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Géographie · 12e SE

Leçon 30 sur 31

Les échanges

Je sais utiliser le vocabulaire des échanges (balance commerciale, taux de couverture, termes de l'échange), décrire l'organisation du commerce mondial et analyser les échanges de la Guinée.

  • 50 min
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Distinguer commerce intérieur et commerce extérieur et connaître leurs formes
  • Calculer et interpréter une balance commerciale et un taux de couverture
  • Décrire les grands acteurs et les grands courants du commerce mondial, ainsi que les inégalités Nord-Sud
  • Présenter les organisations du commerce (OMC, CEDEAO, ZLECAf) et les échanges de la Guinée

Avant de commencer : Les leçons « Les industries » et « Les transports » ; la leçon « Aspects de l'agriculture spéculative » (termes de l'échange).

1Je découvre

Chaque semaine, Hawa accompagne sa mère au grand marché hebdomadaire de sa préfecture, le loumo. On y trouve le riz local et le riz importé, l'huile de palme de Guinée forestière, les oignons et les pommes de terre du Fouta, le poisson fumé de la côte, mais aussi des téléphones et des pagnes venus d'Asie, du lait en poudre venu d'Europe, des motos, des pièces détachées.

En classe, le professeur annonce : « La Guinée vend au monde de l'or et de la bauxite en grande quantité, mais elle achète du riz, du carburant, des véhicules, des machines, des médicaments. » Hawa se demande : « Est-ce que la Guinée gagne plus en vendant qu'elle ne dépense en achetant ? Et pourquoi vendons-nous surtout des minerais, alors que nous achetons des produits fabriqués ? »

Comment s'organisent les échanges à l'intérieur d'un pays et dans le monde, comment mesure-t-on le commerce extérieur, et quelle place la Guinée y occupe-t-elle ?

2Je comprends

1. Définitions

Les échanges (ou commerce) sont l'ensemble des opérations d'achat et de vente de biens (marchandises) et de services (transport, tourisme, banque, télécommunications…).

Le commerce intérieur se fait à l'intérieur d'un pays. Il comprend :

  • le commerce de gros (grossistes qui achètent en grande quantité) et le commerce de détail (boutiques, marchés, vendeurs ambulants) ;
  • le commerce formel (déclaré, soumis aux impôts) et le commerce informel (non déclaré), très important en Guinée ;
  • les marchés hebdomadaires (loumo), les grands marchés urbains, les boutiques de quartier.

Le commerce extérieur (ou international) se fait entre pays. Il comprend :

  • les exportations (X) : ventes de biens et de services à l'étranger ;
  • les importations (M) : achats de biens et de services à l'étranger.

2. Mesurer le commerce extérieur

La balance commerciale compare la valeur des exportations et des importations de marchandises pendant une année :

  • solde = exportations − importations (X − M) ;
  • si X > M, la balance est excédentaire (le solde est positif) ;
  • si X < M, la balance est déficitaire (le solde est négatif).

Le taux de couverture indique dans quelle mesure les exportations « paient » les importations :

  • taux de couverture = X ÷ M × 100 ;
  • au-dessus de 100 %, la balance est excédentaire ; au-dessous de 100 %, elle est déficitaire.

La balance des paiements est plus large : elle enregistre toutes les opérations avec l'étranger (marchandises, services, revenus, transferts des émigrés, investissements, prêts).

Les termes de l'échange comparent l'évolution des prix des exportations et des prix des importations. Quand les prix des produits exportés baissent par rapport aux prix des produits importés, les termes de l'échange se détériorent : il faut exporter plus pour importer autant.

Exemple

Question (chiffres imaginaires) : « Un pays exporte pour 8 000 milliards de GNF et importe pour 10 000 milliards de GNF. Calcule le solde de la balance commerciale et le taux de couverture, puis interprète. »

Réponse : Solde = X − M = 8 000 − 10 000 = −2 000 milliards de GNF. Taux de couverture = 8 000 ÷ 10 000 × 100 = 80 %. La balance commerciale est déficitaire : les exportations ne couvrent que 80 % des importations. Le pays doit trouver ailleurs (transferts des émigrés, investissements étrangers, emprunts) de quoi payer les 20 % restants.

