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Chimie · 8e

Leçon 16 sur 16

Les allumettes

Je sais expliquer de quoi est faite une allumette de sûreté et quelles réactions chimiques se succèdent quand on la frotte.

  • 50 min
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Décrire la composition d'une allumette de sûreté (tête, tige, frottoir)
  • Distinguer combustible et comburant et citer les trois conditions d'une combustion
  • Expliquer les réactions qui se succèdent lors de l'allumage
  • Respecter les règles de sécurité liées au feu

Avant de commencer : Réactions chimiques, loi de Lavoisier, équation-bilan, combustion du soufre (leçon précédente).

1Je découvre

Chaque soir, à Kissidougou, Fatoumata allume le fourneau avec une allumette. Elle frotte la petite tête rouge sur le côté brun de la boîte : « Tchak ! » Une flamme vive jaillit, avec une odeur piquante, puis le bois de l'allumette brûle calmement.

Un jour, la boîte est abîmée et elle essaie de frotter l'allumette sur une pierre : rien ne se passe. Elle essaie de frotter le côté brun de la boîte avec un bâtonnet ordinaire : rien non plus. Il faut les deux ensemble.

Son frère Ousmane se demande ce qu'il y a de si spécial dans cette petite tête rouge et dans ce frottoir brun. Pourquoi l'allumette ne s'enflamme-t-elle pas toute seule dans la poche, ou en la frottant n'importe où ?

De quoi est faite une allumette, et quelles réactions chimiques se produisent quand on la frotte ?

2Je comprends

1. Rappel : les conditions d'une combustion

Une combustion est une réaction chimique qui dégage de la chaleur et souvent de la lumière (une flamme). Pour qu'elle ait lieu, il faut réunir trois éléments, qu'on représente par le « triangle du feu » :

  • un combustible : la substance qui brûle (bois, charbon, soufre, butane, paraffine) ;
  • un comburant : la substance qui permet de brûler, le plus souvent le dioxygène (de l'air) ;
  • une énergie d'activation : un peu de chaleur pour démarrer la réaction (flamme, étincelle, frottement).

Si l'un des trois manque, il n'y a pas de feu. C'est pour cela qu'on étouffe un feu avec du sable ou une couverture (plus de comburant), ou qu'on crée des pare-feu en saison sèche (plus de combustible).

2. La composition d'une allumette de sûreté

Une allumette « de sûreté » comprend trois parties.

La tête contient surtout :

  • du chlorate de potassium (KClO3) : c'est le comburant, il libère du dioxygène quand il est chauffé ;
  • du soufre (ou du sulfure d'antimoine) : c'est le combustible, qui s'enflamme facilement ;
  • de la colle qui lie le tout, de la poudre de verre et un colorant.

La tige (le bâtonnet) est en bois, souvent imprégné de paraffine à son extrémité : la paraffine s'enflamme facilement et transmet la flamme au bois.

Le frottoir (la bande brune sur le côté de la boîte) contient :

  • du phosphore rouge, qui s'enflamme très facilement quand il est chauffé ;
  • de la poudre de verre, qui rend la surface rugueuse et augmente la chaleur du frottement ;
  • de la colle.
Tête de l'allumette
  • Chlorate de potassium (comburant)
  • Soufre ou sulfure d'antimoine (combustible)
  • Colle, poudre de verre, colorant
Frottoir de la boîte
  • Phosphore rouge
  • Poudre de verre (frottement)
  • Colle
Dans l'allumette de sûreté, le phosphore est sur la boîte et le chlorate sur la tête : ils ne se rencontrent qu'au moment du frottement.

3. Que se passe-t-il quand on frotte ?

L'allumage est une suite rapide de réactions chimiques, chacune fournissant la chaleur qui déclenche la suivante.

  1. 1Frottement : la poudre de verre produit de la chaleur (énergie d'activation)
  2. 2Un peu de phosphore rouge arraché au frottoir s'enflamme au contact du chlorate de la tête
  3. 3Le chlorate de potassium chauffé libère du dioxygène (comburant)
  4. 4Le soufre de la tête brûle vivement dans ce dioxygène : flamme vive et odeur piquante
  5. 5La paraffine, puis le bois de la tige, s'enflamment et brûlent dans l'air
Une réaction en chaîne : chaque étape apporte la chaleur nécessaire à la suivante.

Les principales réactions sont :

Décomposition du chlorate de potassium (il fournit le dioxygène) :

2KClO3 → 2KCl + 3O2

Combustion du soufre (odeur piquante du dioxyde de soufre, comme dans la leçon précédente) :

S + O2 → SO2

Combustion du bois : le bois contient surtout du carbone, de l'hydrogène et de l'oxygène. Sa combustion dans l'air produit principalement du dioxyde de carbone et de l'eau :

bois + dioxygène → dioxyde de carbone + eau (+ cendres)

Exemple

Vérifier que l'équation 2KClO₃ → 2KCl + 3O₂ est équilibrée.

