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Économie · Terminale SM Prépare le BAC

Leçon 12 sur 42

Les problèmes sanitaires

Je sais décrire la situation sanitaire des pays sous-développés, calculer les principaux indicateurs de santé, expliquer les causes des problèmes sanitaires et montrer leurs liens avec le sous-développement.

  • 55 min
  • 5 exercices corrigés
  • 1 schéma
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Connaître et calculer les indicateurs de santé (mortalité infantile, mortalité maternelle, espérance de vie, densité médicale)
  • Décrire les grandes maladies des pays tropicaux et leur impact
  • Expliquer les causes des problèmes sanitaires
  • Montrer le cercle vicieux maladie-pauvreté
  • Présenter les réponses (soins de santé primaires, Initiative de Bamako, vaccination)

Avant de commencer : Les leçons « Les problèmes démographiques » et « Les problèmes alimentaires ».

1Je découvre

À Boffa, Fanta accompagne sa tante enceinte au centre de santé. Il faut une heure de moto sur une piste abîmée. Au centre, une seule sage-femme reçoit toutes les femmes du secteur. Dans la salle d'attente, des mères tiennent des enfants fiévreux : « C'est encore le palu », soupire l'une d'elles. La sage-femme conseille à tout le monde de dormir sous une moustiquaire imprégnée et de boire de l'eau traitée.

Sur le chemin du retour, la tante de Fanta raconte qu'en 2014, pendant l'épidémie d'Ebola, les gens avaient peur d'aller au centre de santé, et que les écoles et les marchés avaient été perturbés pendant des mois. Fanta, qui rêve de devenir médecin, se demande pourquoi on meurt encore de maladies que l'on sait prévenir et soigner.

Quels sont les problèmes sanitaires des pays sous-développés, quelles en sont les causes, et pourquoi freinent-ils le développement ?

2Je comprends

1. Les indicateurs de l'état de santé d'une population

  • Le taux de mortalité infantile mesure le nombre d'enfants morts avant leur premier anniversaire pour 1 000 naissances vivantes :

TMI = décès d'enfants de moins de 1 annaissances vivantes × 1000

On utilise aussi le taux de mortalité des moins de 5 ans (infanto-juvénile), calculé de la même façon.

  • Le ratio de mortalité maternelle mesure le nombre de femmes mortes pendant la grossesse, l'accouchement ou peu après, pour 100 000 naissances vivantes.
  • L'espérance de vie à la naissance est le nombre moyen d'années que peut espérer vivre un nouveau-né si les conditions de mortalité restent les mêmes.
  • La densité médicale mesure le nombre de médecins (ou d'infirmiers, de sages-femmes) pour 10 000 habitants, ou le nombre d'habitants par médecin.

Dans les pays sous-développés, ces indicateurs sont nettement moins bons que dans les pays développés : mortalité infantile et maternelle plus élevées, espérance de vie plus courte, personnel de santé beaucoup moins nombreux. La Guinée a fait des progrès (vaccination, lutte contre le paludisme), mais ses indicateurs restent parmi les plus faibles du monde.

Exemple

Énoncé (données fictives) : dans une préfecture, on a enregistré en un an 24 000 naissances vivantes, 1 440 décès d'enfants de moins de 1 an et 12 décès maternels. La préfecture compte 480 000 habitants et 16 médecins.

a) Calcule le taux de mortalité infantile.

b) Calcule le ratio de mortalité maternelle.

c) Calcule le nombre d'habitants par médecin et la densité pour 10 000 habitants.

Solution :

a) 1 440 / 24 000 × 1 000 = 60 ‰ : 60 enfants sur 1 000 meurent avant 1 an.

b) 12 / 24 000 × 100 000 = 50 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes.

c) 480 000 / 16 = 30 000 habitants par médecin ; densité : 16 / 480 000 × 10 000 ≈ 0,33 médecin pour 10 000 habitants.

