Leçon 2 sur 8
Le mouvement de translation
Je sais reconnaître un solide en translation, distinguer translation rectiligne, curviligne et circulaire, et utiliser le fait que tous ses points ont la même vitesse.
- 50 min
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Définir le mouvement de translation d'un solide
- Distinguer translation rectiligne, curviligne et circulaire
- Distinguer translation et rotation autour d'un axe fixe
- Représenter le vecteur vitesse d'un solide en translation
Avant de commencer : Les notions de référentiel, de trajectoire et de vitesse ; la leçon sur le mouvement rectiligne ; la notion de vecteur.
1Je découvre
Au grand marché de Kankan, Ibrahima pousse son pousse-pousse chargé de sacs d'oignons sur une allée bien droite. Kadiatou, sa cousine, le regarde passer et remarque une chose : le bord avant de la caisse, le bord arrière et les sacs avancent tous « ensemble », comme si la caisse glissait sans jamais tourner.
Pourtant, les roues du pousse-pousse, elles, tournent sans arrêt. Et un peu plus loin, un vendeur ouvre la porte de sa boutique : la porte pivote autour de ses gonds, le bord proche des gonds bouge à peine tandis que le bord libre décrit un grand arc.
Le soir, à la maison, Kadiatou ouvre un tiroir, puis se balance sur la balançoire de la cour, dont le siège est suspendu par deux cordes de même longueur. Le siège monte et descend en décrivant un arc de cercle… mais il reste toujours horizontal.
Comment reconnaître qu'un solide est en translation, et qu'est-ce que cela change pour l'étude de son mouvement ?
2Je comprends
1. Un solide et son référentiel
Un solide est un corps dont la forme ne change pas : la distance entre deux quelconques de ses points reste constante. Une caisse, une cabine d'ascenseur, un tiroir sont des solides.
Comme tout mouvement, celui d'un solide est relatif : il dépend du référentiel choisi. Un passager assis dans un taxi est immobile par rapport au taxi, mais en mouvement par rapport à la route. Dans cette leçon, sauf indication contraire, on travaille dans le référentiel terrestre.
2. Définition de la translation
Un solide est en mouvement de translation lorsque tout segment reliant deux points quelconques du solide reste parallèle à lui-même (garde la même direction) pendant le mouvement.
Pour le vérifier, on trace un segment [AB] sur le solide et on observe ses positions successives [A1B1], [A2B2]… Si tous ces segments sont parallèles et de même sens, le solide est en translation. S'il existe un seul segment qui change de direction, le solide n'est pas en translation.
3. Les trois types de translation
On classe les translations selon la forme de la trajectoire de chaque point du solide.
- Translation rectiligne : chaque point décrit une droite (toutes ces droites sont parallèles). Exemples : un tiroir qu'on ouvre, la cabine d'un ascenseur, le pousse-pousse d'Ibrahima dans l'allée droite, un seau remonté verticalement d'un puits.
- Translation curviligne : chaque point décrit une courbe quelconque, et toutes ces courbes sont superposables. Exemple : une nacelle de grande roue, qui reste verticale pendant que la roue tourne.
- Translation circulaire : cas particulier de la translation curviligne où chaque point décrit un cercle (ou un arc de cercle) de même rayon, mais avec des centres différents. Exemple : le siège de la balançoire de Kadiatou suspendu par deux cordes parallèles de même longueur ; la pédale d'un vélo qu'on garde horizontale.
Attention : dans une translation circulaire, le solide lui-même ne tourne pas sur lui-même. Le siège de la balançoire reste horizontal ; seuls ses points décrivent des arcs de cercle.
4. Propriétés fondamentales de la translation
Dans un mouvement de translation, à chaque instant :
- tous les points du solide ont des trajectoires superposables (identiques, seulement décalées) ;
- tous les points du solide ont le même vecteur vitesse : même direction, même sens, même valeur ;
- tous les points ont aussi la même accélération.
Conséquence très pratique : pour étudier le mouvement d'un solide en translation, il suffit d'étudier le mouvement d'un seul de ses points. On choisit en général son centre d'inertie G (le centre de gravité, pour un solide homogène, c'est son centre géométrique).
Exemple
Un camion transporte de la bauxite sur une route droite à la vitesse constante de 54 km/h. Sa cabine et sa benne sont en translation rectiligne par rapport à la route.
- Conversion : v = 54 / 3,6 = 15 m/s.
