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Biologie · 9e

Leçon 28 sur 29

Maîtriser la reproduction : les mutilations génitales féminines

Je sais définir les mutilations génitales féminines, expliquer leurs conséquences graves sur la santé à partir de mes connaissances sur l'appareil génital, et savoir comment agir pour les faire reculer.

  • 50 min
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Définir les mutilations génitales féminines (MGF) selon l'Organisation mondiale de la santé et en connaître les types
  • Expliquer les conséquences immédiates et à long terme des MGF sur la santé, la reproduction et l'accouchement
  • Distinguer les idées reçues des faits scientifiques
  • Connaître la position de la loi guinéenne et les moyens d'agir pour protéger les filles

Avant de commencer : Les leçons sur l'appareil génital féminin (vulve, vagin, utérus), les cycles sexuels (règles) et la naissance (accouchement).

1Je découvre

À Kouroussa, Hawa, élève de 9e, écoute une émission à la radio rurale. Une sage-femme y explique qu'elle voit souvent, lors des accouchements, des femmes qui souffrent de complications graves liées à l'excision qu'elles ont subie petites filles. Un imam invité rappelle que la santé et la vie des enfants doivent être protégées, et un médecin précise que cette pratique n'apporte aucun bénéfice pour la santé.

Le soir, Hawa entend sa tante dire qu'il faudrait « préparer » sa petite cousine de six ans pendant les vacances, « comme le veut la tradition ». Hawa est troublée : ce qu'elle a entendu à la radio contredit ce qu'on dit dans sa famille. Elle ne sait pas quoi penser, ni à qui parler.

Que sont les mutilations génitales féminines, quelles sont leurs conséquences sur la santé, et comment peut-on agir pour protéger les filles ?

2Je comprends

1. Définition

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les mutilations génitales féminines (MGF) regroupent toutes les interventions qui consistent à enlever en partie ou en totalité les organes génitaux externes de la fille ou de la femme, ou à leur causer d'autres lésions, pour des raisons non médicales.

En Guinée, on parle couramment d'excision. Elles sont le plus souvent pratiquées sur des fillettes, parfois des bébés, parfois des adolescentes, souvent par des exciseuses traditionnelles, avec des instruments non stérilisés (lames, couteaux), sans anesthésie.

L'OMS distingue quatre types :

TypeDescription (simplifiée)
Type 1ablation partielle ou totale du clitoris, organe sensible de la vulve
Type 2ablation du clitoris et des petites lèvres (on parle souvent d'« excision » au sens strict)
Type 3l'infibulation : rétrécissement de l'orifice du vagin en recouvrant et en cousant les lèvres, forme la plus grave
Type 4toutes les autres interventions nocives sur les organes génitaux (piquer, inciser, gratter, brûler)

Les MGF ne soignent aucune maladie et n'ont aucun avantage pour la santé. Elles sont reconnues au niveau international comme une violation des droits des filles et des femmes : droit à la santé, à l'intégrité physique, à ne pas subir de violences.

En Guinée, la pratique est très répandue : selon l'enquête démographique et de santé de 2018, environ 95 % des femmes de 15 à 49 ans avaient été excisées. C'est l'un des taux les plus élevés au monde, ce qui rend la lutte contre les MGF particulièrement importante dans notre pays.

2. Les conséquences sur la santé

Grâce à ce que tu as appris sur l'appareil génital féminin, tu peux comprendre pourquoi ces interventions sont dangereuses : la vulve est une zone très riche en vaisseaux sanguins et en terminaisons nerveuses, proche de l'orifice de l'urètre et de celui du vagin, par où passent l'urine, le sang des règles et, plus tard, l'enfant à l'accouchement.

Conséquences immédiates :

  • douleur intense, pouvant provoquer un état de choc ;
  • hémorragie (perte importante de sang), qui peut entraîner la mort ;
  • infections de la plaie, tétanos (bactérie entrant par une plaie souillée) ;
  • transmission de maladies par des instruments utilisés sur plusieurs fillettes sans stérilisation : VIH, hépatites ;
  • rétention d'urine : la fillette a si mal qu'elle n'arrive plus à uriner ;
  • traumatisme psychologique : peur, cauchemars, perte de confiance envers les adultes.

