Leçon 24 sur 31
L'élevage extensif traditionnel
Je sais définir l'élevage extensif traditionnel, distinguer le nomadisme, la transhumance et l'élevage sédentaire, et localiser les grands peuples éleveurs.
- 45 min
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Définir l'élevage extensif traditionnel et ses caractéristiques
- Distinguer nomadisme, transhumance et élevage sédentaire
- Localiser les grandes régions et les grands peuples pasteurs, en Afrique et dans le monde
- Expliquer la place du troupeau dans la société pastorale, avec l'exemple guinéen
Avant de commencer : Les leçons sur l'agriculture extensive traditionnelle ; notions sur les climats tropicaux (Sahel, savane) et sur les régions naturelles de la Guinée.
1Je découvre
À la fin de la saison des pluies, Mamadou, un jeune Peul de Labé, part avec son oncle et une vingtaine de vaches N'Dama. Pendant plusieurs semaines, ils descendent vers les plaines plus basses où l'herbe reste verte et où les rivières ne tarissent pas. Ils dorment sous des abris légers, boivent le lait des vaches et vendent parfois un taureau au marché pour acheter du riz, du sel et du thé. Quand les pluies reviendront, ils remonteront vers les plateaux.
Au village, le grand-père de Mamadou compte ses bêtes avec fierté : il ne les vend presque jamais. « Une vache, dit-il, c'est une banque qui marche ; c'est aussi l'honneur de la famille. »
Mamadou se demande pourquoi sa famille ne garde pas les vaches dans un enclos, avec de l'herbe cultivée, comme dans les fermes modernes qu'il a vues à la télévision.
Qu'est-ce que l'élevage extensif traditionnel, sous quelles formes se pratique-t-il, et pourquoi les éleveurs se déplacent-ils avec leurs troupeaux ?
2Je comprends
1. Définition et caractéristiques
L'élevage est l'ensemble des activités qui consistent à entretenir et à faire se reproduire des animaux (bovins, ovins, caprins, camelins, équins…) pour en tirer des produits : lait, viande, peaux, laine, travail.
L'élevage extensif traditionnel est un élevage qui utilise de vastes espaces de pâturages naturels, avec peu de soins, peu de moyens et des techniques anciennes, pour des troupeaux souvent nombreux mais peu productifs.
Ses caractéristiques :
- les animaux se nourrissent sur les pâturages naturels (herbe de la savane et de la steppe, feuilles d'arbres, résidus de récolte) ;
- ils vivent en plein air, sans étables ni aliments achetés ;
- les soins vétérinaires sont rares ; on utilise les remèdes traditionnels ;
- les éleveurs se déplacent souvent pour trouver l'herbe et l'eau ;
- les races sont rustiques, adaptées au milieu, mais produisent peu de lait et de viande ;
- le troupeau a une grande valeur sociale : il représente la richesse, le prestige, l'épargne ; il sert à la dot, aux cérémonies, à l'entraide.
La productivité est donc faible : beaucoup d'animaux, mais peu de lait et de viande par animal.
2. Trois formes d'élevage extensif traditionnel
Le nomadisme. Toute la famille (ou tout le groupe) se déplace avec le troupeau, sans habitat fixe, au rythme des pluies et de la repousse de l'herbe. Les nomades vivent sous des tentes ou des abris démontables. C'est la forme adaptée aux régions les plus sèches (désert et steppe), où l'herbe est rare et dispersée. Exemples : les Touareg et les Maures du Sahara avec leurs dromadaires et leurs chèvres, les Bédouins d'Arabie, certains groupes peuls du Sahel, les éleveurs de Mongolie.
La transhumance. Seule une partie du groupe (les bergers, souvent des jeunes hommes) se déplace avec le troupeau, de façon saisonnière, entre des pâturages de saison sèche et des pâturages de saison des pluies ; le reste de la famille reste au village, où l'on cultive aussi. Au Sahel, les troupeaux montent vers le nord pendant la saison des pluies, quand l'herbe pousse dans la steppe, puis redescendent vers le sud, vers les fleuves et les zones plus humides, pendant la saison sèche (par exemple vers le delta intérieur du Niger, au Mali). En montagne, on parle de transhumance entre les pâturages d'altitude en été et les vallées en hiver.
L'élevage sédentaire extensif. Les animaux restent autour du village et pâturent sur les terres communes, les jachères et les champs après la récolte. Il est souvent associé à l'agriculture. Exemple : l'élevage des petits ruminants (chèvres, moutons) dans les villages de toute la Guinée.
