Leçon 45 sur 52
Texte d'application
Je sais traiter un sujet complet sur un texte : questions de compréhension, vocabulaire, étude du style, résumé et discussion.
- 1 h 30
- 5 exercices corrigés
- 1 schéma
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Répondre avec précision aux questions de compréhension en citant le texte
- Expliquer le vocabulaire et les procédés d'écriture
- Résumer le texte au quart
- Préparer la discussion sur un point du texte
Avant de commencer : L'exploitation de texte, le résumé de texte, la préparation à la dissertation.
1Je découvre
C'est la fin du chapitre sur la technique de l'expression. Au lycée de Faranah, le professeur annonce à la classe de 12e : « Samedi, devoir de trois heures. Un seul texte, et toutes les épreuves que nous avons vues : compréhension, vocabulaire, résumé et discussion. »
Kadiatou s'inquiète : « Monsieur, comment savoir par où commencer ? » Le professeur sourit : « Chaque question a sa méthode. Si vous les appliquez l'une après l'autre, le texte vous livrera ses réponses. »
Cette leçon est une leçon d'application. Elle ne t'apprend pas une nouvelle notion : elle te montre, sur un texte entier, comment enchaîner toutes les méthodes du chapitre, puis te fait t'entraîner comme un jour d'examen.
Comment traiter un sujet complet sur un texte, de la première lecture à la discussion ?
2Je comprends
1. Le texte
Lis attentivement ce texte, écrit pour la leçon. Il compte 284 mots.
> La parole des anciens
>
> Autrefois, au village, les soirées ne ressemblaient pas aux nôtres. Quand la nuit tombait et que les travaux des champs étaient terminés, petits et grands se rassemblaient autour du feu. Un ancien prenait la parole. Il racontait l'histoire des fondateurs du village, les exploits des héros, les ruses du lièvre et la sagesse de la tortue. Les enfants écoutaient, posaient des questions, répétaient les proverbes. Sans le savoir, ils recevaient une véritable éducation.
>
> Ces veillées n'étaient pas un simple divertissement. Elles transmettaient la mémoire du groupe, les règles de la vie commune, le respect des aînés et le sens de l'honneur. Chaque conte se terminait par une leçon, et chaque proverbe résumait une expérience de plusieurs générations. La parole des anciens était une école sans murs.
>
> Aujourd'hui, ces soirées se font rares. La télévision, la radio et le téléphone occupent les veillées ; les jeunes partent étudier en ville ; les anciens, souvent, n'ont plus d'auditoire. On entend dire que la tradition orale est condamnée et que l'école moderne l'a définitivement remplacée.
>
> Ce serait pourtant une grave erreur de les opposer. L'école apporte des savoirs indispensables : lire, écrire, calculer, comprendre les sciences. Mais la tradition orale apporte ce que les livres ne donnent pas toujours : l'enracinement, la connaissance de soi et des siens. Un peuple qui oublie sa mémoire ressemble à un arbre sans racines ; le premier vent le renverse.
>
> Il appartient donc à chacun de nous de faire vivre ce patrimoine : écouter les anciens pendant qu'ils sont là, recueillir leurs récits, les écrire, les enregistrer, les faire entrer à l'école. Ainsi, la modernité et la tradition, loin de se combattre, pourront grandir ensemble.
2. Première étape : situer et comprendre le texte
Avant toute question, lis le texte deux fois et réponds pour toi-même à quatre questions : de quoi parle-t-il (thème) ? que défend-il (thèse) ? comment est-il construit (plan) ? quel est son ton ?
| Élément | Réponse pour ce texte |
|---|---|
| Thème | la tradition orale (les veillées, la parole des anciens) face au monde moderne |
| Thèse | il ne faut pas opposer tradition orale et école : il faut sauvegarder la tradition et l'unir à la modernité |
| Type de texte | argumentatif, avec un début narratif et descriptif |
| Ton | sérieux, nostalgique au début, engagé à la fin |
- 1§1 Autrefois : les veillées au village, récit du passé.
- 2§2 Leur rôle : une éducation, une « école sans murs ».
- 3§3 Aujourd'hui : les veillées disparaissent ; on croit la tradition condamnée.
- 4§4 Réfutation : école et tradition se complètent (« pourtant »).
- 5§5 Conclusion : sauvegarder le patrimoine (« donc », « ainsi »).
On remarque le mouvement passé, présent, avenir, et les connecteurs qui organisent l'argumentation : « pourtant » (opposition), « mais » (opposition), « donc » (conséquence), « ainsi » (conclusion).
3. Deuxième étape : les questions de compréhension
Une bonne réponse est une phrase complète, qui reprend les termes de la question et s'appuie sur le texte (une citation courte, entre guillemets).
Exemple
Question : Pourquoi l'auteur dit-il que les enfants recevaient « une véritable éducation » ?
Réponse : L'auteur parle d'une « véritable éducation » parce que les veillées transmettaient aux enfants bien plus qu'un divertissement : « la mémoire du groupe, les règles de la vie commune, le respect des aînés et le sens de l'honneur ». Les enfants y apprenaient donc l'histoire et les valeurs de leur communauté, comme dans une école.
