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Mathématiques · Terminale SM Prépare le BAC

Leçon 20 sur 41

Les ensembles N et Z

Je sais utiliser la divisibilité, la division euclidienne et les congruences dans ℤ, et raisonner par récurrence sur les entiers naturels.

  • 1 h 30
  • 6 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Connaître les propriétés de ℕ et de ℤ et raisonner par récurrence
  • Utiliser la définition et les propriétés de la divisibilité dans ℤ
  • Effectuer une division euclidienne dans ℤ et interpréter le reste
  • Calculer avec les congruences pour trouver le reste d'une grande puissance

Avant de commencer : Calcul sur les entiers relatifs, puissances ; multiples et diviseurs vus au collège ; raisonnement par récurrence (leçon sur les suites).

1Je découvre

Sékou, élève de Terminale à Mamou, participe à un jeu organisé par l'association du quartier. On range 2 026 bouteilles d'eau dans des casiers de 7. Question du jeu : combien de bouteilles resteront hors des casiers ?

Sékou calcule vite : 7 × 289 = 2 023, donc il restera 2 026 - 2 023 = 3 bouteilles. Deuxième question, beaucoup plus difficile : « Quel est le reste de la division de 22026 par 7 ? » Ce nombre a plus de 600 chiffres : aucune calculatrice ne l'affiche en entier.

Son amie Fanta remarque : 23 = 8 = 7 + 1. « Quand on divise 23 par 7, il reste 1. Et si on multiplie des nombres qui laissent un reste de 1… peut-être qu'il reste encore 1 ? » Elle a trouvé une idée très puissante : on peut calculer directement sur les restes.

Comment décrire précisément la divisibilité et les restes dans les entiers, et comment calculer le reste d'un très grand nombre ?

2Je comprends

1. Les ensembles ℕ et ℤ

  • ℕ = {0 ; 1 ; 2 ; 3 ; …} est l'ensemble des entiers naturels.
  • ℤ = {… ; -2 ; -1 ; 0 ; 1 ; 2 ; …} est l'ensemble des entiers relatifs. On a ℕ ⊂ ℤ.

La somme, la différence et le produit de deux entiers relatifs sont des entiers relatifs (le quotient, en général, non).

Propriété fondamentale de ℕ. Toute partie non vide de ℕ possède un plus petit élément. C'est cette propriété qui justifie le raisonnement par récurrence : pour démontrer qu'une propriété P(n) est vraie pour tout entier n ≥ n0,

  • initialisation : on vérifie P(n0) ;
  • hérédité : on suppose P(n) vraie pour un entier n ≥ n0 quelconque, et on démontre P(n + 1) ;
  • conclusion : P(n) est vraie pour tout n ≥ n0.
  1. 1Initialisation : je vérifie que P(n₀) est vraie.
  2. 2Hérédité : je suppose P(n) vraie pour un entier n ≥ n₀ (hypothèse de récurrence).
  3. 3Je démontre P(n + 1) en utilisant l'hypothèse de récurrence.
  4. 4Conclusion : P(n) est vraie pour tout entier n ≥ n₀.
Les étapes du raisonnement par récurrence, comme une rangée de dominos qui tombent l'un après l'autre.

2. La divisibilité dans ℤ

Définition. Soient a et b deux entiers relatifs. On dit que a divise b (ou que b est un multiple de a, ou que a est un diviseur de b) s'il existe un entier relatif k tel que b = ka. On note a mid b.

Exemples : 3 mid 12 car 12 = 4 × 3 ; -5 mid 35 car 35 = (-7) × (-5) ; tout entier divise 0 ; 1 et -1 divisent tout entier.

Si a mid b, alors -a mid b : les diviseurs vont par paires opposées. On cherche souvent les diviseurs positifs, puis on ajoute leurs opposés.

Propriétés. Pour tous entiers a, b, c :

  • si a mid b et b mid c, alors a mid c (transitivité) ;
  • si a mid b et a mid c, alors a mid bu + cv pour tous entiers u et v (combinaison linéaire) ;
  • si a mid b et b ≠ 0, alors |a| ≤ |b|.

La propriété de combinaison linéaire est l'outil principal pour les exercices du type « trouver n tel que… ».

Exemple

Trouver tous les entiers relatifs n tels que n + 3 divise 2n + 11.

n + 3 divise n + 3, donc divise 2(n + 3) = 2n + 6.

Si n + 3 divise 2n + 11, il divise la différence (2n + 11) − (2n + 6) = 5.

Donc n + 3 ∈ {−5 ; −1 ; 1 ; 5}, soit n ∈ {−8 ; −4 ; −2 ; 2}.

Réciproquement, on vérifie : pour n = 2, 5 divise 15 ; pour n = −2, 1 divise 7 ; pour n = −4, −1 divise 3 ; pour n = −8, −5 divise −5.

S = {−8 ; −4 ; −2 ; 2}.

3. La division euclidienne

Théorème. Soient a ∈ ℤ et b ∈ ℕ^*. Il existe un unique couple d'entiers (q ; r) tel que

a = bq + r et 0 ≤ r < b.

q est le quotient et r le reste de la division euclidienne de a par b.