Potassium K : à gauche 2 × 1 = 2 ; à droite 2 × 1 = 2.

Chlore Cl : à gauche 2 ; à droite 2.

Oxygène O : à gauche 2 × 3 = 6 ; à droite 3 × 2 = 6.

L'équation est équilibrée.

Exemple

Comment prouver que le chlorate de potassium libère du dioxygène ?

Le professeur chauffe un peu de chlorate de potassium dans un tube à essais.

Il introduit une bûchette incandescente à l'ouverture : elle se rallume vivement.

Ce test est celui du dioxygène : le chlorate de potassium libère donc du dioxygène quand il est chauffé.

C'est pourquoi la tête de l'allumette brûle très vite : elle contient son propre comburant.

4. Pourquoi « de sûreté » ?

Les premières allumettes (au XIXe siècle) contenaient du phosphore blanc dans la tête : elles s'allumaient en les frottant sur n'importe quelle surface, ce qui provoquait des incendies. De plus, le phosphore blanc est très toxique : les ouvriers qui fabriquaient ces allumettes tombaient gravement malades. Ces allumettes ont été abandonnées.

L'allumette de sûreté, mise au point en Suède au XIXe siècle, sépare les réactifs :

  • le chlorate est sur la tête ;
  • le phosphore rouge, beaucoup moins dangereux que le phosphore blanc, est sur le frottoir.

L'allumette ne peut donc s'enflammer que si l'on frotte la tête sur le frottoir de la boîte. C'est ce qu'a constaté Fatoumata : ni la tête seule sur une pierre, ni le frottoir seul ne suffisent.

Il existe aussi des allumettes « tous frottoirs », qui s'allument sur toute surface rugueuse : leur tête contient elle-même un composé du phosphore. Elles sont plus dangereuses.

Méthode

Pour expliquer le fonctionnement d'un objet qui produit une flamme :

  1. Je repère le combustible (ce qui brûle).
  2. Je repère le comburant (ce qui fournit le dioxygène).
  3. Je repère l'énergie d'activation (frottement, étincelle, chaleur).
  4. J'écris les équations des réactions principales et je décris l'ordre dans lequel elles se produisent.

Exemple

Utiliser la loi de Lavoisier : on chauffe 24,5 g de chlorate de potassium ; il reste 14,9 g de chlorure de potassium. Quelle masse de dioxygène a été libérée ?

Bilan : chlorate de potassium → chlorure de potassium + dioxygène.

m(chlorate) = m(chlorure) + m(dioxygène)

24,5 = 14,9 + m(dioxygène)

m(dioxygène) = 24,5 − 14,9 = 9,6 g.

5. Le feu : utile mais dangereux

Les allumettes rendent un grand service : cuisiner, s'éclairer, allumer une lampe. Mais le feu peut aussi détruire. En saison sèche, quand l'harmattan souffle, une allumette jetée dans l'herbe sèche peut provoquer un feu de brousse qui détruit les champs, les forêts et les cases.

Règles de sécurité :

  • ranger les allumettes hors de portée des jeunes enfants ;
  • ne jamais jeter une allumette sans l'avoir éteinte ;
  • frotter l'allumette en l'éloignant de soi et loin du visage et des vêtements ;
  • garder les allumettes à l'abri de l'humidité (une tête mouillée ne s'enflamme plus) et loin des sources de chaleur.

3Je retiens

Je retiens

Combustion : il faut un combustible, un comburant (le dioxygène) et une énergie d'activation (triangle du feu).

Tête de l'allumette de sûreté : chlorate de potassium (comburant) + soufre ou sulfure d'antimoine (combustible) + colle.

Frottoir : phosphore rouge + poudre de verre + colle ; tige : bois imprégné de paraffine.

Au frottement : le phosphore rouge s'enflamme, le chlorate libère du dioxygène, le soufre brûle, puis la paraffine et le bois.

2KClO₃ → 2KCl + 3O₂ ; S + O₂ → SO₂ ; bois + dioxygène → dioxyde de carbone + eau.

« Sûreté » : chlorate et phosphore sont séparés ; l'allumette ne s'allume que sur le frottoir de la boîte.

