Leçon 20 sur 22
La reproduction des plantes à fleurs
Je sais expliquer les deux façons dont se reproduisent les plantes à fleurs (par graines et par multiplication végétative) et décrire les techniques utilisées par les paysans guinéens.
- 45 min
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Distinguer reproduction sexuée (fleurs, graines) et multiplication végétative chez les plantes à fleurs
- Reconnaître les organes de multiplication végétative naturelle : tubercules, rhizomes, bulbes, rejets, stolons
- Décrire le bouturage, le marcottage et le greffage
- Expliquer les avantages et les limites de chaque mode
Avant de commencer : La leçon sur la reproduction des êtres vivants (sexuée et asexuée) ; savoir nommer les parties d'une plante (racine, tige, feuille, fleur).
1Je découvre
À Timbi-Madina, dans le Fouta-Djallon, le père de Mamadou prépare ses champs. Pour la pomme de terre, il met en terre des pommes de terre entières, gardées de la récolte précédente. Pour le manioc, il coupe de longues tiges en morceaux et les plante en biais. Pour le maïs et le fonio, en revanche, il sème des graines. Au bord du champ, un voisin est venu « greffer » un jeune manguier : il a fixé sur sa tige un petit morceau de branche pris sur un autre manguier, puis a serré le tout avec un lien.
Mamadou est curieux : « Pourquoi planter parfois des graines, parfois des morceaux de tiges ou des tubercules ? Et pourquoi coller un morceau d'arbre sur un autre arbre ? »
De quelles façons les plantes à fleurs se reproduisent-elles, et comment les paysans utilisent-ils ces modes de reproduction ?
2Je comprends
1. Deux modes de reproduction
Les plantes à fleurs (manguier, maïs, haricot, manioc, oranger…) peuvent se reproduire de deux façons :
- par reproduction sexuée : la fleur contient les organes reproducteurs ; après la fécondation, elle donne un fruit qui contient des graines ; chaque graine semée peut donner une nouvelle plante. C'est ce que fait le paysan quand il sème du maïs, du riz, du fonio ou de l'arachide. Ce mode sera étudié en détail dans la leçon suivante ;
- par reproduction asexuée, appelée chez les plantes multiplication végétative : un organe végétatif (tige, racine, feuille), et non une fleur, donne une nouvelle plante. Il n'y a ni gamètes, ni fécondation.
Beaucoup de plantes peuvent faire les deux. Le manioc, par exemple, fleurit et donne des graines, mais on le multiplie presque toujours par boutures.
2. La multiplication végétative naturelle
Certaines plantes produisent d'elles-mêmes des organes capables de donner de nouvelles plantes. Ces organes sont souvent riches en réserves (amidon), ce qui permet à la jeune pousse de démarrer.
| Organe | Description | Exemples |
|---|---|---|
| Tubercule | organe souterrain gonflé de réserves, portant des bourgeons (les « yeux ») | pomme de terre (tige souterraine), igname |
| Rhizome | tige souterraine qui pousse à l'horizontale et produit de nouvelles tiges | gingembre, curcuma |
| Bulbe | bourgeon souterrain entouré de feuilles charnues | échalote, ail |
| Rejet | jeune pousse qui naît à la base de la plante mère | bananier, ananas |
| Stolon | tige rampante qui s'enracine plus loin et forme une nouvelle plante | certaines herbes rampantes des pelouses |
Remarque : l'ananas peut aussi être multiplié en plantant sa couronne (le bouquet de feuilles au sommet du fruit).
- Tubercule
- Rhizome
- Bulbe
- Rejet
- Pomme de terre du Fouta, igname
- Gingembre
- Échalote, ail
- Bananier, ananas
3. La multiplication végétative pratiquée par l'homme
Les agriculteurs utilisent la capacité des plantes à refaire des racines et des tiges à partir d'un morceau.
Le bouturage. On coupe un morceau de tige (la bouture), portant plusieurs bourgeons, et on le plante dans une terre humide. La bouture forme des racines à sa base, et ses bourgeons donnent de nouvelles tiges et de nouvelles feuilles.
- Manioc : on plante des morceaux de tige d'environ 20 à 30 cm, dans le bon sens (les bourgeons tournés vers le haut).
- Patate douce : on plante des morceaux de lianes.
- On bouture aussi l'hibiscus des haies, le moringa, la canne à sucre.
