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Éducation civique et morale · 9e

Leçon 25 sur 29

Les droits spéciaux : droits des femmes et des enfants

Je sais expliquer pourquoi les femmes et les enfants bénéficient de droits spéciaux, citer les principaux textes qui les protègent et reconnaître les situations où ces droits sont violés.

  • 45 min
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Expliquer la notion de droits spéciaux et pourquoi ils existent
  • Citer les principaux droits de l'enfant et les grands textes qui les garantissent
  • Citer les principaux droits des femmes et les textes qui les protègent
  • Identifier les pratiques qui violent ces droits et les moyens d'agir

Avant de commencer : La leçon « Exercer ses droits et assumer ses devoirs » (catégories de droits, moyens légaux).

1Je découvre

À Siguiri, Hawa, 14 ans, est la meilleure élève de sa classe de 9e. Un soir, elle entend ses oncles parler : on voudrait la marier après la saison des pluies, « parce qu'une fille n'a pas besoin de faire de longues études ». Le même mois, son voisin Lansana, 12 ans, a quitté l'école pour travailler dans une mine d'or artisanale.

Hawa en parle en secret à sa professeure d'éducation civique. Celle-ci lui explique que la loi guinéenne et plusieurs conventions internationales protègent justement les enfants et les femmes contre ces situations. Elle propose de rencontrer la famille avec le chef de quartier et une association de défense des droits de l'enfant.

Hawa se demande : pourquoi les femmes et les enfants ont-ils besoin de droits « spéciaux », alors que la Constitution dit déjà que tous les citoyens sont égaux ?

Quels sont les droits spéciaux des femmes et des enfants, pourquoi existent-ils et comment les faire respecter ?

2Je comprends

1. Pourquoi des droits spéciaux ?

Tous les êtres humains ont les mêmes droits fondamentaux. Mais certaines personnes sont plus vulnérables, c'est-à-dire plus exposées aux abus :

  • les enfants, parce qu'ils dépendent des adultes, ne connaissent pas toujours leurs droits et ne peuvent pas se défendre seuls ;
  • les femmes, parce que, dans de nombreuses sociétés, elles ont longtemps subi (et subissent encore parfois) des discriminations : moins d'accès à l'école, à la terre, aux postes de décision, et des violences spécifiques.

Les droits spéciaux sont des droits supplémentaires ou des protections particulières accordés à ces groupes pour rétablir l'égalité réelle et les protéger. Ils ne sont pas des privilèges : ils servent à ce que l'égalité écrite dans la Constitution devienne une réalité.

2. Les droits de l'enfant

Qui est un enfant ? Selon la Convention relative aux droits de l'enfant (ONU, 20 novembre 1989), un enfant est toute personne âgée de moins de 18 ans. En Afrique, la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant (1990) complète cette protection. La Guinée a adhéré à ces textes et s'est dotée d'un Code de l'enfant.

La Convention repose sur quatre principes :

  1. la non-discrimination : tous les enfants ont les mêmes droits, filles et garçons, riches et pauvres, handicapés ou non ;
  2. l'intérêt supérieur de l'enfant : dans toute décision qui le concerne, on cherche d'abord ce qui est le meilleur pour lui ;
  3. le droit à la vie, à la survie et au développement ;
  4. le respect de l'opinion de l'enfant : il a le droit d'être écouté sur les questions qui le concernent, selon son âge.
Famille de droitsExemples
SurvieDroit à la vie, à un nom et à une nationalité (acte de naissance), à la santé, à l'alimentation, à l'eau potable
DéveloppementDroit à l'éducation, aux loisirs, au jeu, à la culture
ProtectionContre les violences, l'exploitation, le travail dangereux, le mariage précoce, la traite, l'enrôlement dans les conflits armés
ParticipationDroit de s'exprimer, d'être écouté, de s'associer

Chaque année, le 16 juin est la Journée de l'enfant africain (en souvenir des écoliers de Soweto, en Afrique du Sud, en 1976), et le 20 novembre la Journée internationale des droits de l'enfant.

3. Les droits des femmes

La Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDEF), adoptée par l'ONU le 18 décembre 1979, oblige les États à supprimer toutes les discriminations contre les femmes. En Afrique, le Protocole de Maputo (2003), rattaché à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, protège spécialement les droits des femmes africaines.

Les principaux droits des femmes :

  • égalité avec les hommes devant la loi, dans la famille, au travail ;
  • éducation et formation, au même titre que les garçons ;
  • santé, notamment pendant la grossesse et l'accouchement ;
  • libre consentement au mariage : on ne peut marier personne de force ;
  • droit de posséder des biens et d'hériter selon la loi ;
  • participation politique : voter, être élue, occuper des postes de responsabilité ; en Guinée, une loi sur la parité vise à augmenter la place des femmes sur les listes électorales ;
  • protection contre les violences.

Le 8 mars est la Journée internationale des droits des femmes et le 31 juillet la Journée de la femme africaine.

