Leçon 5 sur 35
L'Afrique : étude humaine
Je sais décrire la population africaine (nombre, croissance, jeunesse, répartition), ses grands groupes de peuples, de langues et de religions, et ses mouvements vers les villes.
- 45 min
- 5 exercices corrigés
- 3 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Donner l'ordre de grandeur de la population africaine et expliquer sa forte croissance
- Calculer et interpréter une densité de population
- Expliquer l'inégale répartition des hommes (zones pleines et zones vides)
- Présenter la diversité des peuples, des langues et des religions
- Décrire l'urbanisation et les migrations et leurs problèmes
Avant de commencer : Les leçons sur la situation, le relief, le climat et l'hydrographie de l'Afrique.
1Je découvre
Dans la famille de Fatoumata, à Kankan, la grand-mère aime raconter : « Quand j'étais jeune, notre village avait quelques dizaines de concessions. Aujourd'hui, il y en a plus du double, et beaucoup de jeunes sont partis à Kankan, à Conakry, ou même à l'étranger. » Fatoumata compte ses cousins et cousines : plus de trente ! Dans sa classe de 10e, l'effectif dépasse soixante élèves.
En regardant le journal télévisé, Fatoumata apprend que certaines villes africaines, comme Lagos au Nigeria ou Kinshasa en RD Congo, comptent plus de dix millions d'habitants, alors que de vastes régions du Sahara sont presque vides.
Elle se pose alors plusieurs questions : combien y a-t-il d'Africains ? Pourquoi sont-ils si jeunes et si nombreux ? Pourquoi vivent-ils tassés à certains endroits et presque absents ailleurs ?
Comment la population africaine est-elle composée, comment évolue-t-elle et comment est-elle répartie sur le continent ?
2Je comprends
1. Une population nombreuse et en forte croissance
D'après les estimations des Nations unies, l'Afrique comptait environ 1,4 milliard d'habitants en 2022, soit environ 18 % de la population mondiale. C'est le deuxième continent le plus peuplé, après l'Asie. Les pays les plus peuplés sont le Nigeria (plus de 200 millions d'habitants), l'Éthiopie, l'Égypte et la RD Congo (chacun plus de 100 millions).
Cette population augmente très vite : environ 2,4 % par an, le taux le plus élevé du monde. Selon les projections des Nations unies, l'Afrique pourrait compter près de 2,5 milliards d'habitants vers 2050.
Pour comprendre cette croissance, il faut connaître deux taux :
- le taux de natalité : nombre de naissances pour 1 000 habitants en un an ;
- le taux de mortalité : nombre de décès pour 1 000 habitants en un an.
Leur différence donne l'accroissement naturel. En Afrique :
- la natalité reste élevée : une femme a en moyenne un peu plus de 4 enfants (davantage dans certains pays du Sahel). Les raisons sont nombreuses : mariages précoces, valeur sociale de la famille nombreuse, besoin de bras pour les travaux des champs, enfants vus comme une sécurité pour la vieillesse, accès encore limité à l'école pour les filles et à la planification familiale ;
- la mortalité a fortement baissé depuis le milieu du XXe siècle grâce aux vaccinations, aux progrès de la médecine et de l'hygiène, même si la mortalité infantile reste plus forte qu'ailleurs.
Quand la mortalité baisse alors que la natalité reste haute, la population augmente très vite : c'est la situation de l'Afrique aujourd'hui. Les démographes parlent de transition démographique en cours.
- 1Autrefois : natalité forte et mortalité forte, la population augmente lentement.
- 2Progrès de la santé : la mortalité baisse, la natalité reste forte, la population augmente très vite (situation actuelle de nombreux pays africains).
- 3Scolarisation, urbanisation : la natalité commence à baisser, la croissance ralentit.
- 4Fin de la transition : natalité et mortalité faibles, la population se stabilise.
Exemple
Question : Dans un pays, le taux de natalité est de 38 ‰ et le taux de mortalité de 9 ‰. Calcule le taux d'accroissement naturel.
