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Géologie · Terminale SE Prépare le BAC

Leçon 14 sur 22

La subduction et la résorption de la croûte océanique

Je sais reconnaître une zone de subduction à ses marqueurs, expliquer pourquoi et comment la lithosphère océanique plonge dans le manteau, et comment naît le magmatisme de ces régions.

  • 1 h
  • 5 exercices corrigés
  • 3 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Définir la subduction et citer les deux types de zones de subduction
  • Décrire les marqueurs d'une zone de subduction (fosse, plan de Wadati-Benioff, volcanisme, anomalies thermiques)
  • Expliquer les transformations métamorphiques de la plaque plongeante et l'origine du magma andésitique
  • Calculer l'inclinaison d'un plan de Wadati-Benioff

Avant de commencer : La leçon « Genèse et évolution de la lithosphère » (densité croissante et hydratation de la lithosphère océanique) ; les séismes et leur foyer ; notions de trigonométrie (tangente).

1Je découvre

Ibrahima, élève de Terminale SE à N'Zérékoré, suit avec ses camarades un reportage sur le Japon. On y voit un séisme très violent, un tsunami qui franchit les digues, puis un volcan en forme de cône parfait qui fume au-dessus des rizières. Le présentateur explique que le Japon subit chaque année des milliers de séismes.

« Pourquoi le Japon tremble-t-il tout le temps, alors qu'en Guinée on sent la terre trembler très rarement ? » demande Hawa. Le professeur ouvre une carte : les séismes du Japon ne sont pas répartis au hasard. Près de la côte Pacifique, ils sont peu profonds ; plus on va vers l'intérieur des terres et vers la mer du Japon, plus leurs foyers sont profonds, jusqu'à plusieurs centaines de kilomètres.

Il ajoute : « Dans la leçon précédente, nous avons vu que la lithosphère océanique vieillit, devient dense et ne dépasse jamais 180 millions d'années environ. Au Japon, vous voyez l'endroit où elle disparaît. »

Comment et pourquoi la lithosphère océanique s'enfonce-t-elle dans le manteau, et quelles en sont les conséquences en surface ?

2Je comprends

1. Définition et types de subduction

La subduction est le plongement d'une plaque lithosphérique océanique sous une autre plaque, dans le manteau. La plaque qui plonge est la plaque plongeante (ou plaque subduite) ; l'autre est la plaque chevauchante.

On distingue deux grands types :

  • la subduction océan-continent : une lithosphère océanique plonge sous un continent. Exemple : la plaque de Nazca plonge sous l'Amérique du Sud, ce qui a formé la cordillère des Andes ;
  • la subduction océan-océan : une lithosphère océanique plonge sous une autre lithosphère océanique. Il se forme alors un arc insulaire, chapelet d'îles volcaniques. Exemples : les Mariannes, les Petites Antilles ; le Japon est un arc plus complexe, lié à ce type de subduction.

2. Les marqueurs d'une zone de subduction

a) La fosse océanique. À l'endroit où la plaque commence à plonger, le fond de l'océan forme une dépression longue et étroite, très profonde : la fosse. La fosse des Mariannes, dans le Pacifique, dépasse 10 000 m de profondeur (près de 11 000 m), le point le plus profond des océans. Les sédiments raclés à la surface de la plaque plongeante s'accumulent contre la plaque chevauchante et forment un prisme d'accrétion.

b) Le plan de Wadati-Benioff. Les foyers des séismes se répartissent sur un plan incliné qui s'enfonce sous la plaque chevauchante, du côté de la fosse vers l'intérieur. Ils sont superficiels près de la fosse, puis de plus en plus profonds, jusqu'à environ 700 km. Ce plan porte le nom des sismologues Wadati et Benioff. Les séismes se produisent dans la plaque plongeante, qui reste froide et rigide plus longtemps que le manteau qui l'entoure : ce plan dessine donc la plaque qui s'enfonce.

c) Les anomalies thermiques. Le flux géothermique est faible au niveau de la fosse (la plaque froide descend et « refroidit » la région) et fort au niveau de l'arc volcanique (arrivée de magma chaud).

d) Le magmatisme. Environ 100 km au-dessus du plan de Wadati-Benioff, parallèlement à la fosse, se trouve une chaîne de volcans : c'est l'arc volcanique. Leur lave est visqueuse et riche en eau et en gaz, d'où des éruptions explosives (nuées ardentes, colonnes de cendres), comme au mont Saint Helens (États-Unis) en 1980 ou au Pinatubo (Philippines) en 1991. Les roches volcaniques typiques sont les andésites et les rhyolites. Une partie du magma cristallise en profondeur et forme des roches plutoniques comme les granodiorites.

