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Français · 8e

Leçon 50 sur 68

Midi

Je sais lire et expliquer un texte qui décrit l'heure de midi sous le soleil, repérer les phrases nominales et les phrases courtes, et expliquer l'effet de l'hyperbole et de l'antithèse.

  • 50 min
  • 6 exercices corrigés
  • 1 schéma
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Enrichir le vocabulaire de la chaleur, de la lumière et de l'immobilité
  • Distinguer phrase verbale et phrase nominale et expliquer leur effet sur le rythme
  • Expliquer l'hyperbole et l'antithèse dans un texte descriptif
  • Décrire un moment de la journée en jouant sur le rythme des phrases

Avant de commencer : La phrase simple et la phrase complexe ; le champ lexical ; la personnification ; lecture expliquée « Au point du jour »

1Je découvre

Samedi, au grand marché de Kankan. Le matin, c'était la foule : les marchandes de légumes criaient leurs prix, les motos klaxonnaient, les porteurs se frayaient un chemin avec leurs brouettes. Ibrahima a aidé sa tante Fanta à vendre ses oignons et ses tomates.

Mais vers midi, tout change. Le soleil est juste au-dessus des têtes, les ombres ont presque disparu. Les marchandes se réfugient sous les parasols et les bâches, s'éventent avec un morceau de carton. Les clients se font rares. Un vendeur d'eau fraîche passe lentement. Un chat dort sous un étal. Même les mouches semblent fatiguées.

Ibrahima remarque : « Le matin, le marché parlait fort. À midi, il chuchote. » Sa tante rit : « Tu parles comme un écrivain ! »

Pourquoi l'heure de midi est-elle si particulière dans nos pays, et comment un écrivain peut-il nous faire sentir, par le rythme même de ses phrases, la chaleur et l'immobilité ? C'est ce que nous allons découvrir.

2Je comprends

1. Le vocabulaire de midi

À midi, le soleil atteint son point le plus haut dans le ciel : c'est le zénith. Dans les régions tropicales comme la Guinée, il est alors presque à la verticale, les ombres sont très courtes et la chaleur est la plus forte de la journée. Beaucoup de gens font une pause : c'est l'heure du repas et de la sieste.

Mot ou expressionSens
le zénithle point du ciel situé juste au-dessus de nos têtes
accablantsi fort qu'il fatigue, qu'il écrase
aveuglantsi lumineux qu'il empêche de voir
la torpeurun état d'engourdissement, de lourdeur, où l'on n'a plus envie de bouger
assoupià moitié endormi
la réverbérationla lumière renvoyée par une surface (sol, tôle, eau)
s'éventerse faire de l'air avec un éventail ou un objet
la siesteun court repos pris après le repas de midi

2. Le texte

Texte écrit pour cette leçon.

> Midi sur le village

>

> [1] Midi. Le soleil est au sommet du ciel, blanc, énorme, immobile. Il ne chauffe plus : il brûle. Sous ses rayons, les toits de tôle éblouissent comme des miroirs, et la latérite du chemin est si chaude qu'on n'y poserait pas le pied nu.

>

> [2] Plus un bruit. Plus un souffle. Les oiseaux se sont tus dans les manguiers. Les chèvres, couchées contre le mur, ferment les yeux. Le chien du voisin, étalé à l'ombre du grenier, ne lève même plus la tête quand un enfant passe. Au loin, sur la route, l'air tremble comme l'eau d'une marmite qui va bouillir.

>

> [3] Dans la cour, la vie s'est arrêtée. Sous l'apatam, mon grand-père somnole sur sa chaise longue, le chapelet immobile entre les doigts. Ma mère a posé le riz et la sauce sur la natte, puis elle s'est assise, un éventail de paille à la main. Personne ne parle. On mange lentement, on boit beaucoup, on attend.

>

> [4] Le matin, le village chantait ; à midi, il se tait. Le matin, tout courait ; à midi, tout s'endort. Il faudra attendre que le soleil commence à descendre, que les ombres s'allongent, pour que la vie reprenne. Pour l'instant, le village est un grand dormeur sous un ciel de feu.

3. L'idée générale et le plan

Idée générale : l'auteur décrit un village à l'heure de midi : sous un soleil brûlant, les bruits et les mouvements s'arrêtent, hommes et bêtes s'immobilisent en attendant la fraîcheur de l'après-midi.

  1. 1§1 Le soleil de midi : une chaleur et une lumière écrasantes
  2. 2§2 Le silence et l'immobilité de la nature et des animaux
  3. 3§3 La cour familiale : repos, repas lent, attente
  4. 4§4 Bilan : le contraste entre le matin animé et midi endormi
Le plan va du ciel (le soleil) vers la terre (animaux, puis hommes), avant de conclure.

4. L'étude détaillée

Les phrases nominales. Le texte s'ouvre sur un seul mot : « Midi. » Le paragraphe 2 commence par : « Plus un bruit. Plus un souffle. » Ce sont des phrases nominales : elles n'ont pas de verbe conjugué, elles sont construites autour d'un nom.

