Leçon 4 sur 31
Les mouvements migratoires et leurs conséquences
Je sais expliquer pourquoi les gens migrent et analyser les conséquences positives et négatives des migrations pour les régions de départ, les régions d'arrivée et les migrants eux-mêmes.
- 50 min
- 5 exercices corrigés
- 1 schéma
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Distinguer facteurs de répulsion et facteurs d'attraction
- Expliquer les causes des migrations en Afrique et en Guinée
- Analyser les conséquences des migrations pour les régions de départ
- Analyser les conséquences pour les régions d'arrivée
- Proposer des solutions aux problèmes migratoires
Avant de commencer : La leçon « Les mouvements de la population mondiale » (vocabulaire et classement des migrations).
1Je découvre
À Mamou, la famille de Kadiatou attend avec impatience les appels de son oncle Ibrahima, parti travailler à l'étranger il y a six ans. Grâce à l'argent qu'il envoie chaque mois, la famille a pu couvrir la maison de tôles, payer la scolarité des enfants et acheter un moulin à grains qui sert à tout le quartier.
Mais la grand-mère soupire : dans le village, il ne reste presque plus de jeunes hommes. Les champs les plus éloignés ne sont plus cultivés, et ce sont les femmes et les anciens qui font tout le travail. Et chacun se souvient avec tristesse d'un garçon du village parti sur la route du désert, dont on n'a plus jamais eu de nouvelles.
Pendant ce temps, à Conakry, le quartier où vit la tante de Kadiatou s'agrandit chaque année : de nouvelles maisons poussent sans plan, l'eau manque, les embouteillages s'allongent.
Kadiatou comprend que le départ des uns et l'arrivée des autres transforment profondément les lieux et les familles.
Pourquoi les hommes migrent-ils, et quelles sont les conséquences de ces migrations pour les régions de départ, les régions d'arrivée et les migrants eux-mêmes ?
2Je comprends
1. Pourquoi migre-t-on ? Répulsion et attraction
Toute migration résulte de la rencontre de deux types de facteurs :
- les facteurs de répulsion (ou facteurs de départ) : ce qui pousse à quitter son lieu de vie ;
- les facteurs d'attraction : ce qui attire vers le lieu d'arrivée.
- Pauvreté, manque d'emplois
- Terres épuisées ou insuffisantes
- Sécheresse, désertification
- Guerres, insécurité, persécutions
- Manque d'écoles, d'hôpitaux
- Emplois, salaires plus élevés
- Terres disponibles, mines, plantations
- Climat et ressources plus favorables
- Paix, sécurité, protection
- Universités, services de santé
Les causes économiques sont les plus fréquentes. Dans les campagnes africaines, les revenus agricoles sont faibles, le travail est saisonnier et les jeunes manquent d'emplois. Les villes, les zones minières (bauxite à Boké et Kamsar, or en Haute-Guinée) et les pays plus riches offrent des possibilités de gagner de l'argent.
Les causes politiques provoquent des migrations forcées. Dans les années 1990, les guerres au Liberia et en Sierra Leone ont poussé de très nombreux réfugiés vers la Guinée forestière.
Les causes naturelles jouent aussi : les sécheresses au Sahel, la dégradation des sols ou les inondations obligent des familles à partir.
Les causes sociales et culturelles : poursuivre des études, rejoindre sa famille, se marier. Le départ peut aussi être une tradition et une source de prestige : celui qui revient de l'aventure avec de l'argent est respecté.
2. Les conséquences pour les régions de départ
Conséquences positives :
- les transferts d'argent des migrants (on dit aussi « envois de fonds ») font vivre de nombreuses familles : nourriture, scolarité, soins, construction de maisons, petits commerces ;
- les migrants financent parfois des équipements collectifs : mosquées, écoles, puits, centres de santé ;
- le départ de certains jeunes réduit la pression sur les terres et sur l'emploi local ;
- au retour, les migrants rapportent des savoir-faire et des idées nouvelles.
Conséquences négatives :
- le départ des bras valides (jeunes hommes surtout) : les champs sont moins bien entretenus, la production agricole baisse ;
- le vieillissement et la féminisation des villages : restent surtout les enfants, les femmes et les personnes âgées ;
- la fuite des cerveaux : des médecins, des ingénieurs, des enseignants formés au pays partent travailler à l'étranger ; le pays perd l'investissement de leur formation ;
- la dépendance de certaines familles à l'argent envoyé de l'extérieur ;
- la séparation des familles et les drames humains.
3. Les conséquences pour les régions d'arrivée
Conséquences positives :
- une main-d'œuvre abondante, souvent jeune, pour les mines, les plantations, le bâtiment, les services ;
- le dynamisme des villes et du commerce ;
- l'enrichissement culturel : langues, cuisines, musiques se mélangent ;
- dans les pays vieillissants d'Europe, les immigrés compensent en partie le manque de travailleurs.
