Leçon 25 sur 26
Le résumé de texte
Je sais résumer un texte argumentatif au nombre de mots demandé, en gardant ses idées essentielles et son enchaînement logique, sans le recopier ni le commenter.
- 1 h
- 5 exercices corrigés
- 1 schéma
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Connaître les règles du résumé (fidélité, concision, reformulation, point de vue de l'auteur)
- Dégager la structure logique d'un texte (thèse, arguments, connecteurs)
- Réduire et reformuler au nombre de mots imposé et compter correctement les mots
- Réussir l'épreuve de résumé du BAC
Avant de commencer : La prise de notes, les connecteurs logiques, la notion de thèse et d'argument.
1Je découvre
Un soir, à Siguiri, Mamadou écoute à la radio un débat d'une demi-heure sur l'école. Le lendemain, son grand-père, qui n'a pas pu l'écouter, lui demande : « Alors, qu'ont-ils dit ? » Mamadou n'a que deux minutes avant de partir au lycée. Il ne peut pas tout répéter. Il doit dire l'essentiel, dans l'ordre, sans trahir les idées des intervenants et sans donner son propre avis.
Sans le savoir, Mamadou fait un résumé. Au BAC, l'exercice est le même, mais par écrit et avec une contrainte précise : réduire un texte à une fraction de sa longueur (souvent le quart), au mot près ou presque.
Comment réduire un texte en gardant fidèlement ses idées essentielles et leur enchaînement ?
2Je comprends
1. Définition et règles
Le résumé est la contraction d'un texte : on le réécrit en beaucoup moins de mots, en conservant ses idées essentielles et leur ordre logique, avec ses propres mots.
| Règle | Ce qu'elle signifie |
|---|---|
| Fidélité | garder la thèse et les arguments de l'auteur, sans rien ajouter ni déformer |
| Point de vue de l'auteur | on écrit comme si on était l'auteur : pas de « l'auteur dit que », pas d'avis personnel |
| Ordre du texte | suivre l'ordre des idées du texte |
| Enchaînement logique | garder les liens (cause, conséquence, opposition, concession) avec des connecteurs |
| Reformulation | ne pas recopier les phrases du texte ; on peut garder les mots clés indispensables |
| Concision | supprimer les exemples, les répétitions, les détails, les citations |
| Nombre de mots | respecter la longueur demandée, avec la tolérance fixée par la consigne (souvent plus ou moins 10 %) |
| Indication du nombre | écrire le nombre de mots à la fin du résumé |
2. Compter les mots
On compte comme un mot tout ce qui est séparé par une espace ou une apostrophe :
- « l'école » = 2 mots ; « c'est » = 2 mots ; « qu'il » = 2 mots ;
- un nombre écrit en chiffres (« 1958 ») = 1 mot ;
- un mot composé avec trait d'union (« arc-en-ciel », « peut-être ») compte pour 1 mot.
La tolérance. Si le texte fait 289 mots et qu'on demande le quart : 289 ÷ 4 = 72,25, soit environ 72 mots. La tolérance de 10 % représente environ 7 mots. Le résumé doit donc compter entre 65 et 79 mots. En dehors de cette fourchette, on perd des points.
3. La démarche
- 1Lire le texte deux ou trois fois pour comprendre le thème et la thèse.
- 2Repérer la structure : paragraphes, connecteurs, thèse, arguments, exemples.
- 3Dégager l'idée essentielle de chaque paragraphe en une phrase courte.
- 4Supprimer exemples, répétitions, détails ; garder les liens logiques.
- 5Rédiger le résumé avec ses propres mots, dans l'ordre du texte.
- 6Compter les mots, ajuster, écrire le total entre parenthèses et relire.
Repérer la structure. Un texte argumentatif comporte :
- une thèse (l'opinion défendue) ;
- des arguments (les raisons) ;
- des exemples (les illustrations, à supprimer en général) ;
- souvent une thèse adverse que l'auteur réfute ;
- des connecteurs qui montrent le raisonnement : « or », « pourtant », « donc », « car », « en effet », « certes… mais ».
Réduire. Les techniques de réduction :
- remplacer une énumération par un mot générique : « les médecins, les ingénieurs, les enseignants » → « les cadres » ;
- remplacer une proposition par un nom : « parce que les jeunes quittent le pays » → « à cause de l'émigration » ;
- fusionner deux phrases qui disent la même chose ;
- supprimer les exemples, les anecdotes, les questions rhétoriques, les citations.
4. Un exemple complet
Voici un texte de 289 mots.
> On a longtemps cru que l'école suffisait à former un citoyen. Il suffisait, pensait-on, d'apprendre à lire, à écrire et à compter pour devenir un homme libre et utile à son pays. Cette conviction a porté les premières générations d'élèves après l'indépendance : on voyait dans le diplôme la clé de toutes les portes.
