Leçon 4 sur 35
L'Afrique : hydrographie
Je sais présenter les grands fleuves et les grands lacs de l'Afrique, expliquer leurs caractères (régimes, chutes, bassins) et montrer leur importance pour les hommes.
- 45 min
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Définir les mots de l'hydrographie (bassin, régime, crue, étiage, delta, endoréisme)
- Localiser et décrire les grands fleuves africains (Nil, Congo, Niger, Zambèze, Sénégal)
- Situer les grands lacs et expliquer leur origine
- Expliquer le rôle de la Guinée, « château d'eau de l'Afrique de l'Ouest », et l'utilité des fleuves
Avant de commencer : Les leçons sur le relief et sur le climat de l'Afrique.
1Je découvre
À Faranah, Alpha montre fièrement à son correspondant malien le Niger, qui coule tranquillement près de la ville. « Ici, le fleuve est encore jeune : il est né pas très loin, dans les montagnes près de la frontière de la Sierra Leone. » Son correspondant, Lansana, qui vit à Mopti, au Mali, est étonné : « Chez nous, le Niger est immense ; en saison des crues, il inonde des plaines entières où l'on cultive le riz et où les pêcheurs posent leurs filets. »
Le professeur de géographie d'Alpha lui a expliqué que ce même fleuve traverse ensuite le Niger et le Nigeria, et se jette dans l'océan Atlantique, à plus de 4 000 km de sa source. Il lui a aussi appris que le Sénégal et la Gambie prennent leur source en Guinée, au Fouta-Djallon.
Alpha se demande : pourquoi tant de fleuves naissent-ils en Guinée ? Et quels sont les autres grands fleuves et lacs de l'Afrique ?
Quels sont les grands fleuves et lacs de l'Afrique, quels sont leurs caractères et à quoi servent-ils ?
2Je comprends
1. Les mots de l'hydrographie
L'hydrographie est l'étude des eaux continentales : fleuves, rivières, lacs, eaux souterraines.
- Un fleuve est un cours d'eau qui se jette dans une mer ou un océan ; une rivière se jette dans un autre cours d'eau (c'est un affluent).
- La source est le point de départ d'un cours d'eau ; l'embouchure est l'endroit où il se jette.
- Une embouchure peut être un delta (le fleuve se divise en plusieurs bras, en déposant ses alluvions, comme le Nil ou le Niger) ou un estuaire (une seule large ouverture où la marée remonte, comme le Congo ou la Gambie).
- Le bassin versant (ou bassin hydrographique) est l'ensemble du territoire dont les eaux s'écoulent vers un même fleuve.
- Le débit est la quantité d'eau qui passe en un point en une seconde (en m³/s).
- Le régime d'un fleuve est la variation de son débit au cours de l'année : la crue est la période de hautes eaux, l'étiage la période de basses eaux.
- Une région est endoréique quand ses eaux ne rejoignent pas la mer mais se perdent dans un lac intérieur ou dans le sable (bassin du Tchad).
2. Les caractères généraux des fleuves africains
Des régimes liés au climat. Dans la zone tropicale, les fleuves ont une crue pendant la saison des pluies et un étiage marqué pendant la saison sèche. Seuls les fleuves de la zone équatoriale, comme le Congo, ont un débit abondant et régulier, car il pleut toute l'année sur leur bassin.
Des cours coupés de chutes et de rapides. Comme l'Afrique est un continent de plateaux (leçon précédente), les fleuves descendent d'un plateau à l'autre par des ruptures de pente : chutes et rapides. Ces obstacles gênent la navigation, mais offrent un énorme potentiel hydroélectrique.
Des embouchures souvent difficiles. Beaucoup d'embouchures sont encombrées de bancs de sable, de barres ou de marécages.
Des bassins partagés. Les grands fleuves traversent plusieurs pays : leur gestion demande une coopération entre États.