4. Troisième étape : le vocabulaire et le style
Le vocabulaire. On explique un mot dans son contexte, par une définition ou un synonyme qui pourrait le remplacer dans la phrase.
- auditoire : l'ensemble des personnes qui écoutent (« les anciens n'ont plus d'auditoire » : personne ne les écoute plus) ;
- enracinement : le fait d'être attaché à ses origines, à sa culture, comme un arbre à la terre ;
- patrimoine : l'ensemble des biens et des valeurs hérités des ancêtres et transmis aux générations suivantes.
Le style. On nomme le procédé, on cite l'exemple et on dit l'effet produit.
Exemple
Relevez et expliquez deux images du texte.
- « La parole des anciens était une école sans murs » : c'est une métaphore. La parole est comparée à une école, sans outil de comparaison. L'expression « sans murs » montre que cette éducation se faisait partout, en plein air, dans la vie même du village. L'effet est de donner à la tradition orale la même dignité que l'école.
- « Un peuple qui oublie sa mémoire ressemble à un arbre sans racines ; le premier vent le renverse » : c'est une comparaison (outil « ressemble à »). Elle montre que la mémoire donne à un peuple sa solidité ; sans elle, il est fragile face aux difficultés. L'image, simple et frappante, rappelle la forme d'un proverbe.
Autres procédés du texte : l'énumération (« lire, écrire, calculer, comprendre les sciences »), qui montre la richesse des savoirs de l'école ; l'opposition entre « Autrefois » et « Aujourd'hui », qui structure le texte.
5. Quatrième étape : le résumé
Le texte compte 284 mots. Au quart : 284 ÷ 4 = 71 mots. Tolérance de 10 % : environ 7 mots, soit entre 64 et 78 mots.
Exemple
Idée essentielle de chaque paragraphe :
§1 Autrefois, les anciens racontaient le soir l'histoire et les contes du village.
§2 Ces veillées éduquaient : mémoire, valeurs, sagesse.
§3 Elles disparaissent aujourd'hui ; on croit l'école appelée à les remplacer.
§4 Or l'école instruit, la tradition enracine : elles se complètent.
§5 Il faut donc sauvegarder ce patrimoine pour unir modernité et tradition.
Résumé : « Jadis, au village, les anciens racontaient le soir aux jeunes l'histoire et les contes de leur communauté. Ces veillées éduquaient : elles transmettaient la mémoire, les valeurs et la sagesse des générations. Elles disparaissent aujourd'hui, concurrencées par les médias et l'exode, au point qu'on croit l'école appelée à les remplacer. Or l'école instruit, tandis que la tradition enracine. Il faut donc sauvegarder ce patrimoine pour unir modernité et tradition. » (74 mots)
6. Cinquième étape : la discussion
Le sujet de discussion reprend une idée du texte. On le prépare comme une petite dissertation : mots clés, problématique, plan, exemples.
Méthode
Pour traiter un sujet complet sur un texte :
- Je lis le texte deux fois ; je note le thème, la thèse, le plan et le ton.
- Je réponds aux questions de compréhension par des phrases complètes, avec une citation courte.
- J'explique les mots dans leur contexte et j'analyse les procédés : nom, exemple, effet.
- Je fais le résumé : calcul, idées par paragraphe, rédaction, comptage.
- Je prépare la discussion au brouillon : problématique, plan, exemples précis.
- Je garde du temps pour relire l'orthographe et la présentation.
| Épreuve | Temps conseillé pour un devoir de 3 heures |
|---|---|
| Lecture et analyse du texte | 20 minutes |
| Questions de compréhension, vocabulaire et style | 35 minutes |
| Résumé | 45 minutes |
| Discussion (brouillon et rédaction) | 70 minutes |
| Relecture | 10 minutes |
3Je retiens
Je retiens
Avant les questions : thème, thèse, plan, ton du texte.
Compréhension : phrase complète, reprise de la question, citation courte entre guillemets.
Vocabulaire : définir le mot dans son contexte, par une expression qui pourrait le remplacer.
Style : nommer le procédé, citer l'exemple, expliquer l'effet.
Résumé : calculer la longueur, une idée par paragraphe, reformuler, compter.
Discussion : problématique, plan adapté à la consigne, arguments illustrés d'exemples précis.
4Erreurs fréquentes
- Répondre par un seul mot ou par une citation sans explication : le correcteur attend une phrase complète qui interprète le texte.
- Définir un mot hors contexte, en recopiant le dictionnaire : il faut le sens qu'il a dans la phrase du texte.
- Nommer un procédé sans dire son effet : « c'est une métaphore » ne rapporte presque rien si l'on n'explique pas ce qu'elle montre.
- Passer trop de temps sur les premières questions et bâcler la discussion : respecte le partage du temps.
5Je m’exerce
Tous les exercices portent sur le texte « La parole des anciens ».