Méthode

Pour analyser la balance commerciale d'un pays :

  1. Je relève la valeur des exportations (X) et des importations (M), avec l'unité et l'année.
  2. Je calcule le solde (X − M) et je dis s'il est excédentaire ou déficitaire.
  3. Je calcule le taux de couverture (X ÷ M × 100).
  4. J'observe la composition : produits bruts ou produits fabriqués ? Un seul produit ou plusieurs ?
  5. J'interprète : dépendance, risques, et je propose des solutions.

3. Le commerce mondial

Depuis 1945, le commerce mondial a augmenté beaucoup plus vite que la production mondiale : c'est la mondialisation des échanges. Elle a été favorisée par la baisse des droits de douane, la conteneurisation et la baisse du coût des transports, et par les télécommunications.

Les grands acteurs : la Chine, les États-Unis et l'Allemagne sont les trois premières puissances commerciales du monde. Avec le reste de l'Union européenne, le Japon, la Corée du Sud et les autres pays d'Asie orientale, ils réalisent l'essentiel des échanges. Les firmes multinationales organisent une grande partie de ce commerce.

Les grands courants : la plupart des échanges se font entre pays développés et émergents et à l'intérieur des grandes régions (Europe, Asie orientale, Amérique du Nord). L'Afrique ne représente qu'environ 3 % du commerce mondial.

Des échanges inégaux : les pays du Nord et les pays émergents exportent surtout des produits manufacturés et des services, à forte valeur ajoutée. Beaucoup de pays du Sud, notamment en Afrique, exportent surtout des produits bruts (minerais, pétrole, produits agricoles) et importent des produits fabriqués. Ils subissent la variation des cours des matières premières et la détérioration des termes de l'échange.

Pays industrialisés et émergents
  • Exportent des produits manufacturés et des services
  • Forte valeur ajoutée
  • Exportations diversifiées
  • Grande part du commerce mondial
Beaucoup de pays africains
  • Exportent des minerais et des produits agricoles bruts
  • Faible valeur ajoutée
  • Exportations concentrées sur un ou deux produits
  • Environ 3 % du commerce mondial pour toute l'Afrique
Une structure des échanges encore inégale entre le Nord et le Sud.

4. Les organisations du commerce

Au niveau mondial : le GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce), signé en 1947, a organisé la baisse des droits de douane. Il a été remplacé en 1995 par l'Organisation mondiale du commerce (OMC), installée à Genève, qui fixe les règles du commerce international et règle les conflits commerciaux entre ses membres.

Au niveau régional, les pays se regroupent pour échanger plus facilement :

  • l'Union européenne (marché unique, monnaie commune, l'euro, pour une partie de ses membres) ;
  • l'accord Canada-États-Unis-Mexique en Amérique du Nord ;
  • en Afrique de l'Ouest, la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest), créée en 1975 à Lagos, dont la Guinée est membre fondateur ; elle vise la libre circulation des personnes et des marchandises ;
  • l'UEMOA, qui regroupe les pays ouest-africains utilisant le franc CFA (la Guinée, qui a sa propre monnaie, le franc guinéen, n'en fait pas partie) ;
  • à l'échelle du continent, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), dont l'accord a été signé en 2018 et dont les échanges ont été officiellement lancés en 2021, pour développer le commerce entre pays africains.
  1. 11947 : signature du GATT, baisse progressive des droits de douane
  2. 21975 : création de la CEDEAO à Lagos, la Guinée est membre fondateur
  3. 31995 : l'OMC remplace le GATT
  4. 42018 : signature de l'accord créant la ZLECAf
  5. 52021 : lancement officiel des échanges dans le cadre de la ZLECAf
Quelques dates clés de l'organisation des échanges.

5. Les échanges de la Guinée

Le commerce intérieur repose sur un réseau dense de marchés : marchés hebdomadaires ruraux, grands marchés urbains (comme le marché de Madina à Conakry), boutiques et vendeurs ambulants. Les produits circulent entre les régions naturelles : poisson fumé et sel de la côte, fruits, légumes et bétail du Fouta, riz et anacarde de Haute-Guinée, huile de palme, café et kola de Guinée forestière. Le commerce informel et le commerce frontalier (avec le Mali, la Sierra Leone, le Liberia, la Côte d'Ivoire, le Sénégal, la Guinée-Bissau) sont très actifs. Les femmes y jouent un rôle majeur.

