Leçon 6 sur 35
L'Afrique : étude économique
Je sais présenter l'agriculture, l'élevage, la pêche et l'exploitation forestière en Afrique, distinguer cultures vivrières et cultures de rente, et expliquer leurs forces et leurs faiblesses.
- 45 min
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Montrer la place de l'agriculture dans les économies africaines
- Distinguer cultures vivrières et cultures d'exportation, agriculture traditionnelle et agriculture moderne
- Décrire les formes d'élevage, de pêche et d'exploitation forestière
- Expliquer les problèmes du secteur primaire et les solutions possibles
- Calculer un rendement
Avant de commencer : Les leçons sur le climat, la végétation, l'hydrographie et la population de l'Afrique.
1Je découvre
Mamadou aide son père dans leur champ près de Pita, au Fouta-Djallon. Ils cultivent du fonio, du maïs et un peu de manioc pour nourrir la famille, et quelques orangers dont les fruits sont vendus au marché. Dans l'enclos, trois vaches N'Dama et quelques chèvres complètent les revenus. Le père de Mamadou soupire : « Cette année, la pluie a commencé tard et le prix de l'engrais a encore augmenté. »
Pendant ce temps, à la radio, un journaliste explique que la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, que le Kenya exporte du thé dans le monde entier, et que pourtant de nombreux pays africains doivent acheter du riz et du blé à l'étranger pour nourrir leurs villes.
Mamadou ne comprend pas : comment un continent si agricole peut-il manquer de nourriture ? Pourquoi exporte-t-on du cacao et importe-t-on du riz ?
Comment les Africains exploitent-ils la terre, les troupeaux, les eaux et les forêts, et pourquoi ce secteur rencontre-t-il tant de difficultés ?
2Je comprends
1. Des économies encore dominées par le secteur primaire
On classe les activités économiques en trois secteurs :
- le secteur primaire : agriculture, élevage, pêche, exploitation forestière (et souvent les mines) ;
- le secteur secondaire : industries, qui transforment les matières premières ;
- le secteur tertiaire : services (commerce, transport, banque, santé, éducation, tourisme).
En Afrique, surtout au sud du Sahara, l'agriculture occupe environ la moitié des actifs, et beaucoup plus dans certains pays sahéliens. Elle nourrit les familles et fournit une grande partie des exportations. Pourtant, elle produit une part plus faible des richesses, car sa productivité (production par travailleur ou par hectare) est souvent faible.
Cette leçon étudie le secteur primaire hors mines ; la leçon suivante traitera des mines, de l'énergie, de l'industrie, des transports et du commerce.
2. Deux grands types de cultures
- Destinées à nourrir la famille et le marché local
- Mil, sorgho, maïs, riz, fonio, manioc, igname, patate, banane plantain
- Petites parcelles, outils simples, travail familial
- Consommées sur place
- Destinées surtout à la vente et à l'exportation
- Cacao, café, thé, coton, arachide, palmier à huile, hévéa, banane
- Souvent grandes plantations ou zones spécialisées
- Vendues sur le marché mondial, prix fixés à l'étranger
Les cultures vivrières varient selon le climat : mil et sorgho au Sahel, maïs, riz et fonio en zone soudanienne et guinéenne, manioc, igname, banane plantain et taro en zone forestière et équatoriale. Le Nigeria est le premier producteur mondial de manioc et d'igname. En Guinée, le riz est l'aliment de base ; on le cultive en bas-fonds, en plaine inondable, sur la mangrove en Basse-Guinée et sur les coteaux.
Les cultures de rente ont été développées pendant la colonisation pour fournir des matières premières aux industries européennes. Elles restent importantes :
| Produit | Grands producteurs africains |
|---|---|
| Cacao | Côte d'Ivoire (1er producteur mondial), Ghana, Nigeria, Cameroun |
| Café | Éthiopie (1er producteur africain), Ouganda, Côte d'Ivoire |
| Thé | Kenya |
| Coton | Bénin, Burkina Faso, Mali, Égypte |
| Arachide | Nigeria, Sénégal, Soudan |
| Palmier à huile | Nigeria, Côte d'Ivoire |
| Hévéa (caoutchouc) | Côte d'Ivoire, Liberia |
En Guinée, on cultive aussi pour la vente l'ananas et la banane (Basse-Guinée), l'orange et la pomme de terre (Fouta-Djallon), le café, la cola et le palmier à huile (Guinée forestière), le coton et l'anacarde (Haute-Guinée).