Étape 1 : Accroissement naturel = natalité − mortalité = 38 − 9 = 29 ‰.
Étape 2 : 29 ‰ signifie 29 habitants de plus pour 1 000 par an, soit 2,9 %.
Conclusion : la population de ce pays augmente de 2,9 % par an. À ce rythme, elle double en environ 24 ans (règle pratique : 70 ÷ 2,9 ≈ 24).
2. Une population très jeune
Conséquence de la forte natalité, la population africaine est la plus jeune du monde : l'âge médian (l'âge qui partage la population en deux moitiés) est inférieur à 20 ans, et environ 4 Africains sur 10 ont moins de 15 ans. La pyramide des âges a une base très large et un sommet étroit.
Cette jeunesse est une chance (une main-d'œuvre abondante, de la créativité, un grand marché) mais aussi un défi : il faut construire des écoles, former des enseignants, soigner, loger, nourrir et surtout créer des emplois pour les millions de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail.
3. Une population inégalement répartie
La densité de population est le nombre moyen d'habitants par km² :
densité = population ÷ superficie (en habitants par km², hab./km²).
Exemple
Question : Calcule la densité moyenne de l'Afrique (environ 1 400 000 000 habitants pour environ 30 300 000 km²) et celle de la Guinée au recensement de 2014 (10 523 261 habitants pour 245 857 km²).
Étape 1 : Afrique : 1 400 000 000 ÷ 30 300 000 ≈ 46 hab./km².
Étape 2 : Guinée (2014) : 10 523 261 ÷ 245 857 ≈ 42,8 hab./km².
Conclusion : les deux densités moyennes sont proches. Mais une moyenne cache de grandes inégalités : certaines régions dépassent plusieurs centaines d'habitants par km², d'autres sont presque vides.
Les zones de fortes densités (foyers de peuplement) :
- la vallée et le delta du Nil (Égypte), où presque toute la population égyptienne vit sur une étroite bande de terre irriguée ;
- les côtes du golfe de Guinée, en particulier le sud du Nigeria ;
- la région des Grands Lacs (Rwanda, Burundi, Ouganda), aux sols volcaniques fertiles et au climat d'altitude agréable ;
- les hauts plateaux éthiopiens ;
- les plaines côtières du Maghreb ;
- les régions minières et urbaines d'Afrique du Sud.
Les zones de faibles densités (vides humains) :
- les déserts (Sahara, Namib, Kalahari), trop secs ;
- une partie de la forêt dense du bassin du Congo, difficile à défricher et insalubre ;
- certaines hautes montagnes.
- Eau abondante (fleuves, pluies suffisantes)
- Sols fertiles (deltas, sols volcaniques)
- Climat sain (altitude, côtes)
- Villes, ports, mines, emplois
- Peuplement ancien (vallée du Nil)
- Sécheresse (déserts)
- Sols pauvres ou forêt très dense
- Maladies (paludisme, maladie du sommeil)
- Isolement, manque de routes
- Histoire : traite négrière, guerres
L'histoire compte aussi : la traite négrière (du XVe au XIXe siècle) a arraché à l'Afrique des millions de personnes et a vidé ou désorganisé certaines régions.
4. Une grande diversité de peuples, de langues et de religions
Les peuples. On distingue traditionnellement :
- au nord du Sahara, des populations arabes et berbères (Amazighs) ;
- au sud du Sahara, la grande majorité des Africains, appartenant à de très nombreux peuples : Mandingues (dont les Malinkés), Peuls, Soussous, Wolofs, Haoussas, Yoroubas, Igbos, Bantous d'Afrique centrale et australe, peuples nilotiques d'Afrique de l'Est...
- des groupes anciens et peu nombreux, comme les Pygmées des forêts d'Afrique centrale et les Khoïsan d'Afrique australe ;
- des minorités d'origine européenne (Afrique du Sud, Namibie) et asiatique (Afrique de l'Est, Afrique du Sud).