Phrase verbalePhrase nominale
construite autour d'un verbe conjuguéconstruite autour d'un nom, sans verbe conjugué
« Il ne chauffe plus. »« Midi. »
« Les oiseaux se sont tus. »« Plus un bruit. Plus un souffle. »

Ces phrases très courtes créent un effet de rupture et de silence, comme si le texte lui-même manquait de souffle. Elles imitent l'immobilité du village. C'est un procédé fréquent pour ouvrir une description ou pour frapper le lecteur.

Les phrases courtes et le rythme. Au paragraphe 3, les phrases raccourcissent encore : « Personne ne parle. On mange lentement, on boit beaucoup, on attend. » Les trois verbes, de plus en plus courts, ralentissent le rythme jusqu'au dernier mot, « attend ». Le lecteur ressent la lenteur de la scène.

Le champ lexical de la chaleur et de la lumière. « soleil », « blanc », « brûle », « rayons », « éblouissent », « miroirs », « chaude », « tremble », « ciel de feu ». Tous ces mots montrent la violence du soleil.

Le champ lexical de l'immobilité et du silence. « immobile », « Plus un bruit », « se sont tus », « ferment les yeux », « étalé », « ne lève même plus la tête », « somnole », « s'est arrêtée », « Personne ne parle », « se tait », « s'endort ». Ce deuxième champ lexical montre l'effet de la chaleur : tout s'arrête.

La gradation et l'hyperbole. « Il ne chauffe plus : il brûle » : le passage de « chauffer » à « brûler » est une gradation. L'image finale, « un ciel de feu », est une hyperbole (une exagération) : le ciel n'est pas vraiment en feu, mais l'expression fait sentir une chaleur extrême. De même, la latérite est « si chaude qu'on n'y poserait pas le pied nu ».

Les comparaisons. Les toits de tôle « éblouissent comme des miroirs » ; l'air tremble « comme l'eau d'une marmite qui va bouillir ». La seconde image, tirée de la cuisine quotidienne, décrit un phénomène réel : au-dessus d'un sol très chaud, l'air semble onduler.

L'antithèse du dernier paragraphe. L'antithèse oppose deux idées dans une même phrase pour les mettre en valeur : « Le matin, le village chantait ; à midi, il se tait. Le matin, tout courait ; à midi, tout s'endort. » La construction répétée (le matin… ; à midi…) rend l'opposition très nette. Remarque aussi le changement de temps : l'imparfait (« chantait », « courait ») pour le matin passé, le présent (« se tait », « s'endort ») pour le moment présent.

La métaphore finale. « le village est un grand dormeur » : c'est une métaphore (sans outil de comparaison) qui résume tout le texte : le village entier semble dormir.

Exemple

Question : Relève deux phrases nominales et explique leur effet.

Réponse rédigée : Le texte contient les phrases nominales « Midi. » et « Plus un bruit. » Elles n'ont pas de verbe conjugué. Très courtes, elles créent des pauses et donnent l'impression que le texte, comme le village, s'arrête et retient son souffle. Elles imitent ainsi le silence et l'immobilité de l'heure de midi.

Exemple

Question : Explique l'antithèse du paragraphe 4.

Réponse rédigée : L'auteur oppose le matin et midi : « Le matin, le village chantait ; à midi, il se tait. » Il oppose aussi « chantait » et « se tait », « courait » et « s'endort ». Cette antithèse met en valeur le contraste entre l'animation du matin et l'immobilité de midi : la chaleur a transformé le village.

Méthode

Pour étudier le rythme d'un texte :

  1. Je repère la longueur des phrases : longues (fluidité, abondance) ou courtes (rupture, lenteur, tension).
  2. Je cherche les phrases nominales (sans verbe conjugué) et je dis leur effet.
  3. Je repère les répétitions de construction (le matin… ; à midi…).
  4. Je relie toujours le rythme au sens : que ressent-on ?
  5. Je rédige : « L'auteur emploie… ; cela crée un effet de… ; le lecteur ressent… ».

Conclusion de l'explication. Ce texte fait sentir l'heure de midi autant par son rythme que par ses mots. Les phrases nominales et les phrases courtes imitent le silence, les deux champs lexicaux (chaleur et immobilité) montrent la cause et l'effet, et l'antithèse finale oppose le village animé du matin au « grand dormeur » de midi. Tout Guinéen reconnaît ce moment où le soleil impose sa loi.

3Je retiens

Je retiens

Midi : le soleil est au zénith, la chaleur est la plus forte ; c'est l'heure de la pause et de la sieste.

Phrase nominale : phrase sans verbe conjugué, construite autour d'un nom (« Midi. », « Plus un bruit. »).

Les phrases courtes créent un effet de rupture, de lenteur ou de silence ; les longues, un effet d'abondance.

Antithèse : opposition de deux idées dans une même phrase (le matin chantait / midi se tait).

Hyperbole : exagération volontaire (« un ciel de feu »).

Gradation : progression d'intensité (« il ne chauffe plus : il brûle »).

