Leçon 12 sur 31
Les activités agricoles dans les pays sous-développés
Je sais présenter les grands types d'agriculture des pays sous-développés, leurs caractéristiques et leurs problèmes, et calculer un rendement agricole.
- 50 min
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Définir agriculture vivrière, agriculture commerciale, agriculture extensive et intensive
- Décrire les caractéristiques de l'agriculture des pays sous-développés
- Calculer et comparer des rendements
- Expliquer les problèmes de cette agriculture
- Présenter les solutions pour la moderniser
Avant de commencer : Les leçons sur le développement et le sous-développement.
1Je découvre
Pendant les grandes vacances, Sékou aide son oncle Lansana dans son champ près de Kouroussa. Tout se fait à la main : on défriche au coupe-coupe, on laboure à la daba, on sème après les premières pluies de juin, et tout le monde prie pour que les pluies ne s'arrêtent pas trop tôt. Le riz et le maïs serviront à nourrir la famille toute l'année ; seule une petite partie sera vendue au marché. À côté, un voisin a planté des anacardiers dont il vend toute la récolte à des commerçants qui l'exportent.
Sékou remarque que la récolte de son oncle est modeste : pour un hectare, beaucoup moins que ce qu'il a vu dans un documentaire sur une rizière d'Asie ou un champ d'Europe. Pourtant, son oncle travaille dur du lever au coucher du soleil.
Il se demande pourquoi l'agriculture occupe tant de monde dans son pays et produit si peu, et quels types d'agriculture on trouve dans les pays en développement.
Quelles sont les formes et les caractéristiques de l'agriculture dans les pays sous-développés, et quels sont ses problèmes ?
2Je comprends
1. Une activité essentielle
Dans les pays sous-développés, et surtout en Afrique subsaharienne, l'agriculture est l'activité principale :
- elle occupe une grande partie de la population active, surtout dans les campagnes ;
- elle fournit l'essentiel de la nourriture ;
- elle procure des produits d'exportation (café, cacao, coton, arachide, anacarde, hévéa, huile de palme…) qui rapportent des devises.
En Guinée, les principales cultures vivrières sont le riz (aliment de base), le fonio, le maïs, le manioc, l'arachide, le mil et le sorgho, la patate douce, les légumes. Les cultures commerciales comprennent notamment le café et le palmier à huile en Guinée forestière, l'anacarde, le coton en Haute-Guinée, les fruits (banane, ananas, mangue, agrumes) en Basse et en Moyenne-Guinée.
2. Les grandes distinctions
Selon la destination des produits :
- l'agriculture vivrière (ou de subsistance) produit d'abord pour nourrir la famille ; seuls les surplus sont vendus ;
- l'agriculture commerciale (ou spéculative, ou de rente) produit pour la vente, souvent pour l'exportation.
Selon l'intensité du travail et des moyens :
- l'agriculture extensive utilise de grandes surfaces avec peu de travail et de moyens par hectare ; les rendements sont faibles ; elle pratique souvent la jachère et le brûlis ;
- l'agriculture intensive exploite des surfaces réduites avec beaucoup de travail, de fumure, d'irrigation ou de techniques par hectare ; les rendements sont élevés.
Le rendement est la quantité produite par unité de surface :
rendement = productionsuperficie cultivée
On l'exprime souvent en tonnes par hectare (t/ha) ou en quintaux par hectare (q/ha) ; 1 t = 10 q et 1 ha = 10 000 m².
Exemple
Un paysan récolte 1 200 kg de riz pluvial sur 1,5 ha. Un riziculteur de bas-fond aménagé récolte 3 000 kg sur 0,75 ha. (Données d'exercice.)
Rendement du premier : 1 200 ÷ 1,5 = 800 kg/ha, soit 0,8 t/ha ou 8 q/ha.
Rendement du second : 3 000 ÷ 0,75 = 4 000 kg/ha, soit 4 t/ha ou 40 q/ha.
Le second obtient un rendement cinq fois supérieur (4 000 ÷ 800 = 5) sur une surface deux fois plus petite : grâce à la maîtrise de l'eau et à un travail plus soigné, son agriculture est plus intensive.