3. Agriculture traditionnelle et agriculture moderne
L'agriculture traditionnelle est la plus répandue. Elle utilise des outils simples (daba, houe, coupe-coupe), peu d'engrais et peu de semences améliorées. Elle dépend de la pluie. Souvent, le paysan pratique la culture itinérante sur brûlis : il défriche et brûle une parcelle, la cultive quelques années, puis la laisse au repos (jachère) pour que le sol retrouve sa fertilité.
Ce système fonctionne bien quand il y a beaucoup de terres et peu d'habitants. Mais avec la croissance de la population, les jachères deviennent trop courtes, les sols s'appauvrissent et les forêts reculent.
L'agriculture moderne utilise des machines, des engrais, des semences sélectionnées et souvent l'irrigation. On la trouve dans les grandes plantations (cacao, hévéa, palmier, thé, canne à sucre), dans les périmètres irrigués (vallée du Nil, Office du Niger au Mali, créé en 1932, vallée du fleuve Sénégal) et dans les grandes exploitations d'Afrique du Sud et du Maghreb.
Exemple
Question : Un paysan de Haute-Guinée récolte 2,4 tonnes de riz sur 1,5 hectare. Son voisin, qui utilise des semences améliorées et de l'engrais, récolte 5,4 tonnes sur 2 hectares. Compare leurs rendements.
Étape 1 : Le rendement est la production par hectare : rendement = production ÷ surface.
Étape 2 : Premier paysan : 2,4 ÷ 1,5 = 1,6 t/ha.
Étape 3 : Voisin : 5,4 ÷ 2 = 2,7 t/ha.
Conclusion : le rendement du voisin est plus élevé de 2,7 − 1,6 = 1,1 t/ha. Les techniques modernes permettent de produire plus sur la même surface, à condition de pouvoir acheter les intrants.
4. L'élevage
L'élevage concerne les bovins, ovins, caprins, camelins (dromadaires) et la volaille. L'Éthiopie possède le plus grand cheptel d'Afrique. On distingue :
- l'élevage nomade : les éleveurs se déplacent sans cesse avec leurs troupeaux à la recherche d'eau et de pâturages (Sahara, Sahel : Touaregs, Maures, certains Peuls) ;
- l'élevage transhumant : les troupeaux partent en saison sèche vers le sud ou vers les points d'eau, puis reviennent en saison des pluies ;
- l'élevage sédentaire : les animaux restent près du village ; il s'associe souvent à l'agriculture (fumier, traction animale).
L'élevage africain est surtout extensif : beaucoup d'animaux sur de grands espaces, avec un faible rendement en lait et en viande. Il est aussi un signe de richesse et de prestige. Ses problèmes sont les maladies, le manque d'eau et de pâturage en saison sèche, le surpâturage qui favorise la désertification, et les conflits entre agriculteurs et éleveurs. La mouche tsé-tsé, qui transmet la trypanosomiase, limite l'élevage dans les zones humides ; la race N'Dama, élevée en Guinée, a l'avantage de bien lui résister.
5. La pêche
- La pêche maritime est riche le long des côtes où remontent des eaux froides riches en plancton (Mauritanie, Sénégal, Maroc, Namibie). Elle est pratiquée par des pêcheurs artisanaux en pirogue, qui fournissent l'essentiel du poisson consommé localement, et par des flottes industrielles, souvent étrangères, qui paient des licences. La surpêche et la pêche illégale menacent les ressources.
- La pêche continentale se pratique dans les fleuves et les lacs : lac Victoria, delta intérieur du Niger, lac Tchad, fleuve Congo.
