Leçon 45 sur 51
La description et le portrait
Je sais écrire une description organisée d'un lieu ou d'un objet et un portrait vivant d'une personne, en choisissant un ordre, un point de vue et un vocabulaire précis.
- 50 min
- 6 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Distinguer la description d'un lieu et le portrait d'une personne (physique et moral)
- Organiser une description selon un ordre logique et un point de vue
- Employer un vocabulaire précis des sensations, des couleurs, des formes et des expansions du nom
- Rédiger une description et un portrait de quinze à vingt lignes
Avant de commencer : Les expansions du nom (adjectif, complément du nom, proposition relative) ; l'imparfait de l'indicatif ; la comparaison et la métaphore
1Je découvre
Sékou vient de rentrer de vacances à Dalaba. Il veut raconter à sa classe ce qu'il a vu. Il dit : « C'était beau. Il y avait des montagnes, des arbres et il faisait froid. Mon oncle est gentil. »
Ses camarades haussent les épaules : ils ne voient rien.
Kadiatou, qui a passé ses vacances au même endroit, prend la parole : « Le matin, un brouillard blanc couvrait les collines, si épais qu'on ne voyait plus la route. Puis le soleil perçait, et les grands pins sombres se découpaient sur le ciel bleu pâle. L'air sentait la résine et la terre mouillée. Je grelottais sous ma couverture de laine, et mon oncle, un grand homme maigre au rire sonore, me tendait une tasse de lait chaud. »
Toute la classe a l'impression d'y être.
Qu'est-ce qui fait la différence entre les deux ? Comment décrire un lieu ou faire le portrait d'une personne pour que le lecteur « voie » ce qu'on lui montre ?
2Je comprends
1. Décrire : à quoi ça sert ?
Décrire, c'est montrer avec des mots un lieu, un objet, un animal, une scène ou une personne, de façon que le lecteur puisse se les représenter. Quand la description porte sur une personne, on l'appelle un portrait.
Dans un récit, la description sert à :
- situer l'action (où se passe l'histoire ?) ;
- faire voir et faire sentir (créer une atmosphère : joyeuse, inquiétante, paisible) ;
- faire connaître un personnage (son apparence, son caractère) ;
- parfois ralentir le récit avant un moment important.
2. Organiser une description
Une bonne description n'est pas une liste en désordre : elle suit un ordre et un point de vue.
Le point de vue. Qui regarde ? D'où ? Un personnage immobile, qui arrive, qui se déplace ? Si l'observateur marche dans le marché, la description suit son trajet.
L'ordre de la description. On peut aller :
| Ordre | Exemple |
|---|---|
| de l'ensemble aux détails | d'abord le village entier, puis une case, puis la porte sculptée |
| du plus proche au plus lointain (ou l'inverse) | au premier plan le fleuve, au second plan les champs, au loin les collines |
| de haut en bas (ou de bas en haut) | le ciel, les arbres, puis le sol |
| de gauche à droite | à gauche les vendeuses de poisson, au centre les étals de tissus, à droite les boutiques |
| dans l'ordre du déplacement | en entrant…, puis en avançant…, enfin au fond de la cour… |
Des indicateurs de lieu marquent cet ordre : au premier plan, au loin, à gauche, à droite, au centre, au-dessus, en contrebas, devant, derrière, tout autour, à l'horizon.
- 1Choisir l'observateur et sa place (point de vue)
- 2Donner une vue d'ensemble du lieu
- 3Organiser les détails selon un ordre (plans, haut et bas, trajet)
- 4Faire appel aux cinq sens : vue, ouïe, odorat, goût, toucher
- 5Exprimer une impression d'ensemble (atmosphère, sentiment)
3. Les outils de la description
Les cinq sens. Ne te limite pas à la vue : dis ce qu'on entend (les cris des vendeuses, le grondement du fleuve), ce qu'on sent (l'odeur du poisson fumé, du soumbala, de la terre mouillée), ce qu'on goûte, ce qu'on touche (le sable brûlant, le pagne rêche).
