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Éducation civique et morale · 9e

Leçon 7 sur 29

Prévenir et bien gérer les conflits à l'école

Je sais reconnaître un conflit à l'école, en identifier les causes, le prévenir et participer à sa résolution pacifique par le dialogue et la médiation.

  • 40 min
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Définir le conflit et en distinguer les types en milieu scolaire
  • Identifier les causes et les conséquences des conflits à l'école
  • Appliquer les étapes d'une résolution pacifique (dialogue, négociation, médiation)
  • Proposer des attitudes qui préviennent les conflits

Avant de commencer : La leçon « Le code de conduite et le règlement intérieur de l'école ».

1Je découvre

Au collège de Mamou, pendant la récréation, Ibrahima bouscule Alpha sans le faire exprès. Le sandwich d'Alpha tombe par terre. Alpha crie : « Tu l'as fait exprès ! » Ibrahima répond par une insulte. Très vite, les deux garçons se tiennent par le col ; les camarades forment un cercle et certains filment avec leur téléphone en criant « Frappe ! Frappe ! ».

Mariama, déléguée de la classe, s'avance : « Arrêtez ! Venez, on va parler calmement. » Le surveillant arrive au même moment.

Le lendemain, les deux familles sont fâchées, les amis d'Alpha ne parlent plus à ceux d'Ibrahima, et la vidéo circule dans tout le quartier. Tout cela pour un sandwich tombé.

Comment un simple incident devient-il un conflit, et comment peut-on prévenir et régler pacifiquement les conflits à l'école ?

2Je comprends

1. Qu'est-ce qu'un conflit ?

Un conflit est une situation d'opposition entre deux ou plusieurs personnes ou groupes qui ont des intérêts, des idées, des besoins ou des valeurs différents, et qui pensent ne pas pouvoir les satisfaire en même temps.

Le conflit n'est pas forcément la violence. Un désaccord exprimé calmement peut même être utile : il permet de discuter et de trouver une meilleure solution. Le conflit devient dangereux quand il se transforme en violence verbale (injures, menaces, moqueries) ou physique (bagarre, coups).

2. Les types de conflits à l'école

TypeEntre qui ?Exemple
Entre élèvesDeux élèves ou deux groupesBagarre pour une place, moqueries, rivalité entre quartiers
Entre élève et enseignantUn élève et son professeurContestation d'une note, insolence, sanction jugée injuste
Entre élèves et administrationDes élèves et la directionDésaccord sur les frais, les horaires, une exclusion
Entre enseignants ou personnelAdultes de l'écoleRépartition des classes ou des tâches
Entre l'école et les parents ou le quartierParents, voisins, écoleLitige sur une sanction, sur un terrain

Un conflit peut aussi être intérieur à une personne (hésiter entre deux choix), mais dans cette leçon, nous étudions les conflits entre personnes.

3. Les causes des conflits

Les conflits à l'école ont souvent plusieurs causes :

  • Les malentendus et le manque de communication : on croit que l'autre l'a fait exprès, comme Alpha.
  • Le manque de respect : injures, moqueries sur l'apparence, la famille, l'ethnie ou la région.
  • L'injustice, réelle ou ressentie : note jugée injuste, favoritisme, sanction inégale.
  • La jalousie et la rivalité : pour la première place, pour une amitié, pour un objet.
  • Les préjugés et l'intolérance : rejet de celui qui est différent.
  • Le non-respect du règlement intérieur : vol, tricherie, bousculade.
  • Les influences extérieures : conflits de quartier ou de famille ramenés à l'école, rumeurs et vidéos sur les réseaux sociaux.

4. Les conséquences des conflits mal gérés

Un conflit mal géré peut avoir de graves conséquences :

  • blessures physiques et souffrances morales (peur, humiliation, isolement) ;
  • baisse des résultats scolaires, absences, abandon de l'école ;
  • sanctions disciplinaires (exclusion) ;
  • division de la classe en clans ; climat de peur ;
  • extension du conflit aux familles et au quartier ;
  • dégradation des biens de l'école.
  1. 1Incident : un geste maladroit, un mot mal compris
  2. 2Malentendu : on croit que l'autre l'a fait exprès
  3. 3Réaction : injures et menaces
  4. 4Escalade : bagarre, les camarades prennent parti
  5. 5Extension : familles, quartier, réseaux sociaux
L'escalade d'un conflit : plus on attend, plus il est difficile à arrêter.

5. Gérer un conflit pacifiquement

Il existe plusieurs façons pacifiques de régler un conflit :

  • Le dialogue : les deux parties se parlent directement, calmement, s'écoutent et s'expliquent.
  • La négociation : chacun fait un pas vers l'autre pour trouver un accord qui satisfait les deux (« gagnant-gagnant »).
  • La médiation : une tierce personne neutre, acceptée par les deux parties, les aide à dialoguer et à trouver elles-mêmes une solution. Le médiateur ne juge pas et ne prend pas parti. À l'école, ce peut être un délégué, un élève médiateur formé, un enseignant, le surveillant ou un club de la paix.
  • L'arbitrage : une autorité (le directeur, le conseil de discipline) écoute les deux parties et décide de la solution. On y a recours quand le dialogue et la médiation ont échoué ou quand la faute est grave.