Droits de l'enfant
  • Convention relative aux droits de l'enfant (1989)
  • Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant (1990)
  • Enfant : toute personne de moins de 18 ans
  • Éducation, santé, protection, participation
  • 16 juin et 20 novembre
Droits de la femme
  • CEDEF (1979)
  • Protocole de Maputo (2003)
  • Égalité avec l'homme dans tous les domaines
  • Éducation, santé, consentement au mariage, participation politique
  • 8 mars et 31 juillet
Les grands textes et les journées qui protègent les femmes et les enfants.

4. Les pratiques qui violent ces droits

  • Le mariage précoce ou forcé : il prive la fille d'école, met sa santé en danger et viole son consentement. La loi guinéenne fixe l'âge minimum du mariage et exige le consentement des époux.
  • Les mutilations génitales féminines (excision) : elles portent gravement atteinte à la santé des filles et sont interdites par la loi guinéenne.
  • Le travail dangereux des enfants : mines artisanales, carrières, longues journées de travail qui empêchent d'aller à l'école.
  • La déscolarisation des filles et la préférence donnée aux garçons pour les études.
  • Les violences domestiques et les châtiments corporels.
  • La mendicité forcée et la traite des enfants.
  • La privation d'acte de naissance : un enfant non déclaré n'existe pas pour l'administration et ne peut pas passer ses examens.

5. Comment protéger ces droits ?

  1. 1Connaître les droits et les lois qui protègent femmes et enfants
  2. 2Sensibiliser la famille et la communauté (sages, leaders religieux, associations)
  3. 3Signaler une situation à un adulte de confiance, à l'école ou au chef de quartier
  4. 4Alerter les services sociaux, la police ou la gendarmerie
  5. 5Saisir la justice, qui peut sanctionner les auteurs
Du dialogue à la justice : les étapes pour protéger une victime.

Exemple

Situation : « Mariama, 15 ans, doit être mariée à un homme de 40 ans choisi par sa famille. Elle ne veut pas. » Quels droits sont violés et que peut-elle faire ?

Réponse : Mariama est une enfant (moins de 18 ans). Ce mariage viole son droit à la protection contre le mariage précoce, son droit au libre consentement et son droit à l'éducation. Elle peut en parler à un adulte de confiance (enseignant, parent proche), qui peut alerter le chef de quartier, une association de défense des droits de l'enfant ou les services sociaux. Si la famille insiste, la police, la gendarmerie et la justice peuvent intervenir pour empêcher le mariage.

Exemple

Situation : « Dans un village, les parents inscrivent tous les garçons au collège, mais gardent les filles à la maison pour les travaux ménagers. » Analyse.

Réponse : Il s'agit d'une discrimination fondée sur le sexe : elle viole le principe de non-discrimination de la Convention relative aux droits de l'enfant, la CEDEF et le droit à l'éducation garanti par la Constitution. Les conséquences sont graves : moins de chances d'emploi pour les filles, dépendance, mariages précoces. Il faut sensibiliser les parents, avec l'aide de l'école, des associations et des leaders communautaires, en montrant qu'une fille instruite est une chance pour toute la famille.

Méthode

Pour analyser une situation de violation des droits :

  1. J'identifie la victime (enfant de moins de 18 ans, femme) et sa vulnérabilité.
  2. Je nomme le ou les droits violés (éducation, protection, consentement, santé, égalité).
  3. Je cite le texte qui protège ce droit (Constitution, Code de l'enfant, CDE, CEDEF…).
  4. Je propose des solutions graduées : dialogue, sensibilisation, signalement, justice.

3Je retiens

Je retiens

Les droits spéciaux protègent les personnes vulnérables (enfants, femmes) pour rendre l'égalité réelle ; ce ne sont pas des privilèges.

Enfant : toute personne de moins de 18 ans (Convention relative aux droits de l'enfant, 20 novembre 1989).

Quatre principes : non-discrimination, intérêt supérieur de l'enfant, droit à la vie et au développement, respect de son opinion.

Femmes : CEDEF (1979) et Protocole de Maputo (2003) ; égalité, éducation, santé, consentement au mariage, participation politique.

Pratiques interdites : mariage précoce ou forcé, mutilations génitales féminines, travail dangereux des enfants, violences.

Journées : 8 mars, 31 juillet (femmes) ; 16 juin, 20 novembre (enfants).

4Erreurs fréquentes

  • Croire que les droits spéciaux sont des privilèges injustes : ils compensent une vulnérabilité pour arriver à l'égalité réelle.
  • Penser qu'un enfant, c'est seulement un petit : pour la loi, toute personne de moins de 18 ans est un enfant.
  • Confondre travail éducatif (aider un peu ses parents) et travail dangereux ou qui empêche d'aller à l'école, qui est interdit.
  • Croire qu'une coutume ancienne est forcément légale : une pratique qui viole les droits de l'enfant ou de la femme reste interdite par la loi.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Qu'appelle-t-on « droits spéciaux » ?

b) Selon la Convention de 1989, qui est un enfant ?

c) Cite les quatre principes de la Convention relative aux droits de l'enfant.

