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Géographie · 12e SM

Leçon 17 sur 31

La riziculture en Asie des moussons

Je sais expliquer comment les paysans d'Asie des moussons cultivent le riz de façon intensive et pourquoi cette agriculture nourrit des populations très denses.

  • 45 min
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Localiser l'Asie des moussons et expliquer le rôle de la mousson
  • Décrire les techniques de la riziculture irriguée (pépinière, repiquage, casiers, terrasses)
  • Expliquer pourquoi cette agriculture est intensive et quels sont ses problèmes
  • Comparer la riziculture asiatique avec la riziculture baga de Guinée

Avant de commencer : Les leçons sur l'agriculture traditionnelle intensive et sur la riziculture en pays baga ; notions de climat tropical (saison sèche, saison des pluies).

1Je découvre

À Boffa, en Basse-Guinée, Ibrahima aide son oncle à repiquer le riz dans les champs gagnés sur la mangrove. Les pieds dans l'eau, ils plantent un à un les jeunes plants sortis de la pépinière. Le soir, Ibrahima regarde un reportage à la télévision : au Viêt Nam, des centaines de paysans font exactement le même geste, courbés dans des rizières qui s'étendent à perte de vue, jusque sur les flancs des collines taillés en marches d'escalier.

Ibrahima s'étonne : « Là-bas, sur une toute petite surface, ils nourrissent énormément de monde. Comment font-ils pour récolter deux fois par an sur le même champ, alors que chez nous beaucoup de rizières ne donnent qu'une récolte ? »

Son oncle lui répond que le secret tient à trois choses : l'eau apportée par la mousson, un travail acharné et des techniques transmises depuis des siècles.

Comment fonctionne la riziculture en Asie des moussons, et pourquoi permet-elle de nourrir des populations aussi nombreuses ?

2Je comprends

1. L'Asie des moussons : un milieu favorable au riz

L'Asie des moussons désigne la partie sud et est de l'Asie : l'Inde, le Bangladesh, la péninsule indochinoise (Viêt Nam, Cambodge, Laos, Thaïlande, Myanmar), le sud de la Chine, l'Indonésie, les Philippines et une partie du Japon.

La mousson est un vent saisonnier qui change de direction selon la saison :

  • en été, la mousson d'été souffle de l'océan vers le continent ; chargée d'humidité, elle apporte des pluies abondantes ;
  • en hiver, la mousson d'hiver souffle du continent vers l'océan ; elle est sèche.
Mousson d'été
  • Souffle de l'océan vers le continent
  • Vent humide, fortes pluies
  • Saison de la grande culture du riz
Mousson d'hiver
  • Souffle du continent vers l'océan
  • Vent sec, peu ou pas de pluie
  • Culture possible seulement avec irrigation
La mousson rythme le calendrier agricole de l'Asie du Sud et de l'Est.

Ce climat chaud et très arrosé en été convient parfaitement au riz, une plante qui a besoin de chaleur et de beaucoup d'eau. Les grands deltas (fleuve Rouge au nord du Viêt Nam, Mékong au sud, Gange et Brahmapoutre au Bangladesh) et les plaines alluviales offrent des sols fertiles, plats et faciles à inonder. On parle souvent d'une véritable civilisation du riz : le riz est la base de l'alimentation, du calendrier des fêtes et de l'organisation des villages.

Aujourd'hui encore, l'Asie fournit environ 90 % de la production mondiale de riz ; la Chine et l'Inde en sont les deux premiers producteurs.

2. Les techniques de la riziculture irriguée

La riziculture asiatique traditionnelle est une riziculture irriguée (ou inondée) : le champ reste couvert d'une mince couche d'eau pendant la croissance du riz.

Aménager la rizière. Le paysan divise son champ en casiers, petites parcelles planes entourées de diguettes (petits murets de terre) qui retiennent l'eau. Un réseau de canaux amène l'eau du fleuve et l'évacue. Sur les pentes des collines, on construit des rizières en terrasses, véritables escaliers de casiers, comme à Bali (Indonésie) ou aux Philippines.

Préparer le sol. Le sol est labouré et hersé, souvent avec l'aide du buffle, puis transformé en boue.