Conséquences négatives :
- une croissance urbaine trop rapide : les villes ne peuvent pas fournir à temps logements, eau, électricité, écoles et transports. Il se forme des quartiers spontanés (bidonvilles) sans plan d'urbanisme ;
- le chômage et le sous-emploi : il y a plus de demandeurs que d'emplois ; beaucoup travaillent dans le secteur informel ;
- la pression sur l'environnement : autour des camps de réfugiés ou des sites miniers, forêts coupées pour le bois et les champs ;
- des tensions sociales, parfois de la xénophobie (rejet des étrangers).
Exemple
Question : « Montre les conséquences de l'exode rural sur la ville de Conakry. »
Réponse : L'exode rural a fait grandir Conakry très rapidement. Positivement, il apporte à la capitale une main-d'œuvre nombreuse pour le port, le commerce, le bâtiment et les services, et il fait de Conakry une ville dynamique où se rencontrent toutes les régions du pays. Négativement, cette croissance rapide dépasse les capacités de la ville : sur une presqu'île étroite, des quartiers se construisent sans plan, l'eau courante et l'électricité manquent dans certaines zones, les embouteillages s'aggravent, les déchets s'accumulent et beaucoup de nouveaux arrivants ne trouvent qu'un travail informel.
4. Les conséquences pour les migrants eux-mêmes
Pour le migrant, la migration peut être une réussite : un emploi, un revenu, des études, une vie meilleure pour ses enfants. Mais elle comporte des risques :
- les routes clandestines : la traversée du Sahara et de la Méditerranée fait chaque année de nombreuses victimes ; les migrants sont exposés aux passeurs, à la violence, à l'exploitation ;
- la situation irrégulière : sans papiers, le migrant vit dans la peur, accepte des emplois pénibles et mal payés ;
- l'isolement, le déracinement, les difficultés d'intégration.
Exemple
Tableau de synthèse (exemple d'un village du Fouta-Djallon dont beaucoup de jeunes sont partis) :
Pour le village : + argent envoyé, nouvelles maisons, moulin, école ; − manque de bras pour les champs, village vieilli.
Pour la ville ou le pays d'accueil : + main-d'œuvre jeune ; − pression sur les logements et l'emploi.
Pour le jeune migrant : + revenu, expérience ; − dangers du voyage, séparation, emploi souvent précaire.
Conclusion : les conséquences sont à la fois positives et négatives, et elles ne touchent pas tout le monde de la même façon.
5. Quelles solutions ?
Les États et les organisations internationales cherchent à mieux gérer les migrations :
- fixer les jeunes dans leur région : développer l'agriculture, créer des emplois ruraux, électrifier les villages, rapprocher écoles et centres de santé ;
- aménager les villes : plans d'urbanisme, logements, adduction d'eau, transports ;
- encourager des migrations légales et sûres : accords entre États, libre circulation dans la CEDEAO ;
- informer les jeunes sur les dangers des routes clandestines ;
- mobiliser la diaspora pour investir dans des projets productifs au pays.
Méthode
Pour rédiger une réponse sur les conséquences des migrations :
- Je précise de quelle migration il s'agit (qui, d'où, vers où).
- Je sépare trois acteurs : région de départ, région d'arrivée, migrant.
- Pour chacun, je donne les conséquences positives puis négatives, avec un exemple.
- Je nuance : les effets dépendent du nombre de migrants et de la manière dont la migration est organisée.
- Je termine par une ou deux solutions.
3Je retiens
Je retiens
Toute migration résulte de facteurs de répulsion (pauvreté, chômage, guerre, sécheresse) et de facteurs d'attraction (emploi, sécurité, services).
Régions de départ : + transferts d'argent, équipements, savoir-faire ; − départ des bras valides, vieillissement, fuite des cerveaux.
Régions d'arrivée : + main-d'œuvre, dynamisme, brassage culturel ; − croissance urbaine anarchique, quartiers spontanés, chômage, tensions.
Migrants : espoir d'une vie meilleure, mais dangers des routes clandestines et précarité.
Solutions : développer les campagnes, aménager les villes, organiser des migrations légales (libre circulation CEDEAO), informer les jeunes.
4Erreurs fréquentes
- Ne voir que les conséquences négatives : les migrations ont aussi des effets positifs (transferts d'argent, main-d'œuvre, échanges culturels).
- Mélanger région de départ et région d'arrivée : il faut toujours préciser pour qui la conséquence est positive ou négative.
