Leçon 42 sur 59
Quelques figures de style : personnification, comparaison, métaphore
Je sais reconnaître et expliquer une comparaison, une métaphore et une personnification, et je sais en créer dans mes rédactions.
- 45 min
- 6 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Définir la comparaison, la métaphore et la personnification
- Repérer le comparé, le comparant, l'outil de comparaison et le point commun
- Expliquer l'effet d'une figure de style et en écrire moi-même
Avant de commencer : Le sens propre et le sens figuré ; le champ sémantique
1Je découvre
Pour la fête de l'école, les élèves de 7e de Labé préparent des poèmes sur le Fouta-Djallon. Voici trois vers écrits par trois élèves :
- Kadiatou : « Les collines du Fouta sont comme des vagues vertes figées. »
- Alpha : « Le Fouta-Djallon est le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest. »
- Mariama : « Le vent du matin chante dans les pins et réveille les cases endormies. »
Le professeur les félicite : « Vous avez tous les trois utilisé une figure de style, mais pas la même ! »
Les élèves sont étonnés. Pour eux, ils ont simplement « écrit joliment ». Pourtant, chacun a fabriqué une image d'une manière différente : Kadiatou avec le mot comme, Alpha sans aucun mot de liaison, Mariama en donnant au vent des actions humaines.
Qu'est-ce qu'une comparaison, une métaphore et une personnification, et comment les reconnaître ?
2Je comprends
1. Qu'est-ce qu'une figure de style ?
Une figure de style est une manière particulière d'employer les mots pour rendre un texte plus expressif, plus imagé, plus beau ou plus frappant. Les poètes, les conteurs, les griots et les écrivains en emploient beaucoup, mais tu en utilises aussi sans le savoir dans la vie de tous les jours (« Il est rapide comme l'éclair », « Il pleut des cordes »).
Dans cette leçon, tu vas étudier trois figures d'image, qui reposent toutes sur une ressemblance : la comparaison, la métaphore et la personnification.
2. La comparaison
La comparaison rapproche deux éléments qui ont un point commun, à l'aide d'un outil de comparaison.
Elle comporte quatre éléments :
| Élément | Rôle | Dans « Ses dents sont blanches comme le lait » |
|---|---|---|
| le comparé | ce dont on parle | ses dents |
| l'outil de comparaison | le mot qui relie | comme |
| le comparant | l'image à laquelle on compare | le lait |
| le point commun | la qualité partagée | blanches (la blancheur) |
Les principaux outils de comparaison sont :
- comme, ainsi que, de même que ;
- tel, telle, pareil à, semblable à ;
- des verbes : ressembler à, sembler, paraître, on dirait ;
- plus… que, moins… que, aussi… que.
Exemples :
- *Le fleuve Niger, tel un long serpent, traverse la Haute-Guinée.*
- *Ce garçon est aussi fort qu'un baobab.*
- *La lune ressemble à une grande calebasse d'argent.*
Remarque : le point commun n'est pas toujours écrit. Dans La lune ressemble à une grande calebasse d'argent, c'est au lecteur de le trouver : la forme ronde et la couleur claire.
- 1Le comparé : ce dont on parle (ses dents)
- 2L'outil de comparaison : le mot qui relie (comme)
- 3Le comparant : l'image choisie (le lait)
- 4Le point commun : ce qu'ils partagent (la blancheur)
3. La métaphore
La métaphore rapproche aussi deux éléments qui ont un point commun, mais sans outil de comparaison. C'est une comparaison « raccourcie », plus directe et plus forte : on dit que le comparé EST le comparant.
- Comparaison : *Le Fouta-Djallon est comme un château d'eau.*
- Métaphore : *Le Fouta-Djallon est le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest.*
Le point commun : le château d'eau fournit de l'eau à toute une ville ; de grands cours d'eau prennent leur source dans le Fouta-Djallon, comme la Gambie et le Bafing (la principale branche du fleuve Sénégal), et ils arrosent plusieurs pays voisins.
D'autres exemples :
- *Cette élève est une lumière.* (elle est très intelligente, elle « éclaire » les autres)
- *Le soleil de midi est un brasier.* (il chauffe très fort, comme un feu)
- *Le marché de Madina est une fourmilière.* (il y a beaucoup de monde qui s'agite, comme les fourmis)
Parfois, la métaphore ne cite même pas le comparé : dans Une fourmilière de voyageurs attend à la gare routière, on comprend qu'il s'agit d'une foule nombreuse.
