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Économie · Terminale SM Prépare le BAC

Leçon 26 sur 42

Le chômage en Afrique : les conséquences

Je sais présenter de façon organisée les conséquences économiques, sociales, politiques et humaines du chômage en Afrique, et en mesurer certaines par le calcul.

  • 45 min
  • 5 exercices corrigés
  • 1 schéma
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Analyser les conséquences économiques du chômage : perte de production, baisse de la demande, manque à gagner fiscal
  • Expliquer les conséquences sociales : pauvreté, charge familiale, délinquance, migrations
  • Montrer les conséquences politiques et psychologiques
  • Calculer une perte de production et un taux de dépendance

Avant de commencer : Les leçons « Le chômage en Afrique » et « Le chômage en Afrique : les causes ».

1Je découvre

Dans une concession de Labé, une seule personne a un emploi salarié : l'oncle Mamadou, enseignant. Avec son salaire, il aide à nourrir sa femme et ses enfants, mais aussi ses deux neveux diplômés sans emploi, sa sœur veuve et ses parents âgés. À la fin du mois, il ne lui reste rien pour épargner ni pour agrandir la maison.

L'un des neveux, Alpha, a d'abord cherché du travail pendant deux ans. Découragé, il parle maintenant de partir « à l'aventure », vers l'Europe, par le désert et la mer. Sa mère a peur : elle a entendu parler de jeunes du quartier disparus en route. L'autre neveu, Ibrahima, a trouvé un travail de vendeur ambulant, mal payé, qui ne lui permet pas de se marier ni de s'installer.

Leur tante Fatoumata, commerçante, remarque de son côté que ses ventes baissent : « Les gens n'ont pas d'argent. Quand les jeunes ne travaillent pas, c'est tout le quartier qui s'appauvrit. »

Quelles sont les conséquences du chômage en Afrique, pour les personnes, les familles, l'économie et la société ?

2Je comprends

1. Les conséquences économiques

a) Une perte de production et de richesse. Chaque personne qui voudrait travailler et ne le peut pas représente une production qui n'est pas réalisée. Le chômage est donc un gaspillage de ressources humaines : le pays ne produit pas tout ce qu'il pourrait produire.

Exemple

Situation (chiffres fictifs) : un pays compte 400 000 chômeurs. On estime que chacun, s'il travaillait, produirait en moyenne une valeur de 12 000 000 GNF par an.

Étape 1 : production perdue = 400 000 × 12 000 000 = 4 800 000 000 000 GNF.

Étape 2 : en milliards : 4 800 000 000 000 ÷ 1 000 000 000 = 4 800 milliards GNF par an.

Conclusion : le chômage fait perdre chaque année 4 800 milliards GNF de production, sans compter le sous-emploi.

b) Une baisse de la demande intérieure. Les chômeurs et les sous-employés ont peu de revenus, donc consomment peu. Les commerçants, les artisans et les entreprises vendent moins, produisent moins et embauchent moins. C'est un cercle vicieux : le chômage réduit la demande, et la faible demande entretient le chômage (c'est le mécanisme décrit par Keynes).

c) Un manque à gagner pour l'État. Moins de personnes employées et moins de consommation, c'est moins d'impôts et de taxes. L'État dispose de moins de ressources pour investir dans l'école, la santé ou les routes, alors qu'il devrait justement dépenser plus pour aider les plus pauvres.

d) Le gaspillage de l'investissement éducatif. Les familles et l'État ont financé de longues années d'études. Quand un diplômé ne trouve pas d'emploi ou exerce un travail sans rapport avec sa formation, cet investissement est en partie perdu.

e) Le gonflement du secteur informel. Les personnes sans emploi se tournent vers de petites activités informelles, souvent peu productives, qui échappent à l'impôt et n'offrent aucune protection.

2. Les conséquences sociales

a) La pauvreté et la charge familiale. En l'absence d'allocation chômage, c'est la famille qui prend en charge les sans-emploi. Un seul salarié fait vivre de nombreuses personnes : il ne peut ni épargner ni investir. La solidarité familiale est une richesse, mais elle appauvrit ceux qui travaillent.

Exemple

Situation (chiffres fictifs) : dans la concession de l'oncle Mamadou, 12 personnes vivent d'un seul salaire de 3 600 000 GNF par mois.

Étape 1 : revenu par personne = 3 600 000 ÷ 12 = 300 000 GNF par mois.

Étape 2 : si les deux neveux trouvaient chacun un emploi à 1 800 000 GNF, le revenu total deviendrait 3 600 000 + 2 × 1 800 000 = 7 200 000 GNF.

Étape 3 : nouveau revenu par personne = 7 200 000 ÷ 12 = 600 000 GNF par mois.

