Leçon 9 sur 31
Les problèmes démographiques
Je sais identifier les problèmes posés par la croissance rapide ou au contraire par le vieillissement d'une population, et expliquer les politiques démographiques menées pour y répondre.
- 55 min
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Définir surpeuplement, sous-peuplement et dividende démographique
- Expliquer les problèmes des pays à croissance rapide
- Expliquer les problèmes des pays vieillissants
- Présenter la thèse de Malthus et ses limites
- Distinguer politiques antinatalistes et natalistes, avec des exemples
Avant de commencer : Les leçons sur la croissance, les mouvements et la structure de la population mondiale.
1Je découvre
Au lycée de Kankan, la classe de 12e compte plus de 90 élèves. Certains sont assis à trois par table, d'autres suivent debout près de la fenêtre. Le proviseur explique qu'on construit des salles, mais que chaque année les nouveaux élèves arrivent plus nombreux que les salles neuves.
Le soir, Lansana en parle à son oncle Sékou, diplômé en gestion depuis trois ans et toujours sans emploi stable. « Chaque année, des milliers de jeunes sortent de l'université, et les entreprises ne créent pas assez d'emplois », dit-il.
À la radio, Lansana entend ensuite un reportage sur le Japon : là-bas, des écoles ferment faute d'enfants, des villages se vident, et l'on manque de travailleurs pour s'occuper des personnes âgées.
Lansana est étonné : chez nous, il y a trop de jeunes pour les écoles et les emplois ; là-bas, il n'y en a pas assez. Dans les deux cas, cela pose des problèmes.
Quels sont les problèmes démographiques du monde actuel, et quelles solutions les États mettent-ils en œuvre ?
2Je comprends
1. Surpeuplement et sous-peuplement : des notions relatives
Un espace est surpeuplé quand sa population est trop nombreuse par rapport aux ressources disponibles et aux moyens de les exploiter : la terre, l'eau, les emplois, les équipements ne suffisent pas. Il est sous-peuplé quand la population est trop peu nombreuse pour mettre en valeur ses ressources.
Ces notions sont relatives : ce n'est pas la densité seule qui compte, mais le rapport entre la population, les ressources et le niveau technique. Les Pays-Bas sont très densément peuplés sans être surpeuplés, car leur agriculture, leur industrie et leurs services sont très productifs. À l'inverse, une région sahélienne peu dense peut être surpeuplée si ses sols et ses pluies ne suffisent pas à nourrir ses habitants.
2. Les problèmes des pays à croissance démographique rapide
Dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne, dont la Guinée, la population augmente vite et elle est très jeune. Cela crée plusieurs défis.
L'éducation. Il faut chaque année davantage de salles de classe, d'enseignants, de manuels. Sinon, les classes sont surchargées et la qualité de l'enseignement baisse.
La santé. Il faut des maternités, des vaccins, des centres de santé, des médecins pour une population nombreuse et jeune.
L'emploi. Chaque année, de nombreux jeunes arrivent sur le marché du travail. Si l'économie ne crée pas assez d'emplois, le chômage et le sous-emploi augmentent, surtout chez les jeunes diplômés ; beaucoup se tournent vers le secteur informel ou l'émigration.
L'alimentation. La production agricole doit augmenter au moins aussi vite que la population, sinon il faut importer de la nourriture (du riz, par exemple) ou l'on risque la malnutrition.
L'urbanisation. L'exode rural et la croissance naturelle font grandir les villes plus vite que les logements, l'eau potable, l'électricité et les transports : quartiers spontanés, embouteillages, déchets.
L'environnement. Les besoins en terres cultivables, en bois de chauffe et en charbon de bois accélèrent la déforestation (en Guinée forestière et dans le Fouta-Djallon) et l'érosion des sols.
- 1Forte natalité et baisse de la mortalité : croissance rapide
- 2Population très jeune : forts besoins en écoles et en santé
- 3Arrivée massive de jeunes sur le marché du travail : chômage et sous-emploi
- 4Pression sur les terres et le bois : déforestation et érosion
- 5Exode rural : villes surchargées, quartiers spontanés
Exemple
Une préfecture compte 60 000 enfants de 7 à 12 ans. Les écoles primaires disposent de 800 salles de classe. (Données d'exercice.)
Nombre moyen d'élèves par salle si tous les enfants sont scolarisés : 60 000 ÷ 800 = 75 élèves par salle.
Pour ramener ce nombre à 50 élèves par salle, il faudrait 60 000 ÷ 50 = 1 200 salles, soit 1 200 − 800 = 400 salles supplémentaires.
Si le nombre d'enfants augmente de 3 % par an, il faudra l'année suivante 60 000 × 1,03 = 61 800 places, donc encore 36 salles de plus pour rester à 50 élèves par salle (61 800 ÷ 50 = 1 236).
Conclusion : une croissance rapide oblige à construire sans cesse, simplement pour ne pas reculer.
