Leçon 19 sur 21
La population mondiale (suite)
Je sais calculer les taux de natalité, de mortalité et d'accroissement naturel, lire une pyramide des âges et expliquer les migrations et les problèmes liés à la croissance de la population.
- 45 min
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Définir et calculer les taux de natalité, de mortalité et d'accroissement naturel
- Expliquer la transition démographique
- Lire et comparer deux pyramides des âges
- Distinguer les types de migrations et leurs causes
- Citer les problèmes posés par la croissance ou le vieillissement de la population
Avant de commencer : La leçon « La population mondiale » (effectif, répartition, densité).
1Je découvre
Dans la famille de Mariama, à Kankan, on parle souvent du passé. Sa grand-mère a eu huit enfants, mais trois sont morts très jeunes, de rougeole ou de paludisme. Sa mère a eu cinq enfants, et tous sont en bonne santé, grâce aux vaccins et au centre de santé du quartier. Mariama, elle, dit qu'elle voudrait en avoir moins, pour pouvoir bien les nourrir et les envoyer à l'école.
Son oncle Ousmane, lui, est parti il y a dix ans travailler à Conakry, et un de ses cousins vit maintenant à l'étranger. Chaque mois, il envoie un peu d'argent à la famille.
Mariama réfléchit : les naissances, les décès et les départs changent le nombre d'habitants d'une famille, d'un quartier ou d'un pays. Comment mesurer ces changements ? Et pourquoi certains pays ont-ils une population très jeune, alors que d'autres vieillissent ?
Comment évolue une population, et quelles sont les conséquences de cette évolution ?
2Je comprends
1. Le mouvement naturel de la population
Le nombre d'habitants change d'abord à cause des naissances et des décès : c'est le mouvement naturel de la population. Pour comparer des pays de tailles différentes, on calcule des taux, exprimés pour mille (‰), c'est-à-dire pour 1 000 habitants.
- Le taux de natalité est le nombre de naissances vivantes dans l'année pour 1 000 habitants.
Taux de natalité = nombre de naissancespopulation totale × 1 000
- Le taux de mortalité est le nombre de décès dans l'année pour 1 000 habitants.
Taux de mortalité = nombre de décèspopulation totale × 1 000
- Le taux d'accroissement naturel est la différence entre les deux :
Taux d'accroissement naturel = taux de natalité - taux de mortalité
On l'exprime souvent en pourcentage : 25 ‰ = 2,5 %.
D'autres indicateurs complètent ces taux :
- le taux de mortalité infantile : nombre d'enfants morts avant l'âge d'un an pour 1 000 naissances vivantes ; il montre le niveau de santé d'un pays ;
- l'indice de fécondité : nombre moyen d'enfants par femme ;
- l'espérance de vie : nombre moyen d'années que peut espérer vivre un nouveau-né.
Méthode
Pour calculer les taux d'une population :
- Je relève la population totale, le nombre de naissances et le nombre de décès de l'année.
- Je divise les naissances par la population, puis je multiplie par 1 000 : taux de natalité en ‰.
- Je fais de même avec les décès : taux de mortalité en ‰.
- Je soustrais : natalité moins mortalité = taux d'accroissement naturel en ‰.
- Je convertis en % si on me le demande (je divise par 10) et j'interprète le résultat.
Exemple
Une ville imaginaire de 50 000 habitants a enregistré dans l'année 1 800 naissances et 500 décès.
Taux de natalité = 1 800 ÷ 50 000 × 1 000 = 36 ‰.
Taux de mortalité = 500 ÷ 50 000 × 1 000 = 10 ‰.
Taux d'accroissement naturel = 36 – 10 = 26 ‰, soit 2,6 %.
Interprétation : la natalité est forte et la mortalité assez basse ; la population augmente vite, de 26 habitants pour 1 000 en un an, soit 1 300 habitants de plus (1 800 – 500).
2. La transition démographique
Dans l'histoire, les pays passent par des étapes : c'est la transition démographique, le passage d'une situation où l'on naît et meurt beaucoup à une situation où l'on naît et meurt peu.
- 1Étape 1 : natalité et mortalité très fortes, la population augmente très peu
- 2Étape 2 : la mortalité baisse (vaccins, hygiène, meilleure alimentation), la natalité reste forte : la population augmente très vite
- 3Étape 3 : la natalité baisse à son tour (scolarisation, surtout des filles, vie urbaine, planification familiale) : la croissance ralentit
- 4Étape 4 : natalité et mortalité faibles, la population augmente peu, puis peut vieillir et diminuer
Les pays d'Europe ont fait cette transition entre le XVIIIe et le XXe siècle. Beaucoup de pays d'Afrique, dont la Guinée, se trouvent entre la fin de l'étape 2 et l'étape 3 : la mortalité a beaucoup baissé, la natalité commence à baisser mais reste élevée. C'est pour cela que l'Afrique est le continent où la population augmente le plus vite.