1Exercice 1
(Compréhension)
a) Que faisaient les enfants pendant les veillées ? Relève trois verbes.
b) Selon l'auteur, pourquoi les veillées se font-elles rares aujourd'hui ? Donne deux raisons.
c) Quelle opinion l'auteur rejette-t-il dans le troisième paragraphe ?
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a) Pendant les veillées, les enfants « écoutaient, posaient des questions, répétaient les proverbes » : ils avaient un rôle actif.
b) Les veillées se font rares parce que « la télévision, la radio et le téléphone occupent les veillées » et parce que « les jeunes partent étudier en ville ». On peut ajouter que les anciens « n'ont plus d'auditoire ».
c) L'auteur rejette l'idée que « la tradition orale est condamnée et que l'école moderne l'a définitivement remplacée ». Il la présente comme une opinion répandue (« On entend dire ») avant de la réfuter.
2Exercice 2
(Vocabulaire)
a) Explique dans leur contexte : « divertissement », « condamnée », « recueillir ».
b) Trouve dans le texte un mot de la même famille que « racine ».
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a) Divertissement : un simple amusement, un passe-temps sans autre but que de plaire. Condamnée : destinée à disparaître, sans avenir. Recueillir : rassembler, noter soigneusement pour les conserver.
b) « enracinement » (et « racines », au pluriel).
3Exercice 3
(Style)
a) Relève l'énumération du dernier paragraphe et dis ce qu'elle montre.
b) Quel est le rôle du connecteur « pourtant » au début du quatrième paragraphe ?
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a) « écouter les anciens pendant qu'ils sont là, recueillir leurs récits, les écrire, les enregistrer, les faire entrer à l'école ». Cette énumération de verbes d'action à l'infinitif montre que sauvegarder le patrimoine est possible et concret : elle propose des gestes simples, que chacun peut accomplir.
b) « Pourtant » marque l'opposition : il introduit la réfutation de l'opinion présentée au paragraphe précédent. C'est le tournant de l'argumentation, où l'auteur donne sa propre thèse.
4Exercice 4
(Grammaire au service du sens) Dans la phrase « Quand la nuit tombait et que les travaux des champs étaient terminés, petits et grands se rassemblaient autour du feu », identifie le temps des verbes et explique sa valeur.
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Les verbes « tombait », « étaient terminés », « se rassemblaient » sont à l'imparfait (« étaient terminés » est un imparfait passif). C'est un imparfait d'habitude (ou de répétition) : ces actions se répétaient tous les soirs, autrefois. Il donne aussi à ce passage une valeur descriptive et nostalgique.
5Exercice 5
(Type examen, discussion) « La parole des anciens était une école sans murs. » Pensez-vous que la tradition orale puisse encore jouer un rôle éducatif dans la Guinée d'aujourd'hui ? Préparez la problématique et le plan détaillé, puis rédigez l'introduction et un paragraphe du développement.
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Problématique : « La tradition orale, qui éduquait autrefois les jeunes au village, garde-t-elle un rôle éducatif dans une Guinée où l'école, la ville et les écrans occupent une place croissante ? »
Plan détaillé :
I. La tradition orale peut encore éduquer.
- Elle transmet l'histoire et la mémoire (les griots racontent encore l'histoire des grandes familles et de l'empire du Mali).
- Elle enseigne des valeurs par les contes et les proverbes (respect des aînés, solidarité, sens de l'honneur).
- Elle vit dans la famille : conseils des grands-parents, récits des veillées de vacances au village.
II. Mais son rôle est aujourd'hui limité.
- Elle recule face aux écrans et à l'exode rural.
- Elle ne transmet pas les savoirs scientifiques et techniques nécessaires au monde moderne.
III. Elle peut retrouver sa place si elle s'allie à l'école.
- Enregistrer et écrire les récits (comme l'a fait Djibril Tamsir Niane avec l'épopée de Soundjata).
- Faire entrer contes et proverbes dans les classes et les médias.
Introduction : « Longtemps, en Afrique, le savoir s'est transmis de bouche à oreille, de l'ancien au plus jeune, au cours des veillées. Un texte affirme ainsi que « la parole des anciens était une école sans murs ». Mais dans la Guinée d'aujourd'hui, où l'école, la ville et les écrans prennent une place croissante, la tradition orale peut-elle encore éduquer ? Nous verrons qu'elle transmet toujours une mémoire et des valeurs, puis que son rôle est limité, avant de montrer qu'elle peut retrouver sa force en s'alliant à l'école. »
Paragraphe (I.2) : « La tradition orale enseigne d'abord des valeurs. En effet, chaque conte se termine par une leçon, et chaque proverbe condense l'expérience de plusieurs générations. Ainsi, les histoires où le lièvre rusé finit par être puni apprennent aux enfants que la ruse sans honnêteté ne mène à rien. Ces leçons, simples et faciles à retenir, accompagnent l'enfant toute sa vie. Cependant, ce rôle éducatif rencontre aujourd'hui des limites. »
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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