Leçon 35 sur 51
Les moyens d'information
Je sais lire et expliquer un texte sur les moyens d'information, en dégager l'idée générale et la structure, et réfléchir à la manière de m'informer sans me laisser tromper.
- 50 min
- 6 exercices corrigés
- 1 schéma
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Comprendre le vocabulaire des moyens d'information (presse, radio, télévision, Internet, crieur public)
- Dégager l'idée générale, la structure et les procédés d'un texte
- Distinguer une information vérifiée d'une rumeur
- Répondre par écrit à des questions de lecture expliquée
Avant de commencer : Le champ lexical ; les figures de style (comparaison, antithèse) ; la situation de communication
1Je découvre
Un matin, à Dabola, une nouvelle court de bouche en bouche : « Il paraît que l'examen du BEPC est reporté ! » Mamadou l'a lue dans un message transféré sur le téléphone de son cousin. Aïssatou l'a entendue au puits. Sékou, lui, l'a appris d'un ami qui l'a « vu sur les réseaux ».
Le soir, le grand-père de Mamadou allume sa vieille radio à piles et écoute le journal parlé. Aucune annonce de report. Le lendemain, le directeur du collège confirme : les dates n'ont pas changé. La « nouvelle » était fausse.
Mamadou est troublé. Autrefois, au village, c'était le crieur public qui annonçait les nouvelles, puis la radio est arrivée ; aujourd'hui, chacun reçoit des dizaines de messages par jour sur son téléphone.
Quels sont les moyens d'information, quels services rendent-ils, et comment savoir si une nouvelle est vraie ? C'est ce que va nous faire découvrir un texte à lire et à expliquer.
2Je comprends
1. Le texte
Texte écrit pour cette leçon.
> La radio de grand-père
>
> [1] Au village de Kalinko, les nouvelles arrivaient autrefois à pied. Le crieur public montait sur la place, frappait son tambour et annonçait d'une voix forte les décisions du chef, les mariages, les deuils et les jours de marché. Tout le monde se taisait pour l'écouter, car il n'y avait pas d'autre voix pour parler du monde.
>
> [2] Puis un jour, mon grand-père revint de Kankan avec une petite boîte noire. Il tourna un bouton, et la boîte se mit à parler. Les enfants reculèrent, les vieillards froncèrent les sourcils : une voix sans corps venait de très loin et racontait ce qui se passait dans la capitale, en Afrique et au-delà des mers. Désormais, chaque soir, les hommes s'asseyaient sous le fromager, autour de la radio, comme autour d'un ancien qui sait tout.
>
> [3] Aujourd'hui, mon grand-père a toujours sa radio, mais mon frère a un téléphone. Dans ce petit écran, il y a les journaux, la télévision, les photos, les vidéos, les messages de ses amis. Il sait en une seconde ce qui arrive à l'autre bout du monde. Pourtant, grand-père n'est pas jaloux. Il sourit : « Ton téléphone parle beaucoup, mon fils, mais dit-il toujours la vérité ? Moi, je sais qui parle dans ma radio. Toi, sais-tu qui a écrit ce que tu lis ? »
>
> [4] Mon frère ne répond pas. Il sait que, la semaine dernière, un faux message a fait peur à tout le quartier. Le vrai savoir n'est pas de recevoir mille nouvelles, mais de reconnaître celle qui est vraie.
2. Le vocabulaire
| Mot ou expression | Sens dans le texte |
|---|---|
| crieur public | personne chargée d'annoncer à haute voix les nouvelles et les décisions dans un village |
| annonçait | faisait savoir publiquement |
| deuils | décès, et la période de tristesse qui les suit |
| une voix sans corps | la voix de la radio, dont on ne voit pas la personne qui parle |
| fromager | grand arbre d'Afrique au tronc épais, lieu de rassemblement au village |
| désormais | à partir de ce moment |
| froncèrent les sourcils | montrèrent leur méfiance, leur étonnement |
Autres mots utiles du thème : la presse écrite (les journaux), un quotidien (journal qui paraît chaque jour), un hebdomadaire (chaque semaine), un journaliste, un reporter, un auditeur (celui qui écoute la radio), un téléspectateur, un internaute, un média (moyen de diffusion de l'information ; pluriel : les médias), une rumeur (nouvelle non vérifiée qui circule de bouche en bouche), une source (origine d'une information).
3. L'idée générale et la structure
Idée générale : le narrateur raconte comment les moyens d'information de son village ont évolué, du crieur public à la radio puis au téléphone, et, à travers les paroles du grand-père, il montre que recevoir beaucoup d'informations ne suffit pas : il faut savoir distinguer la vérité.
- 1§1 Autrefois : le crieur public, seule « voix » du village
- 2§2 L'arrivée de la radio : étonnement puis rassemblement sous le fromager
- 3§3 Aujourd'hui : le téléphone et ses mille nouvelles ; la question du grand-père
- 4§4 La leçon : le vrai savoir, c'est reconnaître la nouvelle vraie
Le texte suit l'ordre chronologique, marqué par des indicateurs de temps : « autrefois », « Puis un jour », « Désormais », « Aujourd'hui », « la semaine dernière ».