>
> Pourtant, cette confiance a été ébranlée. Beaucoup de jeunes diplômés ne trouvent pas d'emploi, et certains, découragés, rêvent de partir à l'étranger au péril de leur vie. D'autres constatent que le savoir appris par cœur ne les aide guère à résoudre les problèmes concrets de leur quartier ou de leur village. Le diplôme, qui promettait tant, semble parfois n'être qu'un morceau de papier.
>
> Faut-il pour autant condamner l'école ? Ce serait une erreur grave. Sans elle, un pays ne peut former ni médecins, ni ingénieurs, ni enseignants. C'est elle qui ouvre l'esprit, apprend à raisonner, à douter, à comparer. Un peuple instruit se laisse moins facilement tromper, et il sait mieux défendre ses droits.
>
> Le problème n'est donc pas l'école elle-même, mais ce qu'on y enseigne et la manière de l'enseigner. Il faudrait rapprocher l'enseignement de la vie : initier aux métiers de l'agriculture, de l'élevage, de la mine ou du numérique, développer l'esprit d'entreprise, valoriser les langues nationales à côté du français. Il faudrait aussi que la famille, les entreprises et l'État travaillent ensemble pour accompagner les jeunes jusqu'à l'emploi.
>
> L'école ne perd rien de sa valeur : elle doit seulement se transformer pour rester fidèle à sa mission, qui est de préparer chaque enfant à vivre dignement et à servir son pays.
Exemple
Étape 1 : la structure du texte.
Thème : l'école et la formation des citoyens.
Thèse : l'école reste indispensable, mais elle doit se transformer.
§1 : Thèse ancienne : l'école suffisait à former des citoyens.
§2 (« Pourtant ») : Cette confiance est ébranlée : chômage des diplômés, émigration, savoir éloigné des réalités.
§3 : Réfutation : l'école reste indispensable (elle forme les cadres, l'esprit critique).
§4 (« donc ») : Solution : rapprocher l'école de la vie (métiers, langues nationales) avec l'appui de tous.
§5 : Conclusion : l'école doit se transformer pour remplir sa mission.
Exemples supprimés : médecins, ingénieurs, enseignants (→ « les cadres ») ; agriculture, élevage, mine, numérique (→ « les métiers »).
Exemple
Étape 2 : le résumé au quart (fourchette : 65 à 79 mots).
On a longtemps cru que l'école suffisait à former des citoyens. Or le chômage des diplômés et un savoir éloigné des réalités ont ébranlé cette confiance. Pourtant, l'école reste indispensable : elle forme les cadres et l'esprit critique. Il faut donc la rapprocher de la vie, par les métiers et les langues nationales, avec l'appui des familles, des entreprises et de l'État, pour qu'elle prépare chacun à vivre dignement. (74 mots)
Vérification : ordre respecté, connecteurs gardés (or, pourtant, donc), aucun exemple, aucun avis personnel, pas de « l'auteur dit », 74 mots dans la fourchette.
5. Le résumé et la discussion
Au BAC, le résumé est souvent suivi d'une discussion : on te demande de réfléchir à une idée du texte et de donner ton avis argumenté. Attention : ton opinion n'a sa place que dans la discussion, jamais dans le résumé. La discussion se construit comme une petite dissertation : introduction, deux ou trois parties argumentées avec exemples, conclusion.
Méthode
Pour réussir un résumé au BAC :
- Je lis le texte plusieurs fois et je souligne la thèse et les connecteurs.
- Je numérote les paragraphes et j'écris en marge l'idée essentielle de chacun.
- Je calcule la longueur demandée et la fourchette de plus ou moins 10 %.
- Je rédige au brouillon, avec mes mots, dans l'ordre du texte, au point de vue de l'auteur.
- Je compte les mots (apostrophe = séparation), j'ajuste.
- Je recopie au propre et j'indique le nombre de mots entre parenthèses.
3Je retiens
Je retiens
Résumer : réduire un texte à la longueur demandée en gardant ses idées essentielles et leur enchaînement.
Règles : fidélité, point de vue de l'auteur (ni « l'auteur dit », ni avis personnel), ordre du texte, reformulation, liens logiques.
On supprime : exemples, répétitions, détails, citations, questions rhétoriques.
Compter : un mot = ce qui est séparé par une espace ou une apostrophe (« l'école » = 2 mots).
Tolérance : plus ou moins 10 % ; indiquer le nombre de mots à la fin.
L'avis personnel se donne seulement dans la discussion.
4Erreurs fréquentes
- Écrire « L'auteur affirme que… » : le résumé se fait à la place de l'auteur, sans le nommer.
