique (matière première pour l'industrie). La revanche de la France après 1871 est une cause politique (prestige et puissance). La mission civilisatrice est une cause idéologique (sentiment de supériorité des Européens). La croissance de la population européenne est une cause démographique (besoin de terres d'émigration).
3. Les étapes du partage de l'Afrique
a) La pénétration. Explorateurs, commerçants et missionnaires précèdent les soldats. Ils signent avec les chefs africains des traités souvent mal compris ou obtenus par la ruse : les chefs croient signer un accord d'amitié ou de commerce, alors que l'Européen y lit un protectorat.
b) La conférence de Berlin (novembre 1884 à février 1885). La rivalité entre puissances, en particulier autour du bassin du Congo, risque de provoquer des guerres entre Européens. Le chancelier allemand Bismarck réunit à Berlin les représentants des puissances européennes, auxquelles s'ajoutent les États-Unis et l'Empire ottoman. Aucun Africain n'y est invité. L'Acte général de Berlin (26 février 1885) fixe des règles :
- liberté du commerce dans le bassin du Congo et liberté de navigation sur le Congo et le Niger ;
- toute puissance qui prend possession d'une côte doit le notifier aux autres ;
- la prise de possession doit être effective : il faut une autorité réelle sur place, pas seulement un drapeau ;
- reconnaissance de l'État indépendant du Congo, propriété personnelle du roi des Belges Léopold II.
Contrairement à une idée répandue, la conférence n'a pas découpé toute l'Afrique sur une carte. Mais en exigeant une occupation effective, elle a déclenché une course au clocher : chaque puissance se précipite pour occuper l'intérieur avant les autres.
c) La conquête militaire (1885-1914 environ). Les puissances envoient des colonnes armées. Les frontières sont fixées par des accords entre Européens, souvent en ligne droite, sans tenir compte des peuples : une même ethnie peut se retrouver dans deux colonies différentes. Les rivalités créent parfois des crises, comme à Fachoda (Soudan, 1898) entre la France et le Royaume-Uni, réglée par la négociation.
- 1Explorations : Livingstone, Stanley, Brazza reconnaissent l'intérieur du continent
- 2Traités avec les chefs africains, souvent obtenus par la ruse
- 31884-1885 : conférence de Berlin, règles de la notification et de l'occupation effective
- 4Course au clocher : chaque puissance se hâte d'occuper l'intérieur
- 5Conquête militaire et traçage des frontières par les Européens
- 6Vers 1914 : seuls le Liberia et l'Éthiopie restent indépendants
d) Le résultat. Deux grands empires dominent : l'empire britannique (de l'Égypte à l'Afrique du Sud, la Gold Coast, le Nigeria, la Sierra Leone) et l'empire français (Afrique du Nord, Afrique-Occidentale française créée en 1895, Afrique-Équatoriale française, Madagascar). S'y ajoutent l'Allemagne (Togo, Cameroun, Sud-Ouest africain, Afrique orientale), le Portugal (Angola, Mozambique, Guinée portugaise), la Belgique (Congo), l'Italie (Libye, Érythrée, Somalie) et l'Espagne.
| Puissance | Exemples de possessions en Afrique vers 1914 |
|---|---|
| Royaume-Uni | Égypte, Nigeria, Gold Coast, Sierra Leone, Kenya, Afrique du Sud |
| France | Algérie, Tunisie, Maroc, AOF (dont la Guinée), AEF, Madagascar |
| Allemagne | Togo, Cameroun, Sud-Ouest africain, Afrique orientale allemande |
| Portugal | Angola, Mozambique, Guinée portugaise |
| Belgique | Congo belge (depuis 1908) |
| Italie | Libye, Érythrée, Somalie |
4. Les résistances africaines
Les Africains ne sont pas restés passifs. On distingue la résistance armée et les formes de résistance passive (refus de l'impôt, fuite des villages, refus du travail forcé).
En Guinée, la France s'installe d'abord sur la côte, dans la région appelée « Rivières du Sud ». La colonie de Guinée française est organisée au début des années 1890, puis intégrée à l'AOF. La conquête de l'intérieur se heurte à de fortes résistances :
- Samori Touré (vers 1830-1900) bâtit un vaste empire, le Wassoulou, avec une armée organisée, des ateliers qui fabriquent et réparent des fusils, et un réseau de ravitaillement. Il négocie d'abord avec la France (traités de 1886-1887), puis la combat pendant près de vingt ans en déplaçant son empire vers l'est et en pratiquant la terre brûlée. Il est capturé à Guélémou le 29 septembre 1898 et déporté au Gabon, où il meurt en 1900.
- Au Fouta-Djallon, l'almamy Bokar Biro est vaincu à Porédaka en 1896. Alpha Yaya Diallo, roi du Labé, tente de préserver son autorité, puis est arrêté par les Français en 1905 et déporté ; il meurt en exil.
