Leçon 7 sur 28
La multiplication végétative artificielle
Je sais décrire et expliquer les techniques de bouturage, de marcottage et de greffage utilisées par les agriculteurs guinéens, et dire pourquoi on les choisit.
- 50 min
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Définir la multiplication végétative artificielle et la distinguer de la multiplication naturelle
- Décrire les étapes du bouturage, du marcottage et du greffage
- Expliquer l'intérêt de ces techniques en agriculture (rapidité, conservation des qualités, résistance)
Avant de commencer : Les leçons « La reproduction des plantes » et « La reproduction chez les végétaux » (multiplication végétative naturelle, bourgeons, racines adventives).
1Je découvre
Mamadou accompagne son oncle, pépiniériste près de Kindia, une région connue pour ses fruits. Dans la pépinière, il voit des centaines de petits manguiers en sachets. Sur chacun, la tige porte une sorte de cicatrice ligaturée avec un ruban de plastique, à une vingtaine de centimètres du sol.
Son oncle lui explique : « En bas, c'est un manguier ordinaire, né d'un noyau. En haut, j'ai fixé un morceau de rameau pris sur un très bon manguier, qui donne de grosses mangues sans fibres. Dans trois ou quatre ans, ce petit arbre donnera exactement les mêmes mangues que l'arbre de qualité. »
Plus loin, des ouvriers coupent des tiges de manioc en morceaux de la longueur d'une main et les enfoncent dans des buttes. Un autre entoure une branche d'oranger d'une boule de terre humide enveloppée dans un sac.
Quelles techniques l'homme utilise-t-il pour multiplier les plantes à partir de leurs organes végétatifs, et pourquoi les préfère-t-il souvent aux graines ?
2Je comprends
1. Définition
La multiplication végétative artificielle est l'ensemble des techniques par lesquelles l'homme obtient de nouvelles plantes à partir d'un organe végétatif (tige, rameau, racine, feuille, bourgeon) prélevé sur une plante mère.
Comme la multiplication naturelle, c'est une reproduction asexuée : pas de fleur, pas de fécondation. Les nouvelles plantes sont identiques à la plante mère. La différence est que c'est l'homme qui provoque, prépare et contrôle la multiplication.
Les techniques reposent sur deux capacités des plantes que tu connais déjà : les bourgeons peuvent former de nouvelles tiges et feuilles, et une tige peut former des racines adventives.
2. Le bouturage
Le bouturage consiste à couper un fragment de plante (la bouture), le plus souvent un morceau de tige portant plusieurs bourgeons, et à le mettre en terre. La bouture forme des racines adventives et ses bourgeons donnent de nouvelles tiges.
Exemples en Guinée : le manioc, la patate douce, la canne à sucre, l'hibiscus, le bougainvillier, le moringa.
Méthode
Pour réussir une bouture de manioc :
- Je choisis une plante mère saine, vigoureuse, sans maladie.
- Je coupe dans la partie mûre de la tige des morceaux d'environ 20 à 25 cm portant plusieurs bourgeons (nœuds).
- Je plante la bouture dans une terre meuble et humide, les bourgeons tournés vers le haut, en l'enfonçant en partie ou en l'inclinant.
- J'arrose si la pluie manque et je désherbe autour.
- Après quelques semaines, les racines adventives et les nouvelles tiges apparaissent : la bouture a « repris ».
3. Le marcottage
Le marcottage consiste à faire former des racines à une tige encore attachée à la plante mère, puis à la séparer quand elle est enracinée. La plante mère continue de nourrir la tige pendant que les racines se forment : la réussite est donc plus sûre qu'avec une bouture.
- Marcottage simple (par couchage) : on courbe une branche souple jusqu'au sol, on l'enterre en partie et on la maintient avec un piquet ; la partie enterrée forme des racines.
- Marcottage aérien : pour les branches trop hautes ou trop rigides (oranger, citronnier, goyavier, litchi), on enlève un anneau d'écorce sur la branche et on l'entoure d'une boule de terre humide ou de mousse, enveloppée dans un plastique ou un sac. Des racines se forment dans la boule. Au bout de quelques semaines, on coupe la branche sous la boule et on la plante.
- 1Choisir une branche saine sur la plante mère
- 2Enlever un anneau d'écorce de quelques centimètres
- 3Entourer la blessure d'une boule de terre humide ou de mousse
- 4Envelopper la boule dans un plastique bien attaché et la garder humide
- 5Attendre l'apparition des racines dans la boule
- 6Couper la branche sous la boule et la planter en terre
4. Le greffage
Le greffage consiste à fixer un fragment d'une plante (le greffon : un rameau ou un bourgeon) sur une autre plante enracinée (le porte-greffe), de façon qu'ils se soudent et forment une seule plante.