3. Les grands types d'agriculture des pays sous-développés
- Extensive traditionnelle
- Intensive traditionnelle
- Spéculative de plantation
- Spéculative paysanne
- brûlis, jachère, grandes surfaces, faibles rendements (savanes, forêt)
- petites surfaces, fumure, irrigation ou aménagements, forte densité (Sérère, Baga, Asie des moussons)
- grandes exploitations modernes, une seule culture pour l'export (hévéa, palmier, banane)
- petits planteurs qui cultivent café, cacao, anacarde ou coton pour la vente
Ces différentes formes coexistent souvent dans une même région : un paysan de Guinée forestière peut cultiver du riz de coteau sur brûlis pour sa famille et entretenir une plantation de café pour la vente.
4. Les caractéristiques communes de l'agriculture traditionnelle
- des petites exploitations familiales, souvent de quelques hectares ;
- des outils manuels : daba (houe), coupe-coupe, hache, faucille ; la culture attelée (bœufs) et le tracteur restent rares ;
- une dépendance forte à la pluie : peu d'irrigation, calendrier réglé par la saison des pluies ;
- peu d'engrais et de semences améliorées ;
- des rendements faibles ;
- des régimes fonciers coutumiers : la terre appartient souvent à la communauté ou au lignage ; le chef de terre l'attribue aux familles ;
- un travail collectif et une forte participation des femmes, notamment pour les cultures vivrières, le maraîchage et la transformation des produits.
5. Les problèmes de l'agriculture des pays sous-développés
Des problèmes naturels :
- irrégularité des pluies, sécheresses, inondations ;
- sols fragiles, lessivés par les pluies ou exposés à l'érosion ;
- ravageurs (criquets, oiseaux granivores) et maladies des plantes.
Des problèmes humains et économiques :
- faiblesse des moyens techniques et financiers, difficulté d'accès au crédit ;
- mauvais état des pistes rurales : les produits ont du mal à atteindre les marchés et une partie se perd après la récolte ;
- exode rural : départ des jeunes vers les villes et les mines ;
- concurrence des produits importés (riz, farine) ;
- dépendance des cultures d'exportation aux prix mondiaux ;
- conflits fonciers entre agriculteurs et éleveurs, ou entre familles.
Des conséquences :
- une production insuffisante, qui oblige à importer une partie de la nourriture ;
- l'insécurité alimentaire dans certaines régions pendant la soudure (la période avant la nouvelle récolte, où les greniers sont vides) ;
- la pauvreté rurale.
- 1Outils manuels, peu d'engrais, dépendance à la pluie
- 2Rendements faibles
- 3Revenus paysans faibles et production insuffisante
- 4Importations de nourriture et exode rural des jeunes
- 5Moins de bras et d'investissements dans les campagnes
6. Les solutions pour moderniser l'agriculture
- Maîtriser l'eau : aménagement des bas-fonds et des plaines inondables, petits barrages, irrigation ;
- diffuser les semences améliorées, les engrais, les techniques de lutte contre l'érosion ;
- développer la culture attelée et la mécanisation adaptée ;
- former les paysans (vulgarisation agricole), organiser des coopératives et des groupements de producteurs ;
- améliorer les pistes rurales, le stockage et la transformation des produits ;
- faciliter l'accès au crédit agricole ;
- sécuriser les droits sur la terre.
En Asie, la révolution verte, lancée dans les années 1960, a montré qu'avec des variétés à haut rendement, l'irrigation et les engrais, on pouvait fortement augmenter la production de riz et de blé ; elle a aussi eu des limites (endettement de petits paysans, pollution des sols et des eaux).
Méthode
Pour décrire un type d'agriculture dans un devoir :
- Je le localise (région, pays, milieu naturel).
- Je précise la destination (vivrière ou commerciale) et l'intensité (extensive ou intensive).
- Je décris les techniques, les outils, les cultures, le calendrier.
- Je donne les rendements (faibles ou élevés) et j'explique pourquoi.
- Je présente les problèmes et les solutions.
3Je retiens
Je retiens
Dans les pays sous-développés, l'agriculture occupe beaucoup d'actifs, nourrit la population et fournit des produits d'exportation.
Agriculture vivrière : pour nourrir la famille ; agriculture commerciale (spéculative, de rente) : pour la vente.
Agriculture extensive : grandes surfaces, peu de moyens, faibles rendements ; agriculture intensive : petites surfaces, beaucoup de travail et de soins, rendements élevés.
Rendement = production ÷ superficie (t/ha ou q/ha ; 1 t = 10 q).
Caractéristiques : petites exploitations, outils manuels, dépendance à la pluie, régimes fonciers coutumiers, rôle important des femmes.
