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Géographie · 11e SS

Leçon 18 sur 24

Les cours d'eau et les lacs

Je sais décrire un cours d'eau avec le vocabulaire géographique, calculer et interpréter son débit, expliquer son régime et appliquer ces notions aux fleuves qui naissent en Guinée.

  • 45 min
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Définir un cours d'eau et nommer ses éléments (source, lit, affluent, confluent, embouchure, bassin versant)
  • Définir et calculer le débit, le module et le coefficient de débit
  • Distinguer crue et étiage et les grands types de régimes
  • Expliquer les facteurs qui influencent l'écoulement
  • Présenter le rôle de la Guinée comme château d'eau de l'Afrique de l'Ouest

Avant de commencer : Les leçons « Le relief » et « L'érosion » (ruissellement, formes de relief).

1Je découvre

À Kouroussa, Sékou aime s'asseoir au bord du Niger avec son grand-père Lansana. En avril, le fleuve est si bas qu'on voit des bancs de sable et que les pirogues avancent difficilement. En septembre, au contraire, l'eau déborde sur les rives, recouvre les plaines et les rizières, et le courant devient puissant.

« D'où vient toute cette eau ? » demande Sékou. Son grand-père lui raconte que le Niger naît en Guinée, non loin de la frontière avec la Sierra Leone, qu'il traverse ensuite le Mali, le Niger et le Nigeria avant d'atteindre l'océan, des milliers de kilomètres plus loin. En chemin, il reçoit l'eau de nombreuses rivières.

Sékou se demande comment les géographes décrivent un fleuve, comment ils mesurent la quantité d'eau qui passe, et pourquoi le niveau change autant d'une saison à l'autre.

Comment décrire un cours d'eau et expliquer les variations de son écoulement ?

2Je comprends

1. D'où vient l'eau des cours d'eau ?

L'eau des rivières provient du cycle de l'eau. Le soleil fait évaporer l'eau des océans, des lacs et des plantes ; la vapeur se condense en nuages ; les nuages donnent des précipitations (pluie, neige). Une partie de cette eau s'infiltre dans le sol et alimente les nappes souterraines et les sources ; une autre ruisselle en surface et rejoint les cours d'eau, qui la ramènent à la mer.

ÉvaporationCondensationPrécipitati…Ruisselleme…Retour à lamer
Le cycle de l'eau alimente les cours d'eau.

2. Le vocabulaire du cours d'eau

Un cours d'eau est un écoulement d'eau permanent ou temporaire dans un chenal naturel. On distingue :

  • le fleuve : cours d'eau important qui se jette dans la mer ou l'océan (le Niger, le Konkouré) ;
  • la rivière : cours d'eau qui se jette dans un autre cours d'eau (le Milo, qui passe à Kankan, est une rivière qui rejoint le Niger) ;
  • le ruisseau ou marigot : petit cours d'eau, souvent temporaire.

Les éléments d'un cours d'eau :

  • la source : lieu où il prend naissance ;
  • le lit : chenal où coule l'eau. Le lit mineur contient les eaux habituelles ; le lit majeur est la zone inondée pendant les crues ;
  • les rives : la rive droite et la rive gauche se définissent en regardant vers l'aval ;
  • l'amont (vers la source) et l'aval (vers l'embouchure) ;
  • un affluent : cours d'eau qui se jette dans un autre ; le point de rencontre est le confluent ;
  • l'embouchure : lieu où le fleuve se jette dans la mer. Elle peut être un estuaire (embouchure large et évasée, envahie par la marée, comme en Guinée maritime) ou un delta (embouchure où le fleuve dépose ses alluvions et se divise en plusieurs bras, comme le delta du Niger au Nigeria) ;
  • le bassin versant (ou bassin hydrographique) : toute la surface dont les eaux s'écoulent vers ce cours d'eau et ses affluents ;
  • la ligne de partage des eaux : limite entre deux bassins versants, souvent sur des hauteurs ;
  • le réseau hydrographique : l'ensemble formé par le fleuve et tous ses affluents.
  1. 1Source : naissance du cours d'eau, souvent sur des hauteurs
  2. 2Cours supérieur (amont) : pente forte, courant rapide, chutes et rapides
  3. 3Confluents : le cours d'eau reçoit des affluents et grossit
  4. 4Cours moyen et inférieur : pente plus faible, méandres, plaines inondables
  5. 5Embouchure : estuaire ou delta, où le fleuve rejoint la mer
De la source à l'embouchure : l'organisation d'un fleuve.