Le commerce extérieur

  • les exportations sont dominées par les produits miniers, surtout l'or et la bauxite, auxquels s'ajoutent l'alumine, les diamants, le fer depuis peu, et quelques produits agricoles et de la pêche (anacarde, café, fruits, poisson) ;
  • les importations concernent surtout les produits pétroliers, les denrées alimentaires (riz, sucre, farine, huile), les véhicules, les machines et les produits manufacturés ;
  • les grands partenaires sont des pays d'Asie (la Chine, premier acheteur de bauxite guinéenne), des pays du Golfe et de l'Inde pour l'or, et des pays d'Europe.

Les problèmes : une forte dépendance envers quelques produits miniers, dont les prix varient ; l'importation de produits alimentaires que le pays pourrait produire (riz) ; la faible transformation sur place. Les solutions : diversifier les exportations (agriculture, pêche, produits transformés), transformer les minerais sur place, développer la production vivrière pour réduire les importations, profiter de la CEDEAO et de la ZLECAf pour vendre davantage aux pays africains.

Exemple

Question : « Pourquoi dit-on que les exportations de la Guinée sont peu diversifiées ? Quel risque cela représente-t-il ? »

Réponse : Les exportations guinéennes reposent surtout sur deux produits miniers, l'or et la bauxite, vendus principalement à l'état brut. C'est une faible diversification. Le risque est grand : si le prix mondial de l'or ou de la bauxite baisse, ou si un grand acheteur réduit ses achats, les recettes du pays chutent brutalement. De plus, l'exportation de produits bruts rapporte peu de valeur ajoutée et crée peu d'emplois par rapport à des produits transformés.

3Je retiens

Je retiens

Commerce intérieur : dans le pays (gros, détail, formel, informel, marchés). Commerce extérieur : exportations (X) et importations (M).

Solde de la balance commerciale = X − M (excédentaire si positif, déficitaire si négatif). Taux de couverture = X ÷ M × 100.

Termes de l'échange : comparaison des prix des exportations et des importations ; ils se détériorent quand il faut exporter plus pour importer autant.

Commerce mondial : croissance rapide depuis 1945 ; Chine, États-Unis, Allemagne en tête ; l'Afrique pèse environ 3 %.

Échanges inégaux : le Nord exporte des produits manufacturés, beaucoup de pays du Sud des produits bruts.

Organisations : GATT (1947), OMC (1995) ; UE ; CEDEAO (1975, Guinée membre fondateur) ; ZLECAf (2018, échanges lancés en 2021).

Guinée : exportations dominées par l'or et la bauxite ; importations de carburant, riz, véhicules, produits manufacturés ; défi : diversifier et transformer.

4Erreurs fréquentes

  • Confondre balance commerciale et balance des paiements : la première ne concerne que les marchandises, la seconde toutes les opérations avec l'étranger.
  • Inverser le calcul du taux de couverture : c'est X ÷ M × 100, et non M ÷ X.
  • Croire qu'une balance commerciale excédentaire signifie toujours un pays développé : un pays qui exporte beaucoup de minerais bruts peut être excédentaire tout en restant pauvre et dépendant.
  • Confondre la CEDEAO (communauté des États d'Afrique de l'Ouest, dont la Guinée) et l'UEMOA (pays utilisant le franc CFA, sans la Guinée).

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Distingue commerce intérieur et commerce extérieur.

b) Définis la balance commerciale et le taux de couverture.

c) Quand l'OMC a-t-elle été créée et quel est son rôle ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Le commerce intérieur est l'ensemble des échanges à l'intérieur d'un pays (marchés, boutiques, grossistes) ; le commerce extérieur est l'ensemble des échanges avec les autres pays (exportations et importations).

b) La balance commerciale compare la valeur des exportations et des importations de marchandises sur une année ; son solde est X − M. Le taux de couverture mesure la part des importations payée par les exportations : X ÷ M × 100.

c) L'OMC a été créée en 1995, en remplacement du GATT. Elle fixe les règles du commerce international, favorise la baisse des obstacles aux échanges et règle les conflits commerciaux entre ses membres.

2Exercice 2

(Calcul) Chiffres imaginaires (en milliards de GNF) : un pays exporte pour 15 000 et importe pour 12 000.

a) Calcule le solde de la balance commerciale.

b) Calcule le taux de couverture.

c) La balance est-elle excédentaire ou déficitaire ? Justifie.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Solde = 15 000 − 12 000 = +3 000 milliards de GNF.

b) Taux de couverture = 15 000 ÷ 12 000 × 100 = 125 %.

c) La balance est excédentaire : le solde est positif et le taux de couverture dépasse 100 %.