Problèmes : aléas climatiques, sols fragiles, faibles moyens, pistes insuffisantes, exode rural, concurrence des importations.
Solutions : maîtrise de l'eau, semences et engrais, formation, coopératives, pistes, crédit.
4Erreurs fréquentes
- Confondre agriculture extensive et agriculture traditionnelle : il existe aussi des agricultures traditionnelles intensives (Sérère, Baga, Asie des moussons).
- Confondre production et rendement : la production est une quantité totale, le rendement une quantité par hectare.
- Oublier les conversions : 1 t = 10 q = 1 000 kg ; 1 ha = 10 000 m².
- Croire que les paysans travaillent peu : leur travail est très dur, mais leurs moyens techniques limitent leurs rendements.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours) Définis : agriculture vivrière, agriculture spéculative, agriculture extensive, agriculture intensive, rendement, soudure.
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L'agriculture vivrière produit d'abord pour nourrir la famille du paysan. L'agriculture spéculative produit pour la vente, souvent pour l'exportation. L'agriculture extensive utilise de grandes surfaces avec peu de travail et de moyens par hectare et obtient des rendements faibles. L'agriculture intensive exploite des surfaces réduites avec beaucoup de travail, de soins et de moyens, et obtient des rendements élevés. Le rendement est la production obtenue par unité de surface. La soudure est la période qui précède la nouvelle récolte, quand les réserves de l'année précédente sont épuisées.
2Exercice 2
(Calcul) Une coopérative de Haute-Guinée récolte 24 t de maïs sur 16 ha. (Données d'exercice.)
a) Calcule le rendement en t/ha puis en q/ha.
b) Après l'utilisation de semences améliorées, le rendement atteint 2,5 t/ha. Quelle production obtiendrait-elle sur les mêmes 16 ha ? De combien de pour cent la production augmenterait-elle ?
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a) Rendement = 24 ÷ 16 = 1,5 t/ha, soit 15 q/ha.
b) Production = 2,5 × 16 = 40 t. Augmentation : 40 − 24 = 16 t, soit 16 ÷ 24 × 100 ≈ 66,7 % de plus.
3Exercice 3
(Classer) Classe en cultures vivrières ou commerciales, en pensant à la Guinée : fonio, café, manioc, anacarde, riz, hévéa.
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Cultures vivrières : fonio, manioc, riz. Cultures commerciales : café, anacarde, hévéa. (Le riz et le manioc sont aussi vendus sur les marchés, mais ils servent d'abord à l'alimentation.)
4Exercice 4
(Réflexion) Explique pourquoi l'état des pistes rurales influe sur les revenus des paysans.
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Quand les pistes sont en mauvais état, surtout pendant la saison des pluies, les commerçants viennent rarement dans les villages ou paient les produits moins cher à cause du coût du transport. Une partie de la récolte pourrit faute de pouvoir être évacuée. À l'inverse, les produits que les paysans achètent (engrais, outils, savon) coûtent plus cher. Des pistes en bon état permettent donc de vendre plus et mieux, et augmentent les revenus.
5Exercice 5
(Rédaction guidée) En une quinzaine de lignes, présente les caractéristiques et les problèmes de l'agriculture traditionnelle en Guinée, puis propose des solutions. Plan : introduction ; 1. caractéristiques ; 2. problèmes ; 3. solutions ; conclusion.
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Exemple de rédaction :
En Guinée, l'agriculture fait vivre une grande partie de la population, mais elle reste en majorité traditionnelle.
Elle se pratique dans de petites exploitations familiales, avec des outils manuels comme la daba et le coupe-coupe. Elle dépend des pluies, utilise peu d'engrais et de semences améliorées, et produit surtout des cultures vivrières : riz, fonio, maïs, manioc, arachide. Les rendements sont faibles.
Cette agriculture rencontre de nombreux problèmes : irrégularité des pluies, sols fragiles, ravageurs, pistes en mauvais état, manque de crédit, départ des jeunes vers les villes et les mines, concurrence du riz importé. Certaines régions connaissent des difficultés pendant la soudure.
Pour la moderniser, on peut aménager les bas-fonds et les plaines pour maîtriser l'eau, diffuser les semences améliorées et les engrais, former les paysans, créer des coopératives, améliorer les pistes et le stockage, et faciliter le crédit agricole.
Ainsi, la modernisation de l'agriculture est une condition essentielle de la sécurité alimentaire et du développement de la Guinée.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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