4Erreurs fréquentes

  • Croire que le phosphore est dans la tête de l'allumette de sûreté : il est sur le frottoir de la boîte.
  • Confondre combustible et comburant : le soufre et le bois brûlent (combustibles) ; le chlorate et le dioxygène font brûler (comburants).
  • Penser que le frottement seul allume l'allumette : il ne fournit que l'énergie d'activation ; ce sont des réactions chimiques qui produisent la flamme.
  • Oublier les produits gazeux de la combustion : l'allumette brûlée semble perdre de la masse car le dioxyde de carbone, la vapeur d'eau et le dioxyde de soufre partent dans l'air.

5Je m’exerce

1Exercice 1

Cite les trois éléments du triangle du feu et donne un exemple de chacun dans le cas d'une allumette.

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Combustible : le soufre de la tête, la paraffine, le bois. Comburant : le chlorate de potassium (qui libère du dioxygène) et le dioxygène de l'air. Énergie d'activation : la chaleur produite par le frottement sur le frottoir.

2Exercice 2

Recopie et complète : « La tête de l'allumette de sûreté contient du … de potassium, qui joue le rôle de … , et du … , qui joue le rôle de combustible. Le frottoir contient du … rouge et de la poudre de … . »

Voir le corrigéCacher le corrigé

« La tête de l'allumette de sûreté contient du chlorate de potassium, qui joue le rôle de comburant, et du soufre (ou du sulfure d'antimoine), qui joue le rôle de combustible. Le frottoir contient du phosphore rouge et de la poudre de verre. »

3Exercice 3

Explique pourquoi une allumette de sûreté ne s'allume pas quand on la frotte sur une pierre, alors qu'elle s'allume sur le côté de sa boîte.

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Dans une allumette de sûreté, le phosphore rouge n'est pas dans la tête : il est sur le frottoir de la boîte. Sur une pierre, il n'y a pas de phosphore pour démarrer la réaction : la chaleur du frottement ne suffit pas à enflammer la tête. Sur le frottoir, un peu de phosphore rouge s'enflamme au contact du chlorate et déclenche la suite des réactions.

4Exercice 4

Quand une allumette brûle, on sent une odeur piquante.

a) Quel gaz est responsable de cette odeur ?

b) Écris l'équation-bilan de sa formation.

c) Quelle substance de la tête fournit le dioxygène nécessaire ? Écris l'équation-bilan de cette réaction et vérifie qu'elle est équilibrée.

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a) Le dioxyde de soufre (SO2).

b) S + O2 → SO2.

c) Le chlorate de potassium : 2KClO3 → 2KCl + 3O2. Vérification : K : 2 = 2 ; Cl : 2 = 2 ; O : 2 × 3 = 6 à gauche et 3 × 2 = 6 à droite. Équilibrée.

5Exercice 5

(Synthèse) Le professeur chauffe 12,25 g de chlorate de potassium. À la fin, il reste 7,45 g de chlorure de potassium.

a) Écris le bilan en mots de la réaction.

b) Calcule la masse de dioxygène libérée. Quelle loi utilises-tu ?

c) Comment peut-on vérifier que le gaz libéré est du dioxygène ?

d) En saison sèche, pourquoi faut-il être très prudent avec les allumettes près des champs ? Utilise le triangle du feu.

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a) chlorate de potassium → chlorure de potassium + dioxygène.

b) Loi de Lavoisier (conservation de la masse) : 12,25 = 7,45 + m(dioxygène), donc m(dioxygène) = 12,25 - 7,45 = 4,8 g.

c) On présente une bûchette incandescente au gaz : elle se rallume vivement.

d) En saison sèche, l'herbe est sèche (combustible abondant), l'air apporte le comburant (dioxygène) et le vent (l'harmattan) attise le feu. Une allumette mal éteinte fournit l'énergie d'activation : les trois conditions sont réunies, un feu de brousse peut démarrer et s'étendre très vite.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Dans la tête d'une allumette de sûreté, le comburant est :
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Réponse B : le chlorate de potassium. Le chlorate de potassium libère du dioxygène quand il est chauffé.

2Où se trouve le phosphore rouge d'une allumette de sûreté ?
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Réponse C : sur le frottoir de la boîte. Il est séparé du chlorate : c'est ce qui rend l'allumette « de sûreté ».

3L'odeur piquante d'une allumette qui s'allume est due :
Voir la réponse

Réponse A : au dioxyde de soufre. Le soufre de la tête brûle : S + O2 → SO2.

4Quel est le rôle du frottement ?
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Réponse C : fournir l'énergie d'activation. La chaleur du frottement déclenche les réactions.

5On étouffe un petit feu avec du sable. Quel élément du triangle du feu supprime-t-on ?
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Réponse B : le comburant (le dioxygène de l'air). Le sable empêche l'air d'arriver au combustible : sans dioxygène, la combustion s'arrête.

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