Les expansions du nom. Elles précisent le nom :
- l'adjectif qualificatif : un pagne bleu, une case ronde ;
- le complément du nom : un toit de paille, un pilon en bois ;
- la proposition relative : un manguier qui ombrage toute la cour.
Un vocabulaire précis. Remplace les mots vagues : « il y a » devient « se dresse », « s'étend », « s'élève », « se trouve », « borde » ; « beau » devient « éclatant », « majestueux », « verdoyant », « élégant » ; « grand » devient « immense », « élancé », « imposant ».
Les couleurs et les formes. Nuance les couleurs (rouge brique, vert tendre, ocre, gris ardoise) et précise les formes (arrondi, pointu, allongé, conique).
Les images. La comparaison (avec « comme », « tel », « pareil à ») et la métaphore rendent la description vivante : « Les toits de tôle brillaient comme des miroirs sous le soleil. »
Le temps. Dans un récit au passé, la description est à l'imparfait (« Le fleuve coulait lentement ») ; dans une description indépendante, on peut employer le présent.
Exemple
Description d'un lieu (ordre du déplacement, cinq sens) :
« En franchissant l'entrée du marché de Madina, on était aussitôt happé par la foule. À gauche, les vendeuses de légumes avaient disposé sur des sacs de jute de petits tas de gombos, de piments rouges et d'aubergines violettes. Un peu plus loin, l'odeur forte du poisson fumé se mêlait à celle du soumbala. Au centre, sous des parasols délavés, s'alignaient les étals de tissus aux couleurs éclatantes. Partout, les cris des marchandes, les klaxons des motos et les appels des porteurs formaient un vacarme joyeux. Le marché ressemblait à une ruche immense où chacun s'affairait. »
Analyse : l'observateur se déplace (« En franchissant », « À gauche », « Un peu plus loin », « Au centre », « Partout ») ; plusieurs sens sont sollicités (vue, odorat, ouïe) ; le temps est l'imparfait ; la dernière phrase donne l'impression d'ensemble par une comparaison (« ressemblait à une ruche »).
4. Le portrait
Le portrait présente une personne (réelle ou imaginaire). On distingue :
- le portrait physique : l'apparence (taille, corpulence, visage, yeux, cheveux, voix, démarche, vêtements) ;
- le portrait moral : le caractère, les qualités, les défauts, les goûts, les habitudes.
Un bon portrait relie les deux : l'apparence et les gestes révèlent le caractère. Plutôt que d'écrire « Il est généreux », montre-le en action : « Il ne rentrait jamais du marché sans une poignée de bonbons pour les enfants de la cour. »
| Portrait physique | Portrait moral |
|---|---|
| grand, élancé, trapu, corpulent, frêle | généreux, avare, patient, colérique |
| visage rond, ovale, ridé, anguleux | doux, sévère, joyeux, mélancolique |
| yeux vifs, rieurs, perçants, las | curieux, timide, audacieux, orgueilleux |
| voix grave, fluette, sonore, rauque | honnête, rusé, travailleur, paresseux |
| démarche lente, assurée, pressée | serviable, égoïste, sage, étourdi |
L'ordre du portrait va souvent du général au particulier (silhouette, puis visage, puis détails), puis du physique au moral. On peut aussi partir d'un détail frappant.
Exemple
Portrait (physique et moral liés) :
« Ma grand-mère Aïssatou était une petite femme sèche, toujours enveloppée d'un pagne indigo. Son visage, creusé de rides fines, s'éclairait d'un sourire dès qu'un enfant entrait dans la cour. Ses mains, noueuses comme des racines de karité, ne restaient jamais immobiles : elles triaient le fonio, tressaient des cheveux, réparaient un panier. Elle parlait peu, d'une voix douce, mais quand elle racontait les contes du soir, toute la famille se taisait. Sévère avec les paresseux, elle n'oubliait pourtant jamais de garder une part de repas pour le voisin malade. »
Analyse : ordre du général (« petite femme sèche ») au particulier (visage, mains, voix) ; comparaison (« noueuses comme des racines de karité ») ; le portrait moral (travailleuse, sévère, généreuse) est montré par des actions ; le mot « pourtant » nuance le caractère.