- Le rétroviseur, le pare-chocs avant et l'arrière de la benne ont tous la même vitesse : 15 m/s, dans la même direction et le même sens.
- En 2 min = 120 s, chacun de ces points parcourt 15 × 120 = 1 800 m.
Remarque : les roues, elles, ne sont pas en translation : elles tournent.
5. Translation ou rotation ?
Un solide est en rotation autour d'un axe fixe lorsque ses points décrivent des cercles centrés sur cet axe (porte qui pivote sur ses gonds, roue de vélo par rapport au cadre, pales d'un ventilateur, meule d'un moulin à grains).
Dans une rotation, les points n'ont pas tous la même vitesse : un point éloigné de l'axe va plus vite qu'un point proche. On définit la vitesse angulaire ω (oméga), en radians par seconde (rad/s), qui, elle, est la même pour tous les points. La vitesse d'un point situé à la distance R de l'axe vaut :
v = R ω
Si le solide fait N tours par seconde, ω = 2π N.
- Tout segment reste parallèle à lui-même
- Trajectoires superposables (droites, courbes, cercles de même rayon)
- Même vitesse pour tous les points
- Tiroir, ascenseur, nacelle, siège de balançoire
- Les segments changent de direction
- Cercles concentriques centrés sur l'axe
- Vitesse v = Rω, plus grande loin de l'axe
- Porte, roue, ventilateur, meule
Exemple
La meule d'un moulin à maïs tourne à 3 tours par seconde. Un point A est sur le bord, à R = 0,2 m de l'axe ; un point B est à 0,1 m de l'axe.
- Vitesse angulaire (la même pour A et B) : ω = 2π × 3 = 6π ≈ 18,85 rad/s.
- Vitesse de A : vA = 0,2 × 18,85 ≈ 3,77 m/s.
- Vitesse de B : vB = 0,1 × 18,85 ≈ 1,88 m/s.
A va deux fois plus vite que B : la meule n'est pas en translation.
6. Le vecteur vitesse d'un solide en translation
À un instant donné, le vecteur vitesse v d'un point M a quatre caractéristiques :
- point d'application : le point M ;
- direction : la tangente à la trajectoire en M ;
- sens : celui du mouvement ;
- valeur (norme) : la vitesse instantanée, en m/s.
Pour un solide en translation, on dessine en chaque point un vecteur identique (flèches parallèles, de même sens et de même longueur).
Méthode
Pour savoir si un solide est en translation et le décrire :
- Je précise le référentiel (en général, la Terre).
- Je choisis un segment [AB] sur le solide et j'observe s'il reste parallèle à lui-même.
- Si oui, c'est une translation ; je regarde la trajectoire d'un point : droite (rectiligne), cercle de même rayon (circulaire) ou autre courbe (curviligne).
- Si les points décrivent des cercles centrés sur un même axe, c'est une rotation.
- En translation, j'étudie un seul point (souvent G) : sa vitesse est celle de tout le solide.
Exemple
Kadiatou se balance. Le siège, suspendu par deux cordes parallèles de 2 m, passe au point le plus bas à 3 m/s.
- Chaque point du siège décrit un arc de cercle de rayon 2 m, avec des centres différents (les deux points d'attache) : c'est une translation circulaire.
- Au point le plus bas, tous les points du siège ont la même vitesse : 3 m/s, horizontale, dans le sens du mouvement.
3Je retiens
Je retiens
Un solide est en translation si tout segment qui relie deux de ses points reste parallèle à lui-même.
Translation rectiligne : chaque point décrit une droite (tiroir, ascenseur).
Translation curviligne : chaque point décrit une même courbe décalée (nacelle de grande roue).
Translation circulaire : chaque point décrit un cercle de même rayon mais de centre différent (siège de balançoire).
En translation, tous les points ont, à chaque instant, le même vecteur vitesse : on étudie un seul point, le centre d'inertie G.
Rotation autour d'un axe fixe : points sur des cercles centrés sur l'axe ; v = Rω et ω = 2πN.
4Erreurs fréquentes
- Croire que « translation » veut dire « mouvement en ligne droite » : une nacelle de grande roue est en translation alors que sa trajectoire est un cercle.
- Confondre translation circulaire et rotation : dans la translation circulaire, le solide ne tourne pas sur lui-même et les cercles ont des centres différents.
- Dire que tout le véhicule est en translation : la carrosserie peut l'être, mais les roues tournent.