3. Le débit

Le débit est le volume d'eau qui passe en un point du cours d'eau en une seconde. Il s'exprime en mètres cubes par seconde (m³/s) et se mesure dans une station appelée station hydrométrique.

On le calcule avec la formule : débit = surface de la section mouillée × vitesse moyenne du courant, soit Q = S × v (Q en m³/s, S en m², v en m/s).

Le module est le débit moyen annuel, calculé sur plusieurs années.

Le coefficient mensuel de débit compare le débit d'un mois au module : coefficient = débit moyen du mois ÷ module. Un coefficient supérieur à 1 indique des hautes eaux, inférieur à 1 des basses eaux.

Exemple

Question : « À une station, la section mouillée d'une rivière mesure 50 m² et la vitesse moyenne du courant est de 1,2 m/s. Calcule le débit. »

Réponse :

Q = S × v = 50 × 1,2 = 60.

Le débit est de 60 m³/s : 60 000 litres d'eau passent chaque seconde devant la station (1 m³ = 1 000 L).

Exemple

Question : « Une rivière a un module de 200 m³/s. Son débit moyen est de 700 m³/s en septembre et de 20 m³/s en avril. Calcule et interprète les coefficients mensuels de débit. »

Réponse :

Septembre : 700 ÷ 200 = 3,5. Le débit est 3,5 fois plus fort que la moyenne : ce sont les hautes eaux (crue).

Avril : 20 ÷ 200 = 0,1. Le débit n'est que le dixième de la moyenne : ce sont les basses eaux (étiage).

Le rapport entre le mois le plus fort et le plus faible est 700 ÷ 20 = 35 : le régime de cette rivière est très contrasté, ce qui est typique d'un climat tropical à saison sèche marquée.

4. Le régime d'un cours d'eau

Le débit varie au cours de l'année. Le régime d'un cours d'eau est la variation de son débit au cours de l'année.

  • La crue (ou période de hautes eaux) : le débit augmente fortement ; le cours d'eau peut sortir de son lit mineur et inonder le lit majeur.
  • L'étiage (ou période de basses eaux) : le débit est au plus bas.

Les principaux types de régimes :

RégimeAlimentationHautes eauxExemple
Pluvial tropicalPluies de la saison humidePendant et juste après la saison des pluies ; étiage sévère en saison sècheNiger, Sénégal, Gambie, Konkouré
Pluvial équatorialPluies abondantes toute l'annéeDébit fort et assez régulier toute l'annéeCongo, Amazone
NivalFonte des neigesAu printemps ou au début de l'étéRivières des montagnes tempérées
GlaciaireFonte des glaciersEn étéTorrents des hautes montagnes

Un régime est dit simple quand il n'a qu'une période de hautes eaux et une de basses eaux (cas du Niger en Guinée), et complexe quand il en compte plusieurs, parce que le fleuve traverse des climats différents ou reçoit des affluents aux régimes différents.

5. Les facteurs de l'écoulement

  • Le climat : c'est le facteur principal. La quantité et la répartition des pluies (et de la neige) déterminent le débit et le régime. La chaleur augmente l'évaporation.
  • Le relief : sur une pente forte, l'eau coule vite, creuse et ruisselle davantage ; en plaine, elle s'étale et s'évapore.
  • La nature du sol et des roches : un sol perméable (sable, calcaire fissuré) laisse l'eau s'infiltrer et régularise le débit ; un sol imperméable (argile, cuirasse) favorise un ruissellement rapide et des crues brutales.
  • La végétation : la forêt retient l'eau, favorise l'infiltration et régularise l'écoulement ; sur un sol déboisé, les crues sont plus brutales et les étiages plus sévères.
  • L'homme : barrages, prélèvements pour l'irrigation, déforestation modifient le débit.

