Leçon 19 sur 68
Les verbes impersonnels
Je sais reconnaître un verbe impersonnel, distinguer le sujet apparent « il » du sujet réel et employer ces verbes correctement.
- 40 min
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Définir le verbe impersonnel et reconnaître le pronom « il » impersonnel
- Distinguer les verbes essentiellement impersonnels et les verbes employés impersonnellement
- Repérer le sujet apparent et le sujet réel d'une construction impersonnelle
Avant de commencer : Le sujet du verbe ; les pronoms personnels ; les verbes transitifs et intransitifs (8e)
1Je découvre
En juillet, à Kissidougou, Hawa écoute la radio rurale avec son grand-père. Le présentateur annonce : « Il pleuvra encore toute la journée sur la Guinée forestière. Il faut rester prudent sur les pistes. Il fait frais ce matin. »
Hawa, qui révise sa grammaire, se pose une question : « Grand-père, qui est ce "il" ? Qui va pleuvoir ? »
Son grand-père rit : « Personne, ma fille ! C'est une façon de parler. »
Hawa a raison de s'étonner. D'habitude, le pronom « il » remplace une personne ou une chose : « Le pêcheur arrive. Il porte ses filets. » Ici, « il » ne remplace rien ni personne. On ne peut pas demander « Qui est-ce qui pleut ? ».
Plus tard, le présentateur ajoute : « Il manque encore des semences dans certains villages. » Là, on comprend bien ce qui manque : des semences.
Qu'est-ce qu'un verbe impersonnel, et que représente ce « il » qui ne désigne personne ?
2Je comprends
1. Définition
Un verbe impersonnel est un verbe qui ne se conjugue qu'à la 3e personne du singulier, avec le pronom « il », et ce « il » ne représente aucune personne, aucun animal, aucune chose. On l'appelle le pronom impersonnel (ou sujet apparent).
- « Il pleut. » → On ne peut pas dire « je pleus », « nous pleuvons ».
- « Il faut partir. » → On ne peut pas remplacer « il » par un nom.
Le verbe impersonnel se conjugue à tous les temps, mais toujours à la 3e personne du singulier :
- présent : il pleut ; imparfait : il pleuvait ; passé simple : il plut ; futur : il pleuvra ; passé composé : il a plu ; conditionnel : il pleuvrait ; subjonctif : qu'il pleuve.
- présent : il faut ; imparfait : il fallait ; futur : il faudra ; passé composé : il a fallu ; subjonctif : qu'il faille.
2. Les verbes essentiellement impersonnels
Certains verbes sont toujours impersonnels. On les appelle essentiellement impersonnels. Ce sont surtout :
a) Les verbes qui expriment des phénomènes de la nature (météo)
- pleuvoir (il pleut), neiger (il neige), grêler (il grêle), tonner (il tonne), venter (il vente), bruiner (il bruine).
b) Le verbe « falloir » : il exprime la nécessité ou l'obligation.
- « Il faut protéger les forêts du Fouta-Djallon. »
- « Il faut de l'eau pour arroser le jardin. »
Remarque : dans le langage imagé, on peut dire « Les coups pleuvaient ». « Pleuvoir » a alors un vrai sujet (les coups). Mais c'est un emploi figuré et rare.
3. Les verbes et locutions employés impersonnellement
D'autres verbes ont d'habitude un sujet ordinaire, mais peuvent être employés à la forme impersonnelle. On dit qu'ils sont occasionnellement impersonnels.
a) Les locutions avec « faire » (le temps qu'il fait) :
- « Il fait chaud. » « Il fait nuit. » « Il fait beau. » « Il fait du vent. »
Comparer : « Mon père fait une case. » (« faire » a ici un vrai sujet.)
b) Les locutions avec « être »
- « Il est midi. » « Il est tard. »
- « Il est important de réviser. » « Il est vrai que la route est longue. »
c) La locution « il y a » : elle sert à présenter l'existence de quelque chose, ou une durée.