- Confondre causes et conséquences : la pauvreté est une cause de départ ; les transferts d'argent sont une conséquence.
- Donner des chiffres au hasard : si l'on ne connaît pas la source, on décrit le phénomène sans chiffre.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours)
a) Qu'appelle-t-on facteurs de répulsion et facteurs d'attraction ? Donne deux exemples de chacun.
b) Qu'est-ce que la fuite des cerveaux ?
c) Qu'est-ce qu'un quartier spontané ?
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a) Les facteurs de répulsion sont les raisons qui poussent à quitter son lieu de vie : pauvreté, chômage, guerre, sécheresse. Les facteurs d'attraction sont les raisons qui attirent vers un autre lieu : emplois, salaires plus élevés, sécurité, écoles et hôpitaux.
b) La fuite des cerveaux est le départ à l'étranger de personnes très qualifiées (médecins, ingénieurs, chercheurs, enseignants) formées dans leur pays, qui perd ainsi leurs compétences.
c) Un quartier spontané est un quartier construit sans plan d'urbanisme ni autorisation, souvent sans eau courante, sans électricité régulière et sans voirie, par des populations nouvellement arrivées en ville.
2Exercice 2
(Classer) Classe chaque conséquence dans un tableau (région de départ / région d'arrivée ; positive / négative) : construction d'une école grâce à la diaspora ; embouteillages en ville ; champs abandonnés ; main-d'œuvre pour les mines ; départ de médecins ; brassage culturel.
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| Positive | Négative | |
|---|---|---|
| Région de départ | construction d'une école grâce à la diaspora | champs abandonnés ; départ de médecins |
| Région d'arrivée | main-d'œuvre pour les mines ; brassage culturel | embouteillages en ville |
3Exercice 3
(Analyse de document) Lis ce texte (texte d'étude écrit pour l'exercice) :
« Dans le village, sur dix jeunes hommes, sept sont partis. L'argent qu'ils envoient a permis de construire un forage et de payer les fournitures des écoliers. Mais les rizières des bas-fonds ne sont plus toutes repiquées, et le village achète désormais du riz au marché. »
a) Relève deux conséquences positives et deux conséquences négatives.
b) Explique pourquoi le village achète désormais du riz.
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a) Positives : la construction d'un forage ; le paiement des fournitures des écoliers. Négatives : le départ de sept jeunes hommes sur dix ; les rizières des bas-fonds qui ne sont plus toutes repiquées.
b) Le repiquage du riz demande beaucoup de travail. Faute de bras, une partie des rizières reste inexploitée ; la production baisse et ne suffit plus à nourrir le village, qui doit acheter du riz avec l'argent des migrants. Le village devient dépendant de ces transferts et du marché.
4Exercice 4
(Réflexion) Pourquoi l'arrivée de nombreux réfugiés peut-elle avoir des conséquences sur l'environnement de la région d'accueil ?
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Les réfugiés arrivent nombreux dans une région qui n'était pas préparée à les accueillir. Pour se loger, cuisiner et se nourrir, ils ont besoin de bois de chauffe, de matériaux de construction et de terres à cultiver. Les forêts autour des camps sont donc coupées, les sols s'appauvrissent et les points d'eau sont très sollicités. C'est ce qui s'est produit en Guinée forestière dans les années 1990.
5Exercice 5
(Rédaction guidée) En une quinzaine de lignes, montre que l'exode rural a des conséquences à la fois sur les campagnes et sur les villes guinéennes, puis propose deux solutions. Plan : introduction ; 1. conséquences sur les campagnes ; 2. conséquences sur les villes ; 3. solutions ; conclusion.
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Exemple de rédaction :
L'exode rural, c'est-à-dire le départ des habitants des campagnes vers les villes, transforme profondément la Guinée.
Dans les campagnes, il a des effets positifs : les migrants envoient de l'argent qui sert à nourrir les familles, à payer l'école, à construire des maisons ou des forages. Mais le départ des jeunes prive les villages de bras : des champs et des rizières sont abandonnés, la production baisse, et les villages vieillissent.
Dans les villes, surtout à Conakry, l'arrivée des ruraux apporte une main-d'œuvre abondante et du dynamisme au commerce. Mais la croissance est trop rapide : des quartiers spontanés se développent, l'eau et l'électricité manquent, les transports sont saturés et beaucoup de nouveaux citadins ne trouvent qu'un emploi informel.
Pour limiter ces problèmes, l'État peut développer les campagnes (aménagement des bas-fonds, pistes rurales, électrification, écoles et centres de santé) afin de fixer les jeunes, et aménager les villes grâce à des plans d'urbanisme et à des services de base.
Ainsi, l'exode rural est à la fois une chance et un défi, qu'il faut mieux organiser.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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