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a) Ce sont des droits supplémentaires ou des protections particulières accordés à des personnes vulnérables, comme les enfants et les femmes, pour les protéger et rendre l'égalité réelle.

b) Toute personne âgée de moins de 18 ans.

c) La non-discrimination ; l'intérêt supérieur de l'enfant ; le droit à la vie, à la survie et au développement ; le respect de l'opinion de l'enfant.

2Exercice 2

(Associer) Associe chaque date à son événement : 8 mars ; 16 juin ; 20 novembre ; 18 décembre 1979.

Événements : adoption de la CEDEF ; Journée internationale des droits des femmes ; Journée de l'enfant africain ; Journée internationale des droits de l'enfant.

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8 mars : Journée internationale des droits des femmes. 16 juin : Journée de l'enfant africain. 20 novembre : Journée internationale des droits de l'enfant. 18 décembre 1979 : adoption de la CEDEF.

3Exercice 3

(Classer) Dis si chaque situation respecte ou viole les droits de l'enfant, et nomme le droit concerné.

a) Un bébé est déclaré à la mairie dès sa naissance.

b) Un garçon de 11 ans travaille toute la journée dans une carrière.

c) Une fille de 13 ans est retirée de l'école pour être mariée.

d) Un conseil municipal des enfants est créé dans une commune.

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a) Respecte : droit à un nom et à une nationalité (enregistrement de la naissance).

b) Viole : droit à la protection contre le travail dangereux et droit à l'éducation.

c) Viole : protection contre le mariage précoce, droit à l'éducation, libre consentement.

d) Respecte : droit de participation (s'exprimer et être écouté).

4Exercice 4

(Analyse de document, type BEPC) Lis ce texte : « Dans notre préfecture, l'association des mères d'élèves a obtenu que toutes les filles inscrites en 6e reçoivent des fournitures. Les imams et les pasteurs ont parlé dans leurs lieux de culte contre le mariage des enfants. Cette année, plus de filles sont passées en 7e. »

a) Quel droit l'association veut-elle faire respecter ?

b) Quel rôle jouent les leaders religieux ?

c) Pourquoi la scolarisation des filles est-elle importante pour tout le pays ?

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a) Le droit des filles à l'éducation, sans discrimination.

b) Ils sensibilisent les fidèles : leur parole est écoutée et respectée, ce qui aide à changer les comportements contre le mariage des enfants.

c) Une fille instruite connaît mieux ses droits, protège mieux sa santé et celle de ses enfants, peut exercer un métier et participer aux décisions. Le pays profite ainsi de toutes ses intelligences, et non de la moitié seulement.

5Exercice 5

(Rédaction guidée) En une dizaine de lignes, rédige un petit discours pour la Journée de l'enfant africain, à prononcer devant ta classe, sur le thème « Protéger les droits des enfants et des femmes en Guinée ».

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Exemple de discours :

Chers camarades, chers enseignants,

Aujourd'hui, 16 juin, c'est la Journée de l'enfant africain. Elle nous rappelle qu'un enfant, c'est toute personne de moins de 18 ans, et qu'il a des droits : le droit d'être déclaré à la naissance, d'aller à l'école, d'être soigné, d'être protégé contre la violence et le travail dangereux, et d'être écouté. Les femmes aussi ont des droits spéciaux : l'égalité avec les hommes, l'éducation, la santé, le libre choix de leur mari et la participation aux décisions. Pourtant, des filles quittent encore l'école pour être mariées trop tôt, et des garçons travaillent dans les mines au lieu d'étudier. La loi guinéenne et les conventions internationales l'interdisent. Nous pouvons agir : parler à un adulte de confiance quand un camarade est en danger, encourager nos sœurs à étudier, respecter les filles de notre classe. Protéger les enfants et les femmes, c'est construire une Guinée plus juste. Je vous remercie.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Selon la Convention relative aux droits de l'enfant, un enfant est une personne :
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Réponse C : de moins de 18 ans. L'article premier de la Convention fixe cet âge.

2Quel texte international protège spécialement les femmes contre les discriminations ?
Voir la réponse

Réponse A : la CEDEF (1979). La CEDEF oblige les États à éliminer toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.

3Quelle pratique est interdite par la loi guinéenne ?
Voir la réponse

Réponse B : les mutilations génitales féminines. Elles portent gravement atteinte à la santé des filles.

4La Journée de l'enfant africain est célébrée le :
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Réponse B : 16 juin. Elle rappelle le souvenir des écoliers de Soweto en 1976.

5Pourquoi parle-t-on de « droits spéciaux » pour les femmes et les enfants ?
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Réponse B : parce qu'ils sont plus vulnérables et ont besoin de protections pour une égalité réelle. Ces droits compensent une vulnérabilité ; ce ne sont pas des privilèges.

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