2. Les grandes maladies

a) Les maladies infectieuses et parasitaires dominent, favorisées par le climat tropical, le manque d'eau potable et d'hygiène :

MaladieTransmissionRemarque
PaludismePiqûre du moustique anophèle (parasite Plasmodium)Première cause de consultation dans de nombreux pays d'Afrique, dont la Guinée ; très grave chez les jeunes enfants et les femmes enceintes
Maladies diarrhéiques, choléra, fièvre typhoïdeEau et aliments souillésLiées au manque d'eau potable et d'assainissement
Infections respiratoiresVoie aérienneGraves chez les enfants mal nourris
TuberculoseVoie aérienneFavorisée par la promiscuité et la malnutrition
VIH/sidaVoie sexuelle, sang, mère-enfantNécessite un traitement à vie
Rougeole, méningiteVoie aériennePrévenues par la vaccination
Maladies tropicales négligées (onchocercose, schistosomiase, trypanosomose humaine)Insectes, eauTouchent surtout les populations rurales pauvres

b) Les épidémies : les systèmes de santé fragiles ont du mal à les contenir. L'épidémie de maladie à virus Ebola, partie de la région de Guéckédou fin 2013, a frappé la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia de 2014 à 2016 : des milliers de morts, des écoles fermées, une économie ralentie. Une nouvelle flambée a été maîtrisée en Guinée forestière en 2021.

c) Les maladies non transmissibles (hypertension, diabète, cancers) progressent aussi, surtout en ville : les pays sous-développés doivent faire face à un double fardeau.

3. Les causes des problèmes sanitaires

  • La pauvreté : les soins, les médicaments et le transport coûtent cher ; beaucoup de familles retardent la consultation ou pratiquent l'automédication.
  • Le manque d'eau potable et d'assainissement : puits non protégés, absence de latrines, ordures non ramassées.
  • La malnutrition : un enfant mal nourri résiste moins bien aux infections.
  • Le manque d'infrastructures : centres de santé éloignés, mal équipés, sans électricité régulière ; peu d'hôpitaux spécialisés.
  • Le manque de personnel qualifié, et sa concentration dans la capitale ; une partie des médecins formés part travailler à l'étranger (fuite des cerveaux).
  • La faiblesse des budgets de santé publics.
  • Les médicaments de qualité douteuse vendus hors des pharmacies (médicaments de la rue, parfois contrefaits).
  • Des facteurs socioculturels : faible instruction, méfiance envers les services de santé, recours tardif aux soins.
  • Le climat : chaleur et humidité favorisent moustiques et parasites.
PauvretéMal nourriMaladeTravaillemoinsRevenu perdu
Le cercle vicieux de la maladie et de la pauvreté.

4. Les conséquences sur le développement

  • Baisse de la productivité : un travailleur malade (accès de paludisme en pleine saison des cultures) produit moins ; un enfant malade manque l'école.
  • Appauvrissement des familles : les dépenses de santé peuvent obliger à vendre du bétail ou à s'endetter.
  • Natalité élevée : la forte mortalité infantile pousse les familles à avoir beaucoup d'enfants.
  • Pertes humaines : chaque décès d'un adulte en âge de travailler prive la famille et le pays de son travail.
  • Coûts pour l'État et perturbation de l'économie lors des épidémies (commerce, tourisme, écoles).

Exemple

Énoncé (données fictives) : une coopérative de 200 cultivateurs perd en moyenne 12 jours de travail par personne et par an à cause du paludisme. Une journée de travail rapporte 50 000 GNF.

a) Calcule le nombre total de journées perdues.

b) Calcule la perte de revenu pour la coopérative.

c) Une moustiquaire imprégnée coûte 40 000 GNF. Combien de moustiquaires pourrait-on acheter avec cette perte ?

Solution :

a) 200 × 12 = 2 400 journées.

b) 2 400 × 50 000 = 120 000 000 GNF.

c) 120 000 000 / 40 000 = 3 000 moustiquaires : la prévention coûte beaucoup moins cher que la maladie.

5. Les réponses

  • Les soins de santé primaires : proclamés à la conférence d'Alma-Ata (1978), ils visent des soins essentiels proches des populations : vaccination, santé maternelle et infantile, eau potable, éducation sanitaire, médicaments essentiels.
  • L'Initiative de Bamako (1987) : adoptée par des ministres de la santé africains, elle a organisé la vente de médicaments essentiels génériques à bas prix et la participation des communautés au financement et à la gestion des centres de santé.
  • La vaccination : le Programme élargi de vaccination protège les enfants contre la rougeole, la poliomyélite, la tuberculose, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, etc.
  • La prévention : moustiquaires imprégnées, assainissement, lavage des mains, eau traitée, consultations prénatales.
  • Le renforcement du système de santé : formation et meilleure répartition du personnel, agents de santé communautaires, équipement des centres, surveillance des épidémies.
  • Le financement : mutuelles de santé, assurance maladie, budget public, aide internationale.