Le marcottage. On courbe une branche encore attachée à la plante mère jusqu'au sol, on l'enterre en partie (ou on entoure une partie de la branche d'un manchon de terre humide). Des racines se forment sur la partie enterrée. On coupe alors la branche : elle devient une nouvelle plante. L'avantage : la marcotte reste nourrie par la plante mère pendant qu'elle fait ses racines.
Le greffage. On fixe sur une plante enracinée, le porte-greffe (ou sujet), un morceau d'une autre plante de la même espèce ou d'une espèce proche, le greffon (un rameau ou un bourgeon). On ligature le tout. Les deux parties se soudent ; le greffon se développe et donne les fruits de sa variété, tandis que le porte-greffe fournit les racines.
On greffe beaucoup les manguiers, les orangers, les citronniers et les avocatiers : le porte-greffe, souvent issu d'une graine, est vigoureux et résistant ; le greffon provient d'un arbre qui donne de très bons fruits. Les arbres greffés produisent en général plus tôt que les arbres issus de graines, et leurs fruits ont exactement la qualité de l'arbre d'où vient le greffon.
La division de touffe. On sépare une grosse touffe en plusieurs morceaux munis de racines : c'est le cas de la citronnelle.
- 1Choisir un manguier donnant de très bons fruits : on y prélève un rameau, le greffon.
- 2Préparer un jeune manguier bien enraciné, issu d'une graine : le porte-greffe.
- 3Faire une entaille dans le porte-greffe et y placer le greffon.
- 4Serrer les deux parties avec un lien pour qu'elles se soudent.
- 5Quand le greffon pousse, supprimer les autres branches du porte-greffe.
4. Avantages et limites des deux modes
| Par graines (sexuée) | Multiplication végétative | |
|---|---|---|
| Parents | deux (pollen et ovule) | un seul |
| Descendants | variés, pas identiques à la plante mère | identiques à la plante mère |
| Rapidité | souvent plus lente | souvent plus rapide |
| Conservation | graines légères, faciles à stocker et à transporter | boutures et tubercules volumineux, qui se gardent peu |
| Maladies | la graine transmet rarement les maladies | la maladie de la plante mère passe souvent aux descendants |
La multiplication végétative permet de conserver exactement les qualités d'une bonne plante (gros tubercules, fruits sucrés). Mais toutes les plantes étant identiques, une maladie peut détruire toute une plantation, et une bouture prise sur une plante malade (par exemple un manioc atteint de mosaïque) transmet la maladie. Il faut donc choisir des boutures saines.
La reproduction par graines produit des plantes variées, parmi lesquelles certaines peuvent mieux résister à la sécheresse ou aux maladies ; les graines se conservent longtemps et se transportent facilement.
Méthode
Pour reconnaître un mode de reproduction d'une plante à fleurs :
- Je regarde ce que l'on plante : une graine (issue d'un fruit) ou un morceau de plante (tige, tubercule, rejet…).
- Graine : reproduction sexuée, les descendants sont variés.
- Morceau de plante : multiplication végétative ; je nomme l'organe ou la technique (bouture, tubercule, rejet, rhizome, bulbe, marcotte, greffe).
- Je conclus sur les descendants : identiques à la plante mère en cas de multiplication végétative.
Exemple
Kadiatou coupe un rhizome de gingembre en trois morceaux portant chacun un bourgeon, et les plante. Quel mode de reproduction utilise-t-elle ? Comment seront les plantes obtenues ?
Ce que l'on plante : des morceaux de rhizome, c'est-à-dire de tige souterraine (organe végétatif).
Il n'y a ni fleur, ni graine, ni fécondation : c'est une multiplication végétative.
Les trois plantes obtenues seront identiques entre elles et identiques à la plante de gingembre de départ.
Exemple
Un paysan de Kindia a un oranger qui donne des oranges très sucrées. Il sème les pépins de ces oranges, mais les arbres obtenus donnent des oranges différentes, moins bonnes. Explique, et propose une meilleure méthode.
Les pépins sont des graines : ils proviennent d'une reproduction sexuée, qui mélange les caractères de deux parents.
Les arbres obtenus ne sont donc pas identiques à l'oranger de départ.
Pour obtenir des arbres identiques, il faut greffer : prélever des greffons sur le bon oranger et les fixer sur de jeunes porte-greffes.