3. La structure de la population : la pyramide des âges
Une pyramide des âges est un graphique qui montre la répartition d'une population par âge et par sexe. Les hommes sont à gauche, les femmes à droite ; les âges vont du bas (les plus jeunes) vers le haut (les plus âgés). Chaque barre horizontale représente une tranche d'âge (par exemple 0-4 ans, 5-9 ans…).
Sa forme renseigne sur l'état de la population :
- Base très large : beaucoup d'enfants
- Sommet très étroit : peu de personnes âgées
- Forme de triangle
- Natalité forte, espérance de vie plus courte
- Exemples : Guinée, Niger, Mali
- Base étroite : peu d'enfants
- Sommet large : beaucoup de personnes âgées
- Forme d'urne ou de toupie
- Natalité faible, longue espérance de vie
- Exemples : Japon, Italie, Allemagne
La population guinéenne est très jeune : les enfants et les jeunes sont nombreux, et les personnes âgées peu nombreuses. Dans les pays riches d'Europe ou au Japon, c'est l'inverse : la population vieillit.
Exemple
Question : « Une pyramide a une base très large et un sommet très étroit. Que peux-tu en déduire ? »
Réponse : la base large signifie qu'il y a beaucoup d'enfants, donc une natalité forte. Le sommet étroit signifie qu'il y a peu de personnes âgées, donc une espérance de vie encore assez courte. C'est la pyramide d'un pays jeune, en forte croissance, comme la plupart des pays d'Afrique au sud du Sahara.
4. Les migrations
Le nombre d'habitants change aussi à cause des migrations, c'est-à-dire des déplacements de personnes qui changent de lieu de résidence pour une longue durée.
- L'émigration est le départ d'un pays ; celui qui part est un émigré (ou émigrant).
- L'immigration est l'arrivée dans un pays ; celui qui arrive est un immigré (ou immigrant).
- Les migrations internes se font à l'intérieur d'un même pays. La plus importante est l'exode rural : le départ des habitants des campagnes vers les villes, comme l'oncle Ousmane venu à Conakry.
- Les migrations internationales se font d'un pays à un autre. Elles peuvent se faire vers un pays voisin (beaucoup de migrations en Afrique de l'Ouest se font entre pays de la région) ou vers d'autres continents.
Le solde migratoire est la différence entre les arrivées et les départs. L'accroissement total d'une population est la somme de l'accroissement naturel et du solde migratoire.
Les causes des migrations
- économiques : chercher du travail, de meilleurs revenus, fuir la pauvreté ;
- politiques : fuir une guerre, des persécutions (on parle alors de réfugiés) ;
- naturelles : fuir une sécheresse, des inondations, la désertification ;
- sociales : études, regroupement familial, mariage.
Les conséquences : pour les régions de départ, perte de jeunes bras mais argent envoyé par les migrants ; pour les régions d'arrivée, main-d'œuvre supplémentaire mais aussi besoins en logements et en services, et parfois des difficultés d'intégration.
5. Les problèmes liés à l'évolution de la population
Dans les pays à croissance rapide (comme beaucoup de pays d'Afrique) :
- il faut construire toujours plus d'écoles, de centres de santé, de logements ;
- il faut créer beaucoup d'emplois pour les jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail ;
- il faut produire davantage de nourriture ;
- les villes grandissent vite, avec des quartiers précaires et des problèmes d'eau, d'électricité, de transport.
Mais une population jeune est aussi une force : une grande main-d'œuvre, du dynamisme, un marché important.
Dans les pays qui vieillissent (Europe, Japon) :
- il y a moins d'actifs pour payer les retraites et les soins des personnes âgées ;
- certains métiers manquent de travailleurs, ce qui pousse à faire appel à des immigrés.
3Je retiens
Je retiens
Taux de natalité = naissances ÷ population × 1 000 (en ‰). Taux de mortalité = décès ÷ population × 1 000 (en ‰).
Taux d'accroissement naturel = taux de natalité – taux de mortalité (26 ‰ = 2,6 %).
Transition démographique : la mortalité baisse d'abord, puis la natalité ; la Guinée est entre la fin de l'étape 2 et l'étape 3.
La pyramide des âges montre la population par âge et par sexe : base large = pays jeune ; base étroite et sommet large = pays vieillissant.
Migrations : émigration (départ), immigration (arrivée), exode rural (campagne vers ville). Causes économiques, politiques, naturelles, sociales.
Accroissement total = accroissement naturel + solde migratoire.
Une croissance rapide exige écoles, emplois, soins et nourriture ; le vieillissement pose le problème des retraites.
4Erreurs fréquentes
- Oublier de multiplier par 1 000 : un taux de natalité s'exprime pour 1 000 habitants (‰), pas en nombre brut de naissances.
- Confondre ‰ et % : 26 ‰ = 2,6 % (on divise par 10), et non 26 %.