La violence et la vengeance ne règlent jamais un conflit : elles le prolongent.

Méthode

Les étapes de la médiation entre élèves :

  1. Arrêter la violence et séparer calmement les personnes ; attendre que la colère retombe.
  2. Fixer les règles : on parle chacun son tour, sans injure, et on s'écoute.
  3. Chacun raconte les faits et dit ce qu'il a ressenti, en disant « je » plutôt que « tu ».
  4. Le médiateur reformule pour vérifier que chacun a compris l'autre.
  5. Les deux parties cherchent ensemble des solutions et en choisissent une qui convient aux deux.
  6. On conclut par un engagement (excuses, réparation) et on fait le point quelques jours plus tard.

Exemple

Retour sur la situation d'Alpha et d'Ibrahima, avec Mariama comme médiatrice :

  1. Mariama et le surveillant séparent les deux garçons et les laissent se calmer.
  2. Elle fixe les règles : pas d'injure, chacun parle à son tour.
  3. Alpha : « J'ai cru que tu l'avais fait exprès, j'étais fâché parce que c'était mon seul repas. » Ibrahima : « Je courais, je ne t'avais pas vu. Quand tu as crié, je me suis senti accusé. »
  4. Mariama reformule : « Donc, c'était un accident, et vous vous êtes sentis tous les deux attaqués. »
  5. Solution : Ibrahima s'excuse pour la bousculade et l'insulte et partage son goûter ; Alpha s'excuse de l'avoir accusé.
  6. Les élèves qui ont filmé suppriment la vidéo ; la classe s'engage à ne plus encourager les bagarres.

6. Prévenir les conflits

Mieux vaut prévenir que guérir. Pour éviter les conflits à l'école :

  • Respecter le règlement intérieur et les autres, dans leurs différences (ethnie, religion, région, handicap, sexe).
  • Communiquer : parler calmement, écouter, demander des explications avant d'accuser.
  • Maîtriser sa colère : respirer, s'éloigner, compter jusqu'à dix avant de répondre.
  • Refuser les rumeurs et ne pas diffuser de vidéos ou de messages blessants.
  • Ne pas encourager une bagarre : au contraire, prévenir un adulte.
  • Participer aux activités qui rapprochent : clubs, sport, travaux en groupe, journées culturelles.
  • Faire vivre des structures de paix : délégués, élèves médiateurs, clubs de la paix ou d'éducation civique.

Les sociétés guinéennes connaissent depuis longtemps des pratiques de paix : l'arbre à palabres, où les sages écoutent les parties, ou le cousinage à plaisanterie, qui permet de désamorcer les tensions par l'humour. L'école peut s'en inspirer.

Exemple

Situation : Au collège de Dabola, Fanta reçoit sur son téléphone un message moqueur à propos d'une camarade, Hawa, avec une photo retouchée. On lui demande de le partager.

Bonne réaction pas à pas :

  1. Ne pas partager le message : le diffuser, c'est participer à l'humiliation.
  2. Ne pas répondre par l'insulte à l'auteur.
  3. Soutenir Hawa et prévenir un adulte de confiance (enseignant, surveillant, parent).
  4. Proposer que la classe parle du respect sur les réseaux sociaux avec un professeur.

Ainsi, Fanta empêche le conflit de grandir et protège sa camarade.

Réaction qui aggrave
  • Crier, insulter, frapper
  • Accuser sans savoir
  • Filmer et partager
  • Se venger plus tard
  • Prendre parti pour son clan
Réaction qui apaise
  • Respirer, parler calmement
  • Demander des explications
  • Séparer, prévenir un adulte
  • Accepter une médiation
  • Écouter les deux versions
Face à un conflit, chacun peut choisir d'aggraver ou d'apaiser.

3Je retiens

Je retiens

Un conflit est une opposition entre personnes ou groupes aux intérêts, idées ou besoins différents ; il n'est pas forcément violent.

Causes fréquentes à l'école : malentendus, manque de respect, injustice, jalousie, intolérance, non-respect du règlement, rumeurs.

Conséquences : blessures, baisse des résultats, sanctions, division, extension du conflit aux familles.

Modes de règlement pacifique : dialogue, négociation, médiation (tiers neutre), arbitrage (autorité qui décide).

Prévenir : respect, communication, maîtrise de soi, refus des rumeurs, médiateurs et clubs de la paix.