- « Il y a trois marchés dans notre quartier. »
- « Il est parti il y a deux jours. »
d) Des verbes ordinaires employés avec « il » impersonnel :
- arriver : « Il arrive des camions de bauxite chaque jour. »
- manquer : « Il manque deux élèves ce matin. »
- rester : « Il reste un peu de riz dans la marmite. »
- suffire : « Il suffit d'un peu de patience. »
- sembler, paraître : « Il semble que la pluie s'arrête. »
- s'agir : « Il s'agit d'une affaire sérieuse. » (« s'agir » est presque toujours impersonnel)
- valoir mieux : « Il vaut mieux partir tôt. »
- toujours avec « il » impersonnel
- pleuvoir, neiger, tonner, venter
- falloir : il faut
- Il pleut sur Kindia.
- ont d'habitude un vrai sujet
- arriver, manquer, rester, suffire
- faire, être : il fait chaud, il est tard
- Il manque deux élèves.
4. Sujet apparent et sujet réel
Dans une construction impersonnelle, on distingue deux sujets :
- le sujet apparent (ou sujet grammatical) : le pronom « il ». C'est avec lui que le verbe s'accorde : il reste au singulier.
- le sujet réel (ou sujet logique) : le groupe placé après le verbe, qui dit vraiment de quoi on parle.
« Il manque deux élèves. »
- sujet apparent : « il » ;
- sujet réel : « deux élèves ».
On le vérifie en transformant la phrase : « Deux élèves manquent. » Le sujet réel devient sujet ordinaire, et le verbe s'accorde alors au pluriel.
Attention : même si le sujet réel est au pluriel, le verbe impersonnel reste au singulier : « Il arrive des camions » (et non « il arrivent »).
Les verbes de météo n'ont en général pas de sujet réel : « Il pleut. » Avec « falloir », le groupe qui suit est souvent analysé comme sujet réel ou comme complément selon les manuels ; en 8e, retiens surtout que « il » est un sujet apparent.
- 1Je repère le verbe précédé de « il »
- 2Je me demande : « il » remplace-t-il un nom (une personne, une chose) ?
- 3Si oui : « il » est un pronom personnel ordinaire
- 4Si non : « il » est impersonnel, c'est le sujet apparent
- 5Je cherche après le verbe le groupe qui dit de quoi on parle : c'est le sujet réel
5. « Il » impersonnel ou « il » personnel ?
Il faut regarder le contexte :
- « Le chauffeur est en retard. Il arrive bientôt. » → « il » remplace « le chauffeur » : pronom personnel, construction personnelle.
- « Il arrive souvent des accidents sur cette route. » → « il » ne remplace rien : construction impersonnelle ; sujet réel : « des accidents ».
Méthode
Pour analyser une construction impersonnelle :
- Je vérifie que « il » ne remplace aucun nom de la phrase précédente.
- Je dis si le verbe est essentiellement impersonnel (pleuvoir, falloir…) ou employé impersonnellement (manquer, rester, arriver, faire, être…).
- Je relève le sujet apparent (« il ») et, s'il existe, le sujet réel placé après le verbe.
- Je vérifie en transformant : sujet réel + verbe accordé (« Des accidents arrivent »).
Exemple
Phrase : « Pendant l'harmattan, il fait froid le matin et il souffle un vent sec. »
« il fait froid » : locution impersonnelle avec « faire » ; sujet apparent : « il » ; pas de sujet réel.
« il souffle un vent sec » : « souffler » employé impersonnellement ; sujet apparent : « il » ; sujet réel : « un vent sec ».
Vérification : « Un vent sec souffle. »
Exemple
Phrase : « Il reste trois places dans le taxi-brousse pour Faranah. »
« reste » : verbe employé impersonnellement.
Sujet apparent : « il » ; sujet réel : « trois places ».
Le verbe reste au singulier malgré « trois places ». Transformation : « Trois places restent dans le taxi-brousse. »
Exemple
Phrase : « Il faudra qu'il tonne pour que les enfants rentrent. »
« faudra » : futur de « falloir », essentiellement impersonnel.
« tonne » : subjonctif présent de « tonner », essentiellement impersonnel (phénomène météo).
Dans les deux cas, « il » est un sujet apparent qui ne représente rien.
3Je retiens
Je retiens
Un verbe impersonnel se conjugue seulement à la 3e personne du singulier, avec un « il » qui ne représente rien : c'est le sujet apparent.
Essentiellement impersonnels : les verbes de météo (pleuvoir, neiger, tonner, venter, grêler) et « falloir » (il faut).