Conséquences à long terme :

  • infections urinaires et génitales à répétition ;
  • kystes et cicatrices douloureuses ;
  • règles douloureuses et difficultés d'écoulement du sang des règles (surtout après une infibulation) ;
  • douleurs lors des rapports sexuels, dans la vie de couple ;
  • problèmes de fertilité liés aux infections ;
  • complications de l'accouchement : les cicatrices, peu élastiques, empêchent le passage normal de l'enfant ; le travail est plus long, avec un risque de déchirures, d'hémorragie, de fistule obstétricale (communication anormale entre le vagin et la vessie ou le rectum, provoquant des fuites d'urine ou de selles permanentes), et de souffrance ou de décès du nouveau-né ;
  • souffrances psychologiques durables (anxiété, dépression).
Conséquences immédiates
  • Douleur intense, choc
  • Hémorragie, parfois mortelle
  • Infections, tétanos
  • VIH et hépatites par instruments partagés
  • Traumatisme psychologique
Conséquences à long terme
  • Infections urinaires et génitales répétées
  • Règles et rapports douloureux
  • Kystes, cicatrices, troubles de la fertilité
  • Accouchements difficiles, fistules obstétricales
  • Souffrances psychologiques durables
Les MGF mettent en danger la santé des filles tout au long de leur vie.

Méthode

Pour expliquer une conséquence des MGF dans un exercice :

  1. Je nomme l'organe ou la fonction touchée (vulve, urètre, vagin, accouchement, psychisme).
  2. Je rappelle son rôle normal, grâce aux leçons sur l'appareil génital et la naissance.
  3. J'explique ce que la lésion ou la cicatrice change à ce fonctionnement.
  4. Je précise si la conséquence est immédiate ou à long terme, et sa gravité.

Exemple

Explique pourquoi une femme qui a subi une infibulation risque un accouchement difficile.

  1. Organe concerné : l'orifice du vagin et la vulve.
  2. Rôle normal : au moment de l'expulsion, le vagin et la vulve doivent s'étirer beaucoup pour laisser passer la tête de l'enfant.
  3. Après une infibulation, l'orifice est rétréci et entouré de tissu cicatriciel dur et peu élastique : il ne peut pas s'ouvrir normalement. L'expulsion est bloquée ou ralentie, avec un risque de déchirures graves, d'hémorragie, de fistule, et de manque de dioxygène pour l'enfant.
  4. C'est une conséquence à long terme, très grave pour la mère et pour l'enfant.

3. Idées reçues et faits

Les MGF se maintiennent souvent au nom de croyances. Il est important de les confronter aux faits.

Idée reçueCe que disent les faits
« C'est une exigence de la religion. »Aucun texte de l'islam ni du christianisme ne l'impose ; de nombreux responsables religieux, en Guinée et ailleurs, s'y opposent publiquement. La pratique existe d'ailleurs aussi dans des communautés d'autres religions, et elle est plus ancienne que ces religions.
« C'est plus propre, plus hygiénique. »Faux : les MGF provoquent au contraire des infections ; la propreté s'obtient par la toilette quotidienne.
« Cela favorise la fertilité et facilite l'accouchement. »Faux : les infections peuvent rendre stérile, et les cicatrices rendent l'accouchement plus difficile et plus dangereux.
« Pratiquée par un agent de santé, c'est sans danger. »Faux : même réalisée dans un centre de santé, l'intervention enlève un organe sain et garde ses conséquences à long terme ; l'OMS s'oppose à toute « médicalisation » des MGF.
« Une fille non excisée ne trouvera pas de mari. »De plus en plus de familles guinéennes abandonnent la pratique ; la valeur d'une personne ne dépend pas de cette intervention.

4. La loi guinéenne

En Guinée, les mutilations génitales féminines sont interdites par la loi. Plusieurs textes les interdisent et prévoient des sanctions pénales contre ceux qui les pratiquent, les organisent ou y participent : la loi sur la santé de la reproduction (2000), le Code de l'enfant et le Code pénal. L'État, les agents de santé, les associations, les leaders religieux et coutumiers mènent des campagnes de sensibilisation, et des communautés entières ont publiquement déclaré abandonner la pratique.

Au niveau international, les Nations unies ont fait du 6 février la Journée internationale de la tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines.

