Leçon 46 sur 68
Enfant, que vas-tu faire à l'école ?
Je sais lire et expliquer un texte en forme de dialogue sur le rôle de l'école, repérer la répétition (anaphore) et les types de phrases, et dire à mon tour pourquoi je vais à l'école.
- 50 min
- 6 exercices corrigés
- 1 schéma
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Comprendre le vocabulaire de l'école et du savoir
- Dégager l'idée générale et la structure d'un texte construit sur des questions et des réponses
- Repérer et expliquer l'anaphore, la question et l'exclamation
- Rédiger un paragraphe argumenté sur l'utilité de l'école
Avant de commencer : Les types de phrases (déclarative, interrogative, exclamative, impérative) ; le dialogue et ses signes de ponctuation ; la démarche de la lecture expliquée
1Je découvre
C'est le premier lundi d'octobre à Kouroussa. Avant l'aube, Mariama, onze ans, enfile son uniforme et range ses cahiers dans son sac. Son petit frère Sékou, qui entre pour la première fois à l'école, traîne les pieds. « Pourquoi dois-je aller là-bas ? demande-t-il. Au champ, avec papa, j'apprends déjà beaucoup de choses. »
Leur grand-père, assis devant la case, a entendu. Il n'a jamais été à l'école, mais il écoute chaque soir les nouvelles à la radio et il répète souvent : « Celui qui sait lire a des yeux de plus. » Il appelle Sékou près de lui et lui pose une question très simple : « Enfant, que vas-tu faire à l'école ? »
Sékou ne sait pas quoi répondre. Et toi, saurais-tu répondre à cette question ?
À quoi sert l'école, et comment un texte peut-il nous le faire comprendre par une simple question répétée ? C'est ce que nous allons découvrir.
2Je comprends
1. Le texte
Texte écrit pour cette leçon.
> La question du grand-père
>
> [1] « Enfant, que vas-tu faire à l'école ? » demanda le vieux Lansana à son petit-fils, un matin de rentrée.
> L'enfant réfléchit, puis répondit :
> — Je vais apprendre à lire, grand-père.
> — Lire ? Et que liras-tu ?
> — Je lirai les lettres que nous envoie tonton depuis Conakry. Je lirai l'ordonnance du médecin, pour que maman ne se trompe plus de médicament. Je lirai les livres où sont écrites les histoires de nos ancêtres.
>
> [2] « Enfant, que vas-tu faire à l'école ? » reprit le vieil homme.
> — Je vais apprendre à compter.
> — Compter ? Mais je sais déjà compter mes bœufs !
> — Tu sais compter tes bœufs, grand-père, mais sais-tu calculer le prix juste de ton riz, pour que le commerçant ne te trompe pas ?
> Le vieillard ne répondit pas ; il sourit dans sa barbe blanche.
>
> [3] « Enfant, que vas-tu faire à l'école ? » demanda-t-il une troisième fois.
> — Je vais apprendre à comprendre le monde : pourquoi la pluie tombe, pourquoi les maladies arrivent, comment on soigne la terre fatiguée.
>
> [4] Alors le grand-père posa la main sur l'épaule de l'enfant.
> — Va, mon fils. Va chercher ce savoir que je n'ai pas pu chercher. Et quand tu reviendras, n'oublie pas de nous le rapporter, car un savoir qu'on garde pour soi est comme un grenier fermé en temps de famine !
2. Le vocabulaire
| Mot ou expression | Sens dans le texte |
|---|---|
| la rentrée | le jour où les élèves reprennent l'école après les vacances |
| une ordonnance | papier où le médecin écrit les médicaments à prendre |
| nos ancêtres | les personnes de notre famille ou de notre peuple qui ont vécu avant nous |
| le prix juste | le prix honnête, correct |
| sourire dans sa barbe | sourire discrètement, en cachant sa satisfaction |
| un grenier | lieu où l'on garde les récoltes |
| la famine | manque grave de nourriture dans une région |
Autres mots du thème : l'instruction (le fait d'être instruit), l'éducation, le savoir, la connaissance, un analphabète (personne qui ne sait ni lire ni écrire), l'alphabétisation (apprentissage de la lecture et de l'écriture), s'instruire, transmettre.
3. L'idée générale et la structure
Idée générale : par un dialogue entre un grand-père et son petit-fils, le texte montre que l'école sert à lire, à compter et à comprendre le monde, et que le savoir acquis doit être partagé avec la communauté.
Le texte est construit sur une question répétée trois fois (« Enfant, que vas-tu faire à l'école ? »). Chaque question ouvre une partie et reçoit une réponse plus riche que la précédente.