3. Les grands fleuves
Le Nil (environ 6 650 km) est le plus long fleuve d'Afrique et l'un des deux plus longs du monde. Il est formé par la réunion, à Khartoum (Soudan), du Nil Blanc, venu de la région des Grands Lacs (lac Victoria), et du Nil Bleu, venu du lac Tana, sur les hauts plateaux éthiopiens. Il traverse le Sahara sans affluent, puis se jette dans la Méditerranée par un large delta. Ses crues d'été, dues aux pluies d'Éthiopie, ont permis pendant des millénaires l'agriculture en Égypte. Le haut barrage d'Assouan (achevé en 1970) régularise aujourd'hui son débit et a créé le lac Nasser.
Le Congo (environ 4 700 km) est le deuxième fleuve du monde par son débit (environ 40 000 m³/s en moyenne), après l'Amazone. Il traverse la cuvette du Congo et recueille des pluies des deux hémisphères : son débit est donc puissant et régulier. Il est navigable sur de longs biefs, mais des rapides le coupent en aval de Kinshasa. Le site d'Inga (RD Congo) est l'un des plus grands potentiels hydroélectriques du monde.
Le Niger (environ 4 200 km) est le troisième fleuve d'Afrique par sa longueur. Il prend sa source en Guinée, près de la frontière avec la Sierra Leone, coule d'abord vers le nord-est, traverse la Guinée (Kouroussa, Siguiri), puis le Mali, où il forme un delta intérieur (vaste plaine d'inondation autour de Mopti), s'approche du Sahara, puis tourne vers le sud-est, traverse le Niger et le Nigeria, reçoit la Bénoué et se jette dans le golfe de Guinée par un grand delta. Sa longue boucle explique qu'il traverse des climats très différents.
Le Zambèze (environ 2 700 km) coule vers l'océan Indien. Il franchit les célèbres chutes Victoria, entre la Zambie et le Zimbabwe. Les barrages de Kariba et de Cahora Bassa produisent de l'électricité.
Le Sénégal (environ 1 750 km) naît en Guinée, au Fouta-Djallon (le Bafing), puis sert de frontière entre le Sénégal et la Mauritanie avant de rejoindre l'Atlantique à Saint-Louis.
On peut citer aussi l'Orange et le Limpopo (Afrique australe), la Volta (Ghana, avec le lac de barrage d'Akosombo), et la Gambie, qui naît elle aussi au Fouta-Djallon.
Exemple
Question : Compare le Nil et le Congo. Lequel est le « plus grand » fleuve d'Afrique ?
Étape 1 : Par la longueur, le Nil (environ 6 650 km) dépasse le Congo (environ 4 700 km) : 6 650 − 4 700 = 1 950 km de plus.
Étape 2 : Par le débit, le Congo (environ 40 000 m³/s) est de loin le plus puissant, car son bassin équatorial reçoit des pluies toute l'année, alors que le Nil traverse le désert et perd de l'eau par évaporation.
Conclusion : le Nil est le plus long fleuve d'Afrique, le Congo le plus puissant. Il faut toujours préciser le critère.
4. La Guinée, château d'eau de l'Afrique de l'Ouest
Le Fouta-Djallon et la Dorsale guinéenne reçoivent des pluies abondantes et forment des hauteurs d'où les eaux partent dans toutes les directions. Plusieurs grands fleuves y naissent : le Niger, le Sénégal (par le Bafing), la Gambie, ainsi que de nombreux fleuves côtiers. C'est pourquoi on appelle la Guinée le « château d'eau de l'Afrique de l'Ouest ». Cette position donne à la Guinée une grande responsabilité : protéger les sources et les forêts des têtes de bassin profite à tous les pays situés en aval.
Pour gérer ces fleuves partagés, les États ont créé des organismes de bassin : l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS, 1972, que la Guinée a rejointe plus tard), l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG, 1978) et l'Autorité du bassin du Niger (ABN, 1980).