- Confondre émigré et immigré : la même personne est émigrée pour son pays de départ et immigrée pour son pays d'arrivée.
- Lire la pyramide à l'envers : les jeunes sont en bas, les personnes âgées en haut ; les hommes à gauche, les femmes à droite.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours)
a) Définis le taux de natalité et le taux de mortalité.
b) Qu'est-ce que l'exode rural ?
c) Qu'appelle-t-on une pyramide des âges ?
d) Cite deux causes de migration.
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a) Le taux de natalité est le nombre de naissances vivantes dans l'année pour 1 000 habitants. Le taux de mortalité est le nombre de décès dans l'année pour 1 000 habitants.
b) L'exode rural est le départ des habitants des campagnes vers les villes.
c) Une pyramide des âges est un graphique qui représente la répartition d'une population par âge et par sexe (hommes à gauche, femmes à droite, jeunes en bas, personnes âgées en haut).
d) La recherche de travail (cause économique) ; la fuite d'une guerre (cause politique) ; on peut aussi citer la sécheresse ou les études.
2Exercice 2
(Calcul) Une préfecture imaginaire compte 400 000 habitants. Dans l'année, on y a enregistré 14 000 naissances et 4 000 décès.
a) Calcule le taux de natalité.
b) Calcule le taux de mortalité.
c) Calcule le taux d'accroissement naturel en ‰ puis en %.
d) De combien d'habitants la population a-t-elle augmenté par le mouvement naturel ?
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a) Taux de natalité = 14 000 ÷ 400 000 × 1 000 = 35 ‰.
b) Taux de mortalité = 4 000 ÷ 400 000 × 1 000 = 10 ‰.
c) Taux d'accroissement naturel = 35 – 10 = 25 ‰, soit 2,5 %.
d) 14 000 – 4 000 = 10 000 habitants de plus (on vérifie : 2,5 % de 400 000 = 10 000).
3Exercice 3
(Vrai ou faux, corrige si c'est faux)
a) Une pyramide des âges à base large indique une population jeune.
b) Un immigré est une personne qui quitte son pays.
c) Dans la deuxième étape de la transition démographique, la mortalité baisse alors que la natalité reste forte.
d) 30 ‰ est égal à 30 %.
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a) Vrai : beaucoup d'enfants, donc une natalité forte.
b) Faux : un immigré est une personne qui arrive dans un pays ; celle qui quitte son pays est un émigré.
c) Vrai.
d) Faux : 30 ‰ = 3 %.
4Exercice 4
(Type examen) Une ville imaginaire A a un taux de natalité de 38 ‰ et un taux de mortalité de 9 ‰. Une ville imaginaire B a un taux de natalité de 9 ‰ et un taux de mortalité de 11 ‰.
a) Calcule le taux d'accroissement naturel de chaque ville.
b) Laquelle voit sa population diminuer par le mouvement naturel ? Explique.
c) Dessine en quelques mots la forme probable de la pyramide des âges de chacune.
d) Quels problèmes chaque ville risque-t-elle de rencontrer ?
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) Ville A : 38 – 9 = 29 ‰ (2,9 %). Ville B : 9 – 11 = –2 ‰ (–0,2 %).
b) La ville B : il y a plus de décès que de naissances, donc le mouvement naturel fait diminuer la population.
c) Ville A : pyramide à base très large et sommet étroit (population jeune). Ville B : pyramide à base étroite et sommet large (population vieillissante).
d) Ville A : besoin de nombreuses écoles, de centres de santé, de logements et d'emplois pour les jeunes. Ville B : manque de jeunes travailleurs, beaucoup de retraites à payer et de soins pour les personnes âgées.
5Exercice 5
(Rédaction guidée) En une dizaine de lignes, présente les causes et les conséquences de l'exode rural en Guinée. Plan conseillé : définition ; causes ; conséquences pour les campagnes ; conséquences pour les villes ; solutions possibles.
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Exemple de rédaction :
L'exode rural est le départ des habitants des campagnes vers les villes. En Guinée, il se fait surtout vers Conakry et vers les grandes villes de l'intérieur, comme Kankan, Nzérékoré ou Labé, ainsi que vers les zones minières.
Les jeunes partent pour chercher du travail et de meilleurs revenus, pour étudier, ou parce que la vie au village est difficile : faibles récoltes, manque d'écoles, de soins, d'électricité.
Pour les campagnes, l'exode rural entraîne la perte de jeunes bras et la baisse de la production agricole, même si l'argent envoyé par les migrants aide les familles. Pour les villes, il provoque une croissance rapide, des quartiers précaires, le chômage, des embouteillages et des difficultés d'accès à l'eau et à l'électricité.
Pour le freiner, il faut améliorer la vie dans les campagnes : écoles, centres de santé, routes, électricité et aide aux agriculteurs.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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