Méthode

Pour traiter un sujet sur les problèmes sanitaires :

  1. Je présente les indicateurs (mortalité infantile, maternelle, espérance de vie, densité médicale) et je les calcule si des données sont fournies.
  2. Je décris les principales maladies et leur mode de transmission.
  3. J'explique les causes : pauvreté, eau et assainissement, malnutrition, infrastructures, personnel, culture.
  4. Je montre les conséquences sur le développement (cercle vicieux).
  5. Je propose des réponses : prévention, soins de santé primaires, vaccination, financement.

3Je retiens

Je retiens

Taux de mortalité infantile = décès avant 1 an / naissances vivantes × 1 000 ; mortalité maternelle pour 100 000 naissances vivantes ; densité médicale pour 10 000 habitants.

Maladies dominantes : infectieuses et parasitaires (paludisme, diarrhées, tuberculose, VIH, rougeole, méningite), épidémies (Ebola 2014-2016) ; double fardeau avec les maladies non transmissibles.

Causes : pauvreté, manque d'eau potable et d'assainissement, malnutrition, infrastructures et personnel insuffisants, fuite des cerveaux, budgets faibles, faux médicaments, facteurs culturels, climat.

Conséquences : baisse de la productivité, appauvrissement, natalité élevée, perturbation de l'économie.

Réponses : soins de santé primaires (Alma-Ata, 1978), Initiative de Bamako (1987), vaccination, moustiquaires, eau et hygiène, mutuelles de santé.

4Erreurs fréquentes

  • Calculer le taux de mortalité infantile par rapport à la population totale : on divise par le nombre de naissances vivantes.
  • Confondre mortalité infantile (avant 1 an) et mortalité des moins de 5 ans.
  • Présenter les problèmes de santé comme purement médicaux : ils sont aussi économiques (pauvreté), sociaux (instruction) et environnementaux (eau, assainissement).
  • Oublier que la prévention (moustiquaire, vaccin, eau potable) est souvent la solution la plus efficace et la moins chère.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Définis le taux de mortalité infantile et l'espérance de vie à la naissance.

b) Cite trois maladies liées à l'eau et deux maladies transmises par des insectes.

c) Qu'est-ce que l'Initiative de Bamako ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Le taux de mortalité infantile est le nombre d'enfants décédés avant leur premier anniversaire pour 1 000 naissances vivantes. L'espérance de vie à la naissance est le nombre moyen d'années qu'un nouveau-né peut espérer vivre si les conditions de mortalité de l'année restent les mêmes.

b) Liées à l'eau : choléra, fièvre typhoïde, maladies diarrhéiques (ou schistosomiase). Transmises par des insectes : paludisme (moustique anophèle), trypanosomose humaine ou maladie du sommeil (mouche tsé-tsé), onchocercose (simulie).

c) C'est une politique adoptée en 1987 par des ministres africains de la santé : elle a permis de vendre à bas prix des médicaments essentiels génériques dans les centres de santé et d'associer les communautés à leur financement et à leur gestion.

2Exercice 2

(Calcul, données fictives) Une région enregistre 36 000 naissances vivantes, 1 980 décès d'enfants de moins de 1 an et 27 décès maternels. Elle compte 900 000 habitants et 30 médecins.

a) Calcule le taux de mortalité infantile.

b) Calcule le ratio de mortalité maternelle.

c) Calcule le nombre d'habitants par médecin.

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a) 1 980 / 36 000 × 1 000 = 55 ‰.

b) 27 / 36 000 × 100 000 = 75 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes.

c) 900 000 / 30 = 30 000 habitants par médecin.

3Exercice 3

(Calcul, données fictives) Dans un district, 40 % des 25 000 enfants de moins de 5 ans dorment sous moustiquaire. L'objectif est d'atteindre 80 %.

a) Combien d'enfants dorment déjà sous moustiquaire ?

b) Combien de moustiquaires faut-il distribuer (une par enfant) pour atteindre l'objectif ?

c) À 40 000 GNF la moustiquaire, quel est le coût de l'opération ?