5. Comment agir ?

L'abandon des MGF passe par le dialogue et l'information, pas par le mépris des familles : les parents qui les pratiquent pensent souvent bien faire. Chacun, à son niveau, peut agir :

  1. 1S'informer : connaître l'appareil génital et les conséquences réelles des MGF
  2. 2En parler : dialoguer calmement en famille avec les arguments de santé
  3. 3S'appuyer sur des personnes respectées : agent de santé, enseignant, leader religieux
  4. 4Alerter : si une fille est menacée, prévenir un adulte de confiance, l'école ou le centre de santé
  5. 5Soutenir : ne pas rejeter ni moquer une fille ou une femme excisée, l'aider à se soigner
Les étapes pour agir contre les MGF, du plus simple au plus engagé.

Pour les filles et les femmes qui ont subi une MGF : elles ne sont pas coupables et ne doivent pas avoir honte. Des soins existent pour de nombreuses complications (infections, kystes, fistules), et un suivi pendant la grossesse permet de préparer l'accouchement. Il faut en parler à un agent de santé.

Pour les garçons : ils sont aussi concernés. Futurs pères et futurs époux, ils peuvent affirmer qu'ils ne demanderont jamais une telle pratique pour leurs filles ni pour leur épouse.

3Je retiens

Je retiens

Les MGF sont toutes les interventions qui enlèvent en partie ou en totalité les organes génitaux externes de la femme, ou qui les lèsent, pour des raisons non médicales (OMS) ; il en existe 4 types, l'infibulation étant la plus grave.

Elles n'ont aucun bénéfice pour la santé et violent les droits des filles.

Conséquences immédiates : douleur, choc, hémorragie, infections, tétanos, VIH ; à long terme : infections répétées, règles et rapports douloureux, stérilité, accouchements difficiles, fistules, souffrances psychologiques.

Aucune religion ne l'impose ; elles ne rendent ni plus propre ni plus fertile ; leur « médicalisation » ne les rend pas acceptables.

En Guinée, elles sont interdites et punies par la loi. Journée internationale de la tolérance zéro : 6 février.

Agir : s'informer, dialoguer, s'appuyer sur des personnes respectées, alerter, soutenir.

4Erreurs fréquentes

  • Croire que les MGF ont un intérêt médical ou hygiénique : elles n'en ont aucun et provoquent au contraire de nombreuses maladies.
  • Penser que les conséquences s'arrêtent à la cicatrisation : beaucoup apparaissent des années plus tard, notamment à l'accouchement.
  • Croire qu'une MGF faite par un agent de santé est acceptable : elle reste une mutilation interdite, avec des conséquences à long terme.
  • Juger ou rejeter les femmes excisées : elles sont victimes d'une pratique, et elles ont droit au respect et aux soins.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Donne la définition des mutilations génitales féminines selon l'OMS.

b) Cite trois conséquences immédiates et trois conséquences à long terme.

c) Quelle journée internationale est consacrée à la lutte contre les MGF ?

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a) Les MGF sont toutes les interventions qui consistent à enlever en partie ou en totalité les organes génitaux externes de la fille ou de la femme, ou à leur causer d'autres lésions, pour des raisons non médicales.

b) Immédiates : douleur intense et choc, hémorragie, infections, tétanos, transmission du VIH ou des hépatites, rétention d'urine (trois au choix). À long terme : infections urinaires et génitales répétées, kystes, règles douloureuses, stérilité, accouchements difficiles, fistules obstétricales, souffrances psychologiques (trois au choix).

c) Le 6 février, Journée internationale de la tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines.

2Exercice 2

Pour chaque affirmation, dis si c'est un fait ou une idée reçue, et justifie.

a) L'excision rend la femme plus propre.

b) Une MGF peut provoquer une hémorragie mortelle.

c) Aucun texte religieux n'impose l'excision.

d) L'excision facilite l'accouchement.

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a) Idée reçue : les MGF provoquent au contraire des infections ; la propreté s'obtient par la toilette quotidienne.

b) Fait : la vulve est très riche en vaisseaux sanguins ; la coupure peut provoquer une hémorragie mortelle.

c) Fait : ni l'islam ni le christianisme ne l'imposent, et de nombreux responsables religieux s'y opposent.

d) Idée reçue : les cicatrices, peu élastiques, gênent le passage de l'enfant et rendent l'accouchement plus long et plus dangereux.

