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Géographie · 12e SM

Leçon 25 sur 31

L'élevage extensif traditionnel (suite)

Je sais présenter l'importance de l'élevage extensif traditionnel, expliquer ses problèmes (naturels, sanitaires, économiques, sociaux) et proposer des solutions adaptées à la Guinée.

  • 45 min
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Montrer l'importance économique et sociale de l'élevage extensif traditionnel
  • Expliquer ses problèmes : sécheresses, surpâturage, maladies, faible productivité, conflits avec les agriculteurs
  • Présenter les solutions possibles et les actions de modernisation
  • Calculer et interpréter un taux d'exploitation d'un troupeau

Avant de commencer : La leçon « L'élevage extensif traditionnel » (définition, nomadisme, transhumance, N'Dama).

1Je découvre

Dans une sous-préfecture de Haute-Guinée, la saison sèche est bien avancée. Un matin, Lansana, cultivateur, découvre que son champ de manioc a été piétiné et brouté pendant la nuit par un troupeau de passage. En colère, il se rend chez le chef de village. Le berger, un jeune transhumant, explique qu'il n'a trouvé ni herbe ni eau sur la piste habituelle, bloquée par de nouveaux champs, et que plusieurs de ses bêtes sont déjà mortes de faim et de maladie.

Le chef de village réunit les deux hommes. « Nous avons besoin des éleveurs, dit-il : ils nous vendent la viande et le lait, et leur fumier enrichit nos champs. Mais il faut trouver des règles pour que chacun vive en paix. »

Hawa, la fille de Lansana, élève de 12e, se pose des questions : pourquoi l'élevage traditionnel, si important, rencontre-t-il autant de difficultés ? Et comment faire pour le rendre plus productif sans provoquer de conflits ?

Quelle est l'importance de l'élevage extensif traditionnel, quels sont ses problèmes, et comment peut-on les résoudre ?

2Je comprends

1. Une activité importante

Sur le plan économique, l'élevage extensif traditionnel :

  • fournit l'essentiel de la viande, du lait et des peaux consommés dans de nombreux pays d'Afrique de l'Ouest ;
  • fait vivre des millions de familles d'éleveurs, de bouchers, de commerçants de bétail, de transporteurs ;
  • alimente un important commerce de bétail entre les pays sahéliens (Mali, Niger, Burkina Faso) et les pays côtiers ;
  • rapporte des devises à certains pays exportateurs de bétail sur pied.

Sur le plan agricole, il est complémentaire de l'agriculture : les animaux fournissent le fumier qui fertilise les champs et la traction (culture attelée) ; ils consomment les résidus de récolte.

Sur le plan social et culturel, le troupeau reste une épargne, une assurance en cas de malheur, un signe de prestige et un élément central du mariage et des fêtes.

Sur le plan environnemental, il permet de valoriser des espaces où l'agriculture est impossible (steppes, savanes sèches, pentes).

2. Les problèmes naturels

  • Les sécheresses : quand les pluies manquent, l'herbe ne pousse pas et les points d'eau tarissent. Les grandes sécheresses sahéliennes du début des années 1970 et du début des années 1980 ont tué une grande partie des troupeaux et ruiné de nombreux pasteurs, qui ont dû migrer vers les villes.
  • Le manque d'eau en saison sèche : les puits sont peu nombreux, éloignés, et les troupeaux se concentrent autour d'eux.
  • Le surpâturage : trop d'animaux sur un même pâturage détruisent l'herbe et piétinent le sol, qui se dégrade. Autour des puits, le sol devient nu : c'est l'une des causes de la désertification.
  • Les feux de brousse : allumés pour faire repousser l'herbe tendre, ils détruisent aussi la végétation, appauvrissent les sols et menacent les forêts, notamment en Guinée.
  1. 1La sécheresse réduit l'herbe et l'eau disponibles
  2. 2Les troupeaux se concentrent autour des rares puits et pâturages
  3. 3Le surpâturage et le piétinement détruisent la végétation
  4. 4Le sol nu est emporté par le vent et les pluies
  5. 5La désertification avance et les pâturages diminuent encore
Le cercle vicieux de la sécheresse, du surpâturage et de la désertification.