Employés impersonnellement : il fait (chaud, nuit), il est (midi, important de), il y a, il manque, il reste, il arrive, il suffit, il semble, il s'agit, il vaut mieux.
Le groupe placé après le verbe peut être le sujet réel : « Il manque deux élèves » → sujet réel : deux élèves.
Le verbe impersonnel reste toujours au singulier, même si le sujet réel est au pluriel.
4Erreurs fréquentes
- Accorder le verbe avec le sujet réel : on écrit « Il reste des mangues », et non « il restent des mangues ». Le verbe s'accorde avec « il », au singulier.
- Croire que tout « il » est impersonnel : dans « Mon oncle est parti, il revient demain », « il » remplace « mon oncle ».
- Écrire « il faut que » suivi de l'indicatif : « falloir que » demande le subjonctif : « Il faut que tu viennes », et non « il faut que tu viens ».
- Oublier « il » à l'écrit : à l'oral familier, on dit parfois « faut partir » ou « y a du monde » ; à l'écrit, on écrit « il faut partir », « il y a du monde ».
5Je m’exerce
1Exercice 1
Relève les verbes impersonnels et dis s'ils sont essentiellement impersonnels ou employés impersonnellement.
a) Il tonne depuis ce matin sur Nzérékoré.
b) Il faut arroser les jeunes plants.
c) Il manque du sel dans la sauce.
d) Il fait très chaud en avril.
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a) « tonne » : essentiellement impersonnel (phénomène météo).
b) « faut » : essentiellement impersonnel (verbe « falloir »).
c) « manque » : employé impersonnellement (on peut dire « Le sel manque »).
d) « fait » : employé impersonnellement (locution « il fait chaud »).
2Exercice 2
Dans chaque phrase, dis si « il » est un pronom personnel ou un pronom impersonnel. Justifie.
a) Mon frère est malade ; il reste au lit.
b) Il reste de l'eau dans le canari.
c) Le car de Labé est en retard ; il arrive dans une heure.
d) Il arrive parfois des visiteurs étrangers au village.
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a) « il » : pronom personnel, il remplace « mon frère ».
b) « il » : pronom impersonnel, il ne remplace rien ; sujet réel : « de l'eau ».
c) « il » : pronom personnel, il remplace « le car de Labé ».
d) « il » : pronom impersonnel ; sujet réel : « des visiteurs étrangers ».
3Exercice 3
Relève le sujet apparent et le sujet réel, puis transforme la phrase en construction personnelle.
a) Il manque trois cahiers sur la table.
b) Il est arrivé une lettre de Kankan.
c) Il reste quelques oranges au marché.
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a) Sujet apparent : « il » ; sujet réel : « trois cahiers ». → Trois cahiers manquent sur la table.
b) Sujet apparent : « il » ; sujet réel : « une lettre de Kankan ». → Une lettre de Kankan est arrivée.
c) Sujet apparent : « il » ; sujet réel : « quelques oranges ». → Quelques oranges restent au marché.
4Exercice 4
Conjugue le verbe entre parenthèses au temps demandé.
a) Hier, il (pleuvoir, passé composé) toute la nuit.
b) Demain, il (falloir, futur simple) se lever tôt.
c) Autrefois, il (neiger, imparfait) parfois sur les hauts sommets de ce pays lointain.
d) Je souhaite qu'il (pleuvoir, subjonctif présent) bientôt sur nos champs.
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a) Hier, il a plu toute la nuit.
b) Demain, il faudra se lever tôt.
c) Autrefois, il neigeait parfois sur les hauts sommets de ce pays lointain.
d) Je souhaite qu'il pleuve bientôt sur nos champs.
5Exercice 5
(Rédaction guidée) Rédige un petit bulletin météo de cinq ou six phrases pour la radio de ton école, un jour de saison des pluies. Emploie au moins quatre constructions impersonnelles différentes (dont « il faut ») et souligne-les.
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Exemple de réponse :
« Bonjour à tous ! Ce matin, il fait frais et le ciel est couvert. Cet après-midi, il pleuvra fortement et il tonnera peut-être. Il y a déjà de grosses flaques dans la cour. Il faut donc protéger vos cahiers dans un sac plastique. Enfin, il vaut mieux ne pas traverser le marigot quand l'eau monte. Bonne journée ! »
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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