La pépinière et le repiquage. Le riz est d'abord semé très serré dans une pépinière. Au bout de quelques semaines, les jeunes plants sont arrachés et repiqués à la main, un à un, en lignes régulières, dans les casiers inondés. Le repiquage fait gagner du temps : pendant que les plants poussent en pépinière, la rizière porte encore la récolte précédente ou est en préparation.

Entretien et récolte. On désherbe, on règle le niveau de l'eau, on fertilise avec les fumiers et les déchets du village. Puis on récolte à la faucille, on bat et on sèche le grain.

  1. 1Aménager les casiers, les diguettes et les canaux d'irrigation
  2. 2Labourer et herser le sol inondé, souvent avec un buffle
  3. 3Semer le riz très serré dans une pépinière
  4. 4Repiquer à la main les jeunes plants dans les casiers inondés
  5. 5Désherber et surveiller le niveau de l'eau
  6. 6Récolter à la faucille, battre et sécher le grain
Le cycle de travail d'une rizière irriguée d'Asie des moussons.

3. Une agriculture intensive

Une agriculture est intensive quand elle tire le maximum de production d'une petite surface. C'est le cas de la riziculture asiatique :

  • forte main-d'œuvre : toute la famille travaille, et l'entraide entre voisins est nécessaire au moment du repiquage et de la récolte ;
  • plusieurs récoltes par an sur le même champ (souvent deux, parfois trois dans les régions les plus chaudes et bien irriguées), grâce à la maîtrise de l'eau ;
  • aucune jachère : la terre ne se repose jamais ; la fertilité est entretenue par le limon des crues et les engrais organiques ;
  • cultures associées : en saison sèche, on cultive des légumes, du maïs ou de la patate douce ; on élève des canards et parfois des poissons dans les rizières.

Les rendements à l'hectare sont élevés pour une agriculture traditionnelle, mais la productivité par travailleur reste faible, car tout se fait à la main.

Cette agriculture permet de nourrir des densités de population très fortes : dans certaines parties des deltas, on dépasse 1 000 habitants par km².

Exemple

Question : « Montre que la riziculture d'Asie des moussons est une agriculture intensive. »

Réponse rédigée : La riziculture d'Asie des moussons est intensive parce qu'elle tire le maximum d'une petite surface. D'abord, elle mobilise une main-d'œuvre nombreuse : toute la famille repique, désherbe et récolte à la main. Ensuite, grâce aux casiers, aux diguettes et aux canaux, le paysan maîtrise l'eau et obtient souvent deux récoltes par an, sans jachère. Enfin, la fertilité est entretenue par le limon et les engrais organiques. Ainsi, les rendements à l'hectare sont élevés et permettent de nourrir des populations très denses.

4. Les problèmes et les transformations

La riziculture asiatique traditionnelle connaît plusieurs difficultés :

  • les exploitations sont minuscules et morcelées, car la terre est partagée entre de nombreux héritiers ;
  • les aléas climatiques : une mousson en retard ou trop faible provoque la sécheresse, une mousson trop forte provoque des inondations catastrophiques (au Bangladesh par exemple) ;
  • la pauvreté de nombreux paysans, souvent endettés ou sans terre ;
  • la forte croissance démographique, qui exige toujours plus de riz.

Pour y répondre, beaucoup de pays ont lancé à partir des années 1960 la révolution verte : diffusion de variétés de riz à haut rendement (comme la variété IR8, mise au point en 1966 par l'Institut international de recherche sur le riz, aux Philippines), engrais chimiques, pesticides, pompes et motoculteurs. La production a fortement augmenté, et des pays comme l'Inde ont réduit les famines. Mais la révolution verte a aussi creusé les inégalités (les paysans pauvres ne pouvaient pas acheter engrais et semences), pollué les eaux et appauvri la diversité des variétés.

5. Comparaison avec la riziculture guinéenne

La Guinée cultive aussi le riz, aliment de base de sa population. En Basse-Guinée, les Baga et d'autres peuples pratiquent une riziculture de mangrove, avec diguettes et billons, qui ressemble par certains aspects à celle d'Asie. Mais la Guinée pratique aussi beaucoup de riz pluvial (sur les coteaux, sans irrigation) et de riz de bas-fonds, avec une seule récolte par an et des rendements plus faibles. La maîtrise de l'eau, les aménagements hydro-agricoles et les semences améliorées sont donc des enjeux majeurs pour réduire les importations de riz du pays.