- Toute la famille se déplace
- Pas d'habitat fixe (tentes)
- Déplacements selon l'herbe et l'eau
- Régions très sèches (désert, steppe)
- Peu ou pas d'agriculture
- Seuls les bergers se déplacent
- Village fixe où vit la famille
- Déplacements saisonniers réguliers
- Sahel, savane, montagnes
- Associée souvent à l'agriculture
3. Les grandes régions et les grands peuples pasteurs
L'élevage extensif traditionnel se pratique surtout dans les régions où l'agriculture est difficile : déserts, steppes, savanes sèches, montagnes, régions froides.
| Région | Peuples pasteurs (exemples) | Animaux principaux |
|---|---|---|
| Sahara | Touareg, Maures | Dromadaires, chèvres, moutons |
| Sahel et savanes d'Afrique de l'Ouest | Peuls | Bovins (zébus, N'Dama), moutons, chèvres |
| Afrique de l'Est | Masaï | Bovins (zébus), chèvres |
| Péninsule arabique | Bédouins | Dromadaires, chèvres |
| Steppes d'Asie centrale | Mongols, Kazakhs | Chevaux, moutons, chameaux de Bactriane, yaks |
| Nord de l'Europe (régions froides) | Samis (Lapons) | Rennes |
Les Peuls sont le grand peuple pasteur d'Afrique de l'Ouest : on les trouve du Sénégal au Cameroun, et jusqu'au Soudan. En Guinée, ils sont particulièrement nombreux au Fouta-Djallon.
4. L'exemple de la Guinée
La Guinée est un pays d'élevage important, surtout en Moyenne-Guinée (Fouta-Djallon) et en Haute-Guinée.
- La race bovine la plus célèbre est la N'Dama, originaire du Fouta-Djallon. C'est un taurin (bovin sans bosse) de petite taille, qui a une qualité précieuse : il est trypanotolérant, c'est-à-dire qu'il résiste à la trypanosomiase, la maladie transmise par la mouche tsé-tsé, qui tue beaucoup de zébus dans les régions humides.
- Les Peuls du Fouta pratiquent un élevage sédentaire autour des villages et une transhumance saisonnière vers les plaines et les vallées en saison sèche.
- En Haute-Guinée, des troupeaux venus des régions voisines et de l'intérieur du pays transhument aussi en saison sèche vers les zones plus humides.
- Dans toute la Guinée, les familles élèvent chèvres, moutons et volailles autour des cases.
Exemple
Question : « Pourquoi élève-t-on la N'Dama plutôt que le zébu en Guinée ? »
Réponse : La Guinée est un pays humide, surtout en Basse-Guinée et en Guinée forestière, où vit la mouche tsé-tsé, qui transmet la trypanosomiase. Le zébu, adapté aux régions sèches du Sahel, résiste mal à cette maladie. La N'Dama, taurin originaire du Fouta-Djallon, est trypanotolérante : elle supporte la maladie. C'est pourquoi elle est la race bovine dominante en Guinée, même si elle est plus petite et produit moins de lait que d'autres races.
Exemple
Question : « Explique pourquoi les pasteurs du Sahel pratiquent la transhumance. »
Réponse : Au Sahel, la saison des pluies est courte. Pendant cette saison, l'herbe pousse dans la steppe du nord et les mares se remplissent : les troupeaux y montent, loin des champs cultivés. Pendant la longue saison sèche, l'herbe sèche et les points d'eau tarissent au nord : les troupeaux redescendent vers le sud, vers les fleuves et les zones humides, où ils trouvent de l'eau et des pâturages, et où ils mangent aussi les résidus des récoltes. La transhumance est donc une adaptation à l'alternance des saisons.
5. Un mode de vie et une culture
Pour les peuples pasteurs, l'élevage n'est pas seulement une activité économique : c'est un mode de vie et une culture. Le troupeau est une épargne (on vend un animal en cas de besoin), un signe de richesse et de prestige, un élément central du mariage (dot), des fêtes et des sacrifices. C'est pourquoi l'éleveur cherche souvent à avoir beaucoup d'animaux plutôt que des animaux très productifs, et vend peu. Cette logique explique en partie la faible productivité de cet élevage, que la leçon suivante étudiera avec ses problèmes et ses solutions.
Méthode
Pour définir et distinguer des formes d'élevage :
- Je donne la définition générale (élevage extensif traditionnel).
- Pour chaque forme, je précise : qui se déplace, quand, pourquoi, où vit la famille.
- Je donne une région et un peuple en exemple.
- Je relie chaque forme au climat (plus le milieu est sec, plus la mobilité est grande).
- Je présente le tout dans un tableau si possible.
3Je retiens
Je retiens
L'élevage extensif traditionnel utilise de vastes pâturages naturels, avec peu de soins et de moyens ; les troupeaux sont nombreux mais peu productifs.
Nomadisme : toute la famille se déplace, sans habitat fixe (Touareg, Maures, Bédouins, Mongols).
Transhumance : seuls les bergers déplacent le troupeau, de façon saisonnière ; la famille reste au village (Peuls du Sahel et du Fouta).
Élevage sédentaire extensif : les animaux restent autour du village et pâturent sur les terres communes et les jachères.
Régions : déserts, steppes, savanes sèches, montagnes, régions froides. Peuples : Peuls, Touareg, Maures, Masaï, Bédouins, Mongols, Samis.
Guinée : élevage important au Fouta-Djallon et en Haute-Guinée ; race N'Dama, taurin trypanotolérant résistant à la maladie transmise par la mouche tsé-tsé.
Le troupeau est une épargne, un signe de prestige et un élément de la vie sociale.
4Erreurs fréquentes
- Confondre nomadisme et transhumance : dans la transhumance, la famille garde un village fixe ; seuls les bergers partent avec le troupeau, et selon un rythme saisonnier.