Ailleurs en Afrique, citons El Hadj Omar Tall face aux Français au XIXe siècle, Béhanzin au Dahomey, les Zoulous contre les Britanniques (victoire d'Isandhlwana en 1879), ou encore l'Éthiopie de Ménélik II, qui écrase l'armée italienne à Adoua en 1896 et conserve son indépendance.
Pourquoi la plupart des résistances ont-elles échoué ? Supériorité de l'armement européen, divisions entre royaumes africains que les Européens exploitent, utilisation de soldats africains recrutés par les colonisateurs (les tirailleurs).
Exemple
Question : « Montre que Samori Touré est un grand résistant. »
Réponse rédigée : Samori Touré est l'un des plus grands résistants africains à la conquête coloniale. Il a d'abord construit un État puissant, le Wassoulou, avec une armée disciplinée et des forgerons capables de fabriquer et de réparer des fusils. Face aux Français, il a alterné la négociation (traités de 1886-1887) et la guerre, en déplaçant son empire vers l'est et en pratiquant la terre brûlée pour priver l'ennemi de ressources. Il a ainsi résisté près de vingt ans avant d'être capturé à Guélémou en 1898 et déporté au Gabon. Son courage fait de lui un héros national en Guinée.
5. Les conséquences de l'impérialisme en Afrique
- Politiques : perte de la souveraineté des États africains ; frontières artificielles, dont beaucoup existent encore aujourd'hui.
- Économiques : économie de traite tournée vers l'exportation de produits bruts (arachide, caoutchouc, puis minerais) ; routes, chemins de fer et ports construits pour évacuer ces produits vers la côte, comme le chemin de fer Conakry-Niger commencé au début du XXe siècle ; impôt de capitation et travail forcé.
- Sociales et culturelles : école et langue du colonisateur, christianisation, recul de certaines traditions ; mais aussi naissance d'une élite instruite qui réclamera plus tard l'indépendance.
C'est cette élite et ces peuples qui mèneront la lutte jusqu'à l'indépendance de la Guinée, proclamée le 2 octobre 1958.
Méthode
Pour analyser un document historique :
- Je présente le document : nature (texte, carte, discours), auteur, date, source.
- Je le replace dans son contexte : que se passe-t-il à cette date ?
- Je relève les idées principales en citant de courts passages.
- J'explique ces idées avec mes connaissances du cours.
- Je porte un regard critique : qui parle, dans quel but, qu'est-ce que le document ne dit pas ?
3Je retiens
Je retiens
Impérialisme : volonté d'une puissance d'étendre sa domination sur d'autres peuples ; la colonisation en est la forme la plus directe (occupation, exploitation, administration).
Causes : économiques (matières premières, débouchés, capitaux), politiques (prestige, stratégie), démographiques, idéologiques (« mission civilisatrice », racisme), scientifiques (explorations, quinine).
Conférence de Berlin (novembre 1884 à février 1885), réunie par Bismarck, sans Africains : notification et occupation effective, liberté de navigation sur le Congo et le Niger.
Course au clocher et conquête : vers 1914, seuls le Liberia et l'Éthiopie restent indépendants.
Résistances : Samori Touré (capturé à Guélémou le 29 septembre 1898), Bokar Biro (Porédaka, 1896), Alpha Yaya Diallo (arrêté en 1905), Ménélik II (Adoua, 1896).
Conséquences : frontières artificielles, économie de traite, travail forcé, nouvelle élite instruite.
4Erreurs fréquentes
- Confondre impérialisme et colonisation : l'impérialisme est la politique d'expansion en général ; la colonisation est l'occupation directe d'un territoire.
- Dire que la conférence de Berlin a « partagé l'Afrique sur une carte » : elle a fixé des règles (notification, occupation effective) qui ont accéléré la course au partage.
- Croire que les Africains ont accepté la domination sans réagir : les résistances armées et passives ont été nombreuses et parfois longues, comme celle de Samori Touré.
- Oublier l'Éthiopie et le Liberia : ce sont les deux seuls États africains restés indépendants vers 1914.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours)
a) Définis : impérialisme, colonie, protectorat, métropole.
b) Qui a réuni la conférence de Berlin, et à quelles dates s'est-elle tenue ?
c) Quels sont les deux États africains restés indépendants vers 1914 ?
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a) L'impérialisme est la volonté d'un État puissant d'étendre sa domination politique, économique, militaire ou culturelle sur d'autres peuples. Une colonie est un territoire occupé, administré et exploité par une puissance étrangère. Un protectorat est un territoire où le souverain local reste en place, mais où la puissance protectrice contrôle la politique extérieure, l'armée et l'économie. La métropole est le pays qui possède et dirige les colonies.
b) Le chancelier allemand Bismarck ; la conférence s'est tenue à Berlin de novembre 1884 à février 1885 (Acte général signé le 26 février 1885).
c) Le Liberia et l'Éthiopie.