Conclusion : l'emploi de deux jeunes double le revenu par personne de toute la famille. On mesure ici le taux de dépendance : 12 personnes pour 1 revenu, puis 12 personnes pour 3 revenus, soit 4 personnes par revenu.

b) Le report des projets de vie. Sans revenu stable, les jeunes ne peuvent pas quitter le domicile familial, se marier, fonder un foyer. Ils restent longtemps dans une situation de dépendance.

c) La délinquance et les conduites à risque. Le désœuvrement prolongé et la pauvreté peuvent favoriser le vol, les trafics, la consommation de drogue, surtout dans les quartiers urbains défavorisés. Il ne faut pas en conclure que les chômeurs sont des délinquants : la grande majorité reste honnête, mais le risque augmente.

d) Les migrations. Le chômage pousse les jeunes à partir :

  • exode rural vers les villes, qui aggrave encore le chômage urbain ;
  • migration vers d'autres pays africains, où ils espèrent trouver du travail ;
  • émigration irrégulière vers l'Europe, par le Sahara et la Méditerranée, au péril de leur vie : de nombreux jeunes Ouest-Africains, dont des Guinéens, y ont perdu la vie ou ont été victimes d'exploitation en chemin ;
  • fuite des cerveaux : des diplômés qualifiés (médecins, ingénieurs, enseignants) partent travailler à l'étranger, et le pays perd des compétences qu'il a formées.

Les migrants envoient parfois de l'argent à leur famille, ce qui aide celle-ci ; mais le départ des jeunes les plus dynamiques affaiblit le pays.

3. Les conséquences politiques

  • Frustrations et contestations : une jeunesse nombreuse, instruite et sans perspectives peut perdre confiance dans les institutions ; les manifestations et les tensions sociales se multiplient.
  • Vulnérabilité au recrutement par des groupes armés ou extrémistes qui promettent un revenu et un statut, comme on l'a observé dans plusieurs zones de conflit de la région.
  • Instabilité politique, qui fait fuir l'investissement et aggrave à son tour le chômage (voir la leçon « L'instabilité politique »).
  • Clientélisme : quand les emplois sont rares, ils deviennent une monnaie d'échange politique, ce qui aggrave la mauvaise gouvernance.

4. Les conséquences humaines et psychologiques

Le chômage prolongé touche la dignité : sentiment d'inutilité, perte de confiance en soi, honte vis-à-vis de la famille qui a financé les études, découragement. Il peut entraîner l'isolement, l'anxiété, voire des problèmes de santé. Les compétences s'usent lorsqu'on ne les pratique pas, ce qui rend l'insertion encore plus difficile : plus le chômage dure, plus il est difficile d'en sortir.

ChômageRevenusfaiblesDemandefaibleVentes enbaissePeud'embauches
Le chômage entretient le chômage par la baisse de la demande.
DomaineConséquences principales
Économiqueperte de production, baisse de la demande, manque à gagner fiscal, investissement éducatif gaspillé, informel en expansion
Socialpauvreté, charge familiale, report du mariage et de l'autonomie, délinquance, migrations et fuite des cerveaux
Politiquefrustrations, contestations, recrutement par des groupes armés, instabilité, clientélisme
Humainperte de dignité et de confiance, découragement, usure des compétences

Méthode

Pour rédiger une réponse sur les conséquences du chômage :

  1. Classer les conséquences par domaine : économique, social, politique, humain.
  2. Pour chaque conséquence, expliquer le mécanisme (le « pourquoi »), pas seulement l'énoncer.
  3. Illustrer par un exemple concret, guinéen ou africain, ou par un calcul (production perdue, revenu par personne).
  4. Montrer les effets en retour : les conséquences deviennent à leur tour des causes (cercle vicieux).
  5. Nuancer : solidarité familiale et envois des migrants atténuent certains effets, sans les supprimer.

3Je retiens

Je retiens

  • Conséquences économiques : perte de production (gaspillage de ressources humaines), baisse de la demande intérieure, recettes fiscales réduites, investissement éducatif gaspillé, expansion de l'informel.
  • Conséquences sociales : pauvreté, lourde charge pour les familles (taux de dépendance élevé), report des projets de vie, délinquance et conduites à risque, exode rural, émigration irrégulière, fuite des cerveaux.
  • Conséquences politiques : frustrations, contestations, recrutement par des groupes armés, instabilité, clientélisme.
  • Conséquences humaines : perte de dignité, découragement, usure des compétences.
  • Le chômage s'auto-entretient : moins de revenus, moins de demande, moins d'embauches.

4Erreurs fréquentes

  • Faire une simple liste de conséquences sans expliquer les mécanismes : il faut dire POURQUOI le chômage produit tel effet.
  • Assimiler chômeurs et délinquants : le chômage augmente le risque de délinquance, mais la grande majorité des chômeurs reste honnête.
  • Oublier les conséquences en retour : l'instabilité et la baisse de la demande, causées par le chômage, aggravent à leur tour le chômage.
  • Présenter les migrations uniquement de façon négative : les envois d'argent des migrants aident les familles, même si le départ des jeunes qualifiés affaiblit le pays.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Pourquoi dit-on que le chômage est un gaspillage de ressources humaines ?

b) Explique le lien entre chômage et baisse de la demande intérieure.

c) Qu'est-ce que la fuite des cerveaux ?