- Dire que les éleveurs se déplacent « au hasard » : leurs déplacements suivent les saisons, les pluies, l'herbe et les points d'eau.
- Juger le pasteur « irrationnel » parce qu'il vend peu : le troupeau est son épargne, son assurance et son prestige social.
- Confondre la N'Dama et le zébu : la N'Dama est un taurin sans bosse, trypanotolérant ; le zébu porte une bosse et vit surtout dans les régions sèches.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours)
a) Définis l'élevage extensif traditionnel.
b) Cite trois caractéristiques de cet élevage.
c) Qu'est-ce qu'une race trypanotolérante ? Donne un exemple guinéen.
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a) L'élevage extensif traditionnel est un élevage qui utilise de vastes pâturages naturels, avec peu de soins, peu de moyens et des techniques anciennes, pour des troupeaux souvent nombreux mais peu productifs.
b) Les animaux se nourrissent sur les pâturages naturels ; ils vivent en plein air sans aliments achetés ; les éleveurs se déplacent pour trouver l'herbe et l'eau (on peut aussi citer : soins vétérinaires rares, races rustiques, faible productivité, grande valeur sociale du troupeau).
c) Une race trypanotolérante est une race qui résiste à la trypanosomiase, maladie transmise par la mouche tsé-tsé. Exemple guinéen : la N'Dama, originaire du Fouta-Djallon.
2Exercice 2
(Associer) Associe chaque peuple à sa région et à son animal principal : Touareg, Masaï, Samis, Peuls, Mongols.
Régions : Afrique de l'Est ; Nord de l'Europe ; Sahara ; steppes d'Asie centrale ; Sahel et Fouta-Djallon.
Animaux : rennes ; dromadaires ; bovins zébus ; chevaux et moutons ; bovins N'Dama et zébus.
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Touareg : Sahara, dromadaires. Masaï : Afrique de l'Est, bovins zébus. Samis : Nord de l'Europe, rennes. Peuls : Sahel et Fouta-Djallon, bovins N'Dama et zébus. Mongols : steppes d'Asie centrale, chevaux et moutons.
3Exercice 3
(Distinguer) Explique en trois phrases la différence entre nomadisme, transhumance et élevage sédentaire extensif.
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Dans le nomadisme, toute la famille se déplace avec le troupeau et n'a pas d'habitat fixe. Dans la transhumance, seuls les bergers déplacent le troupeau selon les saisons, tandis que la famille reste au village. Dans l'élevage sédentaire extensif, les animaux restent autour du village et pâturent sur les terres communes et les jachères.
4Exercice 4
(Analyse de document) Lis ce texte, écrit pour la leçon :
« Chaque année, en novembre, Boubacar quitte son village avec les vaches de la famille. Sa femme et ses enfants restent pour récolter le mil. Il descend vers le fleuve, où l'herbe reste verte, et ne revient qu'avec les premières pluies de juin. Dans la famille, on ne vend une vache que pour un mariage ou quand quelqu'un est malade. »
a) Quelle forme d'élevage est décrite ? Justifie avec deux indices.
b) Pourquoi Boubacar part-il en novembre et revient-il en juin ?
c) Que nous apprend la dernière phrase sur le rôle du troupeau ?
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a) C'est la transhumance. Indices : seul Boubacar part avec les vaches, sa femme et ses enfants restent au village pour récolter le mil ; le départ et le retour se font à des dates régulières, selon les saisons.
b) En novembre commence la saison sèche : l'herbe sèche et l'eau manque près du village ; il descend donc vers le fleuve, où l'herbe reste verte. En juin, les premières pluies font repousser l'herbe près du village : il peut revenir.
c) Le troupeau est une épargne et une valeur sociale : on ne vend une vache que pour un événement important (mariage) ou en cas de besoin (maladie). On ne l'élève pas d'abord pour la vendre.
5Exercice 5
(Rédaction guidée) En une douzaine de lignes, présente l'élevage extensif traditionnel en Guinée. Plan : introduction ; 1. les régions et les éleveurs ; 2. les pratiques (sédentaire et transhumance) et la race N'Dama ; 3. la place sociale du troupeau ; conclusion.
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Exemple de rédaction :
L'élevage extensif traditionnel utilise de vastes pâturages naturels avec peu de moyens. En Guinée, il occupe une place importante dans la vie des campagnes.
Il se pratique surtout en Moyenne-Guinée, au Fouta-Djallon, où les Peuls sont de grands éleveurs, et en Haute-Guinée. Partout, les familles élèvent aussi des chèvres, des moutons et des volailles.
Les troupeaux pâturent autour des villages, sur les jachères et les champs après la récolte ; en saison sèche, une partie des animaux transhume vers les plaines et les vallées plus humides. La race dominante est la N'Dama, taurin originaire du Fouta-Djallon, qui résiste à la trypanosomiase transmise par la mouche tsé-tsé.
Le troupeau est une épargne, un signe de prestige et un élément central du mariage et des fêtes : on le vend peu.
Cet élevage est donc bien adapté au milieu et à la société, mais sa productivité reste faible.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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