3Je retiens
Je retiens
Les plantes à fleurs se reproduisent par graines (reproduction sexuée, grâce à la fleur) ou par multiplication végétative (reproduction asexuée, à partir d'un organe végétatif).
Multiplication végétative naturelle : tubercules (pomme de terre, igname), rhizomes (gingembre), bulbes (échalote), rejets (bananier, ananas), stolons.
Multiplication végétative par l'homme : bouturage (manioc, patate douce), marcottage, greffage (manguier, oranger : greffon sur porte-greffe), division de touffe.
Multiplication végétative : descendants identiques à la plante mère, rapide, mais transmet les maladies ; choisir des boutures saines.
Graines : descendants variés, faciles à conserver et à transporter.
4Erreurs fréquentes
- Croire que la pomme de terre ou l'igname sont des graines : ce sont des tubercules, organes végétatifs ; la graine vient toujours d'une fleur.
- Penser qu'un arbre issu d'un pépin donne les mêmes fruits que l'arbre d'origine : la graine donne une plante différente ; seul le greffage conserve la variété.
- Confondre porte-greffe et greffon : le porte-greffe fournit les racines ; le greffon donne les branches et les fruits.
- Oublier que la bouture transmet les maladies de la plante mère : il faut toujours prendre des boutures sur des plantes saines.
5Je m’exerce
1Exercice 1
Nomme l'organe ou la technique de multiplication végétative dans chaque cas : a) on plante une pomme de terre ; b) on plante un morceau de tige de manioc ; c) on sépare les jeunes pousses à la base d'un bananier ; d) on plante un morceau de gingembre ; e) on fixe un rameau de manguier sur un autre manguier.
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a) Un tubercule.
b) Le bouturage (une bouture).
c) Des rejets.
d) Un rhizome.
e) Le greffage (le rameau est le greffon).
2Exercice 2
Vrai ou faux ? Corrige les phrases fausses.
a) La multiplication végétative nécessite une fécondation.
b) Un greffon donne les fruits de sa propre variété.
c) Les plantes obtenues par bouturage sont différentes de la plante mère.
d) Le manioc peut aussi produire des graines.
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a) Faux : la multiplication végétative se fait sans gamètes et sans fécondation.
b) Vrai.
c) Faux : elles sont identiques à la plante mère.
d) Vrai : le manioc fleurit et peut donner des graines, même si on le multiplie surtout par boutures.
3Exercice 3
Un paysan plante des boutures de manioc en lignes. Chaque ligne mesure 30 m et il laisse 1 m entre deux boutures, avec une bouture au début et une à la fin de chaque ligne.
a) Combien de boutures plante-t-il sur une ligne ?
b) Combien lui en faut-il pour 12 lignes ?
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a) 30 m ÷ 1 m = 30 intervalles ; avec une bouture au début et une à la fin, il y a 30 + 1 = 31 boutures par ligne.
b) 31 × 12 = 372 boutures.
4Exercice 4
Explique les étapes du marcottage et donne son avantage par rapport au bouturage.
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On courbe une branche de la plante mère jusqu'au sol ; on enterre une partie de cette branche (ou on l'entoure d'un manchon de terre humide) ; des racines se forment sur la partie enterrée ; on coupe ensuite la branche, qui devient une plante autonome. Avantage : pendant que les racines se forment, la marcotte reste attachée à la plante mère, qui la nourrit ; elle risque moins de sécher qu'une bouture.
5Exercice 5
Dans un village de la Guinée forestière, tous les pieds de manioc d'un champ ont été obtenus à partir des boutures d'une seule plante. Une maladie apparaît et détruit presque tout le champ.
a) Pourquoi tous les pieds ont-ils été touchés ?
b) Donne deux conseils pour éviter ce problème.
c) Cite un avantage et un inconvénient de la reproduction par graines par rapport au bouturage.
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a) Toutes les plantes provenaient d'une seule plante mère : elles sont identiques et ont la même sensibilité à la maladie. De plus, la plante mère pouvait déjà porter la maladie et la transmettre à ses boutures.
b) Choisir des boutures sur des plantes saines et vigoureuses ; utiliser des boutures prises sur plusieurs plantes ou plusieurs variétés différentes (on peut aussi arracher et brûler les plantes malades).
c) Avantage des graines : elles donnent des plantes variées (certaines peuvent résister à la maladie) et se conservent facilement. Inconvénient : les plantes obtenues ne sont pas identiques à la bonne plante de départ, et la culture est souvent plus lente.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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