Le poisson, frais, fumé ou séché, est une source essentielle de protéines. En Guinée, les ports de pêche artisanale de Conakry, de Boffa ou de Kamsar sont très actifs.
6. L'exploitation forestière
Les forêts denses d'Afrique centrale et du golfe de Guinée fournissent des bois tropicaux précieux (acajou, okoumé au Gabon, iroko, sapelli), exportés en grumes ou sciés. Les forêts donnent aussi du bois de chauffe et du charbon de bois, principale source d'énergie des ménages, ainsi que des fruits, des plantes médicinales et du gibier.
Mais la déforestation progresse : défrichement agricole, coupe excessive, feux de brousse, besoins croissants des villes en charbon de bois. Elle provoque l'érosion des sols, la disparition d'espèces et la baisse des pluies locales. Des aires protégées et des programmes de reboisement tentent d'y répondre ; en Guinée, les forêts classées et la réserve des monts Nimba en font partie.
7. Les problèmes du secteur primaire et les solutions
Problèmes : dépendance aux pluies et sécheresses ; sols fragiles ; outils rudimentaires ; manque de crédit, d'engrais et de semences ; mauvaises routes pour écouler les récoltes ; pertes après récolte (stockage insuffisant) ; prix des produits d'exportation fixés sur le marché mondial et très variables ; concurrence des produits importés ; exode rural des jeunes. Beaucoup de pays importent des céréales : c'est la dépendance alimentaire.
Solutions : maîtrise de l'eau (irrigation, aménagement des bas-fonds) ; formation et encadrement des paysans ; crédit agricole ; coopératives ; semences améliorées ; routes rurales ; transformation locale des produits ; lutte contre la désertification ; recherche agronomique.
Exemple
Question : Une coopérative de Kindia vend 800 kg d'ananas frais à 6 000 GNF le kg (prix d'exemple). Transformés en jus, les mêmes ananas rapportent 7 200 000 GNF. Quel est le gain apporté par la transformation ?
Étape 1 : Vente en frais : 800 × 6 000 = 4 800 000 GNF.
Étape 2 : Gain : 7 200 000 − 4 800 000 = 2 400 000 GNF.
Étape 3 : En pourcentage : 2 400 000 ÷ 4 800 000 = 0,5, soit 50 % de plus.
Conclusion : transformer sur place augmente les revenus et crée des emplois. C'est l'une des pistes pour développer l'agriculture africaine.
Méthode
Pour répondre à une question « Montre que... » en géographie économique :
- Je reformule l'idée à démontrer dans une phrase d'introduction.
- Je donne deux ou trois arguments, chacun avec un exemple précis (pays, produit, chiffre).
- J'utilise les mots du cours (culture de rente, rendement, extensif, dépendance alimentaire).
- Je conclus en reprenant l'idée et, si possible, en ouvrant sur une solution.
3Je retiens
Je retiens
Le secteur primaire occupe environ la moitié des actifs en Afrique subsaharienne, mais sa productivité est souvent faible.
Cultures vivrières (mil, sorgho, maïs, riz, fonio, manioc, igname) pour se nourrir ; cultures de rente (cacao, café, thé, coton, arachide, palmier, hévéa) pour exporter.
Agriculture traditionnelle (outils simples, culture itinérante sur brûlis, jachère) et agriculture moderne (plantations, irrigation, machines).
Élevage surtout extensif : nomade, transhumant ou sédentaire. Pêche maritime (artisanale et industrielle) et continentale. Forêts : bois tropicaux, bois de chauffe, déforestation.
Rendement = production ÷ surface (en t/ha).
Problèmes : climat, sols, faibles moyens, prix mondiaux instables, dépendance alimentaire. Solutions : maîtrise de l'eau, formation, crédit, transformation locale.
4Erreurs fréquentes
- Confondre culture vivrière et culture de rente : ce n'est pas la plante qui compte, mais sa destination (le riz peut être vendu, l'arachide peut être consommée) ; on classe selon l'usage principal.