6. La Guinée, château d'eau de l'Afrique de l'Ouest

Grâce à ses pluies abondantes et à ses hauts plateaux, la Guinée donne naissance à de nombreux fleuves qui arrosent plusieurs pays voisins :

  • le Niger naît dans la région de Faranah, près de la frontière sierra-léonaise. Il coule vers le nord-est, passe à Faranah, Kouroussa et Siguiri, reçoit en Guinée le Niandan, le Milo et le Tinkisso, puis traverse le Mali, le Niger et le Nigeria. Long d'environ 4 200 km, il se jette dans le golfe de Guinée par un vaste delta ;
  • le Sénégal est formé par la réunion de deux rivières, dont le Bafing, qui naît au Fouta-Djallon ;
  • la Gambie prend sa source au Fouta-Djallon ;
  • des fleuves côtiers comme le Konkouré, la Fatala ou le Rio Nunez descendent du Fouta vers l'Atlantique.

Ces fleuves ont un régime pluvial tropical : hautes eaux en fin de saison des pluies, basses eaux en fin de saison sèche. Cette richesse en eau est un atout (irrigation, pêche, navigation, hydroélectricité), mais elle impose une responsabilité : protéger les têtes de sources du Fouta-Djallon contre le déboisement et les feux, car toute la région en dépend.

Méthode

Pour décrire un cours d'eau sur une carte :

  1. Je repère sa source, sa direction générale et son embouchure (estuaire ou delta).
  2. Je nomme ses principaux affluents et leur rive (droite ou gauche, en regardant vers l'aval).
  3. Je délimite son bassin versant et je cite les pays ou régions traversés.
  4. J'indique son régime à partir du climat traversé ou d'un graphique de débits.
  5. Je termine par son utilité pour les hommes et les problèmes qu'il pose.

3Je retiens

Je retiens

Un fleuve se jette dans la mer ; une rivière se jette dans un autre cours d'eau. Éléments : source, lit (mineur et majeur), rives, affluent, confluent, embouchure (estuaire ou delta), bassin versant.

Débit : volume d'eau passant en un point en une seconde, en m³/s ; Q = S × v. Module : débit moyen annuel. Coefficient mensuel = débit du mois ÷ module.

Régime : variation du débit au cours de l'année ; crue (hautes eaux) et étiage (basses eaux). Régimes pluvial tropical, pluvial équatorial, nival, glaciaire ; simple ou complexe.

Facteurs de l'écoulement : climat (principal), relief, sol, végétation, homme.

La Guinée est le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest : Niger (environ 4 200 km), Sénégal (Bafing), Gambie, Konkouré y prennent leur source.

4Erreurs fréquentes

  • Déterminer la rive droite et la rive gauche en regardant vers la source : on se place toujours face à l'aval, dans le sens du courant.
  • Confondre débit et vitesse : le débit est un volume par seconde (m³/s), la vitesse une distance par seconde (m/s).
  • Croire que le Niger se jette dans l'océan en Guinée : il naît en Guinée mais se jette dans le golfe de Guinée au Nigeria.
  • Confondre crue et inondation : la crue est une hausse du débit ; l'inondation ne se produit que si l'eau sort de son lit mineur.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Quelle différence y a-t-il entre un fleuve et une rivière ?

b) Définis : affluent, confluent, bassin versant, régime.

c) Quelle différence fais-tu entre un estuaire et un delta ?

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a) Un fleuve se jette dans la mer ou l'océan ; une rivière se jette dans un autre cours d'eau.

b) Un affluent est un cours d'eau qui se jette dans un autre. Le confluent est le lieu où deux cours d'eau se rejoignent. Le bassin versant est l'ensemble de la surface dont les eaux s'écoulent vers un même cours d'eau. Le régime est la variation du débit d'un cours d'eau au cours de l'année.

c) L'estuaire est une embouchure large et évasée, envahie par la marée, où le fleuve dépose peu d'alluvions. Le delta est une embouchure où le fleuve dépose ses alluvions et se divise en plusieurs bras.

2Exercice 2

(Calcul) À une station hydrométrique, la section mouillée d'un cours d'eau mesure 120 m² et la vitesse moyenne du courant est de 0,8 m/s.

a) Calcule le débit en m³/s.

b) Combien de litres d'eau passent en une seconde ?