  1. 1Côté océan : la lithosphère océanique âgée et dense arrive vers la fosse
  2. 2Fosse océanique et prisme d'accrétion : début du plongement
  3. 3Plan de Wadati-Benioff : séismes de plus en plus profonds dans la plaque plongeante, jusqu'à environ 700 km
  4. 4Vers 100 km de profondeur : l'eau libérée par la plaque fait fondre partiellement le manteau au-dessus
  5. 5Arc volcanique : volcans explosifs (andésites) et plutons de granodiorite
Coupe schématique d'une zone de subduction, de l'océan vers la plaque chevauchante.

3. Pourquoi la lithosphère océanique plonge-t-elle ?

Nous avons vu que la lithosphère océanique, en vieillissant, se refroidit, s'épaissit et devient plus dense. Au bout de quelques dizaines de millions d'années, sa densité moyenne dépasse celle de l'asthénosphère : elle est en déséquilibre. Dès qu'une zone de faiblesse lui permet de commencer à plonger, elle s'enfonce sous son propre poids.

De plus, en profondeur, les roches de la plaque plongeante se transforment en minéraux encore plus denses (voir le paragraphe 4). La partie déjà enfoncée tire donc le reste de la plaque vers le bas, comme une nappe qui glisse d'une table quand une grande partie pend déjà dans le vide. C'est la traction de la plaque plongeante, considérée comme l'un des principaux moteurs du mouvement des plaques.

La lithosphère continentale, elle, est trop légère (croûte de densité 2,7 environ) : elle ne peut pas subduire durablement.

4. Les transformations de la plaque plongeante : le métamorphisme

En descendant, la croûte océanique est soumise à une pression qui augmente vite alors que sa température augmente lentement (la plaque est froide et se réchauffe peu à peu). Ses minéraux deviennent instables et se transforment à l'état solide : c'est le métamorphisme, ici de haute pression et basse température.

ÉtapeRocheMinéraux caractéristiquesEau
Près de la dorsaleGabbro puis métagabbro hydraté (faciès schistes verts)plagioclase, pyroxène, puis chlorite, amphibolehydratation
Début de subductionMétagabbro du faciès schistes bleusglaucophane (amphibole bleue)perte d'eau
Grande profondeurÉclogitegrenat, jadéite (pyroxène)roche presque sans eau

L'essentiel à comprendre : la roche s'hydrate près de la dorsale (hydrothermalisme) puis se déshydrate en descendant. L'éclogite est une roche très dense, ce qui accentue l'enfoncement de la plaque.

Exemple

On trouve dans les Alpes un métagabbro contenant de la glaucophane et, à côté, une roche à grenat et jadéite. Que peut-on en déduire ?

  1. La glaucophane caractérise le faciès des schistes bleus ; le grenat et la jadéite caractérisent le faciès éclogite.
  2. Ces deux faciès se forment à haute pression et à basse température, conditions typiques d'une plaque océanique qui plonge.
  3. Ces roches d'origine océanique (gabbro) ont donc subi une subduction avant d'être ramenées en surface lors de la formation de la chaîne alpine.

Conclusion : ces minéraux sont des marqueurs d'une ancienne zone de subduction.

5. D'où vient le magma des zones de subduction ?

Ce n'est pas la plaque plongeante qui fond : elle est trop froide. Le magma naît dans le manteau de la plaque chevauchante, juste au-dessus de la plaque plongeante (le « coin de manteau »).

Voici le mécanisme :

  1. Vers 100 km de profondeur, la déshydratation des minéraux de la plaque plongeante libère de l'eau.
  2. Cette eau monte dans la péridotite du manteau situé au-dessus.
  3. Une péridotite hydratée fond à une température plus basse qu'une péridotite sèche : son solidus est abaissé.
  4. La péridotite hydratée franchit donc son solidus et fond partiellement. Le magma obtenu, riche en eau, monte, se transforme en traversant la croûte et donne les volcans andésitiques et les plutons de granodiorite.

La subduction fabrique donc de la croûte continentale : les magmas qui cristallisent sous l'arc volcanique épaississent la plaque chevauchante.

Dorsale : eaufixéePlaque quiplongeEau libéréeManteau fondVolcan d'arc
Le trajet de l'eau : fixée dans la croûte près de la dorsale, libérée en subduction, elle déclenche la fusion du manteau sous l'arc.