- 11re question : l'école apprend à lire (lettres, ordonnance, histoire des ancêtres)
- 22e question : l'école apprend à compter (ne pas être trompé au marché)
- 33e question : l'école apprend à comprendre le monde (pluie, maladies, terre)
- 4Conclusion : le grand-père bénit l'enfant et lui demande de partager son savoir
On appelle gradation une suite d'éléments rangés du plus faible au plus fort. Ici, les réponses de l'enfant vont de « lire » à « comprendre le monde » : la valeur de l'école apparaît de plus en plus grande.
4. L'étude détaillée
L'anaphore. La répétition d'une même expression au début de plusieurs phrases ou paragraphes s'appelle une anaphore. La question « Enfant, que vas-tu faire à l'école ? » revient trois fois. Elle donne au texte un rythme de conte, facile à retenir, et elle montre l'insistance du grand-père, qui veut que l'enfant réfléchisse vraiment.
Les types de phrases.
- Les phrases interrogatives (« Et que liras-tu ? ») : le grand-père pousse l'enfant à préciser sa pensée.
- Les phrases déclaratives (« Je vais apprendre à lire ») : l'enfant affirme ses projets.
- La phrase impérative (« Va, mon fils. ») : le grand-père donne son accord et sa bénédiction.
- La phrase exclamative finale (« … en temps de famine ! ») : elle exprime la force de sa conviction.
Le futur. L'enfant parle au futur simple (« je lirai », trois fois) : l'école est tournée vers l'avenir, vers ce que l'enfant deviendra.
Des exemples concrets. Chaque savoir est lié à une situation réelle : lire une lettre, lire une ordonnance « pour que maman ne se trompe plus de médicament », calculer « le prix juste » du riz. L'école n'est pas présentée comme un savoir lointain, mais comme une aide pour toute la famille.
Le retournement du paragraphe 2. Le grand-père croit en savoir assez (« je sais déjà compter mes bœufs ! »). L'enfant lui répond avec respect mais avec une question : il montre qu'il existe un savoir plus utile. Le sourire « dans sa barbe blanche » montre que le vieillard est fier et convaincu.
La comparaison finale. « Un savoir qu'on garde pour soi est comme un grenier fermé en temps de famine » : l'outil « comme » rapproche le savoir et la nourriture. Un grenier fermé pendant la famine ne sert à rien, pire, il est injuste. De même, un savoir non partagé ne profite à personne. C'est la morale du texte.
Exemple
Question : Relève la figure de style qui structure le texte et explique son effet.
Réponse rédigée : Le texte est construit sur une anaphore : la question « Enfant, que vas-tu faire à l'école ? » est répétée au début des paragraphes 1, 2 et 3. Cette répétition donne au texte un rythme régulier, comme dans un conte, et elle montre que le grand-père insiste pour que l'enfant réfléchisse. Elle met aussi en valeur la question centrale du texte : à quoi sert l'école ?
Exemple
Question : Pourquoi le grand-père, qui n'est pas allé à l'école, demande-t-il à l'enfant d'y aller ?
Réponse rédigée : Le grand-père n'a pas pu s'instruire : il le dit lui-même, « ce savoir que je n'ai pas pu chercher ». Grâce aux réponses de l'enfant, il comprend que l'école permettra à son petit-fils de lire, de compter juste et de comprendre le monde. Il l'envoie donc à l'école pour qu'il obtienne ce savoir et le rapporte ensuite à toute la famille.
Méthode
Pour expliquer un texte en dialogue :
- Je repère qui parle à chaque réplique (tirets, verbes « demanda », « répondit »).
- Je cherche ce qui se répète : question, mot, formule.
- Je note ce qui change d'une réplique à l'autre : la réponse devient-elle plus forte ? un personnage change-t-il d'avis ?
- J'observe les types de phrases et les temps (futur, impératif).
- Je dégage la morale ou la leçon finale et je la reformule avec mes mots.
Conclusion de l'explication. Par un dialogue simple, rythmé par une anaphore et construit en gradation, ce texte répond à la question de son titre : l'école sert à lire, à compter, à comprendre le monde, et surtout à partager ce savoir. Il rappelle que l'instruction d'un enfant profite à toute sa famille et à toute sa communauté.
3Je retiens
Je retiens
L'école apprend à lire, à écrire, à compter et à comprendre le monde ; le savoir doit être partagé.
Anaphore : répétition d'un mot ou d'une expression au début de plusieurs phrases ou paragraphes ; elle crée un rythme et insiste.
Gradation : suite d'éléments rangés du plus faible au plus fort.
Quatre types de phrases : déclarative, interrogative, exclamative, impérative.
Dans un dialogue, chaque changement de personne qui parle est marqué par un tiret.
Analphabète : personne qui ne sait ni lire ni écrire ; alphabétisation : apprentissage de la lecture et de l'écriture.
4Erreurs fréquentes
- Confondre anaphore et simple répétition : l'anaphore se place au DÉBUT des phrases ou des paragraphes, de façon régulière.