Les langues. L'Afrique compte plus de 2 000 langues. On les regroupe en grandes familles : afro-asiatique (arabe, berbère, haoussa, amharique), nigéro-congolaise (la plus vaste : langues mandingues, peul, soussou, wolof, yorouba, langues bantoues comme le swahili), nilo-saharienne (songhaï, kanouri) et khoïsan. Les langues héritées de la colonisation (français, anglais, portugais) servent souvent de langues officielles. En Guinée, selon la Constitution de 2025, le français et les langues nationales sont les langues officielles ; le français reste la principale langue de l'administration et de l'école, et les langues nationales comme le soussou, le poular (pular), le malinké, le kissi, le kpèlè (guerzé) et le toma (loma) sont parlées au quotidien.
Les religions. L'islam domine en Afrique du Nord, au Sahel et dans une grande partie de l'Afrique de l'Ouest (dont la Guinée) ; le christianisme est majoritaire dans une grande partie de l'Afrique centrale, orientale et australe ; les religions traditionnelles restent vivantes et se mêlent souvent aux autres croyances.
5. L'urbanisation et les migrations
L'exode rural est le départ des habitants des campagnes vers les villes. Les jeunes partent chercher du travail, des études, des soins, de meilleures conditions de vie ; ils fuient parfois la sécheresse ou les conflits.
Résultat : l'Afrique connaît la croissance urbaine la plus rapide du monde. Environ 44 % des Africains vivent en ville (vers 2020), et des métropoles géantes se sont formées : Le Caire, Lagos, Kinshasa dépassent chacune dix millions d'habitants. Conakry, Dakar, Abidjan, Accra, Nairobi grandissent aussi très vite.
Cette croissance rapide pose des problèmes : quartiers précaires (bidonvilles), manque d'eau potable, d'électricité et de transports, embouteillages, chômage des jeunes, secteur informel (petits métiers non déclarés), insécurité, gestion des déchets.
Il existe aussi des migrations internationales : surtout entre pays africains (par exemple de pays sahéliens vers la Côte d'Ivoire ou le Sénégal), et vers l'Europe, l'Amérique ou les pays du Golfe. Des réfugiés fuient les conflits. L'argent envoyé par les migrants à leurs familles (les transferts de fonds) fait vivre de nombreux foyers.
Méthode
Pour analyser un tableau de données démographiques :
- Je lis le titre, la source et l'année, et je repère les unités (habitants, ‰, %, hab./km²).
- Je relève les valeurs les plus fortes et les plus faibles.
- Je fais un calcul simple si nécessaire (accroissement naturel, densité, différence).
- Je décris la tendance avec des mots précis (hausse, baisse, stabilité).
- J'explique avec les causes vues en cours, puis je donne une conséquence.
3Je retiens
Je retiens
L'Afrique compte environ 1,4 milliard d'habitants (2022, Nations unies), environ 18 % de l'humanité ; 2e continent le plus peuplé.
Croissance très forte (environ 2,4 % par an) : natalité élevée, mortalité en baisse. La population est la plus jeune du monde.
Densité = population ÷ superficie. Moyenne africaine : environ 46 hab./km² ; Guinée (2014) : environ 43 hab./km².
Foyers de peuplement : vallée du Nil, golfe de Guinée, Grands Lacs, hauts plateaux éthiopiens, côtes du Maghreb. Vides : déserts, forêt dense.
Grande diversité : Arabo-Berbères au nord, très nombreux peuples au sud du Sahara ; plus de 2 000 langues ; islam, christianisme, religions traditionnelles.
Exode rural et urbanisation très rapide (environ 44 % d'urbains) : métropoles (Le Caire, Lagos, Kinshasa), quartiers précaires, chômage.
4Erreurs fréquentes
- Confondre population et densité : un pays très peuplé peut avoir une densité faible s'il est très grand, et inversement.
- Oublier les unités : un taux de natalité s'exprime en ‰ (pour mille), une densité en hab./km².