- un outil : comme, tel, pareil à…
- Le marché est comme une fourmilière.
- Il est fort comme un lion.
- Ses yeux brillent comme des étoiles.
- pas d'outil
- Le marché est une fourmilière.
- C'est un lion.
- Ses yeux sont deux étoiles.
4. La personnification
La personnification consiste à donner à une chose, un animal, une idée ou un phénomène naturel des caractéristiques humaines : des actions, des sentiments, des paroles, une volonté.
- *Le vent chante dans les pins.* (chanter est une action humaine)
- *La pluie pleure sur les toits de tôle.* (pleurer est humain)
- *Le fleuve se fâche et sort de son lit.* (se fâcher est un sentiment humain)
- *L'harmattan gifle le visage des passants.* (gifler est un geste humain)
Pour repérer une personnification, cherche un sujet non humain suivi d'un verbe, d'un adjectif ou d'un nom qu'on emploie normalement pour les personnes.
Les contes africains utilisent beaucoup la personnification : l'hyène, le lièvre ou la tortue y parlent, rusent et se disputent comme des hommes.
5. À quoi servent ces figures ?
Elles permettent de :
- rendre une description plus vivante et plus concrète (on « voit » mieux) ;
- exprimer des sentiments ou des impressions (la peur, la joie, la tristesse) ;
- frapper l'esprit du lecteur et mieux faire comprendre une idée ;
- donner de la beauté au texte, surtout en poésie.
Méthode
Pour identifier et expliquer une figure de style :
- Je repère l'image : un rapprochement entre deux éléments, ou une chose qui agit comme un être humain.
- Je cherche un outil de comparaison (comme, tel, pareil à, ressembler à…). S'il y en a un : c'est une comparaison.
- Pas d'outil, mais le comparé « est » le comparant : c'est une métaphore.
- Une chose, un animal ou une idée fait une action humaine ou a un sentiment humain : c'est une personnification.
- Je nomme le comparé, le comparant et le point commun (pour la comparaison et la métaphore).
- J'explique l'effet : ce que l'image fait voir ou ressentir au lecteur.
Exemple
Analyse : « Les vagues de Kassa, pareilles à des chevaux blancs, galopent vers la plage. »
- Outil « pareilles à » → il y a une comparaison.
- Comparé : les vagues ; comparant : des chevaux blancs ; point commun : l'écume blanche et la vitesse, le mouvement puissant.
- « galopent » : c'est l'action des chevaux ; ici elle prolonge la comparaison (l'image des chevaux continue).
Effet : le lecteur voit la force et la rapidité des vagues, et l'écume blanche comme la crinière des chevaux.
Exemple
Nomme la figure de style dans chaque phrase.
a) La nuit tombe comme un grand pagne noir sur le village.
b) Ce vieux sage est une bibliothèque.
c) Le soleil se lève paresseusement derrière les collines.
a) Comparaison : outil « comme » ; comparé : la nuit ; comparant : un grand pagne noir ; point commun : l'obscurité qui recouvre tout.
b) Métaphore : pas d'outil ; comparé : le vieux sage ; comparant : une bibliothèque ; point commun : il contient beaucoup de savoir.
c) Personnification : « paresseusement » est une attitude humaine prêtée au soleil ; on sent la lenteur du lever du jour.
3Je retiens
Je retiens
Une figure de style est une façon d'employer les mots pour rendre le texte plus imagé et plus frappant.
Comparaison : rapprochement de deux éléments AVEC un outil (comme, tel, pareil à, ressembler à…). Ex. : Il est fort comme un lion.
Éléments de la comparaison : le comparé, l'outil, le comparant, le point commun.
Métaphore : rapprochement SANS outil de comparaison. Ex. : Le Fouta-Djallon est le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest.
Personnification : on donne des caractéristiques humaines à une chose, un animal ou une idée. Ex. : Le vent chante.
Pour analyser : je nomme la figure, je donne ses éléments, j'explique son effet.
4Erreurs fréquentes
- Voir une comparaison dans chaque « comme » : dans « Comme il pleuvait, nous sommes restés », « comme » signifie « parce que » ; il n'y a pas de comparaison. Il faut deux éléments rapprochés par un point commun.
- Confondre comparaison et métaphore : s'il y a un outil (comme, tel, pareil à), c'est une comparaison ; s'il n'y en a pas, c'est une métaphore.
- Oublier que l'animal qui parle dans un conte est une personnification : parler, réfléchir, rire sont des actions humaines.