3. Une chance possible : le dividende démographique
Quand la fécondité commence à baisser, la part des adultes en âge de travailler augmente par rapport à celle des enfants. Si ces adultes sont formés et trouvent un emploi, le pays produit plus, épargne plus et peut investir : c'est le dividende démographique. Plusieurs pays d'Asie de l'Est en ont profité pour se développer à partir des années 1960-1970. Pour l'Afrique, c'est une chance à saisir, à condition d'investir dans l'éducation, la santé et l'emploi des jeunes.
4. Les problèmes des pays vieillissants
Dans les pays développés (Europe, Japon) et dans certains pays émergents (Chine), la natalité est très faible et l'espérance de vie longue. Les problèmes sont inverses :
- le vieillissement : la part des personnes âgées augmente, les dépenses de retraites et de santé s'alourdissent ;
- le manque d'actifs : moins de travailleurs pour financer les retraites et faire tourner l'économie ;
- la baisse de la population dans certains pays (Japon, Italie) : villages abandonnés, écoles fermées ;
- le recours à l'immigration pour compenser le manque de main-d'œuvre, ce qui peut susciter des débats politiques.
- Population très jeune
- Manque d'écoles et d'emplois
- Pression sur les terres et les villes
- Risque d'insécurité alimentaire
- Réponse : politiques de limitation des naissances
- Population âgée
- Manque d'actifs
- Coût des retraites et de la santé
- Baisse possible de la population
- Réponse : politiques natalistes, immigration
5. Le débat sur la population et les ressources
À la fin du XVIIIe siècle, l'économiste anglais Thomas Robert Malthus publie son Essai sur le principe de population (1798). Selon lui, la population tend à croître beaucoup plus vite (selon une progression géométrique : 1, 2, 4, 8…) que les subsistances (progression arithmétique : 1, 2, 3, 4…). Il en conclut que la croissance démographique mène à la famine et à la misère, et il recommande de limiter les naissances par le mariage tardif et la chasteté. Ses partisans sont appelés malthusiens.
Ses adversaires, les optimistes (ou populationnistes), font remarquer que les progrès techniques (engrais, irrigation, variétés améliorées, mécanisation) ont permis à la production agricole mondiale d'augmenter plus vite que la population depuis deux siècles, et qu'une population nombreuse peut aussi être une force (main-d'œuvre, marché intérieur, innovations). Aujourd'hui, on admet que le problème n'est pas seulement le nombre d'hommes, mais aussi la répartition des richesses, le niveau de développement et la préservation de l'environnement.
6. Les politiques démographiques
Une politique démographique est l'ensemble des mesures prises par un État pour agir sur l'évolution de sa population.
Les politiques antinatalistes cherchent à réduire la natalité :
- la Chine a imposé à partir de 1979-1980 la politique de l'enfant unique, avec des sanctions pour les familles qui ne la respectaient pas. Elle a fait baisser la natalité, mais a aussi provoqué un vieillissement rapide et un déséquilibre entre garçons et filles ; elle a été abandonnée en 2015 ;
- l'Inde a lancé dès 1952 un programme national de planification familiale ;
- de nombreux pays africains encouragent aujourd'hui l'espacement des naissances, la planification familiale, la scolarisation des filles et le recul du mariage précoce.
Les politiques natalistes cherchent à augmenter la natalité : allocations familiales, congés de maternité et de paternité, crèches, avantages fiscaux pour les familles nombreuses. Elles sont menées dans plusieurs pays d'Europe (la France par exemple) et en Asie de l'Est.
On peut aussi agir par les politiques migratoires : accueillir des travailleurs étrangers ou, au contraire, limiter l'immigration.
Exemple
Question : « Montre que la politique de l'enfant unique en Chine a eu des effets positifs et négatifs. »
Réponse : La politique de l'enfant unique, appliquée à partir de 1979-1980, a fortement réduit la natalité et ralenti la croissance de la population chinoise, ce qui a facilité l'effort d'éducation et de développement économique. Mais elle a eu des conséquences négatives : un vieillissement très rapide de la population, un manque futur de travailleurs, et un déséquilibre entre les sexes, car de nombreuses familles préféraient un garçon. C'est pourquoi elle a été abandonnée en 2015.
Méthode
Pour traiter une question sur un problème démographique :
- Je situe le pays : croissance rapide (population jeune) ou vieillissement (population âgée) ?
- Je décris les problèmes par domaine : éducation, santé, emploi, alimentation, villes, environnement, retraites.
- J'explique les causes (natalité, mortalité, migrations).
- Je présente les solutions (politiques antinatalistes, natalistes, migratoires, investissements dans l'éducation et l'emploi).
- Je nuance : chaque politique a des effets positifs et des limites.
3Je retiens
Je retiens
Surpeuplement et sous-peuplement sont relatifs : ils dépendent du rapport entre population, ressources et niveau technique.
Pays à croissance rapide : manque d'écoles, de soins, d'emplois, risques alimentaires, villes surchargées, déforestation.
Dividende démographique : quand la fécondité baisse, la hausse de la part des actifs peut favoriser le développement, si les jeunes sont formés et employés.