On a b mid a si et seulement si le reste r est nul.

Attention aux nombres négatifs. Le reste est toujours positif ou nul. Pour diviser -25 par 7, on n'écrit pas -25 = 7 × (-3) - 4 (reste négatif, interdit) mais -25 = 7 × (-4) + 3 : le quotient est -4 et le reste 3.

05101520253023
23 est entre les multiples 20 = 5 × 4 et 25 = 5 × 5 : 23 = 5 × 4 + 3, le quotient est 4 et le reste 3.

Conséquence : raisonner par restes. Tout entier n s'écrit 2k ou 2k + 1 (pair ou impair) ; 3k, 3k + 1 ou 3k + 2 ; etc. On peut alors raisonner « par disjonction des cas ».

Exemple

Montrer que pour tout entier n, n(n + 1) est pair.

Si n est pair, n = 2k et n(n + 1) = 2k(2k + 1) est un multiple de 2.

Si n est impair, n = 2k + 1 et n + 1 = 2k + 2 = 2(k + 1) : le produit est encore un multiple de 2.

Dans tous les cas, n(n + 1) est pair (produit de deux entiers consécutifs).

4. Les congruences

Définition. Soit n un entier naturel, n ≥ 2. Deux entiers a et b sont congrus modulo n si a - b est divisible par n. On note a ≡ b [n].

De façon équivalente, a ≡ b [n] si et seulement si a et b ont le même reste dans la division euclidienne par n. En particulier, si r est le reste de la division de a par n, alors a ≡ r [n] avec 0 ≤ r < n.

Exemples : 17 ≡ 2 [5] ; -1 ≡ 6 [7] ; 10 ≡ 1 [9].

Propriétés (compatibilité avec les opérations). Si a ≡ b [n] et c ≡ d [n], alors :

  • a + c ≡ b + d [n] et a - c ≡ b - d [n] ;
  • ac ≡ bd [n] ;
  • ak ≡ bk [n] pour tout entier naturel k.

Attention : on n'a pas le droit de « diviser » une congruence en général.

Méthode

Pour trouver le reste de la division de a^N par n :

  1. Je calcule les premières puissances de a modulo n jusqu'à trouver une puissance a^p ≡ 1 [n] (ou un reste qui se répète).
  2. J'écris la division euclidienne de N par p : N = pq + s avec 0 ≤ s < p.
  3. J'écris a^N = (a^p)^q × a^s ≡ 1^q × a^s ≡ a^s [n].
  4. Je donne le reste, qui doit être un entier entre 0 et n − 1.

Exemple

Quel est le reste de la division de 2²⁰²⁶ par 7 ?

2¹ ≡ 2 [7], 2² ≡ 4 [7], 2³ = 8 ≡ 1 [7].

2026 = 3 × 675 + 1, donc 2²⁰²⁶ = (2³)⁶⁷⁵ × 2 ≡ 1⁶⁷⁵ × 2 ≡ 2 [7].

Le reste est 2 (Fanta avait raison : on calcule sur les restes).

Exemple

Montrer par récurrence que pour tout n ∈ ℕ, 9ⁿ − 1 est divisible par 8.

Initialisation : 9⁰ − 1 = 0, divisible par 8.

Hérédité : on suppose 9ⁿ − 1 = 8k (k entier). Alors 9ⁿ⁺¹ − 1 = 9 × 9ⁿ − 1 = 9(8k + 1) − 1 = 72k + 8 = 8(9k + 1).

Donc 9ⁿ⁺¹ − 1 est divisible par 8.

Conclusion : pour tout n, 8 divise 9ⁿ − 1.

(Avec les congruences, c'est immédiat : 9 ≡ 1 [8], donc 9ⁿ ≡ 1ⁿ = 1 [8].)

3Je retiens

Je retiens

Toute partie non vide de ℕ a un plus petit élément ; c'est la base du raisonnement par récurrence.

a divise b (a | b) ⇔ il existe k ∈ ℤ tel que b = ka.

Si a | b et a | c, alors a | bu + cv pour tous u, v entiers.

Division euclidienne (a ∈ ℤ, b ∈ ℕ*) : a = bq + r avec 0 ≤ r < b, couple (q ; r) unique.

a ≡ b [n] ⇔ n divise a − b ⇔ même reste dans la division par n.

Les congruences se conservent par addition, soustraction, multiplication et puissance.

4Erreurs fréquentes

  • Donner un reste négatif : −25 = 7 × (−3) − 4 n'est pas la division euclidienne ; il faut −25 = 7 × (−4) + 3.
  • Oublier les diviseurs négatifs dans ℤ : les diviseurs de 5 dans ℤ sont −5, −1, 1 et 5.
  • Oublier la réciproque : dans « trouver n tel que n + 3 divise 2n + 11 », on obtient des valeurs possibles qu'il faut vérifier.
  • Diviser une congruence : 6 ≡ 2 [4] n'entraîne pas 3 ≡ 1 [4] (c'est faux : 3 − 1 = 2).