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a) Parce que des personnes capables et désireuses de travailler ne produisent rien : la production qu'elles pourraient réaliser est perdue pour le pays, comme une machine qu'on laisserait à l'arrêt.

b) Les chômeurs ont peu de revenus, donc ils consomment peu. Les commerçants et les entreprises vendent moins, produisent moins et embauchent moins, ce qui augmente encore le chômage : c'est un cercle vicieux.

c) La fuite des cerveaux est le départ à l'étranger de personnes hautement qualifiées (médecins, ingénieurs, enseignants) formées dans leur pays, qui perd ainsi des compétences et l'investissement consacré à leur formation.

2Exercice 2

Classe les conséquences suivantes en économiques (E), sociales (S), politiques (P) ou humaines (H) : baisse des recettes fiscales ; perte de confiance en soi ; émigration irrégulière ; manifestations de jeunes ; baisse des ventes des commerçants ; report du mariage ; recrutement par des groupes armés ; usure des compétences.

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E : baisse des recettes fiscales ; baisse des ventes des commerçants. S : émigration irrégulière ; report du mariage. P : manifestations de jeunes ; recrutement par des groupes armés. H : perte de confiance en soi ; usure des compétences.

3Exercice 3

(Calcul, chiffres fictifs) Une ville compte 150 000 chômeurs. Chacun produirait en moyenne 10 000 000 GNF par an s'il travaillait. L'État prélève en moyenne 15 % de la production sous forme d'impôts et de taxes.

a) Calcule la production perdue chaque année.

b) Calcule le manque à gagner fiscal pour l'État.

c) Si une école coûte 1,5 milliard GNF, combien d'écoles ce manque à gagner permettrait-il de construire ?

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a) 150 000 × 10 000 000 = 1 500 000 000 000 GNF, soit 1 500 milliards GNF par an.

b) 1 500 × 15 % = 225 milliards GNF par an.

c) 225 ÷ 1,5 = 150 écoles.

4Exercice 4

(Calcul, chiffres fictifs) Une famille de 10 personnes vit du revenu de deux travailleurs : 2 000 000 GNF et 1 500 000 GNF par mois.

a) Calcule le revenu mensuel par personne et le nombre de personnes par revenu.

b) Un fils trouve un emploi à 1 500 000 GNF. Recalcule les deux indicateurs.

c) De quel pourcentage le revenu par personne augmente-t-il ?

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a) Revenu total = 2 000 000 + 1 500 000 = 3 500 000 GNF. Revenu par personne = 3 500 000 ÷ 10 = 350 000 GNF. Personnes par revenu = 10 ÷ 2 = 5.

b) Revenu total = 3 500 000 + 1 500 000 = 5 000 000 GNF. Revenu par personne = 5 000 000 ÷ 10 = 500 000 GNF. Personnes par revenu = 10 ÷ 3 ≈ 3,3.

c) (500 000 − 350 000) ÷ 350 000 × 100 ≈ 42,9 %.

5Exercice 5

(Type BAC) Sujet : « Le chômage des jeunes est une menace pour le développement de l'Afrique. » Explique cette affirmation. Rédige une introduction et un plan détaillé.

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Introduction : l'Afrique possède la population la plus jeune du monde. Cette jeunesse pourrait être un formidable moteur de développement, mais une grande partie des jeunes est au chômage ou en sous-emploi. En quoi ce chômage menace-t-il le développement du continent ? Nous verrons ses effets sur l'économie, puis sur la société et la stabilité politique.

I. Une menace économique.

  • Perte de production et gaspillage de l'investissement éducatif.
  • Baisse de la demande intérieure : cercle vicieux du chômage.
  • Recettes fiscales réduites, moins de moyens pour investir.

II. Une menace sociale et politique.

  • Pauvreté et charge familiale ; report des projets de vie.
  • Migrations : exode rural, émigration irrégulière dangereuse, fuite des cerveaux.
  • Frustrations, contestations, recrutement par des groupes armés, instabilité qui fait fuir l'investissement.

Conclusion : le chômage des jeunes transforme ce qui devrait être un atout démographique en risque. Créer des emplois pour les jeunes est donc une priorité du développement, ce qui conduit à étudier les solutions possibles.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Pourquoi le chômage réduit-il la demande intérieure ?
Voir la réponse

Réponse A : parce que les chômeurs ont peu de revenus et consomment peu. Moins de revenus, c'est moins d'achats pour les commerçants et les entreprises.

2400 000 chômeurs produiraient chacun 12 000 000 GNF par an. La production perdue est de :
Voir la réponse

Réponse B : 4 800 milliards GNF. 400 000 × 12 000 000 = 4 800 000 000 000 GNF, soit 4 800 milliards.

3Lequel est une conséquence politique du chômage des jeunes ?
Voir la réponse

Réponse C : la multiplication des contestations et des tensions sociales. Une jeunesse sans perspectives peut perdre confiance dans les institutions.

4Qu'est-ce que la fuite des cerveaux ?
Voir la réponse

Réponse B : le départ à l'étranger de personnes hautement qualifiées. Le pays perd des compétences qu'il a formées.

5Pourquoi dit-on que le chômage s'auto-entretient ?
Voir la réponse

Réponse B : parce qu'il réduit les revenus et la demande, ce qui limite les embauches. C'est le cercle vicieux : moins de revenus, moins de ventes, moins d'embauches.

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