- Confondre nomadisme et transhumance : le nomade se déplace toute l'année avec toute sa famille ; la transhumance est un déplacement saisonnier des troupeaux avec retour au point de départ.
- Calculer un rendement à l'envers : on divise la production par la surface, pas l'inverse, et on écrit l'unité (t/ha).
- Oublier que la jachère a un rôle : elle permet au sol de se reposer et de retrouver sa fertilité.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Vocabulaire) Définis : culture vivrière ; culture de rente ; jachère ; transhumance ; rendement ; dépendance alimentaire.
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Une culture vivrière est destinée à nourrir la famille et le marché local. Une culture de rente est destinée surtout à la vente, en particulier à l'exportation. La jachère est une terre laissée au repos pour qu'elle retrouve sa fertilité. La transhumance est le déplacement saisonnier des troupeaux vers des pâturages et des points d'eau, avec retour au point de départ. Le rendement est la production obtenue par unité de surface (en t/ha). La dépendance alimentaire est la situation d'un pays qui doit importer une partie de sa nourriture.
2Exercice 2
(Classer) Classe en cultures surtout vivrières et cultures surtout de rente : mil ; cacao ; manioc ; thé ; fonio ; hévéa ; igname ; café.
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Surtout vivrières : mil, manioc, fonio, igname. Surtout de rente : cacao, thé, hévéa, café.
3Exercice 3
(Calcul) Une plantation de 12 hectares produit 9,6 tonnes de café. Un petit planteur récolte 450 kg sur 0,75 hectare.
a) Calcule le rendement de chacun en t/ha.
b) Qui a le meilleur rendement ? Propose deux explications.
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a) Plantation : 9,6 ÷ 12 = 0,8 t/ha. Petit planteur : 450 kg = 0,45 t ; 0,45 ÷ 0,75 = 0,6 t/ha.
b) La plantation a le meilleur rendement (0,8 t/ha contre 0,6 t/ha). Explications possibles : elle utilise plus d'engrais et de produits de traitement ; elle a des plants sélectionnés et mieux entretenus ; elle dispose de plus de moyens (main-d'œuvre, machines, encadrement).
4Exercice 4
(Questions de cours)
a) Pourquoi la culture itinérante sur brûlis pose-t-elle problème aujourd'hui ?
b) Cite deux problèmes de l'élevage africain.
c) Cite deux causes de la déforestation.
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a) Avec la croissance de la population, il n'y a plus assez de terres pour laisser de longues jachères : les sols s'épuisent, les rendements baissent et la forêt recule.
b) Les maladies du bétail ; le manque d'eau et de pâturages en saison sèche (on peut aussi citer le surpâturage ou les conflits avec les agriculteurs).
c) Le défrichement pour l'agriculture ; la coupe du bois pour l'exportation ou pour le charbon de bois (on peut aussi citer les feux de brousse).
5Exercice 5
(Type BEPC) Montre en une dizaine de lignes que l'agriculture africaine rencontre de nombreuses difficultés, puis propose trois solutions.
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Exemple de rédaction :
L'agriculture occupe environ la moitié des actifs africains, mais elle rencontre de nombreuses difficultés. D'abord, elle dépend fortement du climat : un retard des pluies ou une sécheresse peut ruiner une récolte. Ensuite, les moyens sont faibles : la plupart des paysans travaillent avec la daba et la houe, sans engrais ni semences améliorées, et obtiennent de faibles rendements. Les sols sont fragiles et s'épuisent quand la jachère se raccourcit. De plus, les routes rurales manquent pour vendre les récoltes, et une partie est perdue faute de bons magasins de stockage. Enfin, les prix des cultures d'exportation, comme le cacao ou le café, sont fixés sur le marché mondial et varient beaucoup. Beaucoup de pays doivent donc importer des céréales : c'est la dépendance alimentaire.
Pour améliorer la situation, on peut maîtriser l'eau par l'irrigation et l'aménagement des bas-fonds, former les paysans et leur donner accès au crédit et aux semences améliorées, et transformer les produits sur place pour mieux les vendre.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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