- Le porte-greffe apporte les racines : on le choisit robuste, bien adapté au sol et résistant aux maladies. C'est souvent un jeune plant issu d'une graine.
- Le greffon apporte les qualités des fruits : on le prend sur un arbre qui donne de bons fruits.
Les tissus du greffon et du porte-greffe doivent être mis bien en contact, puis maintenus par une ligature, pour qu'ils se soudent. Le greffage ne réussit qu'entre plantes proches : on greffe un manguier sur un manguier, un oranger sur un citronnier ou un autre agrume, mais jamais un manguier sur un oranger.
Il existe plusieurs façons de greffer : la greffe en fente (le greffon taillé en biseau est glissé dans une fente du porte-greffe) et la greffe en écusson (on glisse un seul bourgeon avec un morceau d'écorce sous l'écorce du porte-greffe).
- partie du bas, avec les racines
- issu souvent d'une graine
- choisi pour sa robustesse et sa résistance
- nourrit la plante en eau et sels minéraux
- partie du haut, rameau ou bourgeon
- pris sur un arbre de qualité
- choisi pour la qualité de ses fruits
- produit les feuilles, les fleurs et les fruits
5. D'autres techniques
- L'éclatage (ou division de touffe) : on sépare une touffe en plusieurs morceaux qui ont chacun des racines (citronnelle, bananier, ananas avec ses rejets).
- La plantation d'organes de réserve : on coupe un tubercule d'igname ou de pomme de terre en morceaux portant chacun au moins un bourgeon.
- La culture in vitro : dans un laboratoire, on cultive de minuscules fragments de plante dans des tubes, sur un milieu nutritif stérile. On obtient très rapidement des milliers de plants identiques et sains. Cette technique est utilisée par exemple pour produire des plants de bananier ou de pomme de terre indemnes de maladies.
6. Pourquoi l'agriculteur choisit-il ces techniques ?
| Avantage | Explication |
|---|---|
| Conserver les qualités | la nouvelle plante est identique à la plante mère : mêmes fruits, même goût, même rendement |
| Gagner du temps | un manguier greffé produit ses premiers fruits en quelques années, plus tôt qu'un manguier semé |
| Multiplier les plantes sans graines | bananier cultivé, certaines variétés de manioc et d'agrumes |
| Associer deux qualités | des racines résistantes (porte-greffe) et de bons fruits (greffon) |
| Obtenir beaucoup de plants | une seule tige de manioc donne plusieurs boutures |
L'inconvénient reste le même que pour toute multiplication asexuée : les plantes d'un même verger sont toutes identiques ; une maladie peut les atteindre toutes, et une bouture prise sur une plante malade transmet la maladie. Il faut donc toujours choisir des plantes mères saines.
Exemple
Calculer le nombre de boutures de manioc.
Oumar dispose de 15 tiges de manioc de 1,5 m chacune. Il fait des boutures de 25 cm.
Une tige de 1,5 m = 150 cm donne 150 ÷ 25 = 6 boutures.
15 tiges donnent 15 × 6 = 90 boutures.
Si 80 % reprennent : 90 × 80 ÷ 100 = 72 nouveaux pieds de manioc.
Exemple
Expliquer le fruit d'un arbre greffé.
Sur un porte-greffe de citronnier, on greffe un rameau d'oranger qui donne de grosses oranges sucrées.
L'arbre obtenu a les racines du citronnier, mais ses branches, ses fleurs et ses fruits viennent du greffon.
Il donne donc des oranges sucrées, identiques à celles de l'oranger d'origine, et non des citrons.
Si une pousse sort du porte-greffe, sous la greffe, elle donnera des citrons : il faut la couper.
3Je retiens
Je retiens
La multiplication végétative artificielle est réalisée par l'homme à partir d'un organe végétatif ; c'est une reproduction asexuée et les plantes obtenues sont identiques à la plante mère.
Bouturage : un fragment de tige mis en terre forme des racines adventives (manioc, patate douce, canne à sucre).
Marcottage : une tige forme des racines en restant attachée à la plante mère, puis on la sépare (simple ou aérien).
Greffage : un greffon (qualité des fruits) est soudé sur un porte-greffe (racines robustes) de la même espèce ou d'une espèce proche.
Intérêts : conserver les qualités, gagner du temps, multiplier les plantes sans graines ; toujours choisir une plante mère saine.