- Recopier des phrases entières du texte : il faut reformuler, en gardant seulement les mots clés indispensables.
- Garder les exemples et oublier les liens logiques : on obtient une liste d'idées sans raisonnement.
- Mal compter les mots ou oublier d'indiquer le total : c'est une perte de points facile à éviter.
5Je m’exerce
1Exercice 1
Compte les mots de chaque phrase selon la règle du résumé.
a) « L'école n'est pas une prison. »
b) « C'est en 1958 que la Guinée est devenue indépendante. »
c) « Qu'il pleuve ou non, nous irons au champ. »
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a) L' / école / n' / est / pas / une / prison : 7 mots.
b) C' / est / en / 1958 / que / la / Guinée / est / devenue / indépendante : 10 mots.
c) Qu' / il / pleuve / ou / non / nous / irons / au / champ : 9 mots.
2Exercice 2
Réduis chaque passage en quelques mots en utilisant un terme générique ou une nominalisation.
a) « On cultive du riz, du maïs, du fonio, de l'arachide et du manioc. »
b) « Parce que les pluies ont été très abondantes, les récoltes ont été détruites. »
c) « Les pères, les mères, les oncles, les tantes et les grands-parents se sont réunis. »
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a) « On cultive des céréales et des tubercules » ou plus court : « On pratique des cultures vivrières. »
b) « Les pluies abondantes ont détruit les récoltes. »
c) « Toute la famille s'est réunie. »
3Exercice 3
Voici un résumé mal fait du texte étudié dans la leçon. Relève trois défauts.
« L'auteur dit que l'école suffisait à former un citoyen. Beaucoup de jeunes diplômés ne trouvent pas d'emploi et rêvent de partir. Par exemple, les médecins, les ingénieurs et les enseignants sont formés à l'école. Je pense qu'il faut enseigner les langues nationales. »
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Défauts : 1) « L'auteur dit que » : le résumé doit se faire au point de vue de l'auteur, sans le nommer ; 2) la deuxième phrase est presque recopiée du texte ; 3) l'exemple (médecins, ingénieurs, enseignants) aurait dû être supprimé ; 4) « Je pense que » : l'avis personnel est interdit ; 5) l'enchaînement logique (pourtant, donc) a disparu et l'idée principale (l'école reste indispensable mais doit se transformer) manque.
4Exercice 4
Dégage la structure du texte de l'exercice 5 (thème, thèse, idée de chaque paragraphe, connecteurs).
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Thème : la propreté des villes pendant la saison des pluies.
Thèse : la propreté des villes est une responsabilité partagée entre l'État et les habitants.
§1 : constat : les caniveaux bouchés par les déchets provoquent inondations et maladies.
§2 : première responsabilité : les autorités, qui ne collectent pas assez les ordures (concession : « Ce reproche n'est pas sans fondement »).
§3 (« Mais ») : seconde responsabilité : chaque habitant, par ses gestes quotidiens.
§4 : conclusion : la propreté se construit ensemble (condition : « Si… et si… »).
Exemples à supprimer : paludisme, choléra, sachets, camions ; question rhétorique à supprimer.
5Exercice 5
(Type BAC) Résume le texte suivant au quart de sa longueur (il compte 162 mots). Indique la fourchette acceptée et le nombre de mots de ton résumé.
« Chaque année, pendant la saison des pluies, les rues de nos villes se transforment en rivières. Les caniveaux, bouchés par les sachets plastiques et les ordures, ne laissent plus passer l'eau. Des maisons sont inondées, des marchandises perdues, et les maladies comme le paludisme ou le choléra se répandent plus vite.
On accuse souvent les autorités de ne pas curer les caniveaux ni ramasser les ordures. Ce reproche n'est pas sans fondement : sans camions, sans décharges organisées, aucune ville ne peut rester propre.
Mais chacun de nous porte aussi une part de responsabilité. Qui n'a jamais jeté un sachet dans la rue, en se disant qu'un seul ne changerait rien ? Ce sont pourtant des millions de gestes semblables qui finissent par boucher les canalisations.
La propreté de la ville ne se décrète pas : elle se construit ensemble. Si l'État organise la collecte et si chaque habitant change ses habitudes, nos quartiers pourront traverser l'hivernage sans catastrophe. »
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Calcul : 162 ÷ 4 = 40,5, soit environ 41 mots ; tolérance d'environ 4 mots ; fourchette acceptée : de 37 à 45 mots.
Résumé possible :
« Chaque hivernage, les caniveaux bouchés par les déchets provoquent inondations et maladies. Les autorités, qui collectent mal les ordures, sont responsables, mais les habitants qui jettent leurs déchets le sont aussi. La propreté exige donc l'action commune de l'État et des citoyens. » (44 mots)
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.
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