- Mal ponctuer le dialogue : on ouvre les guillemets au début, on met un tiret à chaque changement d'interlocuteur, et on place la virgule avant « demanda-t-il » inversé.
- Oublier le trait d'union et le « t » euphonique : on écrit « demanda-t-il », « que liras-tu ? ».
- Écrire « analphabète » avec un « f » : ce mot vient du grec « alphabet », il s'écrit avec « ph ».
5Je m’exerce
1Exercice 1
Vocabulaire. Complète avec : analphabète, ordonnance, ancêtres, instruction, grenier.
a) Le médecin a rédigé une … pour ma sœur.
b) Après la récolte, mon oncle a rempli le … de riz.
c) Une personne qui ne sait pas lire est …
d) Les griots racontent l'histoire de nos …
e) L'… des filles est une priorité pour le développement du pays.
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a) Le médecin a rédigé une ordonnance pour ma sœur.
b) Après la récolte, mon oncle a rempli le grenier de riz.
c) Une personne qui ne sait pas lire est analphabète.
d) Les griots racontent l'histoire de nos ancêtres.
e) L'instruction des filles est une priorité pour le développement du pays.
2Exercice 2
Compréhension.
a) Combien de fois le grand-père pose-t-il sa question ? Quelle est la réponse de l'enfant à chaque fois ?
b) Qu'est-ce que l'enfant veut lire ? Donne trois exemples.
c) Que demande le grand-père à l'enfant à la fin du texte ?
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a) Le grand-père pose sa question trois fois. La première fois, l'enfant répond qu'il va apprendre à lire ; la deuxième fois, à compter ; la troisième fois, à comprendre le monde.
b) L'enfant veut lire « les lettres que nous envoie tonton depuis Conakry », « l'ordonnance du médecin » et « les livres où sont écrites les histoires de nos ancêtres ».
c) Il lui demande de partager son savoir : « quand tu reviendras, n'oublie pas de nous le rapporter ».
3Exercice 3
Donne le type de chaque phrase (déclarative, interrogative, exclamative, impérative).
a) « Va, mon fils. »
b) « Je vais apprendre à compter. »
c) « Et que liras-tu ? »
d) « Mais je sais déjà compter mes bœufs ! »
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a) Phrase impérative.
b) Phrase déclarative.
c) Phrase interrogative.
d) Phrase exclamative.
4Exercice 4
Étude du texte.
a) Qu'est-ce qu'une anaphore ? Relève celle du texte.
b) Montre que les réponses de l'enfant forment une gradation.
c) Explique la comparaison de la dernière phrase.
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a) Une anaphore est la répétition d'un mot ou d'une expression au début de plusieurs phrases ou paragraphes. Dans le texte, la question « Enfant, que vas-tu faire à l'école ? » est répétée au début des paragraphes 1, 2 et 3.
b) Les réponses vont du plus simple au plus large : d'abord « lire », puis « compter », enfin « comprendre le monde ». Le dernier savoir englobe les autres et concerne toute la vie (la pluie, les maladies, la terre). La valeur de l'école grandit donc d'une réponse à l'autre : c'est une gradation.
c) Le grand-père compare « un savoir qu'on garde pour soi » à « un grenier fermé en temps de famine », avec l'outil « comme ». Un grenier fermé alors que les gens ont faim est inutile et injuste ; de même, un savoir qu'on ne partage pas ne sert pas à la communauté. Il demande donc à l'enfant de mettre ses connaissances au service des autres.
5Exercice 5
Ponctue correctement ce dialogue (guillemets, tirets, points, virgules, point d'interrogation).
Hawa demanda à son frère pourquoi pleures-tu il répondit j'ai perdu mon cahier de mathématiques ne t'inquiète pas dit-elle je vais t'aider à le chercher
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Hawa demanda à son frère :
« Pourquoi pleures-tu ?
— J'ai perdu mon cahier de mathématiques, répondit-il.
— Ne t'inquiète pas, dit-elle, je vais t'aider à le chercher. »
6Exercice 6
(Expression écrite) À ton tour, réponds au grand-père. En huit à dix lignes, explique ce que tu vas faire à l'école et ce que cela apportera à ta famille. Commence au moins deux phrases par « Je vais apprendre… » (anaphore).
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Exemple de réponse :
« Grand-père, je vais apprendre à écrire, pour que tu puisses envoyer des nouvelles à ma tante qui vit à Kankan. Je vais apprendre les sciences, pour comprendre pourquoi il faut faire bouillir l'eau du marigot avant de la boire. Je vais apprendre l'histoire de la Guinée, pour connaître ceux qui nous ont précédés. Plus tard, je voudrais devenir sage-femme et aider les femmes de notre village. Ainsi, ce que j'apprendrai à l'école servira à toute la famille. »
Le correcteur vérifie : l'anaphore « Je vais apprendre… » (au moins deux fois), les bénéfices pour la famille, la correction des phrases.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.
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