Point de comparaisonAsie des moussonsGuinée (riz de mangrove baga)
EauMousson et irrigation par canauxPluies et eau douce retenue par des diguettes
TechniquePépinière, repiquage, casiersPépinière, repiquage, billons
Récoltes par anSouvent deux, parfois troisEn général une
Outil et tractionCharrue et buffle, puis motoculteurPelle traditionnelle à long manche et travail manuel

Exemple

Question : « Donne deux ressemblances et deux différences entre la riziculture baga et celle du delta du fleuve Rouge. »

Réponse : Ressemblances : les deux sont des riz inondés, et les deux utilisent la pépinière et le repiquage. Différences : dans le delta du fleuve Rouge, un réseau de canaux permet souvent deux récoltes par an, alors que la rizière baga en donne en général une ; en Asie, on utilise la traction animale (buffle), alors que le paysan baga travaille surtout à la main avec sa pelle.

Méthode

Pour décrire un système agricole dans une réponse de géographie :

  1. Je localise (pays, région, milieu naturel : relief, climat, sols, eau).
  2. Je présente les techniques (outils, aménagements, calendrier, cultures).
  3. Je qualifie le système : intensif ou extensif, vivrier ou commercial, et je justifie.
  4. Je donne les résultats (production, rendements, population nourrie).
  5. Je termine par les problèmes et les solutions.

3Je retiens

Je retiens

L'Asie des moussons (Inde, Bangladesh, Indochine, Chine du Sud, Indonésie…) a un climat marqué par la mousson : vent humide et pluvieux en été, vent sec en hiver.

Le riz y est cultivé en rizières irriguées : casiers, diguettes, canaux, rizières en terrasses sur les pentes.

Techniques : labour (souvent avec le buffle), pépinière, repiquage à la main, désherbage, récolte à la faucille.

C'est une agriculture intensive : main-d'œuvre nombreuse, deux récoltes par an ou plus, pas de jachère, rendements élevés à l'hectare.

Elle nourrit des densités très fortes, surtout dans les deltas (fleuve Rouge, Mékong, Gange).

Problèmes : exploitations minuscules, aléas de la mousson, pauvreté ; réponse : la révolution verte (depuis les années 1960), avec ses progrès et ses limites.

4Erreurs fréquentes

  • Confondre rendement et productivité : le rendement (production par hectare) est élevé, mais la productivité (production par travailleur) reste faible.
  • Croire que la mousson est une pluie : c'est un vent saisonnier ; c'est la mousson d'été, venue de l'océan, qui apporte les pluies.
  • Dire que la riziculture asiatique est extensive parce qu'elle est traditionnelle : traditionnelle ne veut pas dire extensive ; elle est au contraire très intensive.
  • Présenter la révolution verte comme un succès total : elle a augmenté la production mais aussi les inégalités et la pollution.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Qu'est-ce que la mousson ? Distingue la mousson d'été et la mousson d'hiver.

b) Cite trois grands deltas rizicoles d'Asie.

c) Qu'est-ce que le repiquage et quel est son intérêt ?

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a) La mousson est un vent saisonnier qui change de direction selon la saison. La mousson d'été souffle de l'océan vers le continent : elle est humide et apporte de fortes pluies. La mousson d'hiver souffle du continent vers l'océan : elle est sèche.

b) Le delta du fleuve Rouge (nord du Viêt Nam), le delta du Mékong (sud du Viêt Nam), le delta du Gange et du Brahmapoutre (Bangladesh).

c) Le repiquage consiste à arracher les jeunes plants de riz de la pépinière et à les replanter un à un dans les casiers inondés. Il permet de gagner du temps sur le champ (qui peut encore porter une autre culture pendant que les plants poussent en pépinière) et d'obtenir des lignes régulières, plus faciles à entretenir.

2Exercice 2

(Vocabulaire) Définis : casier, diguette, rizière en terrasses, révolution verte.

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Casier : petite parcelle plane de rizière, entourée de diguettes, où l'on retient l'eau. Diguette : petit muret de terre qui entoure le casier et retient l'eau. Rizière en terrasses : rizière construite sur une pente en gradins successifs, comme un escalier. Révolution verte : politique lancée à partir des années 1960 pour augmenter la production agricole grâce aux variétés à haut rendement, aux engrais, aux pesticides et à l'irrigation.