4Erreurs fréquentes

  • Croire qu'une phrase sans verbe est une faute : dans un texte littéraire, la phrase nominale est un choix d'écrivain, qui a un effet.
  • Parler du rythme sans l'expliquer : dis toujours ce que la longueur des phrases fait ressentir.
  • Confondre antithèse et comparaison : l'antithèse oppose deux idées ; la comparaison rapproche deux éléments.
  • Écrire « zénit » : on écrit « zénith », avec un h final.

5Je m’exerce

1Exercice 1

Vocabulaire. Complète avec : zénith, torpeur, aveuglante, sieste, s'éventer.

a) Après le repas, grand-père fait la … sous le manguier.

b) À midi, le soleil est au …

c) La lumière est si … qu'on doit plisser les yeux.

d) La chaleur plonge le village dans une grande …

e) Les marchandes utilisent un carton pour …

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a) Après le repas, grand-père fait la sieste sous le manguier.

b) À midi, le soleil est au zénith.

c) La lumière est si aveuglante qu'on doit plisser les yeux.

d) La chaleur plonge le village dans une grande torpeur.

e) Les marchandes utilisent un carton pour s'éventer.

2Exercice 2

Compréhension.

a) Que font les animaux à midi ? Donne trois exemples.

b) Que font le grand-père et la mère au paragraphe 3 ?

c) Quand la vie reprendra-t-elle, selon le paragraphe 4 ?

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a) Les oiseaux « se sont tus dans les manguiers » ; les chèvres, « couchées contre le mur, ferment les yeux » ; le chien « ne lève même plus la tête quand un enfant passe ».

b) Le grand-père « somnole sur sa chaise longue » sous l'apatam ; la mère pose le riz et la sauce sur la natte, puis s'assoit avec « un éventail de paille à la main ».

c) La vie reprendra quand « le soleil commence à descendre » et que « les ombres s'allongent », c'est-à-dire dans l'après-midi.

3Exercice 3

Dis si chaque phrase est verbale ou nominale.

a) « Midi. »

b) « Le soleil est au sommet du ciel. »

c) « Plus un souffle. »

d) « Personne ne parle. »

e) « Quelle chaleur ! »

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a) Nominale. b) Verbale (verbe « est »). c) Nominale. d) Verbale (verbe « parle »). e) Nominale (phrase exclamative sans verbe).

4Exercice 4

Transforme ces phrases verbales en phrases nominales.

a) Le marché ouvre à sept heures.

b) Les élèves sont arrivés.

c) Il fait une chaleur terrible.

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a) Ouverture du marché à sept heures.

b) Arrivée des élèves.

c) Chaleur terrible. (ou : Quelle chaleur terrible !)

5Exercice 5

Étude du texte.

a) Relève cinq mots du champ lexical de l'immobilité.

b) Explique l'hyperbole « un ciel de feu ».

c) Pourquoi l'auteur écrit-il « Il ne chauffe plus : il brûle » ?

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a) Par exemple : « immobile », « se sont tus », « somnole », « s'est arrêtée », « se tait », « s'endort » (tout relevé correct de cinq mots est accepté).

b) Le ciel n'est pas réellement en feu : c'est une exagération volontaire, une hyperbole. Elle fait sentir la chaleur extrême de midi et la couleur éclatante du ciel.

c) Cette phrase est une gradation : on passe de « chauffer » à « brûler », un verbe plus fort. L'auteur montre que la chaleur de midi n'est plus agréable, elle devient douloureuse. Les deux-points renforcent l'effet, comme une correction.

6Exercice 6

(Expression écrite) Décris en huit à dix lignes ta cour, ton école ou le marché à l'heure de midi. Commence par une phrase nominale, emploie des phrases courtes pour faire sentir la lenteur, et termine par une antithèse entre le matin et midi.

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Exemple de réponse :

« Midi. Dans la cour de l'école de Faranah, plus personne ne court. Le soleil frappe la cour de sable blanc. Les élèves se serrent sous le grand néré. Personne ne crie. Le maître essuie son front. Un lézard s'arrête sur le mur, immobile. Une seule chose bouge : le drapeau, un peu, quand passe un souffle chaud. Le matin, la cour riait ; à midi, elle se tait. »

Vérification : phrase nominale « Midi. » ; phrases courtes ; antithèse finale « Le matin, la cour riait ; à midi, elle se tait ».

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Qu'est-ce qu'une phrase nominale ?
Voir la réponse

Réponse B : une phrase sans verbe conjugué, construite autour d'un nom. « Midi. » ou « Plus un bruit. » sont des phrases nominales.

2Quel est l'effet des phrases très courtes dans ce texte ?
Voir la réponse

Réponse B : elles créent des pauses qui imitent le silence et la lenteur. Le rythme haché imite l'immobilité du village à midi.

3« Le matin, le village chantait ; à midi, il se tait » est :
Voir la réponse

Réponse A : une antithèse. Deux idées opposées (chanter / se taire, matin / midi) sont rapprochées.

4Qu'est-ce que le zénith ?
Voir la réponse

Réponse B : le point du ciel situé juste au-dessus de nos têtes. À midi, sous les tropiques, le soleil est proche du zénith.

5« Un ciel de feu » est :
Voir la réponse

Réponse C : une hyperbole. C'est une exagération volontaire qui fait sentir la chaleur extrême.

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