6. La résorption de la croûte océanique

La lithosphère plongeante s'enfonce dans le manteau, se réchauffe peu à peu et finit par s'y mélanger : on dit qu'elle est résorbée. La Terre ne grossit pas : ce qui est fabriqué aux dorsales est, globalement, détruit dans les zones de subduction. Dorsales et zones de subduction fonctionnent ensemble comme les deux bouts d'un tapis roulant. C'est ce qui explique qu'aucun fond océanique n'ait plus de 180 millions d'années environ.

7. Calculer l'inclinaison du plan de Wadati-Benioff

Méthode

Pour calculer l'angle d'inclinaison α du plan de Wadati-Benioff :

  1. Je choisis un foyer situé sur le plan : je relève sa profondeur p et sa distance horizontale d à la fosse.
  2. J'écris tan α = p ÷ d (triangle rectangle : côté opposé ÷ côté adjacent).
  3. Je calcule α avec la touche « arctan » (ou tan⁻¹) de la calculatrice, en degrés.
  4. Je vérifie : un angle faible signifie une subduction peu inclinée, un angle proche de 90° une plongée presque verticale.

Exemple

Un séisme a son foyer à 300 km de profondeur, à 400 km (distance horizontale) de la fosse. Calculer l'inclinaison du plan de Wadati-Benioff.

  1. tan α = 300 ÷ 400 = 0,75.
  2. α = arctan(0,75) ≈ 36,9°.

Le plan plonge d'environ 37° sous la plaque chevauchante.

FSHFosseFoyer à 300 km400 km
Triangle rectangle utilisé pour calculer l'inclinaison α du plan de Wadati-Benioff (au sommet F).

3Je retiens

Je retiens

La subduction est le plongement d'une lithosphère océanique sous une autre plaque (océanique ou continentale).

Marqueurs : fosse, prisme d'accrétion, plan de Wadati-Benioff (séismes jusqu'à 700 km environ), flux de chaleur faible à la fosse et fort à l'arc, volcanisme explosif andésitique.

Moteur : la lithosphère océanique âgée est plus dense que l'asthénosphère ; la plaque plongeante tire le reste de la plaque.

Métamorphisme de haute pression et basse température : schistes verts → schistes bleus (glaucophane) → éclogite (grenat, jadéite), avec perte d'eau.

L'eau libérée abaisse le solidus de la péridotite du manteau chevauchant, qui fond partiellement vers 100 km : andésites et granodiorites.

La lithosphère plongeante est résorbée dans le manteau ; tan α = profondeur ÷ distance horizontale.

4Erreurs fréquentes

  • Dire que c'est la plaque plongeante qui fond : elle est trop froide ; c'est le manteau situé au-dessus, hydraté par l'eau qu'elle libère, qui fond partiellement.
  • Confondre le volcanisme des dorsales (basaltique, effusif, lave fluide) et celui des zones de subduction (andésitique, explosif, lave visqueuse).
  • Placer les séismes profonds du côté de l'océan : ils sont du côté de la plaque chevauchante, loin de la fosse.
  • Oublier que le métamorphisme se fait à l'état solide : la roche se transforme sans fondre.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Définis la subduction et donne un exemple de chaque type.

b) Cite quatre marqueurs d'une zone de subduction.

c) Pourquoi la lithosphère continentale ne subduit-elle pas durablement ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) La subduction est le plongement d'une lithosphère océanique sous une autre plaque, dans le manteau. Océan-continent : plaque de Nazca sous l'Amérique du Sud (Andes). Océan-océan : arc des Mariannes ou des Petites Antilles.

b) La fosse océanique, le plan de Wadati-Benioff (séismes de plus en plus profonds), le volcanisme explosif andésitique de l'arc, le flux géothermique faible à la fosse et fort à l'arc (on peut aussi citer le prisme d'accrétion et les roches métamorphiques à glaucophane ou grenat-jadéite).

c) Sa croûte, épaisse et de faible densité (environ 2,7), rend la lithosphère continentale moins dense que l'asthénosphère : elle ne peut pas s'y enfoncer durablement.

2Exercice 2

Classe dans l'ordre de leur formation au cours de la vie d'une croûte océanique : éclogite, gabbro, métagabbro à glaucophane, métagabbro à chlorite et amphibole. Indique pour chaque étape s'il y a gain ou perte d'eau.

Voir le corrigéCacher le corrigé

Gabbro (à la dorsale) → métagabbro à chlorite et amphibole (hydratation, près de la dorsale : gain d'eau) → métagabbro à glaucophane (début de subduction : perte d'eau) → éclogite (grande profondeur : perte d'eau, roche presque anhydre).