3. Les problèmes sanitaires

Les troupeaux souffrent de nombreuses maladies (épizooties) : péripneumonie contagieuse bovine, fièvre aphteuse, charbon, maladies parasitaires, et, dans les régions humides, la trypanosomiase transmise par la mouche tsé-tsé. Les éleveurs traditionnels ont peu accès aux vétérinaires et aux vaccins, et les pertes sont lourdes.

Un exemple de réussite : la peste bovine, maladie qui avait décimé les troupeaux africains, a été éradiquée dans le monde grâce à de grandes campagnes de vaccination ; son éradication a été déclarée en 2011.

4. Les problèmes économiques et sociaux

  • La faible productivité : les vaches produisent peu de lait, grandissent lentement et donnent peu de viande.
  • Le faible taux d'exploitation : l'éleveur vend peu d'animaux chaque année, car le troupeau est son épargne et son prestige. Le taux d'exploitation est la part des animaux vendus ou abattus dans l'année par rapport à l'effectif du troupeau.
  • Les conflits entre éleveurs et agriculteurs : les champs s'étendent sur les pistes de transhumance et les pâturages ; les troupeaux abîment les cultures ; ces conflits peuvent devenir violents.
  • Les problèmes de commercialisation : marchés éloignés, intermédiaires nombreux, routes difficiles, absence de chaîne du froid pour le lait et la viande.
  • Le vol de bétail et l'insécurité dans certaines zones.

Exemple

Question (chiffres imaginaires) : « Un éleveur possède 80 bovins. Dans l'année, il en vend 4 et en abat 2 pour des fêtes. Calcule le taux d'exploitation et commente. »

Réponse : Nombre d'animaux sortis du troupeau : 4 + 2 = 6. Taux d'exploitation = 6 ÷ 80 × 100 = 7,5 %. Ce taux est faible : l'éleveur garde l'essentiel de ses bêtes, qui représentent son épargne et son prestige. Dans un élevage moderne orienté vers la vente, on cherche au contraire à vendre régulièrement une part plus importante du troupeau.

5. Les solutions

Maîtriser l'eau et les pâturages :

  • l'hydraulique pastorale : creuser des puits, des forages et des mares bien répartis, pour éviter la concentration des troupeaux ;
  • la gestion des parcours : limiter le nombre d'animaux selon l'herbe disponible, organiser la rotation des pâturages ;
  • la lutte contre les feux de brousse et la plantation d'arbres fourragers.

Améliorer la santé et la productivité des animaux :

  • des campagnes de vaccination et des postes vétérinaires ; la formation d'auxiliaires d'élevage ;
  • les cultures fourragères et la conservation du fourrage (foin, résidus de récolte) pour la saison sèche ;
  • l'embouche : engraisser quelques animaux pendant quelques mois avec une meilleure alimentation avant de les vendre ;
  • l'amélioration génétique par la sélection des meilleures bêtes de races locales, comme la N'Dama.

Organiser la cohabitation et le commerce :

  • délimiter et baliser les couloirs de transhumance et les zones de pâture ;
  • créer des comités locaux d'éleveurs et d'agriculteurs pour prévenir et régler les conflits ; au niveau régional, la CEDEAO a adopté des règles sur la transhumance entre pays, avec un certificat international de transhumance ;
  • favoriser l'intégration agriculture-élevage : culture attelée, échange du fumier contre les résidus de récolte ;
  • organiser des marchés à bétail, des mini-laiteries et des abattoirs modernes, et regrouper les éleveurs en coopératives.
Problème
  • Manque d'eau en saison sèche
  • Surpâturage et désertification
  • Maladies du bétail
  • Faible productivité
  • Conflits avec les agriculteurs
Solution
  • Puits, forages et mares pastorales
  • Gestion des parcours, arbres fourragers
  • Vaccination, postes vétérinaires
  • Fourrage, embouche, sélection des races
  • Couloirs balisés, comités locaux
À chaque problème de l'élevage extensif correspond une solution.