5. Portrait et caricature
Un portrait peut être élogieux (il met en valeur), péjoratif (il critique) ou humoristique. La caricature exagère certains traits pour faire rire. Attention : dans une rédaction, on peut faire rire d'un personnage imaginaire, mais jamais se moquer d'une personne réelle pour son physique.
Méthode
Pour rédiger un portrait :
- Je choisis la personne et l'impression principale que je veux donner (tendresse, admiration, humour…).
- Au brouillon, je fais deux listes : traits physiques et traits de caractère, avec des mots précis.
- Je choisis un ordre : silhouette, visage, détails, puis gestes et caractère.
- Je montre le caractère par des actions et des habitudes, pas seulement par des adjectifs.
- J'ajoute une ou deux images (comparaison, métaphore) et je varie les verbes.
- Je termine par une phrase qui résume l'impression d'ensemble.
- « Il y a un arbre dans la cour. »
- « Elle est belle. »
- « Il fait chaud. »
- « Il est gentil. »
- « Un vieux manguier étend ses branches sur toute la cour. »
- « Ses yeux rieurs éclairent un visage rond et doux. »
- « Le soleil écrase la cour ; la terre brûle sous les pieds nus. »
- « Il partage toujours son repas avec les nouveaux élèves. »
3Je retiens
Je retiens
Décrire, c'est montrer avec des mots un lieu, un objet ou une scène ; le portrait est la description d'une personne.
Une description suit un point de vue (qui regarde, d'où) et un ordre (ensemble puis détails, plans, haut et bas, trajet).
Outils : les cinq sens, les expansions du nom (adjectif, complément du nom, relative), un vocabulaire précis, les couleurs, les images.
Dans un récit au passé, la description est à l'imparfait.
Portrait physique (apparence) et portrait moral (caractère) : montrer le caractère par des actions.
Portrait élogieux, péjoratif ou humoristique ; la caricature exagère certains traits.
4Erreurs fréquentes
- Faire une liste en désordre : « Il y a un arbre, une maison, un puits, une chèvre… ». Choisis un ordre et utilise des indicateurs de lieu.
- Répéter « il y a » et « il est » : remplace-les par des verbes précis (se dresse, s'étend, borde, porte, paraît).
- Décrire au passé simple dans un récit : « Le fleuve coula lentement » est une action ; pour décrire, on emploie l'imparfait : « Le fleuve coulait lentement ».
- Se limiter à des adjectifs pour le caractère (« gentil », « méchant ») : montre-le par des gestes et des habitudes.
5Je m’exerce
1Exercice 1
Remplace « il y a » par un verbe plus précis : se dresse, s'étend, coule, pend, s'alignent.
a) Au fond de la vallée, il y a une rivière.
b) Devant la mosquée, il y a un grand fromager.
c) Le long de la route, il y a des étals de mangues.
d) Au mur de la case, il y a une calebasse.
e) Derrière le village, il y a une plaine immense.
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) Au fond de la vallée coule une rivière. b) Devant la mosquée se dresse un grand fromager. c) Le long de la route s'alignent des étals de mangues. d) Au mur de la case pend une calebasse. e) Derrière le village s'étend une plaine immense.
2Exercice 2
Classe ces mots selon le sens auquel ils font appel (vue, ouïe, odorat, toucher, goût) : le grondement, rêche, parfumé, scintillant, amer, le bourdonnement, rugueux, sucré, l'odeur, ocre.
Voir le corrigéCacher le corrigé
Vue : scintillant, ocre.
Ouïe : le grondement, le bourdonnement.
Odorat : parfumé, l'odeur.
Toucher : rêche, rugueux.
Goût : amer, sucré.