- Oublier le référentiel : un passager est immobile dans le taxi mais en mouvement par rapport à la route.
5Je m’exerce
1Exercice 1
Pour chaque solide, indique s'il est en translation (rectiligne, curviligne ou circulaire) ou en rotation autour d'un axe fixe, dans le référentiel terrestre :
a) un tiroir qu'on ouvre ; b) les aiguilles d'une montre ; c) la cabine d'un ascenseur ; d) une nacelle de grande roue ; e) une porte qui s'ouvre ; f) le siège d'une balançoire à deux cordes parallèles.
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) Translation rectiligne. b) Rotation autour d'un axe fixe (l'axe central de la montre). c) Translation rectiligne (verticale). d) Translation curviligne ; plus précisément circulaire, car chaque point décrit un cercle de même rayon. e) Rotation autour de l'axe des gonds. f) Translation circulaire.
2Exercice 2
Réponds par vrai ou faux en justifiant.
a) Un solide en translation a forcément une trajectoire rectiligne.
b) Dans une translation, tous les points ont la même vitesse à chaque instant.
c) Dans une rotation autour d'un axe fixe, tous les points ont la même vitesse.
d) Un passager assis dans un car en marche est immobile par rapport au car.
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) Faux : la trajectoire peut être courbe (nacelle, siège de balançoire).
b) Vrai : c'est la propriété fondamentale de la translation ; le vecteur vitesse est le même en tout point.
c) Faux : v = Rω ; les points éloignés de l'axe vont plus vite.
d) Vrai : sa position ne change pas par rapport au car ; il est en mouvement par rapport à la route.
3Exercice 3
Une nacelle de grande roue reste toujours verticale. Le point d'attache de la nacelle décrit un cercle de rayon 8 m.
a) Quelle est la nature du mouvement de la nacelle ?
b) Quelle est la trajectoire d'un point du plancher de la nacelle ? Quel est son rayon ?
c) Le point d'attache passe au point le plus haut à 1,5 m/s. Quelle est à cet instant la vitesse d'un passager assis dans la nacelle ?
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a) La nacelle reste verticale : tout segment de la nacelle garde sa direction. Elle est en translation circulaire.
b) Chaque point du plancher décrit un cercle de même rayon, 8 m, mais dont le centre est décalé par rapport à l'axe de la roue.
c) En translation, tous les points ont la même vitesse : le passager (immobile dans la nacelle) a une vitesse de 1,5 m/s.
4Exercice 4
Un ventilateur tourne à 20 tours par seconde. Ses pales mesurent 0,25 m depuis l'axe.
a) Quel est le mouvement des pales ?
b) Calcule la vitesse angulaire.
c) Calcule la vitesse d'un point situé au bout d'une pale, puis celle d'un point situé à 0,10 m de l'axe. Conclus.
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) Les pales sont en rotation autour d'un axe fixe.
b) ω = 2π N = 2π × 20 = 40π ≈ 125,7 rad/s.
c) Bout de pale : v = 0,25 × 125,7 ≈ 31,4 m/s. À 0,10 m : v = 0,10 × 125,7 ≈ 12,6 m/s. Les vitesses sont différentes : ce n'est pas une translation.
5Exercice 5
(Type examen) Ibrahima pousse son pousse-pousse en translation rectiligne uniforme sur une allée droite, à 1,5 m/s.
a) Justifie que la poignée et l'avant de la caisse ont la même vitesse.
b) Représente le vecteur vitesse en un point A de la poignée et en un point B de l'avant de la caisse (échelle : 1 cm pour 0,5 m/s).
c) Quelle distance parcourt-il en 4 minutes ?
d) Les roues ont un rayon de 0,3 m et roulent sans glisser : le centre de chaque roue avance donc à 1,5 m/s. Par rapport au châssis, la roue est en rotation. Calcule sa vitesse angulaire, puis son nombre de tours par seconde.
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) Le pousse-pousse (sa caisse et sa poignée) est un solide en translation : à chaque instant, tous ses points ont le même vecteur vitesse, donc A et B vont à 1,5 m/s.
b) En A et en B, on trace deux flèches parallèles à l'allée, dans le sens du mouvement, de même longueur : 1,50,5 = 3 cm.
c) t = 4 × 60 = 240 s ; d = 1,5 × 240 = 360 m.
d) ω = vR = 1,50,3 = 5 rad/s. N = ω2π = 52π ≈ 0,80 tour par seconde.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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