Exemple

Question : « Propose trois solutions pour réduire les conflits entre éleveurs et agriculteurs en Haute-Guinée. »

Réponse : Premièrement, délimiter et baliser les couloirs de transhumance et les zones de pâture, pour que les troupeaux passent sans traverser les champs. Deuxièmement, créer dans chaque sous-préfecture un comité réunissant éleveurs, agriculteurs et autorités locales, chargé de fixer les dates de passage et de régler les dégâts à l'amiable. Troisièmement, encourager les accords entre voisins : après la récolte, les troupeaux pâturent les résidus des champs et y laissent leur fumier, ce qui profite à tous.

Méthode

Pour traiter une question « problèmes et solutions » :

  1. Je classe les problèmes par catégories (naturels, sanitaires, économiques, sociaux).
  2. Pour chaque problème, j'explique la cause et la conséquence.
  3. Je propose une solution précise pour chaque problème (pas de solution vague).
  4. Je donne un exemple africain ou guinéen.
  5. Je conclus en montrant que les solutions doivent respecter le mode de vie des éleveurs.

3Je retiens

Je retiens

Importance : viande, lait, peaux, revenus, commerce de bétail entre Sahel et pays côtiers ; fumier et traction pour l'agriculture ; épargne et prestige.

Problèmes naturels : sécheresses (Sahel, années 1970 et 1980), manque d'eau, surpâturage, désertification, feux de brousse.

Problèmes sanitaires : épizooties, trypanosomiase ; la peste bovine a été éradiquée (2011) grâce à la vaccination.

Problèmes économiques et sociaux : faible productivité, faible taux d'exploitation, conflits éleveurs-agriculteurs, difficultés de commercialisation.

Taux d'exploitation = animaux vendus ou abattus dans l'année ÷ effectif du troupeau × 100.

Solutions : hydraulique pastorale, gestion des parcours, vaccination, fourrage, embouche, sélection (N'Dama), couloirs de transhumance, comités locaux, intégration agriculture-élevage, coopératives.

4Erreurs fréquentes

  • Présenter l'élevage traditionnel uniquement comme un problème : il est aussi une richesse économique, sociale et agricole.
  • Rejeter toute la faute des conflits sur les éleveurs : l'extension des champs sur les pistes de transhumance en est aussi une cause.
  • Proposer de « supprimer la transhumance » : c'est souvent la meilleure adaptation à l'irrégularité des pluies ; il faut l'organiser, pas l'interdire.
  • Oublier de multiplier par 100 dans le calcul du taux d'exploitation, ou diviser par le nombre d'animaux vendus au lieu de l'effectif total.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Donne deux raisons qui montrent l'importance économique de l'élevage extensif traditionnel.

b) Qu'est-ce que le surpâturage ? Quelle est sa conséquence ?

c) Qu'est-ce que l'embouche ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Il fournit l'essentiel de la viande, du lait et des peaux ; il fait vivre de nombreuses familles et alimente un important commerce de bétail entre pays sahéliens et pays côtiers (on peut aussi citer le fumier et la traction pour l'agriculture).

b) Le surpâturage est l'excès d'animaux sur un même pâturage : l'herbe est détruite plus vite qu'elle ne repousse. Conséquence : le sol se dénude et se dégrade, ce qui favorise la désertification.

c) L'embouche consiste à engraisser quelques animaux pendant quelques mois avec une alimentation plus riche (fourrage, résidus, compléments) avant de les vendre à un meilleur prix.

2Exercice 2

(Calcul) Chiffres imaginaires : un troupeau compte 120 bovins au 1er janvier. Dans l'année, l'éleveur en vend 9 et en abat 3.

a) Calcule le taux d'exploitation.

b) Un projet d'élevage lui conseille d'atteindre un taux de 15 %. Combien d'animaux devrait-il vendre ou abattre dans l'année, avec le même effectif ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Animaux sortis : 9 + 3 = 12. Taux d'exploitation = 12 ÷ 120 × 100 = 10 %.

b) 15 % de 120 = 120 × 15 ÷ 100 = 18 animaux, soit 6 de plus qu'aujourd'hui.