Pays vieillissants : coût des retraites et de la santé, manque d'actifs, recours à l'immigration.
Malthus (1798) : la population croît plus vite que les subsistances ; les optimistes répondent par le progrès technique.
Politiques antinatalistes (Chine : enfant unique de 1979-1980 à 2015 ; Inde : planification familiale dès 1952) et natalistes (allocations familiales en Europe).
4Erreurs fréquentes
- Assimiler forte densité et surpeuplement : un pays dense mais riche et productif n'est pas surpeuplé.
- Croire que seuls les pays pauvres ont des problèmes démographiques : le vieillissement est un problème majeur des pays riches.
- Présenter la thèse de Malthus comme une vérité : il faut toujours citer ses limites (progrès techniques, répartition des richesses).
- Juger une politique démographique sans nuance : il faut présenter ses effets positifs et négatifs.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours)
a) Définis : surpeuplement, politique démographique, politique antinataliste, politique nataliste.
b) Qui est Malthus et quelle est sa thèse ?
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a) Le surpeuplement est la situation d'un espace dont la population est trop nombreuse par rapport à ses ressources et à ses moyens de les exploiter. Une politique démographique est l'ensemble des mesures prises par un État pour influencer l'évolution de sa population. Une politique antinataliste vise à réduire la natalité (planification familiale, espacement des naissances). Une politique nataliste vise à augmenter la natalité (allocations familiales, congés parentaux, crèches).
b) Thomas Robert Malthus est un économiste anglais qui a publié en 1798 l'Essai sur le principe de population. Selon lui, la population croît plus vite que les subsistances, ce qui conduit à la misère et à la famine ; il faut donc limiter les naissances.
2Exercice 2
(Calcul) Chaque année, 200 000 jeunes arrivent sur le marché du travail dans un pays, et l'économie crée 60 000 emplois formels. (Données d'exercice.)
a) Combien de jeunes ne trouvent pas d'emploi formel chaque année ?
b) Quelle part des jeunes trouvent un emploi formel ?
c) Que deviennent en général les autres ?
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a) 200 000 − 60 000 = 140 000 jeunes par an ne trouvent pas d'emploi formel.
b) 60 000 ÷ 200 000 × 100 = 30 %.
c) Ils se tournent vers le secteur informel (petit commerce, taxi-moto, artisanat), restent au chômage ou en sous-emploi, retournent aux travaux agricoles, ou tentent l'émigration.
3Exercice 3
(Analyse) Classe les problèmes suivants selon qu'ils concernent plutôt un pays à croissance rapide ou un pays vieillissant : classes surchargées ; manque d'infirmiers pour les personnes âgées ; chômage des jeunes diplômés ; coût élevé des retraites ; déforestation pour le bois de chauffe ; fermeture d'écoles de village.
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Pays à croissance rapide : classes surchargées ; chômage des jeunes diplômés ; déforestation pour le bois de chauffe. Pays vieillissant : manque d'infirmiers pour les personnes âgées ; coût élevé des retraites ; fermeture d'écoles de village.
4Exercice 4
(Réflexion) Explique pourquoi on dit que le surpeuplement est une notion relative, en prenant un exemple.
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Le surpeuplement ne dépend pas seulement du nombre d'habitants ou de la densité, mais du rapport entre la population, les ressources et les techniques. Par exemple, les Pays-Bas sont très densément peuplés, mais leur agriculture et leur industrie très productives permettent de bien vivre : ils ne sont pas surpeuplés. À l'inverse, une région sahélienne peu dense peut être surpeuplée si ses sols pauvres et ses pluies irrégulières ne suffisent pas à nourrir sa population.
5Exercice 5
(Rédaction guidée) En une quinzaine de lignes, présente les problèmes posés par la croissance démographique en Guinée et les solutions possibles. Plan : introduction ; 1. les problèmes (éducation, emploi, alimentation, villes, environnement) ; 2. les solutions ; conclusion.
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Exemple de rédaction :
La population guinéenne augmente rapidement et elle est très jeune. Cette croissance pose de nombreux problèmes.
D'abord, les écoles manquent de salles et d'enseignants : beaucoup de classes sont surchargées. Ensuite, chaque année, de nombreux jeunes arrivent sur le marché du travail alors que l'économie crée peu d'emplois formels : le chômage et le sous-emploi touchent même les diplômés. La production agricole a du mal à suivre, et le pays importe une partie de son riz. Les villes, surtout Conakry, grandissent plus vite que les logements, l'eau et les transports. Enfin, les besoins en terres et en bois accélèrent la déforestation et l'érosion.
Pour y répondre, l'État et ses partenaires peuvent favoriser la scolarisation des filles et la planification familiale, investir dans la formation professionnelle, moderniser l'agriculture, aménager les bas-fonds, développer les villes secondaires et protéger les forêts.
Si ces efforts réussissent, la jeunesse de la population peut devenir une chance : c'est le dividende démographique.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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