5Je m’exerce

1Exercice 1

Donne la liste des diviseurs positifs de 60, puis le nombre de diviseurs de 60 dans ℤ.

Voir le corrigéCacher le corrigé

On cherche les produits égaux à 60 : 1 × 60, 2 × 30, 3 × 20, 4 × 15, 5 × 12, 6 × 10.

Diviseurs positifs : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 10, 12, 15, 20, 30, 60 (il y en a 12). Dans ℤ, on ajoute leurs opposés : 24 diviseurs.

2Exercice 2

Effectue la division euclidienne :

a) de 587 par 13 ; b) de -587 par 13.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) 13 × 45 = 585 et 587 - 585 = 2 : 587 = 13 × 45 + 2 avec 0 ≤ 2 < 13. Quotient 45, reste 2.

b) -587 = 13 × (-45) - 2 : le reste serait négatif. On retire un de plus au quotient : 13 × (-46) = -598 et -587 - (-598) = 11. Donc -587 = 13 × (-46) + 11 avec 0 ≤ 11 < 13. Quotient -46, reste 11.

3Exercice 3

Détermine les entiers relatifs n tels que n - 2 divise n + 5.

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n - 2 divise n - 2 ; s'il divise n + 5, il divise la différence (n + 5) - (n - 2) = 7.

Donc n - 2 ∈ {-7 ; -1 ; 1 ; 7}, soit n ∈ {-5 ; 1 ; 3 ; 9}.

Vérification : n = -5 : -7 divise 0 ; n = 1 : -1 divise 6 ; n = 3 : 1 divise 8 ; n = 9 : 7 divise 14. S = {-5 ; 1 ; 3 ; 9}.

4Exercice 4

Démontre par récurrence que, pour tout entier naturel n, 4n + 2 est divisible par 3.

Voir le corrigéCacher le corrigé

Soit P(n) : « 4n + 2 est divisible par 3 ».

Initialisation : 40 + 2 = 3, divisible par 3.

Hérédité : on suppose 4n + 2 = 3k avec k entier. Alors 4n+1 + 2 = 4 × 4n + 2 = 4(3k - 2) + 2 = 12k - 6 = 3(4k - 2), divisible par 3.

Conclusion : pour tout n ∈ ℕ, 4n + 2 est divisible par 3.

5Exercice 5

a) Calcule le reste de la division de 3100 par 5.

b) Démontre que pour tout entier naturel n, 34n + 1 + 2 est divisible par 5.

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a) 31 ≡ 3, 32 = 9 ≡ 4, 33 ≡ 12 ≡ 2, 34 ≡ 6 ≡ 1 [5]. Comme 100 = 4 × 25, 3100 = (34)25 ≡ 1 [5]. Le reste est 1.

b) 34n + 1 = (34)n × 3 ≡ 1n × 3 = 3 [5], donc 34n+1 + 2 ≡ 5 ≡ 0 [5] : c'est un multiple de 5.

6Exercice 6

(Type BAC)

a) Détermine les restes de la division de 2n par 5 pour n = 0, 1, 2, 3, 4. Que remarques-tu ?

b) Déduis-en le reste de la division de 22026 par 5.

c) Détermine les entiers naturels n tels que 2n + 3 soit divisible par 5.

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a) 20 = 1, 21 = 2, 22 = 4, 23 = 8 ≡ 3, 24 = 16 ≡ 1 [5]. Les restes sont 1, 2, 4, 3, puis ils se répètent tous les 4, car 24 ≡ 1 [5].

b) 2026 = 4 × 506 + 2, donc 22026 = (24)506 × 22 ≡ 1 × 4 = 4 [5]. Le reste est 4.

c) On écrit n = 4k + s avec s ∈ {0, 1, 2, 3} ; alors 2n ≡ 2s [5].

2n + 3 ≡ 0 [5] ⇔ 2n ≡ -3 ≡ 2 [5] ⇔ s = 1.

Donc 2n + 3 est divisible par 5 si et seulement si n = 4k + 1 avec k ∈ ℕ (par exemple n = 1 : 2 + 3 = 5 ; n = 5 : 32 + 3 = 35).

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Quel est le reste de la division euclidienne de -17 par 5 ?
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Réponse B : 3. -17 = 5 × (-4) + 3 avec 0 ≤ 3 < 5.

2Si a divise b et a divise c, alors a divise :
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Réponse B : 3b - 2c. Un diviseur commun de b et c divise toute combinaison linéaire bu + cv.

3Laquelle de ces congruences est vraie ?
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Réponse B : 23 ≡ 2 [7]. 23 - 2 = 21 = 3 × 7 est divisible par 7. En revanche 23 - 1 = 22 n'est pas divisible par 4, et 23 - 4 = 19 n'est pas divisible par 5.

4Combien d'entiers relatifs divisent 7 ?
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Réponse B : 4. Les diviseurs de 7 dans ℤ sont -7, -1, 1 et 7.

5Sachant que 10 ≡ 1 [9], quel est le reste de 1050 dans la division par 9 ?
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Réponse A : 1. Les congruences se conservent par puissance : 1050 ≡ 150 = 1 [9].

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