4Erreurs fréquentes

  • Confondre conflit et violence : un désaccord exprimé calmement est normal et peut être utile.
  • Croire que le médiateur décide à la place des parties : il les aide à trouver elles-mêmes une solution ; c'est l'arbitre qui décide.
  • Penser que le spectateur qui filme ou encourage n'est pas responsable : il participe à l'escalade.
  • Chercher un coupable avant d'écouter les deux versions : beaucoup de conflits naissent d'un malentendu.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Définis le conflit.

b) Cite quatre causes de conflits à l'école.

c) Quelle différence y a-t-il entre la médiation et l'arbitrage ?

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a) Un conflit est une situation d'opposition entre deux ou plusieurs personnes ou groupes qui ont des intérêts, des idées, des besoins ou des valeurs différents.

b) Par exemple : les malentendus, les moqueries et le manque de respect, l'injustice ressentie, la jalousie (on pouvait citer aussi l'intolérance, le non-respect du règlement, les rumeurs).

c) Dans la médiation, un tiers neutre aide les parties à trouver elles-mêmes une solution, sans décider à leur place. Dans l'arbitrage, une autorité écoute les parties puis décide elle-même de la solution.

2Exercice 2

(Classer) Classe ces attitudes en « aggrave le conflit » ou « apaise le conflit » : écouter l'autre jusqu'au bout ; répandre une rumeur ; s'excuser ; encourager une bagarre ; demander l'aide du délégué ; répondre à une insulte par une insulte.

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Aggrave : répandre une rumeur ; encourager une bagarre ; répondre à une insulte par une insulte.

Apaise : écouter l'autre jusqu'au bout ; s'excuser ; demander l'aide du délégué.

3Exercice 3

(Ordonner) Remets dans l'ordre les étapes de la médiation : chercher des solutions ; arrêter la violence ; fixer les règles de la discussion ; chacun raconte sa version ; conclure par un engagement ; reformuler.

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Arrêter la violence ; fixer les règles de la discussion ; chacun raconte sa version ; reformuler ; chercher des solutions ; conclure par un engagement.

4Exercice 4

(Analyse de situation) En 9e B, le professeur de français rend les copies. Sékou, qui a 8 sur 20, accuse le professeur de l'avoir « noté à la tête », parle fort et claque la porte en sortant.

a) De quel type de conflit s'agit-il ?

b) Sékou a-t-il bien réagi ? Justifie.

c) Propose une démarche pacifique pour régler ce désaccord.

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a) C'est un conflit entre un élève et un enseignant, causé par une note jugée injuste.

b) Non. Sékou a manqué de respect (accusation, voix forte, porte claquée) et n'a pas cherché à comprendre sa note. Il risque une sanction et n'obtiendra pas d'explication.

c) Sékou se calme, relit sa copie et les remarques du professeur. À la fin du cours, il demande poliment un entretien et pose ses questions. S'il reste un désaccord, il peut passer par le délégué ou demander l'avis du professeur principal. Il présente aussi ses excuses pour son comportement.

5Exercice 5

(Rédaction guidée) Ton collège veut créer un « club de la paix ». En 10 lignes, présente trois actions que ce club pourrait mener pour prévenir les conflits et explique pourquoi elles seraient utiles.

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Exemple de réponse :

Le club de la paix pourrait d'abord former des élèves médiateurs dans chaque classe : quand un conflit éclate, ces élèves aideraient leurs camarades à dialoguer au lieu de se battre. Ensuite, il pourrait organiser chaque trimestre une journée de la fraternité, avec des jeux, du sport et des présentations des cultures des différentes régions de Guinée : mieux se connaître, c'est moins se méfier les uns des autres. Enfin, il pourrait mener une campagne contre les rumeurs et les vidéos humiliantes sur les téléphones, avec des affiches et des débats en classe. Ces actions sont utiles parce qu'elles agissent avant la violence : elles apprennent à communiquer, à respecter les différences et à maîtriser sa colère.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Un conflit est :
Voir la réponse

Réponse B : une opposition entre des personnes aux intérêts ou idées différents. Le conflit peut rester pacifique ; la violence n'en est qu'une forme dégradée.

2Dans une médiation, le médiateur :
Voir la réponse

Réponse B : aide les deux parties, sans prendre parti, à trouver une solution. Le médiateur est neutre ; la solution vient des parties.

3Quelle attitude prévient les conflits ?
Voir la réponse

Réponse C : demander des explications avant d'accuser. Beaucoup de conflits naissent de malentendus.

4Quand fait-on appel à l'arbitrage du conseil de discipline ?
Voir la réponse

Réponse A : quand le dialogue et la médiation ont échoué ou que la faute est grave. L'arbitrage est un recours pour les cas graves ou bloqués.

5Quelle tradition guinéenne aide à désamorcer les tensions par l'humour ?
Voir la réponse

Réponse B : le cousinage à plaisanterie. Le cousinage à plaisanterie permet de se taquiner sans se fâcher et renforce la fraternité.

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