3Exercice 3
Enrichis chaque nom avec un adjectif, un complément du nom et une proposition relative.
Exemple : une case → une petite case de terre qui abrite toute la famille.
a) un pagne ; b) une pirogue ; c) un marché.
Voir le corrigéCacher le corrigé
Exemples de réponses :
a) un pagne indigo de coton épais que ma mère porte les jours de fête ;
b) une longue pirogue de bois qui glisse sur le fleuve Niger ;
c) un marché animé de poissons et de légumes qui s'éveille avant l'aube.
4Exercice 4
Dans ce portrait, sépare les éléments du portrait physique et ceux du portrait moral.
« Lansana, le forgeron du village, était un homme massif aux épaules larges. Ses bras, luisants de sueur, frappaient le fer sans relâche. Il parlait peu mais écoutait tout le monde avec patience. Les enfants l'adoraient, car il leur fabriquait des jouets avec les chutes de métal. »
Voir le corrigéCacher le corrigé
Portrait physique : « un homme massif aux épaules larges » ; « Ses bras, luisants de sueur ».
Portrait moral : travailleur (« frappaient le fer sans relâche » : c'est une action qui révèle aussi le caractère) ; discret (« Il parlait peu ») ; patient (« écoutait tout le monde avec patience ») ; généreux et aimé des enfants (« il leur fabriquait des jouets »).
5Exercice 5
Rédige en huit à dix lignes la description de ta cour ou de ta rue au coucher du soleil. Emploie l'imparfait, au moins trois sens, deux indicateurs de lieu et une comparaison.
Voir le corrigéCacher le corrigé
Exemple de réponse :
« Au coucher du soleil, notre cour changeait de visage. Au-dessus des toits, le ciel prenait une teinte orangée, puis rose, comme une braise qui s'éteint doucement. Au centre, sous le manguier, les femmes attisaient le feu des marmites, et l'odeur du riz et de la sauce d'arachide se répandait partout. Dans un coin, les chèvres rentraient en bêlant. Les enfants couraient pieds nus sur la terre encore tiède. Au loin, on entendait l'appel à la prière et le ronflement d'une moto. Peu à peu, l'ombre envahissait la cour, et la première lampe s'allumait devant la porte de ma grand-mère. »
(Imparfait ; vue, odorat, ouïe, toucher ; « Au-dessus », « Au centre », « Dans un coin », « Au loin » ; comparaison : « comme une braise qui s'éteint ».)
6Exercice 6
(Type examen) Sujet : « Fais le portrait d'une personne de ton entourage que tu admires. » Rédige quinze à vingt lignes, en liant le portrait physique et le portrait moral.
Voir le corrigéCacher le corrigé
Exemple de réponse :
« La personne que j'admire le plus est ma tante Mariama, sage-femme au centre de santé de notre ville. C'est une femme de taille moyenne, un peu ronde, qui marche toujours d'un pas rapide, comme si le temps lui manquait. Son visage ovale est éclairé par deux yeux vifs qui semblent tout remarquer. Elle porte le plus souvent une blouse blanche soigneusement repassée et un foulard noué sur la tête.
Ses mains, fines et sûres, ont aidé des centaines d'enfants à venir au monde. Quand une future maman arrive, inquiète, ma tante lui parle d'une voix calme et grave qui rassure aussitôt. Elle ne se plaint jamais, même quand on l'appelle au milieu de la nuit. Pourtant, elle sait aussi rire : le dimanche, elle raconte avec humour les aventures de son travail, et toute la famille éclate de rire.
Généreuse, elle aide les voisins qui n'ont pas de quoi acheter des médicaments. Exigeante, elle vérifie nos cahiers et ne supporte pas la paresse. Ma tante Mariama est pour moi un modèle de courage et de bonté : quand je serai grande, je voudrais soigner les autres comme elle. »
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.
Crée ton compte élève gratuit pour cocher les leçons terminées, suivre ta progression et gagner des points au QCM.