4Erreurs fréquentes
- Croire qu'un arbre greffé donne les fruits du porte-greffe : les fruits sont toujours ceux du greffon.
- Confondre bouturage et marcottage : la bouture est coupée avant de faire des racines, la marcotte fait ses racines en restant attachée à la plante mère.
- Penser qu'on peut greffer n'importe quelle plante sur n'importe quelle autre : il faut des plantes proches (même espèce ou espèces voisines).
- Planter une bouture à l'envers : les bourgeons doivent être tournés vers le haut.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours)
a) Définis la multiplication végétative artificielle.
b) Quelle est la différence entre bouturage et marcottage ?
c) Définis le greffon et le porte-greffe.
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) C'est l'ensemble des techniques par lesquelles l'homme obtient de nouvelles plantes à partir d'un organe végétatif (tige, racine, feuille, bourgeon) d'une plante mère ; les plantes obtenues sont identiques à la plante mère.
b) Dans le bouturage, on coupe le fragment de tige avant qu'il ait des racines ; dans le marcottage, la tige forme ses racines en restant attachée à la plante mère, et on ne la sépare qu'après.
c) Le greffon est le fragment (rameau ou bourgeon) prélevé sur la plante dont on veut les qualités. Le porte-greffe est la plante enracinée sur laquelle on fixe le greffon.
2Exercice 2
Indique la technique utilisée dans chaque cas.
a) Aïssatou coupe des morceaux de tiges de patate douce et les plante.
b) Un pépiniériste fixe un bourgeon de manguier de qualité sous l'écorce d'un jeune manguier.
c) Sékou courbe une branche de bougainvillier jusqu'au sol et la recouvre de terre.
d) Hawa sépare une touffe de citronnelle en quatre morceaux munis de racines.
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a) bouturage ; b) greffage (greffe en écusson) ; c) marcottage simple (par couchage) ; d) éclatage (division de touffe).
3Exercice 3
Classe les étapes du greffage en fente dans l'ordre : fixer le greffon avec une ligature ; couper le porte-greffe et le fendre ; tailler le greffon en biseau ; glisser le greffon dans la fente en mettant les écorces en contact ; attendre la soudure et la reprise des bourgeons.
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- Couper le porte-greffe et le fendre. 2. Tailler le greffon en biseau. 3. Glisser le greffon dans la fente en mettant les écorces en contact. 4. Fixer le greffon avec une ligature. 5. Attendre la soudure et la reprise des bourgeons.
4Exercice 4
Un paysan de Dabola possède 12 tiges de manioc de 1,2 m. Il fait des boutures de 20 cm.
a) Combien de boutures obtient-il ?
b) 90 % de ces boutures reprennent. Combien de pieds de manioc obtient-il ?
c) Les pieds obtenus auront-ils des tubercules du même goût que la plante mère ? Justifie.
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a) 1,2 m = 120 cm ; 120 ÷ 20 = 6 boutures par tige ; 12 × 6 = 72 boutures.
b) 72 × 90 ÷ 100 = 64,8, soit 64 pieds (on ne peut pas avoir un pied incomplet, on arrondit à l'unité inférieure).
c) Oui : les boutures proviennent de la plante mère par multiplication végétative (reproduction asexuée) ; les nouveaux pieds sont identiques et donneront des tubercules de même goût, si les conditions de culture sont semblables.
5Exercice 5
(Type examen) Un agriculteur de Kankan greffe un rameau de manguier d'une variété à gros fruits sans fibres sur un jeune manguier né d'un noyau, robuste et bien enraciné.
a) Nomme les deux parties de la greffe.
b) Quelles mangues donnera l'arbre greffé ? Explique.
c) Donne deux raisons pour lesquelles l'agriculteur préfère greffer plutôt que semer directement les noyaux de la bonne variété.
d) Cite un risque de ce type de multiplication pour un grand verger.
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) Le greffon (le rameau de la variété à gros fruits) et le porte-greffe (le jeune manguier né d'un noyau).
b) L'arbre donnera des mangues grosses et sans fibres, comme la variété d'origine, car les branches, les fleurs et les fruits se développent à partir du greffon.
c) Un noyau de la bonne variété donnerait un arbre différent de sa mère (reproduction sexuée), donc des fruits de qualité incertaine ; de plus, l'arbre greffé produit ses premiers fruits plus tôt. Le porte-greffe apporte aussi des racines robustes.
d) Tous les arbres sont identiques : une maladie ou un parasite qui attaque un arbre peut détruire tout le verger ; et un greffon pris sur un arbre malade transmet la maladie.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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