4. L'étude du texte
a) Trois moyens d'information, trois époques.
| Moyen | Caractéristiques dans le texte |
|---|---|
| le crieur public | parole directe, locale ; il annonce les nouvelles du village (« décisions du chef, mariages, deuils ») |
| la radio | voix lointaine ; elle ouvre le village sur le monde (« la capitale, en Afrique et au-delà des mers ») |
| le téléphone | réunit tous les médias (« journaux, télévision, photos, vidéos ») ; il est instantané (« en une seconde ») |
b) Les procédés d'écriture.
- Personnification : « les nouvelles arrivaient autrefois à pied » (les nouvelles marchent comme des personnes : elles venaient lentement, portées par des gens) ; « la boîte se mit à parler » ; « Ton téléphone parle beaucoup ».
- Périphrase : « une petite boîte noire » et « une voix sans corps » désignent la radio vue par des villageois qui ne la connaissent pas encore.
- Comparaison : « autour de la radio, comme autour d'un ancien qui sait tout » : la radio prend la place du sage dans la société.
- Hyperbole : « recevoir mille nouvelles » souligne l'abondance des informations d'aujourd'hui.
- Antithèse implicite dans le dernier paragraphe : recevoir beaucoup / reconnaître la vérité ; quantité / qualité.
c) Le rôle du grand-père. Il représente la sagesse. Ses questions (« dit-il toujours la vérité ? », « sais-tu qui a écrit ce que tu lis ? ») obligent le frère, et le lecteur, à réfléchir. Il ne rejette pas le progrès ; il rappelle qu'il faut connaître la source d'une information.
5. Réflexion : bien s'informer
Les moyens d'information rendent de grands services : ils informent (actualité, météo, prix des produits), éduquent (émissions de santé, d'agriculture, cours à la radio), divertissent (musique, sport) et relient les personnes éloignées. En Guinée, la radio reste un moyen très répandu, car elle fonctionne à piles, dans les villages éloignés, et parle aussi dans les langues nationales.
Mais l'information peut être fausse : une rumeur, un message modifié, une photo sortie de son contexte. Avant de croire et de partager une nouvelle, pose-toi trois questions :
- Qui l'a dit ou écrit ? (une source connue et responsable, ou un inconnu ?)
- D'autres médias sérieux annoncent-ils la même chose ?
- Le message cherche-t-il à me faire peur ou à me mettre en colère pour que je le partage vite ?
Méthode
Pour répondre aux questions d'une lecture expliquée :
- Je lis le texte deux fois : une fois pour comprendre l'histoire, une fois en soulignant les mots importants.
- Je cherche le sens des mots difficiles grâce au contexte, puis au dictionnaire.
- Je formule l'idée générale en une ou deux phrases : qui ? quoi ? quel message ?
- Je découpe le texte en parties et je donne un titre à chacune.
- Pour chaque question, je réponds par une phrase complète et je cite le texte entre guillemets comme preuve.
- Je termine par mon avis personnel, justifié par un exemple.
Exemple
Question : Pourquoi, selon le narrateur, « tout le monde se taisait » pour écouter le crieur public ?
Réponse rédigée : Tout le monde se taisait parce que le crieur public était la seule source d'information du village ; le texte le dit clairement : « il n'y avait pas d'autre voix pour parler du monde ». Manquer son annonce, c'était ne rien savoir des événements.
Exemple
Question : Expliquez la comparaison « comme autour d'un ancien qui sait tout ».
Réponse rédigée : L'auteur compare la radio à un ancien, c'est-à-dire à un sage respecté du village. Les hommes s'assoient autour d'elle pour écouter, comme ils le feraient autour d'un vieux qui raconte. Cette comparaison montre que la radio est devenue une nouvelle source de savoir, respectée et écoutée.
3Je retiens
Je retiens
Les moyens d'information (les médias) : le crieur public, la presse écrite, la radio, la télévision, le téléphone et Internet.
Ils informent, éduquent, divertissent et relient les personnes ; la radio reste très répandue dans les villages de Guinée.
Une rumeur est une nouvelle non vérifiée ; avant de la croire ou de la partager, on vérifie la source.
Idée du texte : du crieur public au téléphone, les moyens d'information ont changé, mais il faut toujours distinguer le vrai du faux.
Lecture expliquée : idée générale, structure (parties et titres), vocabulaire, procédés (personnification, comparaison, hyperbole), avis personnel.
Toujours répondre par des phrases complètes et citer le texte entre guillemets.
4Erreurs fréquentes
- Raconter tout le texte au lieu de donner l'idée générale : l'idée générale tient en une ou deux phrases.
- Répondre sans citer le texte : chaque réponse doit être prouvée par une citation entre guillemets.
- Confondre le narrateur et le grand-père : c'est le petit-fils qui raconte (« mon grand-père », « mon frère ») ; le grand-père est un personnage.