5. Les grands lacs
Les lacs africains ont deux origines principales :
- les lacs du Rift (Afrique orientale) : longs, étroits et très profonds, ils occupent le fond des fossés d'effondrement. Le lac Tanganyika (environ 670 km de long) est le plus profond d'Afrique (environ 1 470 m) ; le lac Malawi (ou Nyassa) est lui aussi un lac du Rift ;
- les lacs de cuvette : larges et peu profonds, ils occupent des dépressions du plateau. Le lac Victoria (environ 68 800 km²), entre l'Ouganda, le Kenya et la Tanzanie, est le plus grand lac d'Afrique ; le Nil Blanc en sort. Le lac Tchad, peu profond, a vu sa surface fortement diminuer depuis les années 1960 à cause des sécheresses et des prélèvements d'eau.
Il existe aussi des lacs de barrage (artificiels) : lac Nasser (Égypte), lac Volta (Ghana), lac Kariba (Zambie–Zimbabwe).
- Occupent des fossés d'effondrement
- Longs, étroits, très profonds
- Tanganyika, Malawi
- Occupent des dépressions du plateau
- Larges, peu profonds
- Victoria, Tchad
6. L'importance des fleuves et des lacs
Les eaux africaines sont une richesse :
- agriculture : irrigation (vallée du Nil, delta intérieur du Niger), cultures de décrue, riziculture ;
- pêche continentale (lac Victoria, delta intérieur du Niger, fleuve Congo) ;
- énergie : barrages hydroélectriques (Assouan, Akosombo, Kariba, Inga) ; en Guinée, les barrages de Garafiri et de Kaléta, sur le Konkouré ;
- transport : navigation sur les biefs navigables du Congo, du Niger, du Nil ;
- eau potable pour les villes.
Mais elles posent aussi des problèmes : irrégularité des régimes, inondations ou manque d'eau, maladies liées à l'eau (paludisme, bilharziose), pollution, et partage parfois difficile entre pays.
Exemple
Question : La surface du lac Tchad était d'environ 25 000 km² dans les années 1960. Si elle a diminué d'environ 90 %, quelle surface reste-t-il ?
Étape 1 : 90 % de 25 000 = 25 000 × 90 ÷ 100 = 22 500 km² perdus.
Étape 2 : 25 000 − 22 500 = 2 500 km².
Conclusion : il resterait environ 2 500 km², soit dix fois moins. Ce recul menace la pêche, l'élevage et l'agriculture des populations riveraines (Tchad, Niger, Nigeria, Cameroun).
Méthode
Pour présenter un fleuve (question de cours ou de carte) :
- Je donne sa longueur et sa source (pays, massif).
- Je décris son parcours : pays traversés, affluents, particularités (chutes, delta intérieur).
- Je nomme son embouchure (mer ou océan, delta ou estuaire).
- J'explique son régime en le reliant au climat de son bassin.
- Je montre son utilité (agriculture, pêche, énergie, transport) et ses problèmes.
3Je retiens
Je retiens
Les fleuves africains ont des régimes liés au climat (crue en saison des pluies, étiage en saison sèche), sauf le Congo, régulier.
Coupés de chutes et de rapides (continent de plateaux), ils sont peu navigables mais riches en potentiel hydroélectrique.
Nil (environ 6 650 km) : le plus long, delta sur la Méditerranée, barrage d'Assouan. Congo (environ 4 700 km) : le plus puissant (environ 40 000 m³/s).
Niger (environ 4 200 km) : source en Guinée, delta intérieur au Mali, delta dans le golfe de Guinée. Zambèze : chutes Victoria.
La Guinée est le « château d'eau de l'Afrique de l'Ouest » (Niger, Sénégal, Gambie).
Lacs du Rift (Tanganyika, le plus profond ; Malawi) ; lacs de cuvette (Victoria, le plus grand ; Tchad, en recul) ; lacs de barrage (Nasser, Volta, Kariba).
4Erreurs fréquentes
- Confondre fleuve et rivière : un fleuve se jette dans la mer ; une rivière se jette dans un autre cours d'eau.
- Dire que le Congo est le plus long fleuve d'Afrique : c'est le Nil ; le Congo est le plus puissant par son débit.
- Confondre le delta intérieur du Niger (plaine d'inondation au Mali) et son delta maritime (au Nigeria).