3Exercice 3

Le foyer d'un séisme se situe à 150 km de profondeur, à 200 km de la fosse (distance horizontale).

a) Calcule l'inclinaison du plan de Wadati-Benioff (au dixième de degré).

b) Sous l'arc volcanique, le plan atteint environ 100 km de profondeur. À quelle distance horizontale de la fosse se trouve l'arc (au kilomètre près) ?

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a) tan α = 150 ÷ 200 = 0,75 ; α = arctan(0,75) ≈ 36,9°.

b) d = 100 ÷ tan α = 100 ÷ 0,75 ≈ 133 km. L'arc se trouve à environ 133 km de la fosse.

4Exercice 4

Explique, en quatre étapes numérotées, comment l'eau de mer infiltrée dans la croûte près de la dorsale peut être à l'origine d'un volcan explosif des Andes.

Voir le corrigéCacher le corrigé
  1. Près de la dorsale, l'eau de mer circule dans la croûte chaude et transforme ses minéraux en minéraux hydratés (hydrothermalisme).
  2. Lors de la subduction, la plaque plongeante subit un métamorphisme (schistes bleus puis éclogite) qui libère cette eau.
  3. Vers 100 km, l'eau monte dans la péridotite du manteau chevauchant, abaisse son solidus et provoque sa fusion partielle.
  4. Le magma riche en eau et en gaz monte et alimente les volcans andésitiques, dont les éruptions sont explosives à cause de la forte teneur en gaz et de la viscosité de la lave.

5Exercice 5

(Type BAC) On étudie une coupe perpendiculaire à la côte ouest de l'Amérique du Sud. Le tableau donne la profondeur des foyers sismiques en fonction de la distance à la fosse (données simplifiées).

Distance à la fosse (km)0100200400600
Profondeur des foyers (km)1060110210310

On observe aussi un flux géothermique faible au niveau de la fosse et fort à environ 200 km de celle-ci, où se trouvent des volcans andésitiques.

a) Décris la répartition des foyers. Que dessinent-ils ?

b) Calcule la pente de ce plan entre 0 et 600 km et déduis-en son inclinaison.

c) Explique les variations du flux géothermique.

d) Explique l'origine des volcans situés à environ 200 km de la fosse.

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a) Les foyers sont superficiels près de la fosse et de plus en plus profonds en s'éloignant vers le continent. Ils dessinent un plan incliné plongeant sous l'Amérique du Sud : le plan de Wadati-Benioff, qui matérialise la plaque océanique plongeante.

b) Pente = (310 − 10) ÷ 600 = 300 ÷ 600 = 0,5 ; α = arctan(0,5) ≈ 26,6°. Le plan est incliné d'environ 27°.

c) Au niveau de la fosse, la lithosphère océanique froide s'enfonce et abaisse la température de la région : flux faible. Au niveau de l'arc, du magma chaud monte du manteau : flux fort.

d) À 200 km de la fosse, le plan de Wadati-Benioff est à environ 110 km de profondeur. À cette profondeur, la plaque plongeante se déshydrate (métamorphisme) ; l'eau libérée abaisse le solidus de la péridotite du manteau situé au-dessus, qui fond partiellement. Le magma hydraté, visqueux, monte et donne des volcans andésitiques explosifs.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Que dessinent les foyers des séismes d'une zone de subduction ?
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Réponse B : un plan incliné plongeant sous la plaque chevauchante. C'est le plan de Wadati-Benioff, qui matérialise la plaque plongeante encore rigide.

2Quel minéral caractérise le faciès des schistes bleus ?
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Réponse B : la glaucophane. La glaucophane est une amphibole bleue formée à haute pression et basse température.

3Quelle roche fond pour donner le magma des zones de subduction ?
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Réponse B : la péridotite hydratée du manteau de la plaque chevauchante. L'eau libérée par la plaque plongeante abaisse le solidus de la péridotite située au-dessus.

4Un foyer est à 200 km de profondeur et à 200 km de la fosse. L'inclinaison du plan est de :
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Réponse B : 45°. tan α = 200 ÷ 200 = 1, donc α = 45°.

5Pourquoi la lithosphère océanique âgée plonge-t-elle dans le manteau ?
Voir la réponse

Réponse A : parce qu'elle est devenue plus dense que l'asthénosphère. En vieillissant, elle se refroidit et s'épaissit ; plus dense que l'asthénosphère, elle s'y enfonce.

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