3Exercice 3

(Classer) Classe ces problèmes (naturel, sanitaire, économique, social) : trypanosomiase ; sécheresse ; conflit avec les agriculteurs ; faible production de lait ; feux de brousse ; vol de bétail.

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Naturel : sécheresse ; feux de brousse. Sanitaire : trypanosomiase. Économique : faible production de lait. Social : conflit avec les agriculteurs ; vol de bétail.

4Exercice 4

(Analyse de document) Lis ce texte, écrit pour la leçon :

« Autour du forage, à des kilomètres à la ronde, le sol est nu. Chaque jour, des milliers de bêtes viennent boire et broutent ce qui reste. Plus loin, les pâturages sont encore bons, mais il n'y a pas d'eau. »

a) Quel problème le texte décrit-il ? Explique-le.

b) Quelle solution proposerais-tu ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Le texte décrit le surpâturage autour d'un point d'eau : les troupeaux se concentrent autour du seul forage, broutent et piétinent la végétation, et le sol devient nu, alors que des pâturages lointains restent inutilisés faute d'eau.

b) Multiplier et répartir les points d'eau (forages, puits, mares) sur l'ensemble des pâturages, pour disperser les troupeaux, et limiter le nombre d'animaux autour de chaque point d'eau.

5Exercice 5

(Rédaction guidée) En une quinzaine de lignes, présente les problèmes de l'élevage extensif traditionnel en Afrique de l'Ouest et les solutions possibles. Suis la méthode « problèmes et solutions ».

Voir le corrigéCacher le corrigé

Exemple de rédaction :

En Afrique de l'Ouest, l'élevage extensif traditionnel fournit la viande, le lait et une épargne à des millions de familles. Mais il rencontre de nombreux problèmes.

Sur le plan naturel, les sécheresses, comme celles des années 1970 et 1980 au Sahel, déciment les troupeaux ; le manque d'eau concentre les bêtes autour des puits, d'où le surpâturage et la désertification ; les feux de brousse dégradent les sols. Sur le plan sanitaire, les maladies comme la trypanosomiase causent de lourdes pertes. Sur le plan économique, la productivité et le taux d'exploitation sont faibles. Sur le plan social, les conflits avec les agriculteurs se multiplient.

Des solutions existent : multiplier les forages et gérer les pâturages ; vacciner et soigner le bétail ; développer les cultures fourragères, l'embouche et la sélection des races locales comme la N'Dama ; baliser les couloirs de transhumance et créer des comités de dialogue ; organiser les éleveurs en coopératives.

Ces solutions doivent moderniser l'élevage tout en respectant la mobilité et la culture des pasteurs.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Qu'est-ce que le taux d'exploitation d'un troupeau ?
Voir la réponse

Réponse A : la part des animaux vendus ou abattus dans l'année par rapport à l'effectif. Il se calcule ainsi : animaux sortis ÷ effectif × 100.

2Quelle est une conséquence du surpâturage ?
Voir la réponse

Réponse B : la dégradation des sols et la désertification. Trop d'animaux détruisent la végétation, et le sol nu s'érode.

3Quelle maladie du bétail a été éradiquée dans le monde, avec une déclaration officielle en 2011 ?
Voir la réponse

Réponse C : la peste bovine. De grandes campagnes de vaccination ont permis de la faire disparaître.

4Quelle solution répond au manque d'eau en saison sèche ?
Voir la réponse

Réponse A : l'hydraulique pastorale (puits, forages, mares). Des points d'eau bien répartis évitent aussi la concentration des troupeaux.

5Comment réduire les conflits entre éleveurs et agriculteurs ?
Voir la réponse

Réponse C : en balisant les couloirs de transhumance et en créant des comités de dialogue. Des règles claires et un dialogue local permettent aux deux activités de coexister.

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