- Oublier que le Niger coule d'abord vers le nord-est en s'éloignant de la mer, avant de revenir vers le sud.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Vocabulaire) Définis : bassin versant ; régime ; crue ; étiage ; delta ; estuaire.
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Le bassin versant est l'ensemble du territoire dont les eaux s'écoulent vers un même fleuve. Le régime est la variation du débit d'un cours d'eau au cours de l'année. La crue est la période des hautes eaux ; l'étiage, celle des basses eaux. Un delta est une embouchure où le fleuve se divise en plusieurs bras en déposant ses alluvions. Un estuaire est une embouchure en une seule large ouverture où la marée pénètre.
2Exercice 2
(Questions de cours)
a) Pourquoi les fleuves africains ont-ils de nombreuses chutes et rapides ?
b) Pourquoi le débit du Congo est-il abondant et régulier ?
c) Pourquoi appelle-t-on la Guinée le « château d'eau de l'Afrique de l'Ouest » ?
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a) Parce que l'Afrique est un continent de plateaux étagés : en passant d'un plateau à l'autre, les fleuves franchissent des ruptures de pente qui forment chutes et rapides.
b) Parce que son bassin est situé en grande partie dans la zone équatoriale, où il pleut toute l'année, et qu'il s'étend de part et d'autre de l'équateur : ses affluents du nord et du sud sont en crue à des moments différents, ce qui régularise le débit.
c) Parce que le Fouta-Djallon et la Dorsale guinéenne, très arrosés, donnent naissance à de grands fleuves (Niger, Sénégal, Gambie) et à de nombreux fleuves côtiers qui arrosent plusieurs pays voisins.
3Exercice 3
(Associer) Associe chaque fleuve ou lac à une caractéristique : Nil ; Congo ; Niger ; Zambèze ; Tanganyika ; Victoria.
Caractéristiques : chutes Victoria ; plus grand lac d'Afrique ; delta intérieur au Mali ; lac le plus profond d'Afrique ; plus long fleuve d'Afrique ; plus fort débit d'Afrique.
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Nil : plus long fleuve d'Afrique. Congo : plus fort débit d'Afrique. Niger : delta intérieur au Mali. Zambèze : chutes Victoria. Tanganyika : lac le plus profond d'Afrique. Victoria : plus grand lac d'Afrique.
4Exercice 4
(Analyse de document) Observe le diagramme des longueurs des fleuves dans la partie « Je comprends ».
a) Classe les fleuves du plus long au plus court.
b) Calcule la différence de longueur entre le Niger et le Sénégal.
c) Lesquels de ces fleuves prennent leur source en Guinée ?
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a) Nil (6 650 km), Congo (4 700 km), Niger (4 200 km), Zambèze (2 700 km), Orange (2 200 km), Sénégal (1 750 km).
b) 4 200 − 1 750 = 2 450 km.
c) Le Niger et le Sénégal (par le Bafing).
5Exercice 5
(Type BEPC) Présente le fleuve Niger en 8 à 10 lignes : source, parcours, embouchure, régime et importance pour les populations.
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Exemple de rédaction :
Le Niger est le troisième fleuve d'Afrique par sa longueur, avec environ 4 200 km. Il prend sa source en Guinée, près de la frontière avec la Sierra Leone. Il coule d'abord vers le nord-est, traverse la Haute-Guinée, puis le Mali, où il forme un vaste delta intérieur autour de Mopti. Il décrit ensuite une grande boucle en bordure du Sahara, puis descend vers le sud-est à travers le Niger et le Nigeria, où il reçoit la Bénoué. Il se jette dans le golfe de Guinée par un grand delta. Son régime est tropical : crue pendant et après la saison des pluies, étiage en saison sèche. Le Niger est essentiel pour les populations : il permet la riziculture et les cultures de décrue, la pêche, l'élevage, la navigation sur certains tronçons et la production d'électricité. Sa gestion est partagée entre les pays riverains au sein de l'Autorité du bassin du Niger.
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6Je vérifie
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