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a) 25 000 × 0,40 = 10 000 enfants.

b) Objectif : 25 000 × 0,80 = 20 000 enfants ; il faut distribuer 20 000 − 10 000 = 10 000 moustiquaires.

c) 10 000 × 40 000 = 400 000 000 GNF.

4Exercice 4

(Analyse de document, type BAC) Texte écrit pour l'exercice :

« Au village, la seule source d'eau est un marigot où l'on puise l'eau de boisson et où l'on lave le linge. Pendant la saison des pluies, les cas de diarrhée se multiplient chez les enfants. Le centre de santé le plus proche est à 18 km. Les familles achètent des comprimés au marché, sans ordonnance. »

a) Relève les causes des problèmes sanitaires évoquées.

b) Explique les risques liés aux médicaments achetés au marché.

c) Propose trois mesures concrètes pour améliorer la santé de ce village.

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a) Absence d'eau potable (marigot utilisé pour boire et laver) ; mauvaise hygiène ; éloignement du centre de santé (18 km) ; automédication avec des médicaments du marché.

b) Ces médicaments peuvent être contrefaits, périmés ou mal conservés (chaleur) ; pris sans diagnostic ni dose adaptée, ils peuvent être inefficaces, dangereux, masquer une maladie grave ou favoriser la résistance des microbes.

c) Construire un forage ou un puits protégé et apprendre à traiter l'eau ; installer des latrines et sensibiliser au lavage des mains ; former un agent de santé communautaire et organiser des consultations mobiles ; distribuer des sels de réhydratation orale.

5Exercice 5

(Rédaction, type BAC) Sujet : « Montrez que les problèmes sanitaires sont à la fois une conséquence et une cause du sous-développement. » Rédige une introduction, deux parties et une conclusion, avec des exemples guinéens.

Voir le corrigéCacher le corrigé

Plan détaillé attendu :

Introduction : définir les problèmes sanitaires (maladies fréquentes, mortalité élevée, accès limité aux soins) ; en Guinée, le paludisme est une cause majeure de consultation et l'épidémie d'Ebola de 2014-2016 a montré la fragilité du système de santé.

I. Une conséquence du sous-développement : la pauvreté limite l'accès aux soins ; le manque d'eau potable et d'assainissement favorise les maladies ; la malnutrition affaiblit les défenses ; l'État manque de moyens (centres éloignés, personnel concentré dans la capitale, fuite des cerveaux) ; faible instruction et recours tardif aux soins.

II. Une cause du sous-développement : baisse de la productivité (jours de travail perdus, élèves absents) ; appauvrissement des familles (dépenses de santé) ; forte mortalité infantile qui maintient une natalité élevée ; épidémies qui paralysent l'économie (Ebola : marchés, écoles, investissements perturbés).

Conclusion : santé et développement forment un cercle, vicieux ou vertueux ; investir dans la prévention (vaccination, moustiquaires, eau potable) et les soins de santé primaires est l'un des placements les plus rentables pour le développement.

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6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Le taux de mortalité infantile se calcule pour :
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Réponse B : 1 000 naissances vivantes. On rapporte les décès d'enfants de moins de 1 an au nombre de naissances vivantes.

2Quel insecte transmet le paludisme ?
Voir la réponse

Réponse A : le moustique anophèle. Le moustique anophèle femelle transmet le parasite Plasmodium.

3En quelle année la conférence d'Alma-Ata a-t-elle proclamé les soins de santé primaires ?
Voir la réponse

Réponse B : 1978. La conférence d'Alma-Ata de 1978 a fait des soins de santé primaires la base des systèmes de santé.

4Une région compte 600 000 habitants et 15 médecins. Le nombre d'habitants par médecin est :
Voir la réponse

Réponse C : 40 000. 600 000 / 15 = 40 000 habitants par médecin.

5Pourquoi la maladie entretient-elle la pauvreté ?
Voir la réponse

Réponse B : parce qu'elle réduit les jours de travail et impose des dépenses de soins. Le malade produit moins et sa famille doit payer les soins : c'est le cercle vicieux maladie-pauvreté.

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