- Dire que la population africaine augmente parce que la natalité a augmenté : c'est surtout la baisse de la mortalité, alors que la natalité reste élevée, qui explique la forte croissance.
- Présenter l'Afrique comme un seul peuple, une seule langue ou une seule religion : sa diversité est immense.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours)
a) Combien d'habitants l'Afrique compte-t-elle environ ? Quel est son rang parmi les continents ?
b) Explique en deux phrases pourquoi la population africaine augmente vite.
c) Qu'est-ce que l'exode rural ? Donne deux causes.
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a) Environ 1,4 milliard d'habitants (estimation des Nations unies pour 2022) ; c'est le deuxième continent le plus peuplé, après l'Asie.
b) La natalité reste élevée (un peu plus de 4 enfants par femme en moyenne), alors que la mortalité a fortement baissé grâce aux progrès de la santé. L'écart entre les naissances et les décès est donc très grand.
c) L'exode rural est le départ des habitants des campagnes vers les villes. Causes : la recherche d'un emploi et de revenus ; l'attrait des services (écoles, hôpitaux, électricité) ; on peut aussi citer la sécheresse ou l'insécurité.
2Exercice 2
(Calcul) Un pays a un taux de natalité de 35 ‰ et un taux de mortalité de 10 ‰.
a) Calcule son taux d'accroissement naturel en ‰ puis en %.
b) Estime en combien d'années sa population doublera (règle : 70 ÷ taux en %).
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a) 35 − 10 = 25 ‰, soit 2,5 %.
b) 70 ÷ 2,5 = 28 : la population doublera en environ 28 ans.
3Exercice 3
(Densité) Un pays A a 20 000 000 habitants pour 1 000 000 km² ; un pays B a 12 000 000 habitants pour 26 000 km².
a) Calcule la densité de chaque pays.
b) Lequel est le plus peuplé ? Lequel est le plus densément peuplé ? Que montre cet exemple ?
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a) Pays A : 20 000 000 ÷ 1 000 000 = 20 hab./km². Pays B : 12 000 000 ÷ 26 000 ≈ 461,5 hab./km², soit environ 462 hab./km².
b) Le pays A est le plus peuplé (20 millions contre 12 millions), mais le pays B est de loin le plus densément peuplé. Cet exemple montre qu'il ne faut pas confondre la population totale et la densité, qui dépend aussi de la superficie.
4Exercice 4
(Classer) Classe en zones de fortes densités et zones de faibles densités : vallée du Nil ; Sahara ; région des Grands Lacs ; forêt du bassin du Congo ; sud du Nigeria ; désert du Namib.
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Fortes densités : vallée du Nil ; région des Grands Lacs ; sud du Nigeria. Faibles densités : Sahara ; forêt du bassin du Congo ; désert du Namib.
5Exercice 5
(Type BEPC) En une dizaine de lignes, montre que la population africaine est inégalement répartie et explique les causes de cette répartition.
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Exemple de rédaction :
La population africaine, d'environ 1,4 milliard d'habitants, est très inégalement répartie. Elle se concentre dans quelques foyers : la vallée et le delta du Nil, où presque tous les Égyptiens vivent sur une étroite bande irriguée ; les côtes du golfe de Guinée, surtout le sud du Nigeria ; la région des Grands Lacs ; les hauts plateaux éthiopiens et les plaines côtières du Maghreb. À l'inverse, les déserts (Sahara, Namib, Kalahari) et une partie de la forêt dense du Congo sont presque vides.
Ces contrastes ont des causes naturelles : la présence d'eau, de sols fertiles et d'un climat sain attire les hommes, alors que la sécheresse, la forêt très dense et les maladies les repoussent. Ils ont aussi des causes humaines et historiques : l'ancienneté du peuplement (vallée du Nil), la traite négrière qui a vidé certaines régions, et aujourd'hui l'attraction des villes, des ports et des mines. La densité moyenne (environ 46 hab./km²) cache donc de très grandes inégalités.
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6Je vérifie
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