3Exercice 3

(Calcul et interprétation) Chiffres imaginaires : une année, les exportations d'un pays sont composées ainsi : or 55 %, bauxite 35 %, autres produits 10 %.

a) Quelle part des exportations représentent les produits miniers (or et bauxite) ?

b) Si les exportations totales valent 20 000 milliards de GNF, quelle est la valeur des exportations d'or ?

c) Que peux-tu en conclure sur la diversification de ce pays ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) 55 + 35 = 90 % des exportations.

b) 20 000 × 55 ÷ 100 = 11 000 milliards de GNF.

c) Ce pays est très peu diversifié : 90 % de ses exportations dépendent de deux produits miniers. Une baisse de leurs prix ferait chuter fortement ses recettes.

4Exercice 4

(Analyse de document) Lis ce texte, écrit pour la leçon :

« Depuis que la route vers la frontière a été bitumée, les commerçantes du marché exportent chaque semaine des oignons, des fruits et de l'huile de palme vers le pays voisin. Elles en ramènent des tissus et du sucre. Mais aux postes de contrôle, les tracasseries et les taxes non officielles réduisent leurs bénéfices. »

a) De quel type de commerce s'agit-il ?

b) Quel rôle la route a-t-elle joué ?

c) Quel obstacle est signalé, et quelle organisation régionale cherche à le réduire ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Il s'agit de commerce extérieur, plus précisément de commerce frontalier (avec le pays voisin), en grande partie assuré par des femmes.

b) La route bitumée a facilité et accéléré le transport, ce qui a permis de développer les échanges avec le pays voisin : elle a désenclavé la région.

c) L'obstacle : les tracasseries aux postes de contrôle et les taxes non officielles. La CEDEAO cherche à le réduire en organisant la libre circulation des personnes et des marchandises entre ses États membres.

5Exercice 5

(Rédaction guidée) En une quinzaine de lignes, présente les échanges extérieurs de la Guinée : ce qu'elle exporte, ce qu'elle importe, ses partenaires, ses problèmes et les solutions.

Voir le corrigéCacher le corrigé

Exemple de rédaction :

La Guinée participe au commerce mondial surtout comme exportatrice de matières premières.

Ses exportations sont dominées par les produits miniers : l'or et la bauxite, auxquels s'ajoutent l'alumine, les diamants et désormais le fer. Les produits agricoles et de la pêche (anacarde, café, fruits, poisson) restent modestes. Ses importations portent surtout sur les produits pétroliers, les denrées alimentaires comme le riz, les véhicules, les machines et les produits manufacturés.

Ses principaux partenaires sont la Chine, premier acheteur de bauxite, des pays du Golfe et l'Inde pour l'or, et des pays européens. Dans la région, la Guinée est membre fondateur de la CEDEAO.

Ces échanges posent des problèmes : dépendance envers quelques minerais aux prix variables, faible transformation sur place, importations de nourriture.

Pour y remédier, la Guinée doit diversifier ses exportations, transformer ses minerais et ses produits agricoles, produire davantage de riz et profiter de la CEDEAO et de la ZLECAf pour développer le commerce avec les autres pays africains.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Comment calcule-t-on le taux de couverture ?
Voir la réponse

Réponse B : exportations ÷ importations × 100. Le taux de couverture indique quelle part des importations est payée par les exportations.

2Une balance commerciale est déficitaire quand :
Voir la réponse

Réponse A : les importations dépassent les exportations. Le solde X − M est alors négatif et le taux de couverture inférieur à 100 %.

3Quelle organisation a remplacé le GATT en 1995 ?
Voir la réponse

Réponse B : l'Organisation mondiale du commerce (OMC). L'OMC, installée à Genève, fixe les règles du commerce international.

4Quels produits dominent les exportations de la Guinée ?
Voir la réponse

Réponse C : l'or et la bauxite. Les produits miniers représentent l'essentiel des ventes guinéennes à l'étranger.

5Quelle est la part approximative de l'Afrique dans le commerce mondial ?
Voir la réponse

Réponse A : environ 3 %. C'est une part très faible, liée à des exportations surtout brutes et peu diversifiées.

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