3Exercice 3

(Justifier) Donne trois arguments qui montrent que la riziculture d'Asie des moussons est intensive.

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  1. Elle utilise une main-d'œuvre très nombreuse (repiquage, désherbage et récolte à la main). 2) Elle donne souvent deux récoltes par an sur le même champ, sans jachère, grâce à la maîtrise de l'eau. 3) Elle obtient des rendements élevés à l'hectare, qui nourrissent des densités de population très fortes.

4Exercice 4

(Analyse de document) Lis ce texte, écrit pour la leçon :

« Dans le delta du fleuve Rouge, chaque famille possède quelques petits casiers. Dès que les pluies arrivent, hommes et femmes repiquent le riz, pieds dans l'eau. Les canaux amènent l'eau même en saison sèche, ce qui permet une seconde récolte. Mais lorsque la mousson est trop violente, le fleuve déborde et détruit les digues. »

a) Relève deux techniques de la riziculture.

b) Explique pourquoi une seconde récolte est possible.

c) Quel problème le texte signale-t-il ?

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a) Le repiquage du riz « pieds dans l'eau » et l'irrigation par des canaux (on peut aussi citer les casiers et les digues).

b) Parce que les canaux apportent l'eau même en saison sèche : le riz, qui a besoin de beaucoup d'eau, peut être cultivé une seconde fois dans l'année.

c) Le risque d'inondation : quand la mousson est trop violente, le fleuve déborde, détruit les digues et les récoltes.

5Exercice 5

(Rédaction guidée) En une quinzaine de lignes, compare la riziculture en Asie des moussons et la riziculture en pays baga. Plan : introduction ; 1. les ressemblances ; 2. les différences ; conclusion (ce que la Guinée peut apprendre de l'Asie).

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Exemple de rédaction :

Le riz est l'aliment de base en Asie des moussons comme en Guinée. Pourtant, les deux rizicultures ne donnent pas les mêmes résultats.

Elles se ressemblent d'abord par leurs techniques. Dans les deux cas, il s'agit d'un riz inondé : le paysan sème en pépinière, puis repique à la main les jeunes plants. Dans les deux cas aussi, la culture demande beaucoup de travail et une bonne maîtrise de l'eau grâce à des diguettes.

Elles diffèrent cependant sur plusieurs points. En Asie, les deltas disposent de réseaux de canaux qui permettent souvent deux récoltes par an ; le paysan utilise le buffle, puis de plus en plus le motoculteur ; la révolution verte a diffusé des variétés à haut rendement. En pays baga, la rizière de mangrove ne donne en général qu'une récolte par an ; le travail se fait surtout à la main avec la pelle traditionnelle, et les rendements restent plus faibles.

En conclusion, la Guinée peut s'inspirer de l'Asie en développant l'irrigation, les aménagements hydro-agricoles et les semences améliorées, tout en évitant les excès de la révolution verte (inégalités et pollution).

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Quel vent apporte les pluies en Asie des moussons ?
Voir la réponse

Réponse A : la mousson d'été, venue de l'océan. La mousson d'été souffle de l'océan vers le continent : elle est chargée d'humidité.

2Comment s'appelle l'opération qui consiste à replanter les jeunes plants de riz dans les casiers ?
Voir la réponse

Réponse C : le repiquage. Les plants sont élevés en pépinière, puis repiqués un à un dans la rizière inondée.

3Pourquoi dit-on que la riziculture asiatique est intensive ?
Voir la réponse

Réponse B : parce qu'elle tire une forte production d'une petite surface grâce à beaucoup de travail. Beaucoup de main-d'œuvre, deux récoltes par an et pas de jachère : c'est la définition d'une agriculture intensive.

4Quels sont les deux premiers producteurs mondiaux de riz ?
Voir la réponse

Réponse B : la Chine et l'Inde. La Chine et l'Inde, pays très peuplés d'Asie des moussons, dominent la production mondiale.

5Quel est l'un des effets négatifs de la révolution verte ?
Voir la réponse

Réponse C : l'aggravation des inégalités entre paysans riches et paysans pauvres. Seuls les paysans capables d'acheter semences, engrais et pompes en ont pleinement profité.

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