3Exercice 3

Explique, en utilisant tes connaissances sur l'appareil génital, pourquoi une fillette peut contracter le VIH ou le tétanos lors d'une excision pratiquée sur plusieurs enfants le même jour.

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L'intervention crée une plaie qui saigne, dans une zone riche en vaisseaux sanguins. Si le même instrument est utilisé sur plusieurs fillettes sans être stérilisé, le sang d'une enfant porteuse du VIH peut rester sur la lame et entrer dans la plaie de la suivante : le virus est transmis par le sang. Le tétanos est dû à une bactérie présente dans la terre et sur les objets souillés ou rouillés : elle entre dans l'organisme par la plaie et produit une toxine qui agit sur le système nerveux.

4Exercice 4

Selon l'enquête démographique et de santé de 2018, environ 95 % des Guinéennes de 15 à 49 ans avaient subi une MGF.

a) Sur 200 femmes de 15 à 49 ans, combien, en moyenne, étaient concernées ?

b) Que montre ce chiffre sur l'importance de la sensibilisation en Guinée ?

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a) 95 % de 200 = 200 × 95 ÷ 100 = 190 femmes.

b) Presque toutes les femmes guinéennes sont concernées : la pratique est très ancrée dans la société, ce qui montre l'importance d'informer les familles, les jeunes et les leaders communautaires, et de faire appliquer la loi, pour que les nouvelles générations de filles soient protégées.

5Exercice 5

(Type examen : analyse d'une situation) Situation imaginée : Aminata, 23 ans, accouche de son premier enfant. Le travail dure très longtemps ; la sage-femme constate que des cicatrices anciennes, dues à une infibulation subie dans l'enfance, empêchent la sortie de l'enfant. Elle doit intervenir rapidement.

a) De quel type de MGF s'agit-il ? Décris-le simplement.

b) Explique pourquoi ces cicatrices gênent l'accouchement.

c) Cite deux complications qui menacent la mère et une qui menace l'enfant.

d) Hawa, dans la situation du début de la leçon, veut protéger sa petite cousine. Rédige en 5 à 6 lignes les conseils que tu lui donnerais.

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a) Il s'agit d'une infibulation (type 3) : l'orifice du vagin a été rétréci en recouvrant et en cousant les lèvres.

b) Au moment de l'expulsion, la vulve et le vagin doivent s'étirer fortement pour laisser passer l'enfant. Les cicatrices de l'infibulation sont dures et peu élastiques, et l'orifice est rétréci : il ne peut pas s'ouvrir normalement, et l'enfant est bloqué.

c) Pour la mère : déchirures graves, hémorragie, fistule obstétricale, infection. Pour l'enfant : manque de dioxygène pendant un travail trop long, pouvant provoquer des lésions du cerveau ou la mort.

d) Exemple : « Hawa, tu as raison de vouloir protéger ta cousine. Parle calmement à ta mère ou à un adulte de ta famille en qui tu as confiance, en expliquant les dangers pour la santé que tu as appris. Tu peux aussi demander l'aide de ton professeur, d'une sage-femme ou d'un leader religieux respecté. Rappelle que l'excision est interdite par la loi guinéenne. Si le danger est proche, alerte vite l'école ou le centre de santé. Ne reste pas seule avec ton inquiétude. »

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Selon l'OMS, les MGF sont pratiquées :
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Réponse B : pour des raisons non médicales. Par définition, les MGF sont des interventions sans raison médicale, qui n'apportent aucun bénéfice pour la santé.

2Quel type de MGF est le plus grave ?
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Réponse C : le type 3, l'infibulation. L'infibulation rétrécit l'orifice du vagin et entraîne les complications les plus lourdes, notamment à l'accouchement.

3Laquelle de ces conséquences est une conséquence à long terme ?
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Réponse C : la fistule obstétricale lors d'un accouchement. Les fistules apparaissent des années plus tard, lors d'accouchements rendus difficiles par les cicatrices.

4Que dit la loi guinéenne au sujet des MGF ?
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Réponse B : elles sont interdites et punies. Plusieurs textes guinéens interdisent les MGF et prévoient des sanctions pénales.

5Quelle est la meilleure attitude pour faire reculer les MGF ?
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Réponse B : informer, dialoguer et alerter un adulte de confiance quand une fille est menacée. L'information et le dialogue respectueux, appuyés par des personnes de confiance et par la loi, font reculer la pratique.

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