2Exercice 2
(Classer) Classe chaque élément dans la bonne catégorie de causes (économique, politique, démographique, idéologique, scientifique) : recherche de débouchés ; émigration européenne ; exploration de Stanley ; « mission civilisatrice » ; protection de la route des Indes ; besoin d'arachide pour les huileries ; utilisation de la quinine.
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Économiques : recherche de débouchés ; besoin d'arachide pour les huileries. Politique : protection de la route des Indes. Démographique : émigration européenne. Idéologique : « mission civilisatrice ». Scientifiques : exploration de Stanley ; utilisation de la quinine.
3Exercice 3
(Vrai ou faux, avec justification)
a) La conférence de Berlin a invité les rois africains.
b) Selon l'Acte de Berlin, une puissance doit occuper réellement un territoire pour qu'il soit reconnu comme le sien.
c) Samori Touré n'a jamais négocié avec la France.
d) L'Éthiopie a battu l'Italie à Adoua en 1896.
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a) Faux : aucun Africain n'a été invité ; le sort du continent a été discuté par les Européens, les États-Unis et l'Empire ottoman.
b) Vrai : c'est le principe de l'occupation effective, qui a déclenché la course au clocher.
c) Faux : il a signé des traités avec la France en 1886-1887 avant de reprendre la guerre.
d) Vrai : Ménélik II a vaincu l'armée italienne à Adoua en 1896, ce qui a préservé l'indépendance de l'Éthiopie.
4Exercice 4
(Analyse de document) Lis ce texte, rédigé pour la leçon à partir des idées d'un partisan de la colonisation vers 1885 :
« Notre industrie produit plus que notre pays ne peut acheter : il nous faut des marchés lointains. Une grande nation doit aussi avoir des ports et des escales sur toutes les mers. Enfin, nous avons le devoir d'apporter notre civilisation aux peuples qui ne la connaissent pas. »
a) Présente le document (nature, époque).
b) Relève les trois types d'arguments utilisés et classe-les.
c) Porte un regard critique sur le troisième argument.
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a) C'est un texte argumentatif écrit dans l'esprit d'un partisan de la colonisation, vers 1885, c'est-à-dire au moment de la conférence de Berlin et du début de la course au partage de l'Afrique.
b) Premier argument, économique : l'industrie produit trop et a besoin de débouchés (« des marchés lointains »). Deuxième argument, politique et stratégique : une grande nation doit posséder « des ports et des escales ». Troisième argument, idéologique : le « devoir d'apporter notre civilisation ».
c) Ce troisième argument repose sur l'idée fausse que les peuples africains n'auraient pas de civilisation. Or l'Afrique possédait des États organisés, comme le Fouta-Djallon ou l'empire de Samori Touré, avec leurs lois, leurs écoles coraniques, leur artisanat et leur commerce. Cet argument servait surtout à justifier moralement une domination dont les vrais buts étaient économiques et politiques.
5Exercice 5
(Rédaction guidée) En une quinzaine de lignes, explique comment l'Afrique a été partagée entre les puissances européennes à la fin du XIXe siècle, puis montre que les Africains ont résisté, en prenant l'exemple de la Guinée. Plan conseillé : introduction ; 1. les causes ; 2. le partage ; 3. les résistances ; conclusion.
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Exemple de rédaction :
À la fin du XIXe siècle, les puissances européennes, transformées par la révolution industrielle, se lancent dans une politique d'expansion appelée impérialisme. En quelques décennies, elles se partagent presque toute l'Afrique.
Les causes sont multiples. Les usines ont besoin de matières premières et de débouchés, les banques veulent placer leurs capitaux ; les États recherchent la puissance et le prestige ; la population européenne augmente ; enfin, beaucoup d'Européens prétendent avoir une « mission civilisatrice ».
Pour éviter une guerre entre eux, les Européens se réunissent à Berlin en 1884-1885, sans aucun Africain. Ils décident qu'une puissance doit notifier ses prises de possession et occuper réellement les territoires. Commence alors une course au clocher : explorations, traités, puis conquête militaire. Vers 1914, seuls le Liberia et l'Éthiopie restent indépendants.
Les Africains résistent pourtant. En Guinée, Samori Touré combat les Français pendant près de vingt ans avant d'être capturé à Guélémou en 1898 ; au Fouta-Djallon, Bokar Biro est vaincu à Porédaka en 1896 et Alpha Yaya Diallo est arrêté en 1905.
Ainsi, l'impérialisme a imposé à l'Afrique une domination durable et des frontières artificielles, mais il n'a pas effacé l'esprit de résistance qui conduira la Guinée à l'indépendance le 2 octobre 1958.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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