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a) Q = S × v = 120 × 0,8 = 96. Le débit est de 96 m³/s.

b) 96 m³ = 96 × 1 000 = 96 000 litres par seconde.

3Exercice 3

(Calcul et interprétation) Un fleuve a un module de 400 m³/s. Débit moyen de quelques mois : mars 60 m³/s ; juin 300 m³/s ; septembre 1 200 m³/s ; décembre 280 m³/s.

a) Calcule le coefficient mensuel de débit pour chaque mois.

b) Quel mois correspond à la crue ? à l'étiage ?

c) De quel type de régime s'agit-il ? Justifie.

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a) Mars : 60 ÷ 400 = 0,15. Juin : 300 ÷ 400 = 0,75. Septembre : 1 200 ÷ 400 = 3. Décembre : 280 ÷ 400 = 0,7.

b) La crue a lieu en septembre (coefficient 3, soit trois fois le module). L'étiage a lieu en mars (coefficient 0,15).

c) C'est un régime pluvial tropical simple : une seule période de hautes eaux, en fin de saison des pluies (septembre), et des basses eaux sévères en fin de saison sèche (mars).

4Exercice 4

(Guinée) Cite trois fleuves qui prennent leur source en Guinée et indique pour chacun la mer ou le pays où il se termine. Explique pourquoi on dit que la Guinée est le « château d'eau de l'Afrique de l'Ouest ».

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Le Niger, qui traverse le Mali, le Niger et le Nigeria et se jette dans le golfe de Guinée par un delta ; le Sénégal, formé notamment par le Bafing, qui se jette dans l'océan Atlantique entre le Sénégal et la Mauritanie ; la Gambie, qui se jette dans l'Atlantique en Gambie. (On accepte aussi le Konkouré, fleuve côtier qui se jette dans l'Atlantique en Guinée.) On parle de château d'eau parce que les hauts plateaux et les massifs guinéens, très arrosés, donnent naissance à de nombreux fleuves qui alimentent en eau plusieurs pays de la sous-région.

5Exercice 5

(Rédaction guidée) Présente le Niger en une douzaine de lignes : source, parcours, affluents guinéens, embouchure, régime et importance pour les populations.

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Exemple de rédaction :

Le Niger est le grand fleuve de l'Afrique de l'Ouest. Il prend sa source en Guinée, dans la région de Faranah, près de la frontière avec la Sierra Leone. Il coule d'abord vers le nord-est et traverse la Haute-Guinée en passant par Faranah, Kouroussa et Siguiri. En Guinée, il reçoit plusieurs affluents, dont le Niandan, le Milo, qui arrose Kankan, et le Tinkisso. Il traverse ensuite le Mali, le Niger et le Nigeria, puis se jette dans le golfe de Guinée par un vaste delta, après un parcours d'environ 4 200 km.

Son régime est pluvial tropical : hautes eaux en fin de saison des pluies, basses eaux en fin de saison sèche.

Le Niger est essentiel pour les populations : il fournit l'eau pour boire et irriguer les rizières, du poisson, une voie de transport en pirogue et des sables aurifères exploités par l'orpaillage. Sa protection, dès sa source guinéenne, concerne donc toute la sous-région.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Qu'est-ce qu'un affluent ?
Voir la réponse

Réponse B : un cours d'eau qui se jette dans un autre cours d'eau. Le Milo, par exemple, est un affluent du Niger.

2En quelle unité exprime-t-on le débit ?
Voir la réponse

Réponse B : en m³/s. Le débit est un volume d'eau par seconde.

3Une rivière a une section mouillée de 40 m² et un courant de 2 m/s. Son débit est :
Voir la réponse

Réponse C : 80 m³/s. Q = S × v = 40 × 2 = 80 m³/s.

4Comment appelle-t-on la période de basses eaux d'un cours d'eau ?
Voir la réponse

Réponse B : l'étiage. L'étiage correspond au débit le plus faible, en fin de saison sèche pour les fleuves guinéens.

5Où le Niger prend-il sa source ?
Voir la réponse

Réponse C : en Guinée. Le Niger naît en Guinée, dans la région de Faranah, près de la frontière sierra-léonaise.

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