- Nommer la figure sans l'expliquer : à l'examen, il faut aussi dire ce qu'elle fait voir ou ressentir.
5Je m’exerce
1Exercice 1
Dans chaque comparaison, relève le comparé, l'outil, le comparant et le point commun.
a) Ses yeux brillent comme des étoiles.
b) Le fleuve, tel un serpent, se glisse entre les rochers.
c) Mon frère est aussi têtu qu'une chèvre.
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a) Comparé : ses yeux ; outil : comme ; comparant : des étoiles ; point commun : brillent (l'éclat).
b) Comparé : le fleuve ; outil : tel ; comparant : un serpent ; point commun : se glisse (la forme longue et le mouvement sinueux).
c) Comparé : mon frère ; outil : aussi… que ; comparant : une chèvre ; point commun : têtu (l'entêtement).
2Exercice 2
Transforme chaque comparaison en métaphore.
a) Le marché est comme une fourmilière.
b) Cet élève est brillant comme une lumière.
c) Les étoiles sont pareilles à des diamants dans le ciel.
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a) Le marché est une fourmilière.
b) Cet élève est une lumière.
c) Les étoiles sont des diamants dans le ciel.
3Exercice 3
Nomme la figure de style de chaque phrase (comparaison, métaphore ou personnification).
a) Le vent du soir murmure des secrets aux manguiers.
b) La mer est un miroir sous le soleil.
c) Ce taxi-brousse avance lentement, comme une vieille tortue.
d) Les maisons de tôle transpirent sous la chaleur de mars.
e) Mon grand-père est un baobab : solide et protecteur.
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a) Personnification : le vent « murmure des secrets », action humaine.
b) Métaphore : la mer est comparée à un miroir sans outil (point commun : elle reflète la lumière).
c) Comparaison : outil « comme » ; le taxi-brousse est comparé à une vieille tortue (la lenteur).
d) Personnification : les maisons « transpirent », action humaine (il fait très chaud).
e) Métaphore : le grand-père est un baobab (solidité, protection), sans outil de comparaison.
4Exercice 4
Complète chaque phrase par une comparaison de ton choix, puis souligne l'outil.
a) Pendant l'harmattan, l'air est sec comme…
b) Le bébé dort paisiblement, tel…
c) Après la pluie, la route ressemble à…
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Exemples de réponses :
a) Pendant l'harmattan, l'air est sec <u>comme</u> du papier.
b) Le bébé dort paisiblement, <u>tel</u> un petit ange.
c) Après la pluie, la route <u>ressemble à</u> une rivière de boue.
5Exercice 5
(Type examen) Lis ce court texte, puis réponds.
« Au bout de la saison sèche, la terre avait soif. Les champs, pareils à de vieux visages ridés, attendaient la pluie. Enfin, un soir, le ciel se fâcha : le tonnerre gronda et l'orage fut une fête pour tout le village. »
a) Relève une personnification et explique-la.
b) Relève une comparaison ; donne ses quatre éléments.
c) Relève une métaphore et explique le point commun.
d) Quelle impression ces images donnent-elles de l'arrivée de la pluie ?
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a) Personnification : « la terre avait soif » (avoir soif est un besoin humain ou animal ; la terre est très sèche) ou « le ciel se fâcha » (se fâcher est un sentiment humain ; le ciel devient menaçant, l'orage éclate).
b) Comparaison : « Les champs, pareils à de vieux visages ridés » ; comparé : les champs ; outil : pareils à ; comparant : de vieux visages ridés ; point commun : la sécheresse et les fissures de la terre, comme des rides.
c) Métaphore : « l'orage fut une fête pour tout le village » ; point commun : la joie ; l'orage apporte autant de bonheur qu'une fête, sans outil de comparaison.
d) Ces images montrent que la pluie est attendue avec impatience, comme un soulagement : la nature souffre de la sécheresse, puis l'arrivée de l'orage apporte la joie à tout le village.
6Exercice 6
(Expression écrite) Écris quatre ou cinq phrases pour décrire un orage de la saison des pluies. Emploie au moins une comparaison, une métaphore et une personnification, et nomme-les entre parenthèses.
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Exemple de réponse :
« Le ciel s'assombrit et les nuages noirs se rassemblent comme une armée prête au combat (comparaison). Le vent se met à hurler dans les arbres (personnification). Soudain, l'éclair est une épée de feu qui déchire la nuit (métaphore). La pluie tombe si fort que les rues deviennent des rivières. Les enfants rient à l'abri de la véranda. »
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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