- Croire qu'une nouvelle est vraie parce qu'elle est partagée par beaucoup de gens : le nombre ne prouve rien, seule la source compte.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Vocabulaire) Explique ces mots, puis emploie chacun dans une phrase : un auditeur, un quotidien, une rumeur, les médias.
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- Un auditeur : une personne qui écoute la radio. « Chaque matin, les auditeurs de la radio rurale suivent l'émission sur l'agriculture. »
- Un quotidien : un journal qui paraît chaque jour. « Mon oncle achète un quotidien au kiosque en allant au travail. »
- Une rumeur : une nouvelle qui circule de bouche en bouche sans être vérifiée. « La rumeur du report de l'examen était fausse. »
- Les médias : les moyens de diffusion de l'information (presse, radio, télévision, Internet). « Les médias ont annoncé le début de la campagne de vaccination. »
2Exercice 2
(Compréhension) Réponds par des phrases complètes en citant le texte.
a) Quelles nouvelles le crieur public annonçait-il ?
b) Comment les villageois ont-ils réagi la première fois qu'ils ont entendu la radio ? Pourquoi ?
c) Quels avantages le téléphone du frère présente-t-il ?
d) Pourquoi le frère « ne répond pas » à la question du grand-père ?
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a) Le crieur public annonçait « les décisions du chef, les mariages, les deuils et les jours de marché », c'est-à-dire les nouvelles de la vie du village.
b) Ils ont eu peur et se sont méfiés : « Les enfants reculèrent, les vieillards froncèrent les sourcils ». Ils ne comprenaient pas comment « une voix sans corps » pouvait sortir d'une boîte.
c) Le téléphone réunit tous les médias (« les journaux, la télévision, les photos, les vidéos, les messages ») et il est très rapide : « Il sait en une seconde ce qui arrive à l'autre bout du monde. »
d) Il ne répond pas parce qu'il se sent pris en défaut : il sait que son téléphone peut transmettre de fausses nouvelles, comme « un faux message » qui « a fait peur à tout le quartier » la semaine précédente.
3Exercice 3
(Étude de la langue) Dans le paragraphe 2 :
a) Relève trois verbes au passé simple et donne leur infinitif.
b) Relève l'adverbe de temps qui marque un changement durable.
c) Quel est le sujet de « se mit à parler » ? Quelle figure de style reconnais-tu ?
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a) revint (revenir), tourna (tourner), reculèrent (reculer) ; on accepte aussi se mit (se mettre), froncèrent (froncer).
b) Désormais.
c) Le sujet est « la boîte ». C'est une personnification : la radio est présentée comme une personne qui parle.
4Exercice 4
(Analyse) Relève dans le texte le champ lexical de la parole (au moins six mots). Que montre ce champ lexical ?
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Champ lexical de la parole : « crieur », « voix forte », « annonçait », « se taisait », « écouter », « parler », « une voix sans corps », « racontait », « parle », « dit », « répond ». Ce champ lexical montre que l'information circule d'abord par la parole et l'écoute : c'est une société de l'oral, où la voix (du crieur, de la radio, du grand-père) transmet le savoir.
5Exercice 5
(Type BEPC) Réponds aux questions suivantes.
a) Donne l'idée générale du texte.
b) Découpe le texte en trois parties et donne un titre à chacune.
c) Explique la dernière phrase : « Le vrai savoir n'est pas de recevoir mille nouvelles, mais de reconnaître celle qui est vraie. »
d) Relève une hyperbole et explique son effet.
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a) Le narrateur raconte l'évolution des moyens d'information dans son village, du crieur public au téléphone en passant par la radio, et montre, grâce au grand-père, qu'il faut savoir reconnaître les vraies nouvelles.
b) 1re partie (§1) : Le temps du crieur public. 2e partie (§2) : L'arrivée de la radio. 3e partie (§3-4) : Le téléphone et la question de la vérité.
c) Cette phrase signifie qu'il ne suffit pas d'avoir beaucoup d'informations pour être bien informé. Ce qui compte, c'est l'esprit critique : savoir trier, vérifier la source, reconnaître la vérité parmi les rumeurs.
d) « recevoir mille nouvelles » : le nombre exagéré insiste sur l'abondance des informations d'aujourd'hui, qui peut noyer la vérité.
6Exercice 6
(Expression écrite) En huit à dix lignes, explique à un camarade comment vérifier une nouvelle reçue sur son téléphone avant de la partager. Donne au moins un exemple tiré de la vie de ton quartier ou de ton village.
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Exemple de réponse :
« Quand tu reçois une nouvelle sur ton téléphone, ne la partage pas tout de suite. Demande-toi d'abord qui l'a écrite : si tu ne connais pas la source, méfie-toi. Ensuite, écoute la radio ou regarde si des médias sérieux annoncent la même chose. Fais attention aux messages qui te font peur ou te mettent en colère : ils sont souvent faits pour être partagés vite. Par exemple, dans notre quartier, un message disait que l'eau du puits était empoisonnée ; beaucoup de familles ont eu peur. Le chef de quartier a fait analyser l'eau : c'était faux. Si tout